La paix ou la guerre, le choix est votre.
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez
 

 Un rêve impossible

Aller en bas 
AuteurMessage
Iris
Mercenaire
Mercenaire
Iris

Messages : 42
Date d'inscription : 01/09/2016

Un rêve impossible Empty
MessageSujet: Un rêve impossible   Un rêve impossible Icon_minitimeLun 19 Nov - 19:28

Le crépuscule s'était installé sur le pays de la forêt, baignant cette dernière d'une teinte rougeoyante. Une journée avait passé à présent, depuis l'invitation de la reine à profiter de sa demeure royale. Ce qu'Iris et Julia faisaient avec joie. La jeune adolescente et sa « grande-sœur » passaient pas mal de temps dans la bibliothèque de la demeure, à s'abreuver de lecture en tous genres. Pour Iris, c'était une aubaine d'avoir accès à des ouvrages qu'elle n'allait certainement pas trouver dans un commerce au détour d'une rue. Il était évident qu'une bibliothèque royale possédait toujours des écrits bien plus instructifs et inédits qu'une bibliothèque classique. Pour Julia, bien qu'elle était friande de culture et de lecture également, depuis sa découverte du monde d'Iris, elle ne s'intéressait plus vraiment à autre chose. Elle aimerait en découvrir plus sur ce monde, en apprendre davantage, mais elle savait que la mercenaire n'en connaissait presque rien de son propre monde.

- Iris ?

- Hum ?

- Pourquoi il y a aucun ouvrage sur ton monde, ici ? C'est dingue quand même !

- C'est sûrement parce que pour la totalité de ce monde, Légendia n'existe pas. Et le peu qui connaisse, n'en sait pas assez pour écrire un ouvrage dessus. Moi-même, je n'ai trouvé aucun livre à ce sujet à l'époque. Il n'y a que récemment que j'ai appris plus de choses sur ce monde, en rencontrant quelques personnes directement issues de mon monde.

- Awn, s'exclama la jeune adolescente visiblement déçue, c'est naze...

C'est donc après avoir passé une bonne partie de la journée dans la bibliothèque, que les deux jeunes femmes retournèrent dans leur chambre. Une fois dans la chambre, la mercenaire en profita pour se mettre à l'aise, afin de continuer sa lecture précédente qu'elle avait empruntée à la bibliothèque pour l'occasion. Elle s'allongea donc sur le lit, et reprit sa lecture, laissant Julia vaquer à ses occupations. Cependant, la jeune fille ne savait pas réellement quoi faire. La lecture des ouvrages de ce monde ne l'intéressait plus du tout, et pour dire vrai, elle s'ennuyait assez, finalement. Après tout, elle avait toujours quelque chose à faire pour sa survie ou son bien-être dans les bas-quartiers, tandis qu'à présent qu'elle avait tout le confort nécessaire, elle était quelque peu perdue. Julia n'avait jamais vraiment connu la sensation de ne rien faire. C'était donc difficile pour cette dernière de trouver une occupation, pour « passer » le temps. Ce concept lui étant complètement étranger, elle décida de simplement se mettre à l'aise à son tour, et de s'allonger tranquillement sur le lit, aux côtés de sa grande-sœur de cœur, qui elle, était absorbée par sa lecture. Néanmoins, le temps commençait à paraître long, là, les bras derrière la tête à observer le plafond. Elle aimerait bien faire quelque chose avec Iris, mais ça lui faisait presque mal de la déranger dans sa lecture, tellement elle semblait concentrée sur cette dernière. Elle se contenta donc de retourner dans ses pensées, tout en observant parfois la mercenaire d'un œil furtif, afin de saisir un moment où elle serait moins absorbée par sa lecture. Cependant, ses regards furtifs étaient de plus en plus fréquents, mais plus pour la même raison. La jeune adolescente ne pouvait s'empêcher de se sentir étrange, en observant la mercenaire en petite tenue sur le lit. Son cœur battait rapidement, tandis que la chaleur commençait à s'emparer de son corps. Julia trouvait la mercenaire tout simplement magnifique. Mais elle ne s'expliquait pas quelle était cette sensation qu'elle ressentait. Mais son regard était tellement fixe, sa tête légèrement tournée à présent, qu'Iris remarqua cela, et sortit de sa lecture.

- Tu veux quelque chose, Julia ?

- Hein ? lança la jeune fille surprise et gênée. J-je... non, rien, j-j'en ai juste assez de regarder le plafond... haha !

- Ha, bien, tu peux lire pour t'occuper, si tu veux. Tu adores ça toi aussi, non ?

- Ouais...

- Si tu veux, je te prête mon livre, ça raconte des choses intéressantes sur ce pays.

- Mouais...

- Je sais, tu préférerais des lectures sur mon monde... Mais comme je te l'ai dit, tu ne trouveras pas grand-chose ici, Julia... Mais ce ne doit pas être une raison pour que tu te désintéresses du monde sur lequel tu vis, non ?

- Pourquoi je serais intéressée par ce monde... ? Il est nul et inintéressant. Tout est moche sur ce monde, des habitants à notre vie elle-même... Maintenant que je sais qu'un monde peuplé de dieux existe, je m'en fiche de ce petit monde naze... Il ne m'a jamais rien apporté, juste de la souffrance et de la douleur...

Pour Iris, la véritable raison de l'attitude de Julia au sujet de ce monde était claire à présent. Ce n'était pas réellement que ce monde était inintéressant, mais plutôt qu'il était haï par la jeune adolescente. C'est pourquoi, maintenant qu'elle a découvert un nouveau monde, autre que celui qui l'a fait souffrir, elle l'observe avec des yeux pleins d'étoiles. Cependant, encore une fois, la mercenaire se rendit compte que Julia cachait au fond d'elle une haine et un dégoût qui ne partira certainement jamais à présent. Que ce soit ses paroles sur les mortels ou ce monde, elles étaient sèches et néfastes. Pour cette fille, qui depuis son plus jeune âge n'a pas arrêté de se battre contre ce monde pour survivre, il était évident pour Iris, qu'elle n'en attendait plus rien. Il lui paraissait même clair que si Julia avait la capacité de se défendre, elle tournerait mal. Et cette fatalité effrayait la mercenaire, qui se rendait de plus en plus à l'évidence au sujet de sa relation avec la jeune adolescente. Elle était devenue son pilier qui maintenait l'équilibre dans des fondations affaiblies et souffrantes.

- … Je vais me laver, reprit la mercenaire, changeant littéralement de sujet, afin de changer les idées de l'adolescente, ça te dit qu'on prenne un bain ensemble, Julia ? Ça t'occupera un peu, et ça te fera du bien. La baignoire est vraiment classe et spacieuse en plus, dans cette chambre !

- Ho, s'exclama la jeune fille surprise une seconde fois, u-un bain ensemble ? O-oui p-pourquoi pas !

- Hum, souriait la mercenaire, d'accord, je vais faire couler l'eau dans ce cas.

C'est ainsi que les deux jeunes femmes changèrent de décor, pour passer d'une chambre, à une salle de bain et de sa baignoire royale. Pour le coup, ce n'était pas une façon de parler. C'était spacieux et confortable, comme prévu. Bref, ne pas en profiter serait un crime à ce niveau. C'est donc une fois l'eau bien tiède, que la Testarossa rentra dans le bain, et commença à se détendre. Elle fut suivie par Julia qui imita cette dernière.

- Ça va, l'eau n'est pas trop chaude ? Je t'avoue que je n'ai pas les mêmes sensibilités que toi à ce niveau, donc n'hésite pas à me le dire si ça ne va pas.

- Non ça va, elle est bonne l'eau comme ça !

Julia était évidemment ravie de partager ce moment avec Iris, elle qui s'ennuyait sévère il y a encore quelques minutes. De plus, ça lui rappelait le merveilleux moment passer dans ce petit lac la semaine dernière. D'ailleurs, la jeune fille n'était plus réellement pudique ou gênée à présent en tenue d'Eve devant la mercenaire. Cela bien sûr, grâce à son corps tout beau tout neuf. Bref, maintenant à l'aise dans ce délicieux bain, les pensées de la jeune adolescente étaient bien plus positives. Logique en même temps, l'ennui n'a jamais été une alliée agréable pour échapper à ses pensées. En tout cas, la baignoire était vraiment grande, c'était le cas de le dire. Cette dernière ressemblait d'ailleurs plus à un grand jacuzzi qu'à une baignoire à ce niveau. Ce qui était parfait pour se détendre. C'est donc dans cette ambiance relaxante, que les deux femmes profitaient de ce moment, dans le silence dans un premier temps. Pour Iris, c'était surtout car elle profitait de ce moment pour fermer les yeux, et se laisser porter par la douceur de l'eau. Quant à Julia, elle profitait surtout de la vue qu'elle avait sur le corps de la Testarossa. Bien qu'elle ne le disait pas, les bains et autres occupations de ce genre étaient une occasion de voir sa « grande-sœur » dans la plus pure des tenues. Même si depuis quelques minutes, elle ne s'expliquait pas cette fascination qu'elle ressentait. Enfin, elle ignorait surtout pourquoi cela lui faisait un tel effet. Était-ce de l'attirance ? L'adolescente avait l'âge encore une fois, mais elle n'avait jamais réellement connu de l'attirance pour autrui. Bien que maintenant qu'elle y repensait, elle avait une copine dans les bas-quartiers - la seule - pour qui elle avait une sorte d'attirance. Bref, elle remarqua qu'elle était toujours plus attirée par son propre sexe, que celui opposé. Il fallait dire en même temps que le sexe opposé était celui qui lui faisait souvent violence, en mettant la belle-mère de côté. Du côté des adolescents, c'était surtout les garçons les enfoirés avec Julia. Bref, la jeune fille essaya de chasser les soudaines pensées qu'elle avait envers sa sauveuse, en prenant la parole, afin de commencer la conversation. Il y avait en vérité un détail qui intriguait l'adolescente depuis le début, et c'était le moment pour elle d'obtenir une réponse.

- Iris, je peux te poser une question ?

- Inutile de me le demander, Julia, pose-moi les questions que tu veux voyons...

- O-oui mais, là, c'est une question assez personnelle...

- Ça ne change rien, n'hésite pas, je te l'ai déjà dit.

- Bien, j-je voulais savoir comment tu étais, petite... ? J-j'ai cru comprendre que tu étais rejetée, et assez malheureuse... Tu as même dit que tu as fait une chose « horrible » pour te protéger du malheur. C-ce n'est pas que je suis curieuse ! J-je veux juste savoir... comment tu as géré ta souffrance... M-mais s-si tu ne veux pas en parler, je comprendrais !

Iris resta quelques secondes silencieuse, mais pas par surprise, plus par hésitation. Après tout, elle ne parle jamais d'elle-même, ni de son passé, ni de sa vie. Pourtant, après une courte hésitation, elle reprit la parole, dans l'intention de répondre aux interrogations de sa petite-sœur de cœur. Peut-être qu'enfin pouvoir en parler à quelqu'un aidera même la mercenaire à se libérer légèrement de son passé.

- Non, ça va, ça ne me dérange pas, Julia. Je comprends ta question et ta curiosité... Si tu veux vraiment savoir, j'ai vécu dans un petit village du pays du désert avec ma mère. Mais un jour, ma mère a dû partir sur Légendia de nouveau, et je ne l'ai plus jamais revu... Bien sûr à l'époque, j'ignorais que j'étais immortelle et d'où je venais... J'imagine que c'était pour me protéger, et en grandissant j'ai compris pourquoi... J'ai donc vécu avec un homme que je croyais être mon père, mais qui profitait surtout de mes compétences qu'autre chose... Lui et le village savaient ce que j'étais en vérité, et cela m'a valu d'être rejetée, et crainte. Je le voyais dans les yeux de ces gens, leur haine à mon égard, leur crainte, leur jalousie... J'ai grandi en étant constamment traité de monstre par les autres enfants et adultes. Même par celui que j'appelais « père »... Bref, cette chose horrible que j'ai faite, c'était lors de mon treizième anniversaire. Ce jour-là, après des mots horribles de mon « père », j'ai perdu le contrôle... et je suis devenue le monstre qu'il craignait... Quand j'ai repris connaissance, j'avais... détruit tout le village, et tué tous ses habitants, enfants comme adultes...

… Après cet événement, j'ai donc grandi, en pensant que j'étais vraiment un monstre finalement. Et plus les années ont passé, plus j'ai commencé à mépriser les « mortels »... Leurs actions, leur ignorance, tout dans leur attitude m’écœure. Au fond, je comprends ces dragons blancs qui voulaient se venger... Je connais ce sentiment de rejet et de haine à l'égard des personnes « puissantes » comme ils disent... J'ai même longtemps pensé comme ce dragon que j'ai affronté, qui m'a dit que les gens comme nous finissent forcément seuls... Mais grâce au groupe que j'ai rejoint, et surtout toi, Julia, je sais aujourd'hui que c'est faux. Ce sont nos actions qui définissent notre avenir, pas nos différences. Ma haine et mon mépris sont les responsables de ma souffrance, comme ce dragon. Mais cette nuit-là, j'ai pu voir des choses magnifiques... Il n'en a peut-être pas conscience, mais ce pirate, je n'oublierais jamais son acte à mon égard. J'ignore toujours pourquoi il fait cela, mais il faillit sacrifier sa vie, pour me « protéger ». Alors que moi, je n'ai été que méprisante et distante avec lui au début... Ce que j'essaye de te dire, Julia, c'est que je n'ai pas été capable, de « gérer » ma souffrance. Je n'ai fait que lui obéir, et lui céder, comme ce dragon blanc dont je parle. C'est pour ça que je veux t'offrir un avenir loin de la souffrance ou la vengeance. Je ne veux pas que tu succombes à une quelconque haine, qui t'aveuglera pour le restant de tes jours, et qui ne t'amènera qu'à la solitude...

Finalement, le récit d'Iris toucha à sa fin. La jeune adolescente avait bien entendu tout suivie, mais les derniers mots de cette dernière étaient inattendus. Cependant, Julia resta silencieuse, pensive, observant la mercenaire. En vérité, elle ne savait pas quoi dire à tout cela. Que ce soit au sujet de l'enfance de sa sauveuse, ou ses actions, elle comprenait ce ressenti, et pouvait clairement s'identifier à cette dernière, comme prévue. Si Iris pensait être un monstre à force de l'entendre, Julia, elle, s'était persuadée d'être un nuisible, pour les mêmes raisons. Dans tous les cas, Julia comprenait mieux pourquoi Iris lui ressemblait à ce point niveau attitude. Les deux femmes ont vécu la même chose d'une façon différente, sauf que comparé à la mercenaire, Julia avait la chance d'évoluer dans un meilleur jour à présent. Il n'y avait donc rien à dire, ni à répondre, à ce sujet. La jeune adolescente se contenta de sourire à son interlocutrice, et de lui répondre de sa voix douce habituelle.

- Je te le promets, lança Julia en souriant, Iris.

- Hum, souriait à son tour la mercenaire, tout en acquiesçant, si on sortait ? On va finir par friper à force de rester dans l'eau, héhé.

- D'accord !

C'est donc après ces paroles que les deux jeunes femmes sortirent de la baignoire, afin de se sécher, ainsi que de s'habiller. D'ailleurs, sans avoir vraiment fait attention depuis le début, la blessure de Julia à la jambe avait été complètement soignée en même temps que les cicatrices. Maintenant que la mercenaire y repensait, ça lui semblait logique, c'était une blessure assez peu profonde. Mais elle était dans tous les cas ravie de voir la jeune adolescente dépourvue de toutes ces horreurs qui étaient visibles la dernière fois qu'elle l'avait vue en tenue d'Eve. Du côté de la jeune fille, elle remarqua un truc qu'elle n'avait pas vu jusqu'à présent : un tatouage assez large dans le dos de la mercenaire. Ce dernier dessinait un cercle, semblable à un cercle arcanique, avec en son centre un bouclier traversé par deux lames croisées. Enfin, des lignes formant un pentagramme dans le cercle étaient visibles, écrites dans une langue inconnue. Julia était assez subjuguée par cette sorte de tatouage qu'elle avait raté jusque-là. Elle était pourtant certaine que ce tatouage n'était pas là habituellement. Après tout, la mercenaire portait une tenue qui laissait entrevoir le haut de son dos. Donc, c'était clairement une chose qui n'était pas toujours apparente, ce tatouage.

- Iris ?

- Oui ? Tu ne t'essuies pas ? Tu vas attraper froid si tu restes comme ça.

- Heu, sisi, je me demandais juste, hésita la jeune fille, c'est quoi, ce tatouage dans ton dos ? Il n'était pas là avant... si ? Celui sur ton épaule il est toujours là, mais dans ton dos il n'est pas là d'habitude, j'en suis certaine... Il est gros en plus !

Iris semblait soudainement étonnée, et comme pour vérifier elle-même les paroles de Julia, elle se regarda rapidement dans le miroir non loin de sa position. Et effectivement, dans son dos se trouvait le fameux dessin. Si d'habitude, il ne se trouve sur son corps qu'un seul tatouage, et c'est celui du blason de sa famille sur son épaule. Aujourd'hui, il s'en trouvait un autre qui n'étonnait finalement pas la mercenaire pour sa présence, mais sa visibilité. Elle savait que ce dessin apparaissait quelques fois, mais elle n'a jamais été capable de dire pourquoi ni comment il était parfois visible, et parfois pas du tout. Malgré ses propres recherches à ce sujet, elle était incapable de déchiffrer déjà les inscriptions, en plus d'ignorer pourquoi il était présent. Tout ce dont elle était certaine, était que cela n'était pas un tatouage, mais quelque chose de nature magique. La différence qu'elle nota cependant aujourd'hui et qui la garda silencieuse quelques secondes, était que le bouclier à l'intérieur du cercle était aujourd'hui fissuré. La mercenaire était certaine que ce dernier était intact à l'époque. Mais à cet instant, il était presque brisé en deux.

- Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Pourquoi le dessin a changé ? Et sa taille... c'est comme s'il s'étendait au fur et à mesure des années... Il n'a jamais été aussi large qu'aujourd'hui...

Tandis que la mercenaire restait pensive, en observant son dos dans le miroir, toujours sous le regard étonné de Julia, elle remarqua soudainement que son œil gauche venait de virer au rouge. Sur l'instant, c'était la surprise et l'incompréhension totale. Elle ne sentait absolument aucun changement, ni aucune réaction, pourtant, le tatouage magique s'était étendu drastiquement, et sa pupille était actuellement rouge. Du côté de Julia elle était carrément au summum de l'étonnement en voyant cela.

- Heu... Iris ? C'est normal que... ton œil soit devenu rouge... ?

Iris n'étant pas capable d'expliquer elle-même le phénomène se contenta de rester silencieuse un court instant. Cependant, elle se devait de rassurer la jeune adolescente et trouva une explication afin de ne pas l'inquiéter.

- C-ce n'est rien, Julia, ne t'inquiète pas, commença à raconter la mercenaire, ce tatouage apparaît de temps en temps, mais ce n'est rien de grave. Quant à mon œil, parfois, il m'arrive qu'il devienne rouge... C'est quelque chose de courant sur mon monde, j'ai cru comprendre.

- Ha ? Ho, d'accord, j'ai eu peur pendant deux secondes...

- Non ne t'inquiète pas, d'accord ?

- Hum, acquiesça la jeune fille, d'accord.

Bien sûr, tout cela n'était que pures calomnies, mais c'était la meilleure solution à l'heure actuelle. Car, de toute façon, la concerner elle-même ignorait ce qui se passait dans son corps, actuellement. Elle espérait juste que le tatouage allait se faire plus discret, et que son œil redevienne vert, mais elle n'y croyait pas vraiment. Cependant, pour l'instant, aucun changement était notable, donc elle préférait ne pas angoisser et s'en inquiéter davantage. Pour sa pupille rouge, elle trouvera simplement une excuse pour ceux qui se poserait la question dans le futur, dans son groupe, ou autres.

- Hum, reprit la mercenaire, tu vas t'essuyer un jour, Julia ? Tu vas vraiment finir par attraper froid !

- Ha !

C'est donc une fois au sec et de nouveau habillée, que les deux femmes étaient de retour dans la chambre. Une fois dans celle-ci, la mercenaire était légèrement absente, assise sur le rebord du lit, pensive au sujet de son soudain changement physique. Quant à Julia, elle se décida finalement à ramasser le livre que lisait Iris juste avant le bain, afin de s'occuper. Cependant, tandis qu'elle allait rejoindre une place confortable pour lire, elle cogna sans faire attention le fourreau où reposait la lame de la mercenaire, le faisant tomber. La jeune adolescente s'empressa de réparer son méfait en ramassant ce dernier, afin de le remettre à sa position initiale. Mais tandis qu'elle l'observait, elle était comme émerveillée par la beauté du fourreau. Ce dernier était simple dans son style, mais c'étaient les ornements qui faisaient la différence. Sur le fourreau, était brodé le symbole des Testarossa que Julia commençait à connaître, pour l'avoir vu sur le pendentif d'Iris, ainsi que son épaule. Mais en plus du blason, le fourreau était parcouru par de multiples coutures tout du long, semblable à de l'or.

- Tu as l'air fascinée par ce que tu vois, Julia.

Bien sûr, la chute de sa lame avait fait réagir la mercenaire. Et tandis que Julia était en pleine admiration devant ce qu'elle tenait dans ses mains, elle sortit rapidement de son rêve, en entendant Iris.

- J-je, semblait paniquer la jeune fille, je suis désolé, j'ai fait tomber ton épée sans faire exprès !

- Hum, souriait la mercenaire, je doute qu'elle ressente la douleur, tu sais, inutile de t'excuser, Julia...

- O-oui mais ce ne sont pas mes affaires, alors...

- Dis-moi Julia, tu apprécies les lames ? Ce n'est pas la première fois que je te vois observer mon katana.

- Heu, semblait quelque peu gênée Julia, j-j'aime bien ça, oui... M-mon papa avait une grande épée de chevalier, je la trouvais belle... Depuis, j'ai toujours trouvé les lames intéressantes et certaines même artistiques. Mais ta lame à toi, c'est la première fois que je vois un fourreau aussi magnifique...

Iris remarqua que finalement la jeune fille avait de l'intérêt pour autre chose que la lecture, c'était une bonne chose. Elle s'approcha donc de Julia, et reprit la parole toujours accompagnée d'un sourire.

- Tu veux voir la lame ?

- V-vraiment... ? O-oui, j'aimerais bien !

La mercenaire demanda donc à Julia de lui remettre son arme, et une fois ceci fait, elle dégaina la lame de son fourreau. Comme ce dernier, la lame était classique dans sa forme, mais sur la lame était gravé le blason des Testarossa. De plus, divers symboles décoratifs ornaient cette dernière. D'ailleurs, la mercenaire remarqua quelque chose maintenant qu'elle venait de ressortir sa lame pour la première fois depuis cette fameuse nuit. Sa lame n'avait plus ces vilaines fissures qui avaient tant fait paniquer la concernée ce jour-là. Au moins, cela rassura Iris qui avait presque oublié ce détail, tellement son esprit était occupé sur Julia depuis plusieurs jours. C'était finalement peut-être sa solitude et son mal-être qui rendait cette lame si importante à ses yeux, au point d'en perdre ses moyens en cas de coup dur. Mais aujourd'hui qu'elle avait Julia, en observant sa lame dégainée, elle ne ressentait plus les choses de la même manière. Bien qu'elle y restait attachée, car c'était un cadeau de sa mère, cela restait actuellement qu'une lame.

- Woah, lança la jeune fille émerveillée, elle est tellement belle la lame ! J-je p-pourrais la tenir... ?

- Héhé, ce serait avec plaisir, Julia, mais tu ne serais pas capable de la soulever.

- Ho ? Le fourreau n'avait pas l'air si lourd pourtant !

- C'est difficile à expliquer, mais on va dire que c'est une lame magique qui vient de mon monde. Il n'y a que moi qui suis apte à la dégainer. Que ce soit celui que j'appelais père ou certains mortels par le passé, ils n'ont jamais réussi à la soulever, que ce soit pour l'utiliser contre moi ou autres.

- Awn, d'accord, c'est classe, mais c'est dommage.

- Hum, réfléchissait la mercenaire, j'ai une idée, approche, Julia.

Julia s'approcha comme demander par Iris, et une fois à sa hauteur, la mercenaire passa derrière la jeune adolescente. Elle plaça sa lame devant Julia, pointée comme pour le combat, ses mains sur la poignée. Elle invita par la suite la jeune adolescente, à mettre à son tour ses mains autour des siennes, afin qu'elles soutiennent à deux la lame. L'idée était donc que Julia ait l'impression de tenir la lame, bien que soutenue par Iris derrière. Mais avec un peu d'imagination que la jeune adolescente ne manquait pas, l'illusion était parfaite.

- Héhé, c'est trop cool !

- Tu aimes vraiment ça, hein ?

- Hum, acquiesça la jeune fille, en vérité, quand j'étais petite, je voulais devenir chevalier plus tard, comme mon père. Il était tellement courageux, droit et classe ! Je me disais qu'un jour moi aussi, j'aimerais être chevalier, pour pouvoir protéger ceux qui ne peuvent pas le faire, ou ceux que j'aime... C'est ça un chevalier, normalement... C'est censé protéger ses convictions, les gens, ou les enfants comme moi... Et pas les frapper ou faire de distinction entre les classes sociales...

Tandis que la jeune adolescente commençait à faire bouger la lame, maintenant qu'elle pouvait, Iris, elle, était soudainement ailleurs. Elle trouvait les paroles de sa protégée fortement matures et touchantes. Julia semblait prendre à cœur la justice et ses convictions. Du coup, la mercenaire commençait à se douter que Julia devait certainement dans les bas-quartiers protéger les autres enfants, et intervenir parfois afin de prendre pour les autres. Cela expliquait pourquoi elle avait tant de cicatrices et de haine contre les chevaliers de ce pays. Pour cette fille, un chevalier était à l'image de son père, fort, droit, protégeant son peuple, et pas un pleutre qui s'en prend à plus faible par gratuité. Mais dans ces paroles, la mercenaire sentait quelque chose. Elle ne savait pas l'expliquer, mais c'était bien plus que du vécu. Pour que Julia aille jusqu'à se sentir satisfaite de la mort de tout un peuple comme elle l'a déjà avoué à Iris, quelque chose de plus profond devait la hanter et alimenter sa haine. Mais à l'heure actuelle, Iris n'avait aucune envie de plonger Julia de nouveau dans son passif, et préférait revenir là-dessus une autre fois. Car il était évident que ce qui rongeait Julia était quelque chose de bien plus profond que de simples coups reçus.

- Tu tiens vraiment ton père en haute estime, Julia. Je suis certaine que toi aussi, tu ferais un grand chevalier, comme lui.

- Peut-être... Mais je n'ai plus vraiment envie de devenir chevalier aujourd'hui...

Pour Iris il n'y avait plus aucun doute, le rêve de Julia de devenir chevalier avait été briser par quelque chose. Et c'était certainement par les chevaliers eux-mêmes, qui devaient être responsables de méfaits qui ont amené à l’écœurement de la jeune fille.

- C'est dommage, je trouve, Julia. Tu ne devrais pas laisser le passé te priver d'une conviction qui te tient à cœur depuis toute petite. Aujourd'hui, tu as droit à un nouveau départ, c'est l'occasion d'en profiter, tu ne crois pas ?

- Mouais, répondit la jeune adolescente peu enthousiaste, même si je voulais devenir chevalier, il faut avoir quelque chose à protéger et pour lequel se battre, non ? Là, c'est un peu tard, je crois...

Pour le coup, la mercenaire ne savait pas vraiment quoi répondre, Julia marquait un point. La jeune fille n'avait absolument plus rien aujourd'hui à « protéger » ou pour quoi se battre. Devenir chevalier, c'est bien, mais effectivement, sans un ordre de chevalier c'était difficile, et sans royaume, pas d'ordre ou de guilde.

- Ce n'est jamais trop tard, Julia, tu es encore jeune, tu trouveras bien un nouveau rêve à atteindre.

- J'en ai bien un, mais lui aussi, il est impossible...

- C'est quoi ?

- Rester avec toi.

Un long silence suivit, tandis que Julia venait de raconter son nouveau rêve. Cela avait comme soudainement tétaniser Iris, qui était totalement prise au dépourvu. Bien qu'elle savait pertinemment que la jeune adolescente avait cette ambition depuis le début. C'est juste que de l'entendre à voix haute, c'était différent. Mais surtout, ce qui étonna Iris, c'était le fait que ce rêve était impossible. Julia savait-elle que sa grande-sœur de cœur allait partir un moment ? Pourtant, la mercenaire n'avait encore rien dit, et dans son comportement, rien ne laissait penser qu'elle comptait abandonner la jeune adolescente. Dans tous les cas, Iris devait en avoir le cœur net...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iris
Mercenaire
Mercenaire
Iris

Messages : 42
Date d'inscription : 01/09/2016

Un rêve impossible Empty
MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Un rêve impossible Icon_minitimeLun 19 Nov - 19:32

Tandis qu'Iris permettait à Julia depuis plusieurs minutes de tenir sa lame, la discussion qui avait lieu venait soudainement de stupéfier la mercenaire. Encore une fois, elle ne comprenait pas pourquoi Julia pensait que son rêve était irréalisable, quant au fait de rester avec cette dernière. Cependant, elle avait soudainement une petite idée, de comment la jeune adolescente a pu en arriver à une telle conclusion. Il fallait cependant, qu'elle en ait le cœur net. C'est donc ainsi, toujours en continuant à bouger sa lame délicatement aux mouvements de Julia, qu'elle reprit la parole.

- Ça me touche beaucoup, Julia, commença la mercenaire, mais pourquoi dis-tu qu'il est irréalisable... ?

Julia ne répondit pas de suite, comme pensive, s'amusant à faire bouger la lame. Elle laissa échapper un petit rire forcé au bout d'un court instant, tout en reprenant à son tour la parole.

- Je ne suis pas une gamine naïve, ni stupide. Je sais que mon rêve est irréalisable, et pour ça il faut juste être logique...

- Désolé, ce n'est pas ce que je voulais insinuer Julia, loin de là...

- Ha ! Je sais, ne t'inquiète pas ! Je répondais juste à ta question ! J-je sais simplement qu'il est impossible pour des raisons évidentes...

Iris commençait à entrevoir la logique de la jeune adolescente, et ce qu'elle voulait dire par des raisons évidentes.

- C'est en rapport au fait de notre différence, c'est ça, Julia... ?

Julia acquiesça sans dire un mot, prouvant que la mercenaire avait vu juste. Cependant, Iris n'était pas d'accord que cette différence soit une raison d'incompatibilité ou d'abandon. Du moins, elle ne voulait pas que Julia pense que c'est à cause de cette différence, que son rêve n'est pas réalisable.

- Mais il n'y a pas que ça...

Cette fois, la mercenaire décida d'arrêter l'activité, et de poser un moment le katana sur le côté, afin de pouvoir discuter avec Julia de façon plus tranquille. La jeune adolescente avait visiblement compris l'intention d'Iris et se retourna vers cette dernière tout en reprenant la parole, toujours de sa voix douce, mais soudainement plus sérieuse, voire fataliste.

- Tu sais, je sais depuis le début que je ne pourrais pas rester avec toi éternellement... Mais depuis que je te connais mieux, et que je sais d'où tu viens, il me paraît évident que je vais me retrouver toute seule, tôt ou tard... Après tout, tu as déjà une vie et des ambitions, comme retourner sur ton monde... Moi en tout cas, à ta place, c'est ce que je ferais, de partir d'ici...

- Julia...

- J-je suis déjà contente de tout ce qu'on a vécu ensemble. J'ai appris à me contenter de peu, depuis toute petite. Et bien que je n'aie jamais été aussi heureuse que depuis que je partage ma vie avec toi, je savais que ça finirait... Je ne suis pas naïve... Je sais que tu as fait en sorte que je puisse vivre ici, chez les elfes, parce que tu comptes partir... M-mais ça va, je l'ai accepté, c'est comme ça... C'est génial que tu es immortelle et que tu viennes d'un autre monde... Mais du coup ça m'a ouvert les yeux sur mon envie de rester avec toi pour toujours... Héhé, c'est naïf, quand j'y repense, d'avoir pensé une seconde, que tu allais tout arrêter dans ta vie, pour rester avec une gamine que tu connais à peine...

- Tu es bien plus que ça, Julia, et tu le sais...

- Peut-être, mais j'ai raison, non ? Tu comptes partir après ce que tu vas faire avec cette rouquine, hein... ?

Iris était complètement perdue à cet instant. Le moment tant redouté était arrivé. Moment redouté, car la mercenaire était indécise sur son envie à l'heure actuelle. Julia avait tout changé dans sa vie, ses projets, et ses ambitions. Alors qu'avant elle ne pensait qu'à elle-même et ne se battait que pour son intérêt. Aujourd'hui, tout avait changé. Elle a continué le combat au pays du soleil pour veiller à la sécurité de cette fille. Elle a repoussé son départ après la bataille, pour s'occuper de cette même fille. Et à présent, elle comptait aller affronter une reine dont l'objectif lui fait ni chaud ni froid, uniquement, encore une fois, pour cette fille. Bien que de nombreux jours aient passé depuis, Iris était toujours surprise de son changement. Tout ce à quoi elle pense depuis sa rencontre avec Julia, était à Julia, justement. Son bien-être, son avenir, ses envies, la mercenaire prenaient à cœur et pour unique centre d'intérêt, les besoins de la jeune adolescente. Elle avait bien compris, bien sûr, qu'elle se revoyait en cette gamine, et qu'elle voulait lui offrir ce qu'elle n'a jamais obtenue. Mais il y avait toujours une part de mystère pour la mercenaire, sur son esprit actuel, en ce qui concerne Julia.

- … Je l'admets, répondit Iris, d'une voix résignée, cela fait des années que j'ai compris que ma place n'était pas ici... Pour te dire la vérité, aujourd'hui, je devrais déjà être partie. La seule raison pour laquelle je suis encore ici, c'est toi, Julia...

- Moi... ?

- Oui, Julia, tu es la seule raison pour laquelle je reste ici, et que je vais combattre prochainement. Les affaires de ce monde ne m'intéressent guère, tout comme son avenir, à lui ou celui des mortels. Mais ce n'est pas le cas de toi... Toi, j'aspire à t'offrir un monde où tu pourras avoir un avenir, évoluer... Et tant que cette reine lunaire sera vivante, cela ne sera pas possible... J'ignorais il y a quelques jours, pourquoi j'étais si intéressée par ton avenir ou ton bien-être, mais aujourd'hui, je le sais, Julia... C'est parce que tu me rends heureuse. Je n'avais plus ressenti cette sensation dans mon cœur depuis le départ de ma mère...

Iris posa un genou au sol, pour être à la hauteur de Julia, puis reprit la parole en la fixant dans les yeux, tout en lui prenant les mains.

- Je t'aime, Julia. Tu es ma petite-sœur, peu importe notre différence. Tu as refermé un vide dans mon cœur solitaire et froid. Tu m'as fait découvrir le bonheur d'ouvrir son cœur, d'être aimée, importante, respecté... Tu m'as apporté bien plus que ce que tu imagines, Julia...

- Iris...

- Tu as raison, Julia, je comptais partir, mais à l'heure actuelle, je ne sais plus ce que je veux... Tandis que j'étais certaine de mon choix, aujourd'hui, je ne sais plus... Tu es entrée dans ma vie, dans mon cœur... Tu as tout changé en moi... J'ai peur de perdre ce bonheur que tu me procures, si je me sépare de toi... Mais d'un autre côté, j'ai tant de réponses à trouver sur Légendia, dont ma mère, mes origines... Mais je ne peux pas... Je n'arrive pas à prendre une décision...

La mercenaire se rapprocha davantage de Julia, toujours en tenant ses mains, et reprit la parole, cette fois d'une voix décidée.

- C'est pourquoi je m'en remets à toi, Julia... J-je ne sais plus quoi faire... Je tiens autant à toi qu'à mes ambitions... Alors, si tu veux que je reste, dis-le moi, Julia. Si tu veux que je reste, alors je resterai. Je veux que tu me le dises, Julia...

Cette fois, Iris avait finalement accepté son état d'esprit actuel. Son incapacité à se décider qui la paralysait depuis sa rencontre avec Julia, allait enfin prendre fin. Sauf que c'était à cette même Julia, qu'elle laissa le choix. La mercenaire était prête à abandonner son ambition aujourd'hui, pour la jeune adolescente. Elle ne pouvait plus se le cacher, son attachement pour cette dernière était trop important, pour qu'elle choisisse de simplement partir sans se retourner. Elle avait autant envie de rester avec Julia, et continuer à profiter de ce bonheur qu'elle lui offrait, que d'obtenir des réponses. C'est donc les yeux plongés dans ceux de Julia, qu'Iris attendait la réponse de la jeune fille. Une réponse qu'elle connaissait déjà, mais elle voulait l'entendre directement de Julia. Elle voulait que la jeune adolescente formule son envie, son rêve. Cependant, Julia restait silencieuse, tout en ayant à son tour les yeux plongés dans ceux de son interlocutrice. Cet échange silencieux se poursuivit une longue minute. Une minute où la jeune fille semblait inerte, perdue dans ses pensées, tandis qu'Iris pouvait sentir que les mains de cette dernière devenaient fébriles. Finalement, au bout d'un moment, Julia esquissa un sourire, et ouvrit la bouche, afin de prendre la parole, d'une voix mélancolique, mais décidée.

- Merci, Iris, lança Julia, toujours esquissant un sourire discret, tu n'as pas idée à quel point cela me rend heureuse, toutes ces paroles... Je t'aime aussi, tellement... C'est évident que j'aimerais te garder avec moi, et continuer de pouvoir être avec celle que j'admire plus que tout... C'est mon souhait le plus cher, que tu restes à mes côtés, Iris...

- Julia...

- … Mais, poursuivit la jeune fille, même si c'est difficile, je refuse que mon rêve, mette fin à tes ambitions... Tu as tant de choses à accomplir, de réponses à trouver... Je ne veux pas que tu restes avec moi, si cela t'empêche de trouver tes réponses... Même si c'est mon vœu le plus cher, je ne pourrai pas être heureuse, si je sais que mon égoïsme de te garder pour moi, mettra fin à ton ambition... Je ne veux pas que tu sacrifies quoi que ce soit pour moi... C'est pourquoi... je ne veux pas que tu restes, Iris... Je veux que tu partes, que tu trouves tes réponses, ta maman, et que tu sois heureuse là où est ton vrai destin...

Tandis que Julia continuait son récit, ses yeux commençaient à briller, et sa voix faiblir. Il était évident que la jeune fille retenait ses larmes. Après tout, elle faisait elle-même une croix sur son rêve qui pouvait devenir une réalité. Mais elle refusait que ce dernier soit responsable du malheur de sa grande-sœur de cœur. C'était dur pour la jeune adolescente, mais elle devait le faire, elle devait persuader sa sauveuse de rejoindre son vrai destin, sur Légendia. Du côté d'Iris, c'était la stupéfaction totale. Elle observait Julia déballer son récit, paralysé par la surprise, incapable de dire quoi que ce soit. Alors qu'elle s'attendait à une réponse évidente, la jeune fille allait complètement dans le sens opposé. La maturité dans les paroles de cette dernière laissait Iris, bouche bée.

- … Ça ira, concluait la jeune adolescente d'une petite voix fébrile, savoir que j'ai une grande-sœur qui m'aime, même loin de moi, ça me rend heureuse comme jamais...

Iris restait toujours silencieuse, observant avec émotion sa jeune interlocutrice. Après tout, elle sacrifiait son rêve, afin que ceux de la mercenaire se réalisent. Elle était assez mature et réaliste, pour peser le pour et le contre d'un tel souhait. Car il était évident que c'était le choix évident à faire, pour la mercenaire, de continuer à poursuivre ses prévisions. À terme, elle aurait bien trop de regrets pour profiter comme il se doit du temps qu'elle passerait avec Julia. Iris savait que c'était le bon choix, mais son désir d'être avec Julia, ainsi que ses émotions, l'avaient perdue. Mais Julia venait de libérer Iris de son indécision, même si cela lui faisait mal. Cela, Iris pouvait le sentir rien qu'en observant la jeune fille au bord des larmes face à elle.

- Julia, je...

Finalement, Iris lâcha les mains de Julia, afin de faire la seule chose qu'elle avait envie de faire : la prendre dans ses bras. C'est donc ainsi, qu'elle serra la jeune adolescente dans ses bras, tout en reprenant la parole, d'une voix émue.

- … Julia, tu es si mature.. J-je ne sais pas quoi te répondre...

- Ça va aller, rassura la jeune fille, il n'y a rien à dire, tu as déjà tant fait pour moi... Je ne fais que te remercier... en te laissant partir... Ta place n'est juste pas ici...

- S-si seulement, je pouvais t'amener avec moi, Julia...

- Hum, je sais, tu le ferais. Mais je me doute... que ce monde n'est pas fait pour moi, ni pour les autres « mortels »...

- Julia... j-je refuse de t'abandonner... J-je te promet que peu importe le temps que ça prendra, je reviendrais... Je ne veux pas te dire adieu, Julia...

- Héhé, ça va, Iris, tu n'as pas besoin de me rassurer... Je ne suis qu'éphémère comparé à la vie d'une déesse immortelle... Je l'ai compris maintenant... qu'on ne peut pas rester ensemble... Je ne veux pas qu'un jour, tu souffres parce que je vais disparaître... I-il serait logique, que tu ne reviennes pas, après tout, tu vas certainement m'oublier, avec le temps...

Les paroles de Julia étaient fatalistes et difficiles à entendre, pour Iris. Mais c'était malheureusement la vérité, que la mercenaire le veuille ou non. Le simple fait que Julia va un jour mourir dans le cycle naturel de la vie d'un mortel, fait qu'un jour ou l'autre, Iris perdra son bonheur, aux côtés de Julia. Un jour, tout prendra fin, inévitablement. Mais cette fatalité était trop difficile à accepter, pour Iris, à qui les larmes commençaient à couler. Cependant, elle n'avait pas le choix, que de l'accepter. Elle comprenait finalement, pourquoi cette valkyrie, sur le navire, semblait contre cette idée de s'occuper de Julia. Et bien que cela semblait logique, l'émotion du moment avait aveuglé la mercenaire. Finalement, avait-elle réellement rendu service à cette fille, se demandait à présent Iris, toujours serrant fort celle qu'elle considérait comme sa petite-sœur. Car quand elle y pensait, à présent, elle va faire comme sa mère à l'époque : partir, et laisser Julia seule, avec cette image fataliste toute sa courte vie. Néanmoins, si la fatalité était inévitable, oublier Julia avec le temps n'en était pas une, et Iris refusait que la jeune fille pense ainsi. Iris se reprit donc doucement ses émotions, et relâcha légèrement l'étreinte sur Julia, et posa ses mains sur son visage, en la fixant bien dans les yeux.

- Tu te trompes, Julia, lança Iris, d'un ton décidé, voire presque sec, peu importe la longévité de mon existence, notre mémoire reste la même ! Je n'ai jamais oublié, l'image de ma mère s'en allant, ni celle de celui que j'appelais père m'insulter de monstre. Et ça, les siècles ou les millénaires n'y changeront rien. Je suis certaine, que même les plus vieux immortels, se souviennent de leur plus tendre enfance, sans pouvoir l'oublier... Chaque perte, chaque malheur, nous devrons vivre avec pour toujours, car nous sommes immortels... Si nous pouvons être heureux pour toujours, l'inverse est également possible... Alors, je refuse que tu dises une chose pareil ! Je ne t'oublierai jamais, Julia, et je ne le veux pas ! Je ne veux pas t'abandonner, je ne le peux pas... pas après t'avoir fait la promesse de te protéger...

… Tu t'en souviens, hein ? Je t'ai promis, que je te protégerais et que je resterais ta grande-sœur, et ça, ça ne changera pas, Julia... Tu sais que je tiens toujours mes promesses... Alors, si je te dis que je reviendrais te voir, je t'en prie de me croire... et de ne pas abandonner...

- Iris...

Cette fois, c'était la jeune fille qui craqua, et fondit en larmes dans les bras de sa « grande-sœur ». Des larmes de douleur, certes, mais également de bonheur. Douleur, car la séparation est inévitable, mais bonheur, parce qu'elle se savait aimer. C'était un sentiment intense, que la jeune adolescente n'avait plus ressenti depuis l'amour que lui portait son père. Pour la première fois depuis longtemps, sa poitrine était chaude, laissant l'amertume qui l'habitait à la porte. Puis finalement, après un long câlin réconfortant, la jeune adolescente sécha ses larmes, tandis qu'Iris reprit la parole.

- Je sais...

- Hum ?

Soudainement, Iris commença à détacher le pendentif qu'elle portait autour du cou, et s'approcha de Julia, afin de l'accrocher à son cou. Suite à cela, elle esquissa un sourire, en observant le pendentif sur sa « petite-sœur ».

- Voilà, s'exclama Iris, d'un air satisfait, maintenant, tu peux être certaine que je reviendrais. Tu sais ce qu'il représente pour moi, hein ? Ce pendentif est la dernière chose, avec mon katana, qui me reste de ma mère et ma famille... J'y tiens énormément et il compte beaucoup pour moi... Mais pas autant que je tiens à toi, Julia...

- M-mais, répondit Julia, surprise, ainsi que gênée, c-c'est le symbole de ta famille ! J-je ne p-peux pas accepté... je...

- Hum, poursuivit la mercenaire, toujours en souriant, justement, je te le prête, le temps que je revienne, d'accord ? Et puis... j'ai cru comprendre que tu n'as plus de nom de famille... Et je trouve que Julia Testarossa, ça sonne bien, moi, pas toi ?

- J-je...

- Qu'est-ce que tu en dis, Julia ? Si tu devenais une Testarossa à partir d'aujourd'hui ? Après tout, tu es ma petite-sœur...

Julia ne savait pas réellement quoi répondre, mais non parce qu'elle était toujours surprise, mais parce que les paroles d'Iris étaient merveilleuses pour la jeune fille. Et tandis qu'elle recommençait à avoir les larmes aux yeux, elle mit sa main sur le pendentif, et se contenta d'acquiescer de la tête, sans décrocher un mot, car elle en était incapable à l'heure qu'il est.

- Bien, dans ce cas, ce pendentif est au bon endroit, autour de ton cou. Ma mère me l'avait offert avant de partir, et aujourd'hui, je te l'offre, Julia... Je te l'offre, car tu m'as offert bien plus que tu ne peux l'imaginer...

Finalement, Julia se précipita de nouveau dans les bras de la mercenaire, heureuse comme elle ne l'a jamais été auparavant. Elle n'avait aucun mot pour dire à quel point elle était heureuse, et aimait sa nouvelle grande-sœur. Une grande-sœur qu'elle reverrait un jour, et maintenant elle le savait. Peu importe le temps qu'elle devra attendre, elle savait à présent, que sa grande-sœur reviendra.

- Peu importe le temps que ça me prendra pour trouver mes réponses, je reviendrais, Julia... Je te le promets...

- Hum, en attendant, j-je prendrais soin et chérirais plus que tout, ton pendentif...

- J'y compte bien !

- Hihi, tu n'as pas à t'inquiéter !

Il aura fallu un certain temps, mais finalement, Iris avait fini par tout avouer à Julia. Que ce soit de sa situation d'immortel, à son départ prévisible. Et tandis que le doute l'habitait, à présent, grâce à Julia, elle était certaine de ses choix.

- Hum, reprit Iris, si on profitait du temps qu'on passe ensemble pour s'occuper, tu en dis quoi, petite-sœur ?

- Hihi, ça me va, grande-sœur... !

C'est donc après un long échange, chargé en émotion et en révélation, que les deux jeunes femmes s'apprêtaient à terminer la soirée dans une ambiance plus joyeuse, loin du doute et du regret. Iris voulait à présent profiter au maximum du temps qu'il lui restait avec Julia, avant son départ prochain, pour une fois encore, participer à une guerre...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iris
Mercenaire
Mercenaire
Iris

Messages : 42
Date d'inscription : 01/09/2016

Un rêve impossible Empty
MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Un rêve impossible Icon_minitimeMar 4 Déc - 19:16

Après une soirée pleine d'émotion et d'aveux, la nuit fut assez calme pour les deux jeunes femmes. Bien sûr, Julia ne pouvait cacher son angoisse, vis-à-vis de la séparation avec sa grande-sœur inévitable qui approche. Mais elle se devait d'être forte, pour permettre à Iris de pouvoir partir l'esprit tranquille le moment venu. C'est donc dans cet état d'esprit que la jeune fille se leva tôt ce matin, et réveilla avec motivation la mercenaire, après lui avoir préparé un déjeuner. L'attitude motivée et hyperactive de Julia ne l'étonna pas réellement. Elle se doutait facilement que c'était un moyen pour sa protégée d'oublier la fatalité. Quoi qu'il en soit, après le petit-déjeuner, Julia proposa à Iris si elle voulait se promener un peu, histoire de visiter le village non loin du palais royal. Évidemment, la mercenaire accepta avec joie, du moment qu'elle passait du temps avec Julia et la voyait sourire, tout lui convenait.

* * *

La matinée touchait à sa fin, tandis que les deux sœurs de cœur continuaient leur promenade dans le village. Les deux jeunes femmes décidèrent cependant de s'arrêter un peu, sur la place principale, et de s'asseoir tranquillement, afin de se détendre. Mais surtout pour savourer le petit en-cas qu'elles avaient dans les mains. Mais tandis que la jeune fille mangeait son en-cas, Iris remarqua que cette dernière se perdait dans ses pensées. Bien qu'elle essayait de cacher son désarroi, il était évident que c'était dur pour Julia de ne pas penser à la fatalité qui arrive à grands pas. Iris prit donc instinctivement la parole, afin de distraire au plus vite la jeune fille.

- Si tu ne te dépêches pas de manger ton rouleau, une personne à tes côtés pourra te le voler, Julia.

La jeune adolescente ne réagit pas directement, mais avec un léger décalage.

- Hum ? Ho ! Hey, pas touche à mon rouleau !

Mais la réaction de Julia était tellement forcée que même un aveugle l'aurait remarqué. Iris décida donc de passer à la vitesse supérieure, en parlant directement de ce qui fâche.

- Allez, Julia, ne fait pas cette tête... Tu ne crois pas que c'est mieux qu'on profite du temps ensemble dans la bonne humeur, au lieu de broyer du noir ?

- D-désolé...

- Hum, réfléchissait la mercenaire, encore une fois, ce n'est qu'un au revoir, Julia, et non des adieux. Je pensais qu'on s'était mises d'accord là-dessus hier.

- J-je sais... c'est juste que... j'ai peur, c'est tout...

- Tu as peur de quoi, Julia ?

- … J'ai peur que tu meures... La dernière fois que mon père m'avait dit qu'il reviendrait, je ne l'ai plus jamais revu...

La jeune adolescente observait son rouleau, pensive, tout en disant ces mots. La tête baissée en direction du sol, d'un air morne, les yeux larmoyants, fit comprendre facilement à Iris la détresse de sa petite-sœur. Malheureusement, elle ne savait pas réellement quoi répondre à la jeune fille, ni comment la rassurer, sans faire preuve d'hypocrisie, qui de toute façon ne rassurera pas Julia. Du coup, la mercenaire décida d'attaquer le problème d'un angle différent.

- Je croyais que j'étais une déesse immortelle super forte, non ?

- Hum, souriait timidement la jeune fille, je ne suis pas une gamine, je sais que tu n'es pas invincible... tu l'as dit toi-même...

- Julia, arrête ça tout de suite.

- Hein ?

Iris avait dit ça phrase d'un air sérieux, presque accusateur envers Julia.

- Je veux bien que tu sois inquiète, mais ce n'est pas une excuse pour que tu sombres dans le défaitisme. Ce n'est pas la Julia que je connais, ça, ou celle que j'ai eue en face de moi hier soir, pendant notre discussion...

- P-pourquoi ? Pourquoi je n'aurai pas le droit d'être inquiète !? Pourquoi je devrais être optimiste alors que toi-même, tu doutes !?

Pour la première fois, Julia avait levé la voix sur Iris, et avait répondu d'un air énervé.

- J'en ai marre d'être forte et optimiste ! Chaque fois que j'ai cru en quelque chose ou gardé l'espoir, j'ai tout perdu ! Chaque fois que j'aime quelqu'un, il disparaît...

Julia commençait à verser de discrètes larmes, tout en serrant de colère son rouleau. Pour Iris, il était clair à présent que la jeune fille cachait une souffrance liée à une perte, autre que son père. Et cette perte devait être liée à sa perte de confiance en son rêve de devenir chevalier, ainsi qu'à son défaitisme, et surtout sa peur. Quoi qu'il en soit, Iris ne réagit pas dans l'immédiat sur les paroles de Julia, ni ne lui en voulait pour avoir levé la voix. Au contraire, elle était plutôt contente que l'adolescente sorte un peu de ses gonds. Cependant, la laisser dans cet état n'était pas dans son intérêt. C'est donc ainsi qu'elle se leva, et se positionna devant la jeune adolescente, un genou au sol, pour correspondre à la position assise de la jeune fille, et surtout pouvoir la regarder dans les yeux.

- Julia, regarde-moi, lança la mercenaire, d'un air sérieux, tout en invitant la jeune adolescente à la regarder dans les yeux, je ne vais pas disparaître. Tu peux croire en moi, je ne disparaîtrais pas. Tu m'entends, je te le promets, je ne t'abandonnerais jamais. J'ai enfin une vraie raison de me battre aujourd'hui. Une raison de me battre pour survivre et ne plus me moquer de mourir ou non... Mais j'ai besoin que tu croies en moi, Julia, hum ? Tu peux faire ça pour moi ?

La jeune fille releva lentement la tête et fixa de son regard humide son interlocutrice, puis hocha la tête, en signe d'accord.

- Allez, tu me fais un joli sourire ?

- Hum, acquiesça Julia, en souriant timidement, désolé Iris...

- Héhé, si tu ne veux plus ton rouleau, lança la mercenaire d'un air sournois, je peux t'en soulager, tu sais ?

- N-non ! J-je vais le manger, morfale !

Finalement, la journée se poursuivit dans une ambiance nouvellement agréable entre les deux jeunes femmes. Après leur en-cas, elles quittèrent le village, pour se balader dans la forêt adjacente. Puis finalement, après une longue promenade, elles décidèrent de rentrer au temple. Le crépuscule commençant lentement à s'approcher, éveillant dans le même temps l'appétit de l'adolescente, il était temps de rentrer. D'ailleurs, Iris commença à entamer la discussion à ce sujet, ressentant à son tour l'envie de manger. Mais ce n'était pas par besoin, mais plus, car elle commençait à s'habituer à la cuisine de Julia.

- Alors, tu comptes préparer quoi de bon ce soir, Julia ?

- Awn, soupira la jeune fille, tu ne penses qu'à ça !

- Q-qu... mais non, pas du tout ! J-je suis juste curieuse de savoir ce que tu vas manger ce soir ! Je n'ai pas besoin de ça moi.

- Hihi, ça va, je sais que tu ne peux plus te passer de ma cuisine !

- Héhé, je l'avoue, Julia.

- Hum, réfléchissait l'adolescente, j'ai une idée !

- Une idée ? Pourquoi j'ai un mauvais pressentiment soudainement ?

- Rooh, ça veut dire quoi ça !?

Le chemin du retour se passait dans la bonne humeur, tandis que le village était à présent à vue. Un temps qu'Iris avait utilisé à se morfondre en excuse, afin que Julia arrête de bouder, et lui fasse part de son idée. Finalement, après lui avoir promis de lui laisser de nouveau observer son katana plus tard dans la soirée, la jeune adolescente esquissa un sourire satisfait.

- Bon, d'accord, je veux bien te dire mon idée ! Marché conclu !

- Awn, soupira la Testarossa, depuis quand tu es aussi difficile en affaires...

- Bon, mon idée est simple... je vais t'apprendre à cuisiner !

- Heeeeh ?

- Oui ! Quand tu seras toute seule sur Légendia, tu n'auras plus mes bons petits plats. Donc il faut que je t'apprenne à cuisiner ! Tu dépends vraiment trop de moi, ça va plus, Iris !

- Hooow, on ne peut pas juste manger ?

- Non !

- Bon, d'accord, je capitule, chef Julia.

- Héhé, cool ! Tu vas voir, tu vas devenir super bonne en un rien de temps !

- Quand je disais d'être optimiste, il y a des limites, héhé...

- Tu as dit quelque chose ?

- Non non !

Finalement, l'idée de Julia était de tenir sa promesse, quant au fait d'apprendre à la mercenaire d'apprendre à faire la cuisine. Ou du moins, essayer, car de l'aveu de la concerner, elle doutait que Julia réussisse à faire des miracles à ce niveau. Si Iris était douée sur énormément de domaines, la cuisine n'en faisait pas partie. Mais cela lui paraissait une bonne idée de laisser Julia mener la danse et proposer des activités. Après tout, encore une fois, c'était une occasion de passer du temps avec Julia, et lui permettre d'éviter de penser à la fatalité. Et cela, c'était valable aussi bien pour la jeune adolescente, que la mercenaire. Car, qu'elle se le dise ou non, cette dernière aussi redoutait le moment de la séparation, en plus d'avoir d'autres soucis en tête, comme par exemple, sa pupille qui a viré au rouge, ou son tatouage dorsal toujours autant visible.

- Ha ! Regarde Iris, sur le banc là-bas, c'est Kula, non ?

- En effet.

- Elle n'a pas l'air dans son assiette, j'espère qu'elle va bien...

- Elle doit certainement s'inquiéter au sujet du rétablissement de Law, ainsi que de sa future séparation avec Scylla... Après tout, j'ai cru comprendre qu'elles étaient plutôt proches, ces deux-là...

- Ho !

Julia venait de réagir soudainement, à l'entente des paroles d'Iris. Surtout en ce qui concerne la séparation entre cette Kula et la fameuse Scylla. C'était exactement la même situation que la jeune fille. Toutes deux allaient perdre un être cher immortel. Elle pouvait donc comprendre et se douter de l'état dans lequel se trouvait cette femme sur le banc, à se morfondre.

- Ha, j'ai une idée, Iris !

- Hum ?

- Kula est super forte en cuisine, on pourrait lui proposer de venir avec nous, non ? Comme ça, on sera deux pour te superviser !

- Héhé, ça ne me dérange pas, je te laisse lui proposer, chef.

C'est donc ainsi que les deux jeunes femmes quittèrent leur chemin, pour faire un détour par le banc de Kula. Rapidement, la jeune adolescente salua avec le sourire la jeune femme, suivie par Iris qui esquissa un sourire tout en faisant un geste de la main.

- Salut, Kula ! Tu vas bien ?

Julia était bien plus à l'aise avec Kula d'ailleurs à présent. Après tout, la jeune fille faisait comme partie du petit groupe à présent, et ce n'était pas Kula qui lui montrait le contraire, du peu de fois où elles ont échangé. Finalement, cet état de fait pinça légèrement le cœur de la mercenaire, en voyant que ce petit groupe allait bientôt n'être qu'un lointain souvenir. Mais pour l'instant, elle préférait ne pas y penser, et profiter du temps qu'il restait, c'était le mieux à faire.

- Dis, avec Iris, on a prévu de faire à manger pour ce soir, mais elle est carrément nulle en cuisine...

- Hey !

- Quoi ? C'est vrai ! B-bref ! J'ai prévu de lui apprendre deux ou trois choses, et vu que tu es douée en cuisine, je me demandais si tu voulais m'aider dans ma tâche ? Ça va être amusant, hihi ! Je t'autorise à être ma seconde !

- Ta seconde ? Tu sais vendre une proposition, toi...

- Heee ? Ça veut dire quoi ça encore !?

- Rien du tout !

- Alors, ça te dit, Kula ? Neh ? Neh !?

C'est donc de façon joyeuse et motivante, que Julia invita la jeune femme à participer à l'activité, afin de l'aider dans sa tâche pour rendre Iris meilleur dans le domaine de la cuisine. Bien sûr, Iris avait bien compris le jeu de Julia, en proposant cela à Kula. Encore une fois, la mercenaire trouvait ça touchant et mature, que la jeune adolescente prenne l'initiative de permettre à cette jeune femme de se sentir un peu mieux, alors qu'elle-même souffre intérieurement de la fatalité qui la frappe. Dans tous les cas, cette soirée pouvait être amusante, et Iris n'était absolument pas contre l'idée de resserrer un peu ses liens avec ce groupe, même condamné à se dissoudre. Maintenant qu'elle était décidée à changer son esprit, il était hors de question qu'elle laisse la fatalité la priver de profiter de cette chance...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kula
Mercenaire
Mercenaire
Kula

Messages : 15
Date d'inscription : 31/01/2016

Un rêve impossible Empty
MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Un rêve impossible Icon_minitimeLun 10 Déc - 23:42

Le séjour au beau milieu du royaume elfique suivait son cours pour Kula, et malgré que la paix de ce territoire aurait pu lui réserver un congé idyllique, il n'en était rien. Pour la simple raison que Kula, depuis quelques jours, profitait de ses vacances en solo. En effet, tout le monde était très occupé et seule Kula ne savait pas quoi faire ici, à part goûter les spécialités de la région, acheter des souvenirs, faire de longues balades en forêt, mais seule. Or, la jeune femme n'était pas une adepte de la solitude. Elle préférait s'amuser entre amis, et profiter de la vie avec les gens qui comptent pour elle. Mais cette fois, c'était impossible. Son plus fidèle ami était toujours en pleine thérapie pour vaincre son handicap, et contrairement à ce qu'elle imaginait, venant de ces elfes chaleureux qui peuplaient cette forêt, elle n'était pas autorisée à rendre une visite à Law. La raison était simple, le pirate était en pleine "phase ultime" selon les elfes qui étaient chargés de veiller sur le bon déroulement de l'opération. C'était la partie où Law était plongé dans un long sommeil comatique, et que c'était le moment décisif de son soin. Il ne devait connaître aucun dérangement dans son long sommeil réparateur, ou sinon, non seulement le soin connaîtrait un désastreux échec, mais en plus, Law pourrait très bien connaître des troubles cérébraux irréversibles. C'était quitte ou double et donc, Kula devait demeurer impuissante, à prier le bon Dieu que son ami puisse marcher à nouveau comme tout le monde.

De l'autre côté, Scylla n'était pas plus disponible, et cela n'étonnait guère la jeune femme aux cheveux couleur lavande. Entre réunions de guerre avec Eloraell, et moments où elle s'isolait dans les bois pour s'entraîner, Kula ne parvenait pas à rester aux côtés de la jeune valkyrie. Elle alla jusqu'à proposer à Scylla de s'entraîner ensemble, mais même cette simple requête se solda par un refus. Scylla prétexta comme excuse que la différence de niveau entre les deux femmes n'arrangeraient rien à l'entraînement. Devant ce rejet radical, Kula laissa donc Scylla à ses occupations, quelque peu vexée par l'attitude du chevalier phénix qui devenait de plus en plus difficile à approcher, voire même à supporter.

Enfin, il restait toujours Umi, princesse du pays de l'eau, mais à croire que le destin refusait que Kula puisse profiter de ses proches, la reine du pays de l'eau refusait qu'Umi sorte du palais. En effet, la reine avait préparé un sérieux programme éducatif, pour que Umi oublie son ancienne vie, comme renégate à la solde de Scylla et en compagne de Kula, et qu'elle puisse connaître les règles de vie de la petite bourgeoise modèle sur le bout des doigts. Bref, elle était purement indisponible, et même le soir, elle ne pouvait s'amuser avec elle, car les règles de vie d'une princesse, selon la maison Mishtal, imposaient un couvre-feu vers 20h. Il ne restait plus qu'Iris et Julia, dont Kula ressentait une certaine estime. Néanmoins, cette fois, ce fut elle-même qui se bloqua toute seule. Elle estimait que le duo n'avait besoin de personne d'autre pour être heureux, et elle décida de ne pas perturber la paix entre les deux amies, pour parler de ses soucis.

C'est ainsi que Kula passa sa journée à se promener seule, puis, lorsqu'elle termina sa promenade de santé, tenta de se consoler en se payant un sandwich végétarien vendu dans une boulangerie du coin. Elle se posa paisiblement sur un banc, et dégusta cette petite douceur gustative. Cependant, même cet instant semblait bien fade pour elle. Elle ruminait intérieurement la situation. Les jours passaient à grande vitesse, et Kula avait le sentiment que son petit groupe s'écroulait, au fur et à mesure que la guerre arrivait à grand pas. Il ne restait plus beaucoup de temps avant que la bataille finale survienne, et Kula aurait souhaité passer un dernier instant avec son amie rouquine. Mais il fallait croire qu'au fond de Scylla, les mortels étaient déjà un lointain souvenir. Cependant, Kula, qui fixa son casse-croûte assez tristement, réalisa qu'elle ne se mettait pas non plus à la place de son amie, et que c'était indigne d'elle.


- Pourquoi je reste plantée là, à déprimer ? Je suis une parfaite égoïste. Ce n'est pas très correct de ma part d'en vouloir à Scylla de ne pas avoir besoin de moi, ou de refuser de passer du temps à mes côtés. Elle prouve déjà son estime envers nous en luttant contre Azelia, alors qu'elle a mieux à faire, comme renouer ses liens avec sa sœur et retrouver sa mère. Elle effectue déjà un sacré sacrifice pour notre salut à tous. Alors, je devrais la laisser faire, la laisser progresser pour qu'elle nous sauve tous. Car je ne peux pas le nier, elle porte le poids de notre monde sur ses épaules. Je ne peux me permettre de lui demander davantage.

Ses pensées furent néanmoins interrompues, lorsqu'elle entendit une voix enjouée l'interpeller. C'était Julia, et derrière elle, il y avait évidemment Iris qui salua la Kunoichi d'un geste de la main. Ce fut une agréable surprise sur le coup. Kula avait considérée depuis le début que les deux amies n'avaient rien de besoin d'autre que la compagnie de l'autre, au point d'en oublier le reste du groupe. Pourtant, les voici toutes les deux, à saluer Kula dans sa petite solitude. Etaient-elles venues, voyant Kula se morfondre toute seule ? Si c'est le cas, il était hors de question pour elle de s'en plaindre, cela pouvait prouver que les deux sœurs de cœur ressentaient aussi de l'empathie pour Kula, ce qui était bien sûr réciproque. Bref, Kula détourna légèrement le regard pour éviter de montrer ses yeux scintillants qui trahissaient cruellement ses émotions.

- Je… je vais bien. Je te remercie de t'en soucier.

Sur le coup, ce n'est pas que Kula n'était pas ravie de voir Iris et Julia, mais ce n'était pas vraiment le meilleur moment, et cela, Kula ne tenait pas rigueur aux deux amies. Ce n'était pas de leurs fautes, mais Kula jalousait cruellement ce petit duo. D'ailleurs, en les observant, Kula réalisa que Scylla était un peu à blâmer également. Iris est presque autant sur l'avant front que Scylla lors de la bataille finale qui oppose la Yokume à Azelia. Pourtant, elle prenait le temps de se soucier de Julia, et de passer du temps avec elle. Et elle était également sur le point de lui dire "adieu" très bientôt, car Iris, tout comme Scylla, n'était pas à sa place ici. C'est à cet instant que Kula comprit qu'elle allait devoir s'imposer la prochaine fois qu'elle croisera Scylla, pour lui faire valoir son opinion, car les deux immortelles étaient dans le même panier, et pourtant, les deux ne traitaient pas leurs proches de la même manière.

Alors que Kula tentait tant bien que mal de dissimuler sa peine, voire sa frustration, Julia fit une proposition à Kula. Celle de seconder la jeune adolescente, à enseigner les bases de la cuisine à Iris, qui à défaut d'être une redoutable guerrière, craignait en cuisine. Une petite pique qui donna le sourire à Kula sur le coup, et d'ailleurs toute la proposition redonna de la vigueur dans l'esprit de la Kunoichi. Elle était heureuse que Julia et Iris proposent à Kula de participer à un dîner ensemble, et qu'elles étaient suffisamment sociables pour ne pas laisser Kula isolée. De plus, Julia semblait s'être souvenue que Kula était une passionnée de cuisine. Elle décida de jouer le jeu devant la joie de Julia, lorsque celle-ci lui donna le rôle du second pour le dîner de ce soir, puis se leva de son banc, tout en tenant fermement son casse-dalle. Le plaisir se lisait sur son visage, métamorphosant automatiquement l'impression que donnait la jeune mortelle.


- Vraiment, vraiment ? Je peux me joindre à vous ? C'est très gentil ! Je promets de faire une seconde en chef irréprochable, Julia. J'ai longtemps enseigné l'art de la cuisine à un groupe de bandits de long chemin, et avec moi, même les pires criminels de la cuisine deviennent les rois du fourneau.

Après avoir montré à quel point elle était fière de ses talents de chef cuisinière, Kula se mit à réfléchir. Une idée alléchante lui traversa l'esprit.

- Dites, dites ! Et si après le dîner, on profiterait toutes les trois d'être ensemble pour se faire une petite soirée entre filles. Cela fait si longtemps, depuis que mon groupe de mercenaire fut dissout, que je n'ai plus fait de soirée pyjama. Ne vous en faites pas, je me charge de tout et on peut faire ça dans ma chambre. Ce serait super et au moins...

Kula, qui semblait si joyeuse, prit un air plus sérieux.

- … au moins, vous deux, vous semblez être suffisamment disponible pour profiter de ce semblant de paix actuel, afin de passer du temps avec la personne qui compte le plus pour vous.

Kula venait, involontairement, de dévoiler ce qui la tracassait. Après tout, elle voulait tellement garder un dernier merveilleux souvenir avec ses amis, car peut-être que la mort emportera tout le monde d'ici quelques jours. Si au moins, elle ne pouvait le faire avec la valkyrie écarlate, cela la comblerait de bonheur si elle pouvait au moins passer une soirée amusante avec Iris et Julia. C'est donc avec son sourire radieux habituel, que Kula attendit l'avis de Julia et Iris.

- Allez, siou plaît ! Avec un peu de chance, on peut même demander à Eloraell de se joindre à nous !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iris
Mercenaire
Mercenaire
Iris

Messages : 42
Date d'inscription : 01/09/2016

Un rêve impossible Empty
MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Un rêve impossible Icon_minitimeDim 23 Déc - 22:35

Finalement, sans hésitation, Kula accepta la proposition de Julia, de se joindre à son objectif d'enseigner la cuisine à Iris. La jeune femme semblait avoir retrouvé le sourire, grâce à Julia et son idée de faire participer cette dernière. Cela lui évitera au moins de broyer du noir, et Iris n'était pas contre de passer la soirée avec Kula. Pour la mercenaire, tant que Julia sourit, elle suivait ses idées et tout lui convenait. D'ailleurs, la jeune femme proposa à son tour aux deux sœurs de cœurs si ces dernières souhaitaient poursuivre la soirée après le repas. Ce serait l'occasion de profiter d'une soirée « pyjama » entre filles, histoire de se changer les idées. Évidemment, les deux Testarossa n'avaient rien contre cette idée, sauf qu'elles restaient légèrement silencieuse à cette proposition. Du côté d'Iris elle leva un sourcil, comme si elle était intriguée par quelque chose. Tandis que Julia de son côté reprit la parole, tout en se tenant le menton, de façon pensive, que ce soit dans l'air ou la voix.

- Hum, semblait donc réfléchir l'adolescente c'est une bonne idée, mais... c'est quoi une soirée pyjama ? Il faut genre mettre un pyjama ? J'en ai pas et c'est nul les pyjamas !

- Je ne vois pas vraiment ce qu'il y a d'amusant à faire une soirée en pyjama, en effet, enchaîna Iris, et je doute que la reine des elfes participe à ce genre de soirée.

Bien sûr, les deux femmes ne se moquaient absolument pas de Kula. Elles ignoraient véritablement ce qu'était une soirée pyjama, ou une soirée entre filles. Et la raison était simple, que ce soit Julia ou Iris, jamais elles n'ont passé une soirée de ce genre. Iris a toujours été solitaire, et Julia avait d'autres choses à penser que faire ce genre de soirée.

- Désolé si ce n'est pas ça, une soirée pyjama, poursuivit Iris, j'avoue que je n'ai jamais vraiment passé une soirée entre « filles » dans ma vie...

- Moi non plus...

Encore une fois, les deux femmes avaient une chose en commun, même si cette fois, ce n'était pas la joie, comme ressemblance. Cependant, cela ne découragea pas Julia, qui n'attendit pas de réponses réelles de Kula, pour reprendre la parole, de nouveau de façon joviale.

- Mais bon, on s'en fiche de toute façon, si tu proposes, alors j'accepte, ça ne peut pas être naze !

- Si Julia vient, alors je viens... Mais je ne mettrais pas de … pyjama... ok ?

- Vendu ! Après le repas on fera une soirée en pyjama sans pyjama avec toi, hihi !

C'est donc après avoir conclu le plan de la soirée, que le petit groupe se mit en route pour le palais royal, en vu de commencer la première activité. Pour cela, le groupe se dirigea donc dans la cuisine, afin de commencer à préparer le repas. Une fois dans la cuisine - qui était d'ailleurs la plus classieuse que la jeune adolescente avait pu voir de sa vie - l'activité pouvait commencer.

- Bon, commença Julia, d'un ton sérieux et d'une voix faussement autoritaire, second Kula, je te charge de la préparation du plat principal ! Apprentie Iris, toi tu t'occuperas de l'entrée, supervisée par moi-même !

- Héhé, ria la mercenaire en se grattant la tête, à vos ordres, chef.

Maintenant que Julia avait fini de distribuer les rôles, il était temps de s'atteler à la tâche. Ainsi, elle laissa pour l'instant Kula libre de préparer ce qu'elle désire pour le plat principal, tandis que l'adolescente commençait la préparation de l'entrée, avec Iris.

- Bien, on va commencer par quelque chose de facile, et que tu aimes que je cuisine, depuis qu'on est ici : des feuilletés au chèvre et aux pommes ! C'est pas difficile et c'est rapide, parfait pour une entrée ! Je vais donc en faire quelques uns pour servir d'exemple, et ensuite tu répéteras ce que tu as observé, comme une bonne apprentie ! Compris ?

- Hum, hocha Iris de la tête, toujours amusée par l'attitude de Julia, compris, chef !

Le plat d'ouverture décidé, il était temps de commencer la préparation. Comme stipulé par la chef de cuisine, elle prit l'initiative, afin d'instruire son apprentie. Julia prépara donc avec soin la préparation de ses feuilletés au chèvre et aux pommes, en prenant le temps d'indiquer à Iris de temps à autre les doses et autres recommandations pour un plat réussi. C'est donc après plusieurs minutes, que les feuilletés étaient finalement prêts à être dégustés. Ils avaient tout des feuilletés classiques, mais appétissants à n'en pas douter.

- Voilà, lança Julia, assez fièrement, les feuilletés sont finis ! J'espère que tu as tout suivi, car maintenant ça va être à toi d'en préparer, Iris !

- Je ne peux pas goûter d'abord à un feuilleté ? Tu viens de m'ouvrir l'appétit...

- Naaah ! On ne touche pas à la nourriture en cuisine ! Uniquement quand tu auras fait tes devoirs de cuisinière !

- Awn lança Iris, dépitée, d'accord...

C'est donc ainsi que Julia laissa à présent Iris passer à l'action. La Testarossa commença donc sa mission, en répétant assez fidèlement ce que Julia lui a montré et enseigné. Pendant ce temps, Julia se dirigeait vers Kula, afin de vérifier ce que cette dernière préparait de bon comme plat principal.

- Huum, ça sent bon, Kula, tu prépares quoi de bon ? Ha, enchaîna la jeune adolescente, j'aimerais que tu réfléchisses à un autre plat pas trop compliqué, pour former Iris, après son entrée ! Je te charge de sa formation à partir du plat principal ! Hihi, pour le dessert, je reprendrais la main, compris, sous-chef Kula ?

Afin de faire participer la jeune femme, Julia confia donc la suite de la formation d'Iris à cette dernière. La jeune adolescente faisait vraiment en sorte que Kula s'amuse, car maintenant qu'elle savait la raison de son mal-être, elle s'était décidée à lui faire oublier, au moins pour une soirée, la fatalité, qui attendait aussi bien cette dernière que Julia. Bref, quoi qu'il en soit, après avoir échangé rapidement avec Kula, Julia revint vers son apprenti, et pouvait observer que les feuilletés étaient pratiquement terminés. Il ne restait que quelques secondes de cuisson et ça allait être bon. Une agréable odeur se dégageait du four.

- J'ai fini, Julia.

- Ha !

[iIris sortit donc du four ses feuilletés, et étrangement, ils avaient l'air plutôt normaux, voire même appétissants. Julia semblait soudainement satisfaite en observant la préparation de sa grande-sœur qui semblait déjà être une future chef en herbe. Même si, la jeune adolescente savait que l'apparence ne faisait pas tout, il fallait aussi que le goût soit au rendez-vous.][/i]

- Hum, réfléchissait rapidement Julia, bon, je vais goûter ton cake, Iris

- Je croyais qu'on ne goûtait pas en cuisine, Julia.

- Ç-ça ne s'applique pas au chef de cuisine ! Et puis, tu es une apprentie, il faut bien que je valide ton plat !

- D'accord, mais je veux goûter un de tes feuilletés aussi, dans ce cas !

- M-mais... ! Rah, d'accord, tu as gagné !

C'est donc ainsi que Julia se résigna à faire goûter un de ses feuilletés à Iris, qui avait réussi à négocier. Comme avec les rouleaux qu'elles mangeaient de temps à autre, Julia donna elle-même d'une façon complice à sa grande-sœur le feuilleté, afin de goûter. Après cela, elle proposa d'ailleurs à Kula si elle souhaitait également profiter de cette exception qui confirme la règle. Comme prévu, le feuilleté était classique, mais bon. Et c'était tout ce qu'on demandait à un feuilleté.

- Délicieux, Julia !

- Ouais, bon, allez, à moi de goûter ton feuilleté !

- Héhé, ne sois pas si pressée, tu me fous presque la pression. Mais je pense que j'ai plutôt bien réussi. Après tout, je n'ai fait que suivre à la lettre tes conseils !

- Héhé, allez, c'est l'heure du verdict !

À présent, c'était donc au tour d'Iris de faire goûter un de ses feuilletés à Julia. Elle en prit donc un et le fit goûter à Julia de la même façon complice habituelle. Sauf qu'à l'instar de la mercenaire, une fois le feuilleté en bouche, la jeune adolescente se figea soudainement. Au fur et à mesure qu'elle mâchait, son visage passa du blanc au rouge, tandis que des larmes commençaient à couler de ses yeux.

- D-de... de l'eau...

- Ca va, Julia… ?

- D-de l'eau… vite... essaya de lancer la jeune fille semblant s'étouffer dans sa souffrance. De… l'eau !

Finalement, Iris comprit ce que Julia venait de demander et s'empressa de lui fournir quelque chose à boire. Elle tendit donc en panique la première bouteille qui lui passait sous la main, afin de soulager la chef de cuisine qui était devenue complètement rouge. Malheureusement, un malheur n'arrivant jamais seul, l'état de Julia empira lorsqu'elle recracha soudainement la boisson qu'elle venait d'ingurgiter.

- Phouaaaaa ! M-mais c'est pas de l'eau ça ! C'est de l'alcool !

- Ho ? D-désolée Julia, désolée !

- Keuf keuf, mais tu as mis quoi.. dans tes .. feuilletés !? J'ai jamais goûté quelque chose d'aussi épicé ! J-je vais mourir... keuf.. il...il faut que j'aille aux toilettes !

La jeune fille avait soudainement une envie pressante de vomir, et s'empressa de quitter la cuisine, la gorge en feu. Bien sûr, cela fit rire Iris, car elle savait que la situation était plus comique que dangereuse. Bien qu'elle pouvait comprendre que l'alcool venait d'empirer l'état de Julia, elle se demandait quand même pourquoi ses feuilletés semblaient - selon Julia - si épicés ? Elle vérifia donc les ingrédients qu'elle avait utilisé, et se rendit compte de son erreur. D'abord gênée, elle se décida à donner un élément de réponse à Kula, d'un ton assez désolé et honteux.

- Hum, commença à dire timidement Iris à Kula, je crois que j'ai trouvé la raison de mon raté...

Iris montra donc à Kula ce qu'elle tenait en main gauche. Il s'agissait d'un oignon rouge. Et en main droite, Kula pouvait observer également autre chose, une pomme rouge. Il était facile de comprendre ce que venait de faire Iris. Elle avait réussi l'exploit de se tromper d'ingrédient, en remplaçant les pommes, par de l'oignon pur. On était donc plus dans du feuilleté aux chèvres et aux oignons, qu'aux pommes. Quoi qu'il en soit, après un court temps, Julia refit son apparition dans la cuisine, visiblement en meilleur état. Rapidement, elle s'adressa à Iris, d'un air mécontent.

- Bon, qu'est-ce que tu as fabriqué avec tes feuilletés, Iris !?

- J-je... hésita la Testarossa, cachant l'oignon et la pomme dans son dos, j-je ne sais pas vraiment... !

- Hum... réfléchissait Julia, essayant de voir ce que cachait Iris dans son dos, tu caches quoi ? Allez, montre-moi ça !

- Je t'assure que je ne cache rien !

Finalement, après une scène plutôt comique, où Julia tournait autour d'Iris afin de voir ce qu'elle cachait, elle finit par découvrir la vérité.

- De l'oignon !? Vraiment ?!

- P-pour ma défense ça a la même couleur !

- Mais ça a pas la même forme ! Ça ne se ressemble pas du tout !

- Mais carrément que si, ça se ressemble !

- Non !

- Si !

C'est donc ainsi, que les deux jeunes femmes commençaient à se prendre le chou. Bien sûr, encore une fois, c'était une « engueulade » amicale, comme on trouve entre frère ou sœur, voire amis. Après tout, Iris a quand même réussi un exploit, en inventant une nouvelle version des feuilletés au chèvre et aux pommes.

- T'imagines, si Kula avait goûté ? Tu aurais empoisonné également notre invitée et ma sous-chef ! Criminelle de la cuisine !

- Chef tyrannique !

- Apprentie aveugle !

Les deux jeunes femmes continuèrent à se battre verbalement encore une bonne minute, avant de finalement passer à autre chose, après qu'Iris commença à partir en fou-rire, qui se transmit à Julia, peu de temps après. La situation, après coup, était assez cocasse finalement, et complètement absurde. Bref, après cet interlude, le calme revint dans la cuisine, laissant ainsi à Julia l'occasion de reprendre la parole.

- Bon, au moins dans la forme, tes feuilletés sont réussi... Mais hors de question qu'on mange ça ce soir !

- J-je suis d'accord... !

- Bien, je suis quand même contente, tu sais faire des feuilletés maintenant, c'est bien, apprenti crimi... Iris !

- Héhé ! souriait Iris gênée, en se grattant de nouveau le haut du crâne, pourquoi je sens du sarcasme dans ce compliment ?

- Sur ce, je vais commencer à réfléchir à un dessert. En attendant, je te confie aux mains de ma seconde, Kula. Et l'empoisonne pas, hein ?!

- Ça va, lâche-moi un peu !

- Nah ! Tu as failli me tuer je te rappelle !

- Je me suis déjà fondue en excuse !

- Hum, commençait à bouder Julia, bon, j'accepte tes excuses, allez, rejoint Kula maintenant !

- À vos ordres, chef tyra... Julia.

Julia avait finalement terminé la première phase de la formation, en ce qui concerne son apprentie, surnommée la criminelle de cuisine, dans le milieu. C'était donc au tour de Kula à présent, de prendre le relais, et former Iris, à l'art de la gastronomie. En espérant que la jeune femme ne finisse pas dans le même état que Julia, il y a quelques minutes...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kula
Mercenaire
Mercenaire
Kula

Messages : 15
Date d'inscription : 31/01/2016

Un rêve impossible Empty
MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Un rêve impossible Icon_minitimeLun 31 Déc - 18:30

Kula avait fait sa proposition de soirée entre filles, dans l'espoir d'au moins profiter de deux personnes pour qui elle avait de l'estime avant que la guerre finale fasse rage. Visiblement, les deux amies n'étaient pas contre cette idée. Néanmoins, elles semblaient être bloquées par le terme "soirée pyjama". Au début, Kula se gratta la tête face à Iris et Julia qui se questionnaient un peu trop pour un simple détail. Mais en écoutant Iris, elle comprit que cette réaction était quelque peu justifiée. Kula a fait partie d'une bande d'amis pendant un long moment, et des soirées entre filles, elle en avait déjà fait un bon paquet, et même avec Scylla. Mais ce n'était pas le cas d'Iris et Julia, qui ont probablement dû profiter de ce type de moments pour la toute première fois de leurs vies. Bref, Kula, devant la réticence des deux filles face au mot pyjama, remua les mains de gauche à droite, tout en montrant une expression du visage qui était entre la gêne, et l'amusement.

- Hahaha, vous vous prenez la tête pour un petit détail de rien du tout. Une "soirée pyjama", ce n'est qu'une expression. C'est celle qu'on utilise pour nommer les soirées où les hommes sont interdits et où les filles portent la tenue qu'elles enfilent généralement au coucher. Vous êtes libre d'être en petite tenue ou même en peignoir si ça vous chante, hihi ! Mais bon, je plains les pauvres pyjamas avec vous deux ! Vous n'avez jamais froid pendant les longues nuits d'hiver ? Je vous envie !

Bref, malgré ce petit détail, la soirée semblait signée. Les trois filles pénétrèrent dans la cuisine du palais royal, dont l'accès fut autorisé par Eloraell, si les invités souhaitaient préparer leurs propres collations. Tout d'abord, Julia donna la directive à Kula de s'occuper du plat principal pendant que cette petite chef en herbe supervise l'entrée avec Iris. Kula avait carte blanche sur le choix du plat, et elle ne put s'empêcher de trouver cette adolescente adorable avec son faux air autoritaire. Elle prenait du plaisir à mener cette activité dès les premières secondes, alors il aurait été dommage de la priver de ce plaisir. Elle effectua donc un salut miliaire à Julia avant de commencer son exploration des ingrédients rangés dans cette cuisine.

- Ouiiiiiiiiiiiiii !

Kula laissa donc Julia faire son cours particulier de cuisine à son amie, et commença à parcourir cette luxurieuse cuisine de fond en comble. Elle s'empara d'un tablier qui lui allait comme un gant. Puis, fit le tour des armoires et tiroirs pendant au moins deux bonnes minutes avant de trouver déjà une idée de plat de résistance qui devrait normalement faire plaisir à tout le monde. Pour commencer, elle s'empara d'un paquet de coquillettes parmi tant d'autres, puis versa à peu près la moitié dans une casserole dont elle prit soin de bouillir avant, en accompagnant le tout d'un filet d'huile olive. En attendant la cuisson, elle commença à attaquer la sauce. Pour ce faire, elle prit une casserole plus grande, puis y fit fondre du beurre. Elle ajouta ensuite de la farine et fouetta le tout pour rendre la préparation homogène. Petit à petit, elle versa également du lait et de la crème sans cesser de battre le contenu de la casserole. Elle sala, poivra et parsema le tout de muscade et laissa tourner sa préparation actuelle à feu doux jusqu'à ce que la sauce devint onctueuse. En même temps, elle égoutta les coquillettes qui avaient fini de cuir et c'est à cet instant que Julia revint vérifier ce que Kula préparait de bon.

- Hoho, je nous prépare mon fameux gratin de coquillettes au reblochon. La dernière fois, j'avais concocté un plat à base de poissons. Cette fois, je compte enfler vos petits bidons, hihi ! Pas mal mes rimes, hum ?

Cependant, Julia demanda si il était possible que Kula enseigne un autre plat facile à préparer pour Iris. Pour faire simple, l'adolescente supervisa la partie entrée et par la suite, le dessert. Mais elle laissa Kula prendre le relais pour le plat principal. Kula tapota sa bouche avec son fouet pour faire mine de réfléchir, le poignet de l'autre main sur sa hanche.

- Hum, j'espère que vous avez de l'appétit alors, car mon plat actuel est déjà suffisamment consistant. Mais bon, c'est TOI la chef après tout. Je vais essayer de trouver quelque chose de facile et rapide qui pourrait accompagner mon gratin. Envoie moi Iris une fois que vous avez fini de votre côté.

Kula se reconcentra sur son plat, tout en se questionnant sur ce qu'elle pourrait apprendre à Iris. Encore une fois, elle trouva une solution assez facilement, tant la cuisine en règle générale l'inspirait énormément. Mais pour l'heure, elle devait poursuivre ce qui était sur le feu actuellement. Ainsi, elle commença à préchauffer le four, puis s'empara de son reblochon dont elle retira le plus gros de la croûte. Elle le coupa ensuite en lamelles, puis fit de même avec du jambon, mais en lanières. C'est à cet instant que Julia proposa à Kula de goûter à un feuilleté aux pommes et au chèvres qu'elle prépara elle même. Il n y avait rien à redire à cette entrée, c'était agréable au contact des papilles en plus d'être tendre et croustillant à la fois.

- Miam ! C'est super ! Je suis pressée qu'on finisse tout ça tellement j'en ai l'eau à la bouche maintenant !

Kula mélangea les pâtes et la sauce, puis versa la moitié de cette préparation dans un plat à gratin après l'avoir graissé avec le reste du beurre. Puis elle ajouta la moitié du fromage. Elle fit rebelote avec l'autre moitié de sa préparation, sauf que cette fois-ci, elle y parsema les lanières de jambon. Il était temps d'enfourner le plat pendant au moins quinze minutes. Et c'est à cet instant que Kula entendit de l'agitation un peu plus loin. Elle se retourna et vit Julia qui courut à toute allure loin de la cuisine. Il semblerait qu'Iris ait rencontrée un léger couac. Cette dernière profita de l'absence de l'adolescente pour expliquer ce qui venait de se passer. Et apparemment, Iris aurait réussi l'exploit formidable de confondre une pomme et un oignon rouge. Ce qui explique pourquoi Julia ait autant envie de vomir après avoir goûté la tentative ratée de la mercenaire. Sur le moment, Kula ouvrit grand la bouche, tandis que ces yeux étaient devenus tout ronds face à l'absurdité que venait de commettre Iris. Ce qui fut un miracle était en réalité une grosse catastrophe.

- M-mais… quand je parlais d'être une criminelle de la cuisine, je plaisantais, mais en réalité… tu es VRAIMENT une criminelle de la cuisine !

Kula se frotta les yeux, tellement elle croyait qu'elle était dans une mauvaise comédie. Surtout qu'elle considérait impensable qu'une femme aussi agile avec un katana, puisse se débrouiller autant comme un pied avec des aliments. Cependant, Kula décida de reprendre son sérieux, ainsi que son air calme et agréable habituel. Ce n'était pas en critiquant ou en grondant Iris qu'elle allait l'encourager à faire des progrès.

- B-bon, ce n'est pas grave. Je vais prendre le temps de revoir les bases avec toi, grâce au plat secondaire que j'ai sélectionné pour toi. Tu verras, tu vas pouvoir épater Julia ce soir, fais moi confiance. Enfin, en espérant que son appétit est resté intact après cette erreur que tu as commise.

A ce sujet, Kula profita du retour de Julia pour sortir les ingrédients qui seront utilisés pour sa leçon. Elle entendit, puis vit Julia gronder son amie, ce qui était compréhensible dans un sens. Elle décida de ne pas se mêler de la conversation, car pour elle, les chamailleries font parti des choses que rencontrent les meilleurs amis. Et elle eut raison de ne pas s'en inquiéter, puisque la bataille se transforma en un fou rire partagé. Cette petite scène prouva à elle seule que Kula avait eu raison de penser que Julia était la meilleure chose qui puisse arriver à la mercenaire, tellement elle était une toute nouvelle femme grâce à elle. Elle n'en avait pas douté une seule seconde, car elle repensait à Scylla, avant de rencontrer Law, Kula et d'autres mortels qui étaient prêts à combattre avec elle. Elle était nettement pire qu'Iris en terme de personnalité froide et solitaire. Il n'y avait donc aucune raison qu'Iris ne connaisse pas le sentiment d'être aimée et respectée à son tour. Maintenant, ce dont elle avait le plus besoin était d'un bon cours culinaire, et pas qu'un peu. Kula attendit que la chamaillerie cesse, étonnée qu'aucun elfe ne vint vérifier ce qui se passait dans cette cuisine avec toute cette tumulte, pour prendre le relais. Pour ce faire, Kula avait sorti sur le meuble de la cuisine de la pâte brisée, des lardons fumés, des dès de jambon blanc, du fromage rapé, des oeufs, de la crème liquide, de la muscade, ainsi que les traditionnels sel et poivre. Comme instruments, on y trouvait une casserole, un saladier, une passoire, une poêle, une fourchette et un fouet, ainsi qu'un plat à tarte.

- Voilà ! Alors nous allons préparer ensemble une quiche aux lardons, plus communément nommée "Quiche de Lorensberg". C'est une spécialité du pays du feu, qu'on sert en auberge. La tradition veut que la pâte soit la plus croustillante possible, mais si tu parviens au moins à reproduire le goût de la recette, ce sera déjà un début. Je me suis chargé de sortir les instruments pour ta préparation, en plus d'avoir géré la quantité adéquate pour la recette. Au moins, tu ne confondras pas du poivre et du paprika, et ce ne sera ni trop salé, ni trop relevé. Mais bon, je te taquine, je te taquine, mais il est temps de se mettre au travail pour que la quiche soit prête avant mon propre plat. Alors, pour commencer, je te laisse remplir la casserole d'eau, pour ensuite la bouillir. Une fois que ce sera bon, tu pourras y plonger les lardons ici présents. Cela ne durera qu'une bonne minute, le temps de blanchir les lardons, afin de retirer toutes les impuretés.

Kula décida de tester Iris en ne précisant pas qu'une fois que les lardons auront fini de faire trempette, il faudra verser le contenu de la casserole dans la passoire qu'elle a sortie, pour évacuer l'eau. Bien sûr, en temps normal, quand on est un minimum réfléchi, on ne fait pas une telle erreur, mais quand on est capable de confondre une pomme et un oignon rouge, on ne sait jamais, tellement le champ du possible est élevé.

- Après cela, une fois que tes lardons sont bons, tu vas les mettre sur cette poêle et les faire griller cinq minutes. Ne t'en fais pas, comme tu es débutante, je ne vais pas te demander de faire plusieurs choses à la fois, car on peut profiter de ces cinq minutes pour préparer le reste. Je vais donc les remuer et les surveiller pendant que je t'explique le reste…

… maintenant tu vas prendre le saladier juste là, et casser les quatre œufs pour plonger le contenu dans le saladier. Alors, je te montre car cela demande de la précision et du doigté. Tu prends délicatement l'œuf des deux côtés entre le pouce et l'index, et tu tapotes l'œuf sur le bord du saladier tout doucement, jusqu'à ce que tu sens que l'œuf craque légèrement. Ensuite, tu tires, toujours aussi délicatement, des deux côtés, jusqu'à ce que tu vois le jaune qui commence à sortir. Petite démonstration.


Kula casse l'un des quatre œufs en un seul coup contre le saladier. Son geste était rapide, précis, et pas le moindre morceau de coquille pouvait être aperçu dans le saladier. Cela se voyait que Kula était une parfaite habituée.

- Je te laisse faire de même avec les trois œufs restants. Si tu échoues, ou en fous partout, il y a toute une réserve d'œufs rangée dans la cuisine, mais… j'aimerais pouvoir continuer à utiliser cette cuisine, alors évites de ruiner les elfes de leurs œufs, merci ! Une fois que tu auras plongé dans le saladier quatre fois du jaune d'œuf, tu pourras utiliser ce fouet pour mélanger le tout pendant que je m'occupe de veiller sur les lardons. Petit à petit, rajoutes dans le saladier la crème fraîche, la muscade, le sel et le poivre. Oh, et oui, je sais que vous autres d'un autre monde, vous n'avez pas la même force physique que nous, frêles mortels, mais si tu peux essayer de ne pas faire comme Scylla, et de maîtriser ta force quand tu fouettes le contenu du saladier, ce serait chouette, vraiment… ça éviterait qu'on se retrouve avec les ingrédients qui partent dans tous les sens, recouvrant les murs de la cuisine, ou pire, que le saladier se brise et que l'on doit balayer le sol de tous les bris de verre que tu pourrais causer.

Kula n'avait pas dit cela de manière autoritaire, d'ailleurs, elle souriait toujours en disant cela, les yeux fermés, tapotant ses deux index entre eux. Mais en réalité, rien que de penser à cette sale expérience avec Scylla lui mettait la haine jusqu'aux dents. C'est l'unique fois où Kula souhaitait prendre Scylla et claquer son visage contre un mur, tellement elle a dû racheter un set complet de saladiers à cause d'elle. Bref, elle aurait très bien pu laisser Iris surveiller les lardons mais ce n'est pas en l'empêchant de s'exercer qu'elle pourrait progresser. Si Iris a bien appris à manier une lame, elle peut très bien contrôler sa force en utilisant un fouet. Maintenant, en supposant que tout se soit bien passé dans le meilleur des mondes, Kula rajouta les lardon grillés dans le saladier d'Iris après lui avoir précisé que c'était bon et qu'elle pouvait s'arrêter. Elle y rajouta également les dès de jambon blanc.

- C'est presque fini. Il ne reste plus qu'à placer la pâte brisée dans ce plat à tarte, puis à la piquer avec cette fourchette un peu partout. Cela permettra à la vapeur, pendant la cuisson, de s'échapper par les trous, évitant la formation de boursouflures. Une fois ceci fait, retournes la pâte dans l'autre sens, puis ajoutes le contenu du saladier sur la pâte.

Une fois qu'Iris fasse ce que Kula lui demande, et parsema la préparation d'emmental râpé. Puis, elle ressortit son gratin de pâtes à l'emmental qui venait de finir de cuire, pour placer la quiche dans le four à sa place.

- Voilàààà ! Il ne reste plus qu'à attendre quarante-cinq minutes qu'elle cuise et qu'elle puisse être dorée à point. Cela nous laisse le temps de finir le reste, voire même de déguster l'entrée. Alors, ce ne fut pas si difficile que ça, non ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iris
Mercenaire
Mercenaire
Iris

Messages : 42
Date d'inscription : 01/09/2016

Un rêve impossible Empty
MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Un rêve impossible Icon_minitimeLun 14 Jan - 19:29

Après une entrée pour le moins amer au sens propre, il était temps de passer à l'apprentissage du plat principal. Pour cela, c'était à Kula de prendre le relais de Julia, qui se remettait de sa précédente expérience, ainsi que de penser à un dessert. C'est donc sans discuter, qu'Iris se dirigea du côté de Kula pour continuer l'activité avec cette dernière. Et le plat qu'elle allait devoir préparer allait être une quiche aux lardons. Visiblement, une spécialité du pays du feu servit en auberge. Pour Iris, cela signifiait quelque chose de clairement abordable, ce n'était pas de la cuisine de restaurant. Mais elle commençait quand même à se poser des questions au vu du fiasco pour faire simplement des feuilletés. Même si pour sa défense, elle a finalement réussi la recette, elle a juste réussi le miracle de confondre une pomme et un oignon. Bref, elle avait quand même confiance cette fois, il n'y avait pas de raison que cela se passe mal. Elle écouta donc attentivement Kula qui commençait à expliquer la recette avec précision, en plus de préciser qu'elle avait déjà tout préparé, sûrement pour éviter une deuxième erreur similaire à l'entrée. D'ailleurs, la petite taquinerie de cette dernière à ce sujet le prouva, et fit sourire Iris, qui repensait à sa bourde. Mais l'heure de la rigolade était terminée, il fallait que la Testarossa commence par faire bouillir une casserole pour ensuite y faire tremper les lardons, afin de retirer toutes les impuretés.

- Compris.

Iris s'activa à la tâche et commença donc à remplir sa casserole et la faire bouillir. Elle y plongea ensuite les lardons. Et comme prévu, une bonne minute plus tard, les lardons étaient bons. À ce moment, bien que Kula ne l'eût pas précisé, Iris pris la passoire préparée par Kula, afin d'y verser le contenu de la casserole. Il était évident qu'elle n'allait pas verser comme une brute le contenu bouillant d'une casserole dans une poêle à frire. C'est donc après les lardons hors de l'eau, qu'elle suivit à la lettre les instructions de Kula, et s'occupa de faire griller les lardons cinq bonnes minutes dans la poêle. Mais nullement le temps de se reposer, car la seconde de cuisine proposa que pendant ce temps, Iris s'active pour préparer le reste. L'efficacité et la rapidité semblaient les maîtres-mots de la restauration. Bref, cette fois, la Testarossa devait utiliser le saladier et casser quatre œufs. Pour cela, Kula montra un exemple et comment s'y prendre pour pas exploser l'œuf comme une brute. Le geste à faire était simple, mais demandait de la délicatesse. Puis ensuite, il fallait fouetter tout ça pour mélanger le tout, tout en rajoutant petit à petit crème fraîche, muscade, sel et poivre. Cependant, avant de laisser Iris à sa tâche, elle précisa qu'il serait super qu'elle ne détruise pas le saladier en mélangeant comme une folle en ne contrôlant pas sa force. Cela fit sourire Iris de nouveau qui trouvait cela marrant. Elle imaginait sans problème que cette Kula a déjà dû avoir une expérience désastreuse avec Scylla, c'était presque évident vu l'avertissement. Néanmoins, Iris contrôlait parfaitement sa force et n'avait aucun souci avec cela, donc de ce côté elle était confiante. Mais légèrement moins avec les œufs.

- Casser les œufs et mélanger le tout dans le saladier, d'accord, je m'en occupe.

C'est donc ainsi qu'Iris se remit au travail, en ramassant un des trois œufs restants afin de commencer sa mission. Elle commença donc par casser le premier œuf en répétant le geste de démonstration. Mais comme prévue, elle échoua et l'éclata en mille morceaux. L'œuf lui avait littéralement explosé dans les mains. Légèrement déçue, mais pas abattue, elle se saisit d'un autre œuf et retenta l'expérience. Cette fois, le pauvre œuf lui échappa des mains maintenant qu'elle avait du jaune de l'ancien sur les mains. Résultat, il termina sa course sur le sol et éclata à son tour en mille morceaux. Après ce deuxième œuf au paradis, Iris commençait à chauffer intérieurement, devant ce second échec face à un œuf. Et ce qui devait arriver arriva, lors du troisième essai, elle était tellement énervée intérieurement qu'elle explosât littéralement l'œuf contre le saladier avec force. Elle l'avait frappé tellement fort contre le saladier que l'œuf s'était éparpillé encore plus loin que le premier et finissait une partie de sa course dans la figure d'Iris. La mercenaire resta finalement quelques secondes inertes, devant son saladier, silencieuse, le visage plein de jaune d'œuf. Un court moment où elle respira intérieurement, afin de reprendre son calme et d'enterrer cette soudaine envie de tout casser qui lui montait au nez.

- Calme-toi Iris, calme-toi, ce n'est qu'un simple œuf, un simple œuf. Un simple œuf ridicule, misérable et minable. Ce n'est qu'un pathétique œuf...

Après avoir calmé sa frustration sur les œufs, elle décida de se remotiver et de reprendre du service. Elle essuya donc son visage, ainsi que ses mains, afin qu'elles ne glissent plus. Puis, elle se saisit de nouveau d'un œuf en stock. Cette fois, elle réussit finalement à le briser parfaitement, sans le faire exploser ou le désintégrer. Ce n'était peut-être qu'un œuf et ça n'avait rien de spécial comme réussite, mais cela illumina le visage d'Iris qui regardait soudainement avec fierté son œuf. C'était comme si une rivalité était née avec l'œuf, et qu'elle venait de vaincre son rival. C'est donc après cette victoire, qu'elle enchaîna les deux autres œufs sans aucun souci, et avec une motivation étonnante. Ensuite, elle continua sa série de victoires sur le fouet et mélangea tout le contenu encore une fois sans aucun problème. D'ailleurs, à ce moment, Kula revenait et précisa à la Testarossa qu'elle pouvait arrêter, puis versa à son tour les lardons dans le saladier. Enfin, pour finir la recette qui touchait à sa fin, il ne restait plus qu'à Iris à placer la pâte brisée dans le plat à tarte, puis à piquer avec une fourchette un peu partout. Bien que cela sonnait complètement stupide pour Iris soudainement, c'était en vérité une astuce pour la vapeur de s'échapper par les trous pour éviter les boursouflures. Et une fois ceci fait, retourner la pâte dans l'autre sens, et d'y ajouter le contenu du saladier, et c'était terminé.

- Je m'en occupe !

Cette fois, Iris prit sa dernière mission avec assurance et motivation, et commença sa tâche. Elle plaça la pâte dans le plat, et commença à piquer cette dernière. Bien que quand Kula lui avait dit de piquer un peu partout, elle ne pensait pas réellement qu'Iris allait piquer ABSOLUMENT partout. Il n'y avait presque pas un millimètre de pâte épargné. Cela ne l'inquiéta pas plus que cela et au moins la vapeur n'aura aucun mal à s'évaporer là, ça, c'était certain. Elle se dépêcha donc de vite retourner la pâte et d'y verser le saladier dessus, afin que son œuvre barbare ne soit pas visible. Puis enfin, le tout finissait au four, pour une quarantaine de minutes, et signant par ailleurs la fin du cours, qui selon Iris, était un succès.

- Hum, réfléchissait rapidement la Testarossa, la cuisine, c'est bien plus compliqué et minutieux que je le pensais. Ce n'est clairement pas mon domaine de prédilection, mais je ne déteste pas cela. Merci pour le cours, Kula.

- J'ai quand même eu peur pour ces pauvres œufs un moment...

- Qu-...

Sans s'en rendre compte, Iris remarqua que Julia était tout juste derrière. Et visiblement elle avait observé depuis le début la Testarossa dans son travail. Elle était tellement concentrée sur sa tâche qu'elle n'avait pas remarquée qu'elle était espionnée par Julia. Mais cela lui semblait finalement logique, car Julia n'avait plus grand-chose à faire non plus, à part réfléchir à un dessert.

- J-je maîtrisais la situation, voyons, ce n'était que des œufs. De simples œufs...

- P-pourquoi tu deviens rouge Iris ?

- Pour rien ! Ce n'était que de misérables œufs !

- Pfftt, pouffa l'adolescente, d'accord, d'accord ce n'était que des œufs, j'ai saisi, haha !

Julia comprit rapidement qu'Iris avait une dent contre les œufs à présent et qu'il valait mieux ne pas revenir sur le sujet. Il était de toute façon temps de commencer à préparer le dessert, et Julia avait une idée bien précise sur ce dernier.

- Bon, maintenant, il ne nous reste plus qu'à préparer un dessert, et je sais exactement ce qu'on va faire de pas trop difficile, ni trop lourd. Il y a déjà pas mal de nourritures là, quand même.

- C'est vrai que ça fait beaucoup de plats là, j'espère que ces elfes ont des stocks conséquents...

- Hum, réfléchissait Julia, c'est vrai qu'il y a beaucoup à manger... Bah ! C'est pour ça qu'un dessert léger fera très bien l'affaire ! Et j'ai décidé que ce sera... une compote de pommes !

- Une compote ?

- Bien, autant finir les pommes qui restent, en plus de faire descendre tout ce qu'on va manger. Une compote, c'est parfait, et là au moins tu ne risques pas de me tuer.

- Si tu continues avec ça, je vais être tentée de faire ta compote avec des oignons, Julia.

- Non ! Tu refais plus jamais ça ! Sinon la prochaine recette, je rajoute des œufs dedans !

- Non ! J'en ai assez des œufs !

- Bon, alors dans ce cas, prends ces pommes et écrase-les, tu ne devrais pas avoir de soucis, vu comment tu as traité ces pauvres œufs !

- Ils l'avaient mérité.

Visiblement, les œufs venaient de remonter au nez de la Testarossa qui fit des pommes une purée absolument parfaite. Rien que de repenser à son ultime combat contre ces œufs lui donnait l'envie de vaincre. Et cette rage de victoire se répercuta sur les pauvres pommes. Sauf que cette fois, c'était le but recherché, de les exploser. Quoi qu'il en soit, Julia supervisa Iris, donc tout se passa pour le mieux, en ce qui concerne le dessert.

- Et voilà, c'est fini.

- C'était presque éprouvant, je dois bien l'avoué.

- Oui, mais maintenant, c'est l'heure de la récompense : la dégustation !

- Enfin !

C'est donc ainsi que Julia invita Iris et Kula à l'aider à mettre la table et de commencer le repas entre filles qu'elles avaient composé. Pendant le repas l'ambiance était détendue et agréable, tandis que les deux sœurs de cœurs complimentaient Kula pour son plat principal. D'ailleurs, bien que le repas complet fût copieux, il ne restait que peu de restes. Le détail surprenant était par ailleurs que ce n'était pas Iris qui avait le plus mangé entre les deux femmes, mais bien Julia. Malgré ce qu'on pouvait penser des êtres de Légendia, ils n'avaient pas un appétit si gros que cela, visiblement. Iris n'avait mangé que très peu. Bien qu'elle ne semblait ni rassasiée, ni trop pleine. C'était comme si elle ne mangeait que par plaisir personnel et habitude. En ce qui concerne Julia cependant, elle avait un appétit qui ferait plaisir à un chef cuisinier. Bien que cela devait certainement être un reste de son ancienne vie. Après tout, depuis toute petite elle ne mangeait jamais à sa faim, et souvent très peu appétissant. Maintenant qu'elle pouvait donc profiter de la vie, elle ne se gênait pas, et elle avait raison. Du moins, cela était valable pour la nourriture, car comme l'a déjà remarqué Iris, niveau mental, la jeune adolescente semblait au point mort, que ce soit en ce qui concerne ses rêves ou ses ambitions. Cette jeune fille n'avait plus aucune volonté d'avancer, c'était visible à des kilomètres. Mais cette soirée n'était pas le moment pour lui parler ou encore essayer d'en savoir plus sur ce qui bloque et fait souffrir l'adolescente. Iris préférait donc continuer à jouer le jeu pour la soirée, et sourire, même si au fond, le secret qui entoure Julia et son état mental lui triturait l'esprit.

- Bon, eh bien, c'était vraiment bon, vous avez fait du bon travail toutes les deux, lança Julia de son faux air de chef de cuisine, je suis fier de vous !

- J'ai réussi le test alors ?

- On va dire que oui. Même si je compte sur toi pour continuer à t'entraîner, même... quand tu seras toute seule...

Visiblement même en voulant l'éviter, la réalité revenait sans relâche. Après tout, peu importe ce qui allait se passer, Iris allait tôt ou tard partir, et sous peu. Donc, c'était une évidence que parler d'avenir allait forcément rappeler la réalité qui attend la jeune adolescente. Néanmoins, voyant l'air légèrement pensif de Julia, soudainement, Iris décida de prendre rapidement la parole et d'enchaîner sur la suite de la soirée.

- Hum, toussota Iris, on a prévu autre chose non ? Une soirée pyjama sans pyjama ! Ça va être amusant, Julia, tu en dis quoi ? Au moins je risque pas de t'empoisonner dans cette activité !

- Hihi, repris des couleurs la jeune adolescente, oui, au moins je ne risque rien !

- Héhé, alors, j'imagine qu'on va te suivre, Kula, pour la suite. On y va ?

C'était évident qu'Iris essayait d'éviter les blancs, afin d'empêcher sa protégée de sombrer dans ses pensées négatives. Cela était presque amusant au final de voir la Testarossa si sérieuse d'habitude, proposer elle-même avec autant de motivation, de démarrer la suite de la soirée. Dans tous les cas, c'était donc au tour de Kula de prendre en main la suite de la soirée à présent...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kula
Mercenaire
Mercenaire
Kula

Messages : 15
Date d'inscription : 31/01/2016

Un rêve impossible Empty
MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Un rêve impossible Icon_minitimeLun 28 Jan - 0:36

Kula avait confié à Iris plusieurs tâches relatives à la préparation de cette quiche aux lardons. Bien qu'elle fut attentive et qu'elle s'acquitta de ses missions avec perfection, il resta une chose qui provoqua un véritable combat pour la mercenaire, la tâche de casser les œufs pour les verser dans le saladier. Kula s'attendait à ce que le combat soit une lutte acharnée et que les elfes se retrouvent en rupture de stock. Après tout, Kula avait déjà vécu sa petite expérience personnelle avec sa propre amie immortelle, et appréhendait quelque peu quand elle vit qu'Iris était très gauche en ce qui concerne la cuisine. Et en effet, Iris loupa à trois reprises sa tentative. Kula n'avait nullement l'intention de gronder la mercenaire, malgré qu'elle avait horreur qu'on gâche de la nourriture. Pour la simple raison que malgré tout, elle passa le test avec bien plus de brio que la valkyrie, ce qui rassura Kula, qui prit peur de devoir annuler la "soirée pyjama sans pyjama", passant la soirée à nettoyer de fond en comble la cuisine des elfes. Le reste se fit tout seul, et la quiche fut préparée avec succès. Lorsque Kula demanda comment Iris avait vécu cette riche expérience, cette dernière avoua qu'elle considérait toujours la cuisine comme un domaine trop complexe pour elle, mais au moins, il n y avait aucune forme d'aversion. Kula s'apprêta à poursuivre la conversation, tout en observant la cuisson du résultat de leur travail, ce qui était toujours un moment purement agréable pour Kula. Mais Julia s'était faufilée derrière les deux femmes. En vue de ses paroles, elle a observé du début à la fin le combat ultime entre une mercenaire et des œufs. Ce qui était amusant à observer, était que la jeune adolescente avait un don incroyable, celui de parvenir à mettre mal à l'aise Iris en quelques mots.

Après s'être quelque peu moquée d'Iris, Julia proposa comme dessert une compote de pommes. Une très bonne idée en soit, puisque maintenant que les trois copines se sont attelées à la préparation de deux plats distincts, il fallait un dessert pas trop bourratif. De base, Kula était une fan de la fameuse "coupe iceberg", une glace à la menthe et au chocolat, avec un peu de chantilly, mais c'était un dessert qui pouvait engendrer de terribles crampes à l'estomac si jamais elle servait de dessert pour un menu trop copieux. Au moins, pour la compote de pommes, il n y aurait pas ce genre de souci. Et cette fois, de manière étonnante, Iris avait fait exactement ce qui était demandé et à la perfection. Puis, après l'effort, le réconfort. Les trois filles purent se donner à la dégustation des plats et tout était succulent. La soirée commençait comme sur des roulettes avec un tel dîner. D'ailleurs, Kula fut autant ravie d'entendre les compliments de ses copines, que de voir Julia se goinfrer. En observant l'adolescente manger à n'en plus finir, il était clair que Julia eut très peu le luxe de manger des plats copieux lors de sa précédente vie. Malgré la bonne ambiance, Julia laissa échapper un léger sous-entendu, rappelant qu'Iris n'allait pas rester ici éternellement. Un léger silence s'ensuivit, également pour Kula qui, encore une fois, avait sa propre amie immortelle qui allait disparaitre de sa vie une fois cette guerre achevée. D'ailleurs, Kula sentait qu'au lieu de se laisser abattre face à de nombreux souvenirs concernant Scylla, elle devait faire quelque chose à ce sujet. Mais quoi ? Iris décida d'esquiver le sujet, en rappelant que la soirée avait sa suite, et c'est dans la chambre de Kula que cela allait se passer. Iris semblait pressée d'y aller, mais avant cela, Kula posa sa main droite sur l'épaule de la mercenaire, les yeux fermés, et le sourire bien présent. Aux premiers abords, on pouvait penser que Kula allait dire quelque chose de gentil ou bienveillant. Mais en réalité, c'était une manière de cacher son autre facette, celle d'une fille qui considérait qu'en cuisine, il y a des règles, et l'après repas en fait partie.


- Hohoho ! Pas si vite ! Ton enthousiasme me va droit au cœur, mais n'as tu pas oublié un détail qui a toute son importance ?

Kula pointa du doigt les couverts, ainsi que les alentours. C'est bien joli de se presser de déguster sa propre préparation, puis s'en aller, mais il y avait encore toute la vaisselle à faire, ainsi que le nettoyage des dégâts qu'à fait Iris avec les œufs.

- Allez, vous allez me faire le plaisir toutes les deux de nettoyer la cuisine pendant que moi, je m'occupe de préparer ma chambre pour qu'elle soit parée pour ce soir. Il ne faudrait pas que cette adorable Eloraell nous botte en dehors de son château parce qu'il nous manque les bonnes manières. N'est ce pas ? Oh, et n'oubliez pas de venir avec votre tenue de nuit pour qu'on puisse jouer le jeu. Hihihi, on va bien s'amuser !

Kula avait dit la dernière phrase en s'éclipsant de la cuisine, tout en remuant sa main pour tirer sa révérence à ses deux copines de soirée. Bien sûr, son sourire était toujours aussi mignon et resplendissant, pouvant retirer toute envie de l'étrangler quand elle se joue des autres comme à l'instant. Mais ce n'est pas pour autant que Kula allait chômer pendant que les deux sœurs de cœurs s'occupent de remettre la cuisine en ordre, avant que les elfes ne s'en aperçoivent.

***

Kula patienta bien tranquillement, après avoir fait un rapide ménage dans la chambre, que ses deux copines du soir viennent toquer à la porte. Pour l'occasion, elle avait posé sur le sol trois matelas bien confortables, recouverts par une longue couverture rose, et bien sûr, chaque matelas avait son propre oreiller. Du côté vestimentaire, Kula portait une nuisette pourpre qui n'était pas trop courte non plus, et qui recouvrait le corps de Kula jusqu'en bas des cuisses. Car évidemment, ce sont deux copines qu'elle attendait, et non Law, où elle aurait opté pour quelque chose de plus séduisant, et probablement transparent. D'ailleurs, comme Kula dormait seule dans cette chambre depuis quelques jours, elle l'avait décoré à sa convenance, profitant de l'absence également d'un avis masculin pour se lâcher sur des couleurs féminines. En réalité, Kula s'était fait plaisir avec la bourse dont elle pu profiter grâce à la bonté du peuple elfique. On pouvait y trouver un ours en peluche sur le lit, de l'encens ça et là, ainsi que quelques vases ornés de jonquilles aux rebords des fenêtres. Tout était parfaitement rangé et organisé également, à l'exception d'un instrument de musique à corde qui était placé contre un coin de la pièce. Néanmoins, cela restait un climat agréable et propice pour une soirée entre filles, dont il était difficile d'imaginer que cette chambre appartenait, jadis, au dragon qui mena l'assaut sur la capitale solaire. Une fois que Julia et Iris arrivèrent à la chambre de Kula, elle ouvrit et accueillit les deux filles avec son éternel sourire plein de vie.

- Coucou ! Vous arrivez pile à temps, je venais enfin de finir les préparatifs pour notre nuit ensemble ! J'espère que vous n'avez pas oublié d'apporter vos tenues pour dormir. Oh, j'espère que la mienne vous plaît. J'avoue porter quelque chose de plus couvert en cette saison, mais vu votre aversion pour les pyjamas, j'ai mis quelque chose de plus chatoyant. Vous pouvez vous changer dans ma salle de bain !

Kula laissa le temps à Iris et Julia d'enfiler leurs tenues qu'elles utilisent pour dormir. Une fois ceci fait, elle observa de la tête aux pieds les deux filles, l'air ravie.

- Vous êtes craquantes toutes les deux ! Ravie de voir que vous jouez le jeu ! Bon, d'habitude, je sais d'avance quoi organiser lors d'une soirée entre filles, mais comme c'est une première pour vous, je ne savais pas trop quoi vous proposer. Il faut avouer que je ne vous connais à peine, mais ce soir, c'est une occasion pour nous de garder un souvenir sympa de notre groupe ! Je me suis rappelé, Iris, que tu jouais d'un instrument de musique autrefois. Alors puisque tu as l'oreille musicale, je propose qu'on commence simplement par causer musique, tant qu'il n'est pas trop tard !

Kula ramassa la guitare qu'elle avait posé dans un coin de la pièce, puis se posa sur la longue couverture qui recouvrait les matelas posés au sol, assise en tailleur.

- Avec mes anciennes amies, j'avais pour habitude de faire tourner une guitare pour qu'on puisse démarrer la soirée avec une ambiance musicale. Nous étions toutes de ferventes musiciennes, car Law nous a très vite mis la musique dans le sang avec ses balades nomades. Toutes, sauf Scylla encore une fois. C'est dingue qu'on puisse être une experte de l'épée, et se débrouiller comme un manche avec n'importe quel autre outil. Mais assez parlé, je vais vous jouer un de mes morceaux préférés, bien que c'est la première fois que j'utilise cette guitare elfique, et que… je joue devant vous deux.

Kula prit une longue inspiration, faisant mine qu'elle était stressée de jouer devant ce nouveau public, puis se mit à commencer à gratter les cordes de son instrument. Très vite, l'air devint entraînant, et cela, grâce à l'agilité des doigts de la jeune femme. En fait, on aurait pu penser qu'elle avait touché d'un instrument à corde toute sa vie, tellement elle était douée. Mais quand on sait que son ami le plus cher était lui même un grand musicien, il était guère étonnant de voir Kula aussi bien manier une guitare, quelle que soit sa nature. En plus d'être jouée à la perfection, sa mélodie avait le mérite d'être festive, et pouvait facilement donner envie de frapper des mains, voire de se lever pour danser. C'est ce que fit d'ailleurs Kula, probablement entraînée par sa propre performance, elle se mit position debout, puis remua des hanches et de la tête, tout en continuant de jouer. Cette fois, il était clair que Kula avait la musique dans la peau. Néanmoins, le petit concerto n'allait pas durer indéfiniment, car la porte s'ouvrit derrière elle. Bien qu'une silhouette féminine s'approcha de Kula par derrière, cette dernière continua de jouer de toute sa passion pour la musique. Une dizaine de secondes s'écoula avant qu'Eloraell, proche de la musicienne, se râcla la gorge, ce qui eut l'effet amusant de faire sursauter Kula, mais également l'effet moins amusant de stopper la chanson en plein vol.

- Re… Reine Eloraell ? Il… est déjà si tard pour que vous soyez en tenue de nuit vous aussi ? Pardonnez moi si je vous empêche de dormir.

Eloraell quand à elle, arborait un style plus préservateur. Elle portait une longue robe de chambre verte, avec le col légèrement ouvert. De ce fait, on ne pouvait pas distinguer le joyau qui était incrusté au dessus de sa poitrine et qui rappelait qu'elle était toujours envoûté par son ex-mari.

- Je n'étais pas encore dans mon lit, mais à vrai dire, à force de plancher sur les préparatifs de notre future bataille, je suis lessivée, et comptait bientôt rejoindre les bras de Morphée. Mais… je dois admettre que cette petite musique était fort entraînante. Vous jouez de la guitare depuis longtemps, Kula ?

- Et bien, pas si longtemps que ça, en réalité. Seulement depuis l'époque où j'étais membre des "pirates du cœur". Comme je n'étais ni douée pour les abordages, ni encore très copine avec la cuisine, je ne servais vraiment qu'à divertir les membres de l'équipage avec mes chansonnettes.

- Faites moi l'honneur de jouer un autre morceau, Kula. Le son de cet instrument elfique me rappelle mon enfance.

- Cela ne vous dérange pas ? Vous disiez vouloir vous coucher…

- Ce qui m'importe avant tout, c'est de savoir que vous vous sentez bien dans ma demeure. Si vous voulez jouer de la musique, alors faites, ne vous préoccupez pas de moi.

- Et bien, je comptais faire participer un peu Iris également. Hein, Iris ? Si tu nous jouais aussi un petit morceau ?

Kula tendit la guitare en direction d'Iris, histoire de la laisser un peu montrer ce qu'elle avait dans le ventre, instrument de musique en main. Qu'elle accepte ou refuse, Kula s'adressa ensuite à Eloraell qui était toujours présente dans cette chambre, bien qu'elle avait comme plan de rejoindre son lit prochainement.

- Et vous, votre Majesté, est-ce que vous savez utiliser un instrument de musique ?

- Oh, trois fois rien ! Je sais être en parfaite harmonie avec une harpe en main. Autrement, j'ai pris longtemps des cours de violons, même si je préfère l'instrument précédent, le violon étant trop mélancolique pour moi.

- Hein ? Mélancolique ? C'est curieux, je suis sûre que vous auriez aimé rencontrer le violoniste de mon ancien équipage… si il était encore de ce monde. Il était capable de ramener une dizaine de minettes dans ses bras à chaque fois qu'il jouait un morceau, tellement il mettait l'ambiance sur notre vieux cargo. Il vous aurait probablement appris à utiliser cet instrument de manière plus… "rythmée".

- Sans aucun doute, même si ramener des "minettes" dans ma chambre ne fait pas vraiment partie de mon agenda. En revanche, si je devais citer un instrument qui me colle à la peau, c'est le piano. Le piano représente la quintessence de l'art musical, pour moi. Rien que de voir un pianiste chevronné glisser ses doigts le long des touches me fait frissonner. Et même lorsque l'on compose soi-même notre propre partition, c'est un sentiment indescriptible. Je donnais des cours de piano aux enfants du village avant de monter sur le trône. Hum, sur ce. Je devrais peut-être vous laisser entre filles. Je ne veux pas vous importuner plus longtemps.

- Hein ? Mais pourquoi ça ?

- Hum, vous aviez sans doute l'intention de bien vous amuser. Une reine ennuyeuse comme moi ruinerait un peu l'ambiance. Je ne connais rien aux fêtes entre amies, navrée. L'amusement n'a jamais vraiment fait partie de mes expériences passées.

- Oh, je sais, restez encore un peu avec nous, et jouez un morceau de harpe pour nous.

- Vous êtes sure ? Ma mélodie pourrait bien faire pâle figure comparée au rythme endiablée dont vous êtes capable.

- Peut-être, mais pour ma part, j'ai envie de vous connaître davantage. Vous êtes celle qui fait tout son possible pour remettre sur pied mon meilleur ami. Et vous avez la charge de tout un royaume sous les bras. Restez un peu avec nous, la soirée ne fait que commencer !

- Pour être tout à fait franche, le cas de votre ami me tient à cœur, car je me sens responsable. Responsable pour n'avoir pu stopper l'homme qui vous a causé tant d'ennuis. Mais je ne vais pas revenir sur ce sujet. Si vous insistez, cela sera un honneur pour moi de vous jouer une petite balade. Je vais chercher mon instrument. Accordez moi deux minutes.

Avec un mignon sourire aux lèvres, preuve que l'insistance de Kula lui allait droit au cœur, Eloraell s'absenta pour se diriger vers sa chambre. Comme la dite chambre était voisine avec celle de Kula, et qu'il fallait s'attendre à ce que la chambre d'une reine soit parfaitement rangée, deux minutes paraissaient un peu exagéré, puisqu'il fallut seulement quelques secondes pour qu'Eloraell revienne avec son instrument fétiche, qui était une petite harpe ne dépassant pas les 30cm. Kula croisa les doigts entre eux, probablement enthousiaste d'entendre une reine elfique faire son petit spectacle. Et remarquant que le public était déjà tout ouïe lorsqu'elle revint, Eloraell n'eut nullement besoin de parler, ou même de s'échauffer.

[ Thème d'ambiance: https://youtu.be/uoxWpmDUUNc?t=73 ]

Eloraell démarra sa courte chanson pour montrer ce qu'elle avait dans le ventre à son tour. Et ce qui était sûr, c'est qu'elle n'avait rien à envier à Kula, tant sa maîtrise de l'instrument était hors pair. De plus, elle garda les yeux bien fermés pendant toute la restitution, donnant l'impression que l'elfe était en parfaite osmose avec sa propre mélodie. Ce qui pouvait impressionner sur le moment, était d'imaginer ce dont pouvait être capable Eloraell, un piano devant elle, puisqu'elle clama que la harpe n'était pas son instrument de prédilection comparé à l'instrument à touches en question. En ce qui concerne la mélodie, elle eut comme premier effet sur Kula de l'apaiser, ou de réchauffer son cœur. Mais plus la mélodie s'entamait, plus Kula sentit une sensation bizarre lui traverser la gorge, puis les yeux. Cette mélodie était simplement l'extrême opposée de ce que Kula avait joué il y a quelques minutes, elle était belle, certes, mais assez triste. Ainsi, Kula ne réalisait même pas que les larmes commençaient à survenir, et comme l'elfe avait les yeux fermés tout le long de cet extrait qui dura une bonne minute, elle ne réalisa même pas qu'elle venait de foudroyer en plein cœur l'ex pirate du désert. De plus, Kula considérait que toute forme d'art représente souvent le reflet de l'âme. Si la mélodie est enivrante, l'esprit du musicien l'est également, et si la musique est mélancolique, il en va de même pour son compositeur. De ce fait, Kula comprit qu'Eloraell avait au fond beaucoup de peine, et qu'elle n'allait pas tout de suite disparaître. Une fois que la démonstration fut terminée, Eloraell rouvrit les yeux, et observa d'un sourire timide les trois filles devant elle. Mais lorsqu'elle s'apprêta à demander l'avis de ses auditrices, elle remarqua que Kula pleurait à chaudes larmes.

- Mais Kula, vous pleurez ?

- Pardon, c'est juste que…. c'est magnifique. Mais un peu triste aussi. Qui a écrit cette chanson ?

- Ma mère, c'était le morceau qu'elle me jouait quand j'étais petite, à chaque fois que je n'arrivais pas à fermer les yeux la nuit. Elle appelait ça "La chanson de la guérison". Pour moi, c'est une petite mélodie qui est censée apaiser les blessures du cœur et de l'esprit. Elle avait le mérite de me rassurer autrefois. Mais je suis navrée de constater que cela n'a pas le même effet chez vous, Kula. J'aurais… peut-être du chanter les paroles avec pour que vous compreniez mieux le sens de cette musique, mais ma voix est quelque peu fatiguée. Et mes yeux commencent aussi à l'être. Je devrais vous laisser. Pardon si je ne suis pas habituée aux soirées festives et que je ne sais pas bien mettre l'ambiance comme vous.

- Non, attendez. Je suis désolée, je ne voulais pas vous vexer. Ma réaction était disproportionnée.

- Ne vous fatiguez pas ! Je vous laisse entre copines. De toute manière, demain, j'ai un discours à donner à mon peuple, au sujet de la prochaine bataille. Il faut mieux que je me repose. Bonne nuit à vous !

- Mais je… c'est à dire que…. En fait, vous…. Euh…. BATAILLE DE POLOCHONS !

Kula semblait tellement déçue que sa réaction fasse fuir Eloraell, qu'elle eut un réflexe sous la nervosité et l'embarras, dans le but de garder Eloraell encore un peu pour cette soirée. Et ce reflexe, quelque peu maladroit, fut d'attraper un des trois oreillers, et de le balancer vers la reine elfique qui tomba au sol. Kula posa ses deux mains à plat contre la bouche, réalisant la gourde qu'elle venait de faire en s'attaquant à une figure royale.

- Je… je suis vraiment désolée, votre Majesté. Bon dieu, quelle nouille ! Vous… vous allez bien ?

Mais Eloraell ne répondit rien, elle se releva tout doucement, en faisant dos au groupe, se dirigea vers la table la plus proche, posa son instrument de musique, laissa couler quelques secondes de silence. Puis d'un geste brusque, ramassa l'oreiller, se retourna puis le balança en direction de Kula. Malgré la surprise du mouvement offensif, Kula parvint à esquiver le polochon dirigé vers sa face, sauf que le souci, c'est qu'en s'écartant, Kula dévoila une autre cible pour le polochon lancé, et ce fut la mercenaire immortelle. En voyant qu'Eloraell atteignit une autre cible que celle souhaitée, elle eut comme première pensée de s'excuser auprès d'Iris, mais bizarrement, contre toute attente, elle eut une réaction bien différente que ce que l'on pouvait imaginer d'elle. Elle poussa un léger rire, qui s'intensifia au fur et à mesure.

- Hihihihihi…. Hahahahaha ! Je suis vraiment désolée, Iris. Mais je ne peux m'empêcher de trouver cette situation assez cocasse !

- Hihihihihi ! BATAILLE GENERALE !

Ce qui fut une maladresse de Kula, puis une maladresse d'Eloraell, provoquèrent une bataille de polochons dans la chambre, évidemment contrôlée pour éviter la moindre casse. Mais ce qui était le plus remarquable lors de ce jeu bon enfant entre filles, était qu'Eloraell riait de bon cœur, qu'elle touchait quelqu'un, ou esquivait les attaques. C'était comme si ce jeu était une thérapie pour Eloraell qui avait travaillé dur depuis son retour de la précédente bataille, et qui laissait évacuer chaque sentiment néfaste ou chaque inquiétude à travers les coups d'oreillers qu'elle envoyait. Sur le coup, elle ne regrettait pas d'avoir cherché à contre-attaquer Kula, tellement la bonne humeur s'était emparée d'elle sur le moment, et elle espérait que cela permettait également à tout le monde dans cette chambre de partager avec elle le même amusement. Néanmoins, toute bonne chose prend fin. Au bout de deux minutes de mêlée générale, Kula reprit une fois encore Eloraell comme cible.

- Kula's Special Pillow Smash !

Eloraell qui s'habitua à ce petit jeu, vit arriver l'attaque de Kula. Elle effectua un salto arrière plutôt efficace. Si la scène pouvait être observée au ralenti, on aurait pu voir Eloraell être au dessus de l'oreiller balancée en avant, prendre une position semblable à un arc de cercle, pour enfin atterrir sur ses deux pieds de l'autre côté du lit. Eloraell ne perdit pas de temps pour contre-attaquer, et viser à la perfection Kula, grâce à son talent de combattante à distance probablement. Néanmoins, Eloraell ne maîtrisa pas sur l'instant la force du lancer, ce qui envoya balader Kula au loin.

- Kargh !

Kula fut envoyée jusqu'à la porte de la chambre, ce qui provoqua un fort bruit, mais fort heureusement, la double porte ne succomba pas, et Kula ne semble rien avoir de cassé. En même temps, elle connut bien pire lors de ses précédentes batailles. Cependant, à peine Kula se releva, le rire toujours présent, les deux portes derrière elle s'ouvrirent avec fracas. Ce furent deux gardes elfiques, qui, tout naturellement, furent alertées par le vacarme. Eloraell, sur le feu de l'émotion, avait complétement oublié que des gardes effectuaient plusieurs rondes dans les couloirs du palais, bien qu'elle avait prévenu les gardes devant sa chambre qu'elle s'absentait de cette même chambre quelques instants.

- Que se passe t'il, ici ?

La posture professionnelle des gardes prit un coup, néanmoins, lorsqu'ils virent non pas des ennemis qui essayèrent de s'en prendre à sa Majesté, mais quatre jeunes filles qui étaient en tenue de nuit. Le regard inquisiteur des elfes mit mal à l'aise Kula qui croisa les bras devant sa poitrine.

- Kyaaaah ! Garçons interdits !

- Ils font simplement leurs boulots, Kula. Nous avons oublié ce léger détail sous l'amusement. C'est ma faute, laissez moi m'en charger.

Eloraell quitta la chambre quelques instants, et ferma les portes, pour s'entretenir avec les deux gardes, laissant ses trois amies hors du champ de vision de ces deux figures masculines.

- Voyons, votre Majesté, ce n'est pas une très bonne idée de faire autant de bruit. Vous auriez pu lancer une alerte générale dans tout le palais ! Et puis, vous présenter avec une telle tenue devant des invités, franchement.

- Toutes mes excuses, mais je viens de découvrir ce qu'est une bataille de polochons. Je ne connaissais pas un tel divertissement jusqu'à présent. Les étrangers ont des façons de rire et de se défouler fort attrayants. Vous devriez tester avec vos femmes et enfants, non ?

- Votre Majesté, à partir du moment où vous vous adonnez à une activité où vous pouvez être blessée, nous nous devons d'intervenir. Ordres de votre mère ! De plus, vous avez un débat politique demain, à l'aube. Vous ne devriez pas prendre cette situation à la rigolade !

- Ca n'a pas de sens ! Vous acceptez bien de me laisser seule partir à la chasse, que je sache. Et puis, savez-vous vraiment ce que ma mère désirerait si elle était encore vivante ? Je le doute fort, mais je vais vous le dire. Elle aimerait me voir m'amuser avec d'autres filles. Voudriez-vous vraiment m'empêcher, juste une fois, de connaître un divertissement en groupe, comparée à mes nombreuses occupations que je vaque en solitaire ?

Puis, Eloraell pointa le bout de l'index sur la poitrine de l'un des gardes, avec un petit sourire adorable.

- Vous savez quoi ? J'ai cru entendre que vous étiez volontaire pour la prochaine bataille en plein territoire lunaire. Alors, je vous accorde un petit congé pour ce soir. Rentrez chez vous, mes braves, vous l'avez bien mérité !

- Comment ? Etes vous sincère ?

- Parfaitement, et sachez, par ailleurs, que je ne suis guère la seule à faire trop de bruits derrière une porte. Je vous ai entendu une fois, lieutenant Aelris, dire que votre petite fille désirait une flûte en bois pour son anniversaire, mais qu'avec le travail, vous ne trouviez aucun moment pour vous arrêter chez le marchand du coin. Il n'est pas encore l'heure du couvre-feu pour les commerçants du village. Foncez acheter avec votre bourse dûment gagnée le cadeau qui ferait plaisir à votre enfant. Quand à vous, soldat Gorthol, je sais parfaitement que vous êtes tellement épuisé par votre travail, que vous vous consolez à l'hydromel. Pensez vous que cela ferait plaisir à votre charmante femme ? Le cœur d'une épouse doit être préservé et choyé, alors, montrez lui votre flamme ce soir, et c'est un ordre !

- Mais… pour votre protection ? Vous laisser entre les mains d'étrangères est-il raisonnable ?

- Parmi ces trois étrangères, il y en a deux qui ont prouvé leurs valeurs lors de la précédente bataille. Elles assumeront parfaitement ma protection pour ce soir. Allez, filez, soldats !

M-M, merci votre Majesté ! Sa grandiloquence est trop bonne !

D'un sourire satisfait, Eloraell retourna dans la chambre, et effectua un rapide clin d'œil à Kula, Iris et Julia, tout en levant le pouce droit.

- C'est gagné ! Nous ne serons plus importunés !

- Haha ! Pauvres soldats ! Ils passent leurs nuits ici à vous protéger, et c'est comme ça que vous les remerciez !

- Ils ont eu droit à un petit congé, alors, je ne vois pas de quoi vous parlez ! Bon, si nous poursuivions ? Tâchons juste d'être plus discrètes !

- Nah, une soirée entre filles ne rime jamais avec discrétion, mais soit. J'ai une petite idée.

Kula se dirigea vers sa table de chevet, puis en sortit une petite trousse de toilette. Elle y ressortit un assortiment de petits flacons de diverses couleurs, ainsi que plusieurs petits pinceaux extrêmement fins.

- Qu'est ce que c'est ?

- Du vernis à ongles ! J'en ai de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel ! Nous sommes toutes les quatre pleines de charme, et il est important de le mettre en valeur, même si c'est seulement pour nous ! Qui souhaite que je lui colore les ongles ? Et pour dix pièces d'or, je peux également vous faire les ongles des pieds !

- Dix pièces d'or ? Il s'en met plein les poches, le service cosmétique !

- Vous m'aviez presque cassé le nez, j'ai bien le droit à un dédommagement ! Roh, si on peut plus plaisanter !

- Bon, je veux bien du vert pour les doigts, mais pour les pieds, je le ferais moi-même, je ne suis pas très confiante, étrangement.

- C'est parti !

- Et pendant que vous me faites une petite manucure, on peut faire quelque chose d'autre ? Histoire qu'Iris et Julia ne se sentent pas trop isolées.

- Oh, Iris, Julia, il y a plusieurs petits pinceaux. Ce qui est à moi est à vous, alors vous pouvez également vous faire plaisir entre vous si vous ressentez le besoin de rajouter un peu de couleur à votre apparence ! Et puis, cela n'empêche pas, effectivement, qu'on joue à un autre jeu qui est un grand classique des soirées pyjamas ! Ca s'appelle "Action ou vérité !"

- En quoi cela consiste ?

- Bien, un petit exemple ! Reine Eloraell, vous avez donc le choix entre action ou vérité ! J'ai ouï dire que vous étiez une pure végétarienne. Alors soit vous allez en cuisine, et vous apportez du jambon que, bien sûr, vous dégusterez avec nous, soit vous nous avouez quel est votre secret le plus embarrassant !

- Il est hors de question que je mange de la nourriture provenant d'un animal jadis vivant. Alors, va pour le secret. En fait… je suis raide dingue des petits chatons ! Quand j'étais gamine, j'avais un petit chat nommé "Mistigri". Je passais mes soirées à me blottir contre sa douce fourrure. Je le laissais dormir avec moi, il ronronnait sans cesse et ça me détendait tout le temps. Et puis, quand il était ravi, il faisait ses griffes sur ma couverture, et ça faisait des petits bruits tout mimi, du genre "Scrouch !" "Scrouch !" Ah, il était si mignon !

- Hahahahaha ! Vous formiez un beau couple avec ce Mistigri ! C'est sûr que niveau "embarrassant", c'est pas mal ! Vous auriez du vous regarder dans la glace au moment où vous avez parlé de ce chaton ! Hahahaha !

- Ah, c'est comme ça ! Alors Kula, soit vous choisissez de venir déranger Scylla, demain, en portant un costume de chat, soit vous nous avouez ouvertement ce que vous ressentez pour ce Law !

- Quoi ? Mais c'est… c'est trop embarrassant ! Et puis, ce que je ressens pour Law ne regarde personne ! Et où est-ce que je trouverais un costume de chat ?

- J'en ai un dans ma garde robe ! Et vu votre morphologie, il vous ira comme un gant !

- Mais c'est ça qui aurait du être votre secret embarrassant ! Qu'est ce que vous fichez avec un costume de chat ? Bon soit… Va pour le costume.

Kula semblait avoir choisi l'action pour ce dilemme. Avait-elle honte au point de ne pas avouer aux autres filles qu'elle était amoureuse du pirate, ou plutôt, au fond, peut-être qu'elle refusait de parler d'amour concernant un homme dont rien n'était encore concret ? De plus, là où certains sujets peuvent fâcher ses trois camarades, pour Kula, c'était ce dernier. Penser à Law et à son rétablissement la rendait nerveuse. Elle croyait dur comme fer que tout allait bien se passer pour l'homme qui l'aide depuis toujours à trouver des réponses sur son amnésie et son passé, mais au fond, elle ressentait une forte angoisse si jamais le rituel qui cherchait à sauver Law n'allait pas devenir concluant. Et puis, elle refusait de partir en guerre sans assister à ce rétablissement, et le temps avançait à grand pas. Au final, le plus cruel des dilemmes pour Kula, c'était de choisir entre aider Scylla dans ce noyau lunaire, ou rester dans la forêt pour veiller sur l'homme dont elle était totalement éperdue. Le temps que Kula rêvasse suffisait pour qu'elle termine de mettre du vernis vert sur les ongles d'Eloraell. La reine des elfes scruta le travail précis de sa nouvelle amie et semblait ravie.

- C'est très beau, Kula ! Je devrais donner plus de couleur à mon apparence plus souvent ! Bon, je vais m'occuper de faire de même avec les orteils.

- Eloraell, si je puis me permettre, votre chevelure et si douce et soyeuse. Et puis, cette teinture blonde, on jurerait du blé. Me permettez-vous de vous coiffer quelques tresses avec votre chevelure ?

- Faites donc ! Par contre, je pense que c'est au tour de quelqu'un d'autre de choisir entre une action ou une vérité, non ?

- Ah oui. Alors euh… Iris… Tu as le choix entre… te faufiler derrière Scylla pour lui attraper la poitrine demain, ou bien… nous avouer ce qui te fait le plus rêver chez un homme ou une femme ! Et attention, si jamais tu dis ne pas avoir de petits fantasmes, je considérerais que tu choisis le gage, hihihi !

- Pourquoi faut-il toujours que ce soit Scylla, la cible de nos gages ?

Kula y alla fort avec Iris qui était en train de passer sa première soirée entre filles. Il était clair qu'elle voulait un maximum l'aider à s'ouvrir et se décontracter, sans la moindre gêne ou pudeur, comme des amies qui passent du temps ensemble, même si cette amitié n'aura été que de courte durée. Pendant que la jeune femme tressait les cheveux blonds d'Eloraell, elle observa avec un regard curieux la mercenaire immortelle pour savoir quel allait être son choix. Et bien sûr, après cela, elle espérait également qu'elle trouve un choix bien sympathique pour Julia.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iris
Mercenaire
Mercenaire
Iris

Messages : 42
Date d'inscription : 01/09/2016

Un rêve impossible Empty
MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Un rêve impossible Icon_minitimeLun 11 Fév - 11:26

Après un début de soirée assez sportif en cuisine, en particulier pour la mercenaire, le repas lui, faisait office de récompense. Il se passa sans accros, et prouesse à signaler, personne ne fût empoisonné par Iris. Quoi qu'il en soit, après ce chaleureux repas, il était temps de se rendre à la prochaine activité, et de commencer cette soirée pyjama sans pyjama. Cependant, l'enthousiasme fut ralenti lorsqu'en effet, Kula précisa que les femmes avaient foutu un sacré bordel dans la cuisine. Il était donc naturel de tout remettre en place. C'est donc Iris et Julia qui étaient désignées pour tout ranger, tandis que Kula allait tranquillement préparer sa « chambre » pour la soirée qui va suivre. Et c'est sans que les deux jeunes femmes puissent dire un mot que cette dernière s'éclipsa, laissant les deux filles à leur tâche. Tâche qui ne semblait pas vraiment motivé Iris, qui commença directement à déléguer à Julia.

- Tu t'en occupes, « chef » ?

- P-pardon ? Il n'y a pas de chef qui tienne ! Tu vas m'aider aussi !

- Quelle plaie...

C'est donc à contre-cœur, que la mercenaire commença sa tâche, et c'est accompagnée de Julia, que la table fût rapidement débarrassée. Il restait à présent la cuisine à ranger, mais c'était vraiment le bordel là-dedans. Un bordel cependant que les deux femmes rangèrent tout de même, par respect pour les elfes. D'ailleurs, la jeune adolescente laissa le soin à Iris de s'occuper du nettoyage au sol, après tout, c'était son œuvre, tout cela. Bref, après un petit moment, la cuisine était déjà plus agréable à l'œil. Et c'est donc une fois cette tâche accomplie, que les deux jeunes femmes prirent la direction de leur chambre, afin de prendre une tenue pour la soirée, comme demandée par Kula.

- Bon, lança Iris, d'un air interrogateur, quel genre de tenue, je dois mettre... ? Parce qu'une tenue de nuit, c'est vaste comme indication. Moi, je me contente de dormir en sous-vêtements...

- Bien, tu y vas en sous-vêtements !

- Hors de question !

- Hum, réfléchissait la jeune adolescente, bien, je ne sais pas, au pire, tu rajoutes un haut et c'est cool. Moi c'est ce que je vais faire ! On est entre filles, on s'en fiche d'être en petite tenue, non ?

- Oui, mais avec toi, c'est différent...

- Hihi, allez, fait pas ta pudique, on va être en retard !

- Bon bon, d'accord...

C'est donc la tenue sélectionnée pour la soirée, qu'Iris et Julia se dirigèrent vers la chambre de Kula, afin de profiter d'une fin de soirée qui pour l'instant était fort agréable. Une soirée qui, finalement, plaisait beaucoup à Iris, qui ne jouait qu'un jeu au début, pour faire plaisir à Julia. Mais au final, elle ne pouvait nier que cela lui plaisait beaucoup, que ce soit cet interlude en cuisine, ou la suite de la soirée qui sera aussi amusante à n'en pas douter.

* * *

Finalement, les deux sœurs de cœur arrivèrent devant la chambre de Kula, puis toquèrent à la porte de cette dernière. Une fois invitées à entrer, elles furent invitées à imiter la jeune femme et enfiler leur tenue pour la soirée pyjama. Ce qu'elles firent dans la salle de bain. On avait donc pour Iris, une tenue assez classique, qui était composée d'un caraco pour le haut, puis d'un mini short pour le bas. Du côté de Julia, c'était étrangement plus sexy dans le style. Elle portait une chemise blanche entre ouverte, laissant voir que la jeune adolescente avait déjà une poitrine bien formée pour son âge, et une petite culotte pour le bas. On pouvait cependant imaginer facilement que Julia profitait enfin d'avoir un corps tout neuf, dépourvu de cicatrices, pour enfin en profiter.
Spoiler:
 

C'est donc une fois en tenue, qu'elles sortirent de la salle de bain, où elles fussent complimentées par Kula. Compliment que retourna Julia avec un grand sourire, et une voix amusée.

- Merci ! Toi aussi, j'aime beaucoup !

Iris de son côté restait plus silencieuse, légèrement gênée d'être dans cette tenue devant d'autres personnes que Julia. Après tout, c'était une première pour la mercenaire. Quoi qu'il en soit, maintenant que les trois femmes étaient en tenue, la soirée pouvait commencer. Kula proposa donc pour débuter par causer musique, étant donné qu'elle s'était souvenu qu'Iris jouait de l'instrument par le passé. La jeune femme ramassa donc une guitare posée dans un coin, puis commença à raconter une petite histoire sur son passif et la musique. Elle précisa par ailleurs par une petite pique, que Scylla était une manche avec un instrument, ce qui fit sourire les deux jeunes femmes. Après quoi, Kula commença à jouer de ce fameux instrument, après avoir pris une grande inspiration. La mélodie qu'elle jouait était plutôt entraînante, donnant envie de participer. Pendant donc, que la joueuse se leva, du côté de Julia, elle remuait la tête de gauche à droite en souriant, en rythme. Pour Iris, elle se contentait d'écouter sans trop de mouvements, mais cela, c'était surtout, car elle n'était carrément pas démonstrative, tout simplement, sauf avec l'adolescente justement. Julia changeait petit à petit la mercenaire, mais il faudra du temps avant que cette dernière devienne plus expressive avec le reste du monde, c'était certain. Dans tous les cas, elle trouvait Kula vraiment douée avec cet instrument, et bien que la mercenaire savait en jouer, elle n'avait certainement pas ce niveau. Mais quoi qu'il en soit, la mélodie allait s'arrêter brusquement lorsque la musique jouée par Kula attira une personne dans la chambre. C'était la reine des elfes, qu'Iris et Julia virent arriver, sans avoir le temps d'avertir Kula de cette invitée dans son dos. Cela eut pour effet de faire sursauter la jeune femme, tandis qu'elle s'excusa rapidement pour le bruit, en se rendant compte qu'il était sûrement déjà tard, vu la tenue de la reine.

Cependant, les excuses n'étaient visiblement pas nécessaires. Eloraell n'était pas ici pour réprimander la jeune femme, mais plutôt pour féliciter cette dernière de la mélodie, allant jusqu'à l'inviter à jouer un autre morceau. Néanmoins, sur ces mots, Kula décida plutôt de faire participer Iris, cette fois, et qu'elle montre à son tour ses talents en musique. Bien sûr, elle accepta sans trop se faire prier étrangement, et se saisie de la guitare avec plaisir.

- Je ne suis pas aussi mélodieuse que ce que l'on vient d'entendre, mais je vais essayer de ne pas jouer faux au minimum...

Sans vraiment l'exprimer, la mercenaire était en fait assez modeste sur son talent pour la guitare, et était surtout assez gênée de devoir jouer devant un public, et en particulier devant la reine des elfes qui venait de s'inviter à la fête. D'ailleurs, lorsqu'elle commença à jouer de l'instrument, il était clair qu'elle était très modeste, car bien que la mélodie fût moins entraînante que celle jouée par Kula, elle n'en restait pas moins exécutée à la perfection. Le style de la mélodie était plus calme et posé. Puis une fois fini, ce fut Julia, qui félicita cette dernière, émerveillée par le talent de son idole.

- Waaah ! Tu joues trop bien Iris ! Encore ! Encore !

- H-hum, laissa échapper la mercenaire, légèrement gênée par le compliment de Julia, a-autant faire tourner, non ? Une fois ça suffit a-amplement !

- Rooooh, allez !

Finalement, tandis qu'Iris essayait de trouver une esquive pour ne pas rejouer un morceau, elle entendit que la reine Eloraell savait jouer de l'instrument. Elle s'empressa donc d'aider Kula à convaincre cette dernière de faire partager son talent.

- Oui ! Je suis d'accord avec Kula, je serais ravie d'entendre votre mélodie, votre majesté.

Autre chose fit d'ailleurs réagir Julia à son tour, et c'était lorsque la reine énonça qu'elle jouait du piano. À ce moment, la jeune adolescente s'exprima à son tour, d'une voix étrangement motivée.

- C'est vrai, vous jouez du piano ? J'adore aussi ! J'ai appris à en jouer... Même si je n'ai pas vraiment pu en profiter, c'est cher un piano...

- Hum ? Tu sais jouer du piano, Julia ? Comme tu dis, c'est cher un piano, tu as appris comment... ?

- H-heu, bien, j'avais un petit clavier portable là où j'étais, répondit Julia, d'une voix hésitante, i-il appartenait à mon père, de son vivant...

- C'est génial ça, et tu nous feras bien l'honneur de partager avec nous tes talents, hum ?

- J-j-je ne pense pas, semblait soudainement gênée la jeune adolescente, j-je ne suis pas douée du tout ! Et puis de toute façon il n'y a pas de piano ici !

- Je suis certaine qu'ici aussi, ils ont des claviers comme tu avais, non ?

- N-non, mais c'est bon, je n'ai pas envie de jouer du piano, là...

- Allez, fait pas ta timide Julia, héhé.

- Non, vraiment, j'ai juste dit ça comme ça, je n'ai pas envie d'en jouer...

Soudainement, Iris sentit la voix de la jeune fille changer. Son dernier refus était bien plus sérieux que le précédent. Elle ignorait pourquoi, mais elle sentait que Julia mourrait d'envie de jouer du piano devant le petit groupe, mais que quelque chose la bloquait intérieurement. Il n'y avait qu'à voir le visage déçu de la jeune adolescente lors de son refus, ainsi que son regard qui pointait soudainement vers le sol. Cependant, pour Iris, cela cachait surtout autre chose. Avec cette réaction, il était clair que le « piano » était quelque chose qui faisait partie de cette souffrance qui habitait Julia, et qu'Iris s'évertuait à trouver. Elle ignorait de quelle manière l'instrument pouvait avoir un rôle là-dedans, mais elle était à présent certaine, que c'était lié à quelque chose du passé de Julia. Cependant, voyant que cela allait plus rendre Julia mélancolique qu'autre chose, Iris n'insista plus pour qu'elle joue, et laissa la reine des elfes montrer son talent à la harpe. Talent qu'elle démontra d'ailleurs, en jouant à son tour une mélodie ravissante, mais assez mélancolique dans le ton. D'ailleurs, cela fit verser quelques larmes à Kula, tandis que Julia de son côté était toujours assez pensive, suite à la précédente discussion sur les pianos. Quoi qu'il en soit, il n'y avait pas que la reine qui semblait assez gênée de la réaction de la jeune femme. Julia et Iris ne savaient pas réellement comment réagir, devant les larmes de cette Kula. Bien sûr, ce n'était pas une façon de juger la jeune femme, mais plus une gêne de voir quelqu'un pleurer à chaudes larmes devant soi. Iris pensait d'ailleurs que cela avait vexé la reine, étant donné qu'après son récit sur l'origine de cette douce mélodie, elle semblait impatiente de quitter les trois femmes. Néanmoins, c'était sans compter sur un événement qui surprit Iris et Julia.

Sans hésitation et prévention, la jeune Kula venait de se saisir d'un coussin, et l'avait lancé droit sur la reine des elfes, qui le reçu en pleine tête. Sur le coup, il n'y avait pas que Kula qui semblait subjuguée par cette action, mais également Iris et Julia qui s'attendaient à ce que la reine s'énerve pour le coup. Cependant, il n'en fut rien, et plus surprenant encore, la reine ramassa à son tour un coussin et par vengeance le lança à son tour droit sur son agresseuse. Sauf que Kula esquiva le projectile, qui allait du coup finir sa course sous peu dans la tête de la mercenaire cette fois. Cela ne fut néanmoins pas le cas, car Iris rattrapa d'un geste vif le coussin, ses réflexes étant ce qu'ils sont après tout pour une immortelle. Donc la reine pouvait se rassurer, elle n'avait nullement besoin de s'excuser, et d'ailleurs, cela fit sourire Iris, de voir la réaction de la reine, qui commença à éclater de rire à la situation. Le souci, c'est que cela déclencha une vraie bataille de polochons, transformant la chambre en véritable champ de bataille, soudainement. Cette fois, Iris et Julia s'invitèrent également à la fête, enfin, plutôt Julia, car Iris se contentait d'esquiver et de riposter uniquement. Car à ce jeu, la mercenaire était un véritable monstre. Peu importe le projectile, elle arrêtait parfaitement chacun d'eux, sans une seule fois se faire toucher ou surprendre, même quand Julia tenta d'en lancer un en même temps d'un autre. Rien n'y faisait, les réflexes de la mercenaire étaient trop vifs pour pouvoir lutter. Résultat, la mercenaire renvoyait les polochons à leurs expéditeurs après réception. Encore une fois, Julia tenta d'en finir d'ailleurs, en allant carrément attaquer la mercenaire au corps-à-corps avec un polochon. Mais ce fut un échec, et d'un simple mouvement elle esquiva la charge de Julia, qui finissait sa route sur le lit adjacent.

- Argh !

- Vise les autres un peu, Julia ! Pourquoi que moi ?!

- Je t'aurais !

Sous un ultime lancé franc, Julia expédia le polochon avec force sur sa cible, mais ce dernier fut rattraper encore une fois aisément par Iris, qui le renvoya en pleine face de Julia, la renvoyant sur le lit, vaincue. Par chance, la mercenaire savait contrôler sa force, donc elle avait évidemment relancé depuis le début de la bataille les projectiles de façon douce, histoire qu'elle ne fasse pas un triple homicide en cette soirée, avec pour arme du crime, un coussin. Cependant, l'homicide faillit avoir lieu, lorsque Eloraell envoya en pleine face de Kula avec force un polochon qui expédia la jeune femme sur la porte de la chambre. Heureusement, cela ne causa pas réellement de dégâts, mais mis cependant fin à la bataille, après que deux gardes entrèrent paniquer, suite au vacarme causé par les quatre jeunes femmes. Suite à cela, la reine des elfes s'absenta quelques secondes, afin de rassurer ces deux gardes complètement paniqués pour leur reine. Pendant cet interlude, Julia en profita pour attaquer Iris qui n'était cette fois plus concentrée, et la plaqua au sol, après lui avoir bondi dessus de pleine face.

- Humpf !

- Je t'ai eue ! Héhé...

- Héhé, je vois ça, Julia...

C'est donc pendant que Julia était au-dessus d'Iris, victorieuse, que les deux femmes échangèrent un regard complice, se regardant dans le fond des yeux. Elles se relevèrent cependant soudainement, lorsque la reine revint dans la chambre. Elle annonça d'ailleurs la bonne nouvelle que les gardes n'allaient plus intervenir à partir de maintenant pour la suite de la soirée. En parlant de soirée, Kula proposa d'ailleurs pour la continuer, de passer à une séance de vernissage général. La jeune Kula proposa donc ses services à la reine, qui n'était pas vraiment familière avec cela, mais qui accepta de jouer le jeu, tandis qu'Iris et Julia furent également invitées à se vernir entre elles si elles le désiraient. Cela motiva rapidement Julia, d'ailleurs, qui s'empressa de demander à Iris de lui servir de cobaye.

- Bonne idée ça ! Iris, tu veux quelle couleur ?

- Heeh ? Je n'ai même pas dit oui !

- Allllez, Kula a raison ! Ça fait joli du vernis à ongles !

- Hum, hésita Iris, bon d'accord, ça ne peut pas me faire de mal, mais à une condition...

- Laquelle ?

- Que tu me laisses te vernir les ongles aussi après !

- Marché conclu ! Mais... tu sais faire ?

- J-je suis peut-être solitaire, m-mais je me vernis les ongles aussi parfois h-hein...

- Hoooo ? Tu es coquette à tes heures perdues alors !?

- N'abuse pas non plus !

- Boooon, du coup, donne-moi ton pied droit ! Et choisit une couleur !

- Pourquoi je ne peux pas choisir l'endroit ?!

- Parce que ! J'ai envie de te vernir les ongles de pieds, c'est tout !

- B-bon, d'accord, « chef ». Du coup, euh, je dirais du rose, ça collera bien avec mes cheveux...

- Hihi, c'était aussi la couleur que j'allais choisir pour moi ! Vendu, c'est parti !

Maintenant que tout était décidé, l'activité commença donc dans la bonne humeur. Tandis que la reine des elfes se faisait teindre les ongles des mains, Iris elle, s'était ceux des pieds. Pendant cette activité d'ailleurs, un autre jeu fut proposé : action ou vérité. Tout comme la reine, Julia et Iris ignoraient quel était ce jeu. Mais après une rapide explication de Kula, c'était finalement plutôt simple. Cette dernière commença pour montrer l'exemple avec Eloraell, en lui proposant des choix plutôt cornéliens, entre action, qui consistait à renier son côté végétarien, ou d'avouer un secret embarrassant. Cela fit sourire Julia, tandis qu'Iris commençait à être inquiète, voyant déjà Julia ou une autre femme de la pièce lui proposer un choix aussi loufoque que celui subi par la reine. Bien sûr, Eloraell choisit de son côté le chemin du secret embarrassant, et révéla sa passion pour les petits chatons. Sur le coup, cela fit rire Julia et Iris, ne serait-ce qu'en voyant la réaction de la reine en parlant de petits chatons. Rire partagé par Kula qui envoya une petite pique à la reine à ce sujet, qui se vengea immédiatement en proposant un défi encore plus loufoque. Iris avait du mal à croire que c'était la reine des elfes qui venait de proposer un gage pareil. Même si le costume de chat n'était pas étonnant, après sa révélation sur ces derniers. Cependant, Iris ne comprenait pas pourquoi Kula préférait visiblement s'habiller en chat, plutôt que d'avouer entre copines, son amour pour Law qui saute de toute façon aux yeux. Mais qu'importe, le choix avait été fait, et Kula devra donc se déguiser en chat, pour parler à Scylla le lendemain. D'ailleurs, cette dernière avait également terminé l'application du verni qui rendit la reine assez contente du résultat. Du côté d'Iris et Julia, la jeune adolescente était toujours en plein travail. Il fallait dire qu'elle prenait un temps absolument incroyable sur chaque orteil, donnant plus l'impression de les masser, que de les vernir sur le coup.

- Tu me vernis les ongles où tu me fais un massage, Julia ?

- Hein ? lança Julia, surprise. J-je suis juste minutieuse dans mon travail ! Silence !

- D'accord d'accord, continue donc, héhé...

Tandis que Julia continuait son travail passionné visiblement sur les pieds de sa sœur de cœur, Kula de son côté commença à coiffer Eloraell. Cependant, le moment tant redouté par Iris arriva, lorsque ce fut son tour, d'être face à un choix. Kula proposa donc à Iris le choix entre avouer son fantasme chez un homme ou une femme, ou d'aller attraper la poitrine de Scylla par surprise. Cela fit réagir instantanément la mercenaire, qui devenait soudainement rouge comme une tomate.

- M-mais, c'est quoi ce choix ? P-pourquoi, j'irai attraper la poitrine de Scylla ? Et pourquoi toujours elle ? Humpf... je vais choisir vérité, évidemment... il est stupide votre jeu.

La mercenaire avait terminé sa dernière phrase, rougissante, tout en croisant les bras et faisant la moue.

- Hihi, semblait amuser Julia, alors, on t'écoute, c'est quoi ton fantasme ?

- Ç-ça va, l-lâche-moi... ! J-je n'en ai pas vraiment, voilà, c'est tout... Je ne me suis jamais vraiment posé la question...

Julia, visiblement déçue, insista quand même pour qu'Iris en dise plus.

- Roh, c'est quoi cet aveu ? Tu ne joues pas le jeu, là ! Allez, sinon tu devras attraper la poitrine de cette Scylla ! Hihi.

- Bon, bon, ça va... J-je ne peux pas vraiment répondre à ce sujet, mais je peux éventuellement dire mon orientation sexuelle... Ç-ça ira, comme réponse ?

- Ouiii !

- B-bien, dans ce cas, j'admets avoir toujours été plus attirée par les femmes, que les hommes. Je n'ai jamais vraiment rien ressenti pour quelqu'un... Mais chaque fois que j'ai des « envies », c'est surtout sur le sexe féminin, sur lequel je fantasme...

Iris avait déballé son aveu en rougissant tellement, qu'une tomate était pour le coup moins rouge. Son regard également, était complètement à l'opposé, comme si elle cherchait à éviter celui des autres femmes de la pièce. Il fallait dire que d'avouer un truc comme ça n'aurait jamais traversé l'esprit de la mercenaire. Mais contre toute attente, elle avait quand même joué le jeu, et avait avoué sur quel sexe elle fantasmait. Cela voulait donc dire indirectement quand on y pense, que cette soirée devait fortement plaire à Iris, vu qu'il n'y avait que de belles jeunes femmes autour d'elle, en cette soirée. Évidemment, cela n'échappa pas à Julia, qui avait décidé de torturer sa sœur ce soir, en reprenant la parole d'une voix paraissant presque fourbe, et un sourire malin.

- Ho, mais alors c'est pour ça que tu me relook quand on prend notre bain ensemble !

- Q-quoi ?!

Julia y allait fort directement en accusant carrément la mercenaire de la relooker sous la douche. En plus de partager avec les autres filles présentes, qu'Iris semblait partager ses bains avec sa sœur de cœur par ailleurs. Cela fit entrer la mercenaire dans une gêne de niveau divin. Elle se leva soudainement de sa position, empêchant Julia de terminer son vernissage, tout en reprenant la parole, d'une voix accusatrice.

- J-je ne te relook pas du tout ! Qu'est-ce qui te fait dire ça ?! C-c'est n'importe quoi ! A-arrête ça ! Et puis d'ailleurs, c'est toi qui passes étrangement ton temps à me relooker ! Tu crois que je ne te vois pas, en train de constamment observer mon corps quand je suis toute nue ?! Ou même quand on dort ?!

- Heeeeh ?! P-pas du tout ! C-c'est pas vrai non plus ! N'essaye p-pas de fuir en m'accusant !

- Je ne fuis pas du tout ! Je te retourne juste ta fausse accusation !

- Bon, d'accord, tu veux jouer à ce jeu ? Dans ce cas, je l'avoue, je suis attirée par les filles aussi ! Et OUI, je te relook, car tu es magnifique, et que j'aimerais être aussi belle que toi plus tard ! Voilà, moi, je l'avoue !

- Q-qu...

Devant l'aveu soudain de Julia, carrément inattendu pour la mercenaire, qui s'attendait à ce que la jeune adolescente nie en bloc, cette dernière ne savait plus quoi répondre. Cette fois, la gêne s'empara de nouveau d'Iris d'ailleurs, qui ne savait plus où se mettre, après un aveu aussi mignon de la part de Julia, mais surtout carrément gênant devant la reine des elfes et Kula. Devant cette gêne cauchemardesque, un silence eut lieu entre Julia et Iris qui s'observaient droit dans les yeux. Ce n'est qu'au bout de quelques secondes, que la Testarossa tourna la tête presque en boudant, et reprit la parole, tout en croisant les bras.

- B-bon, tu as gagné... T-tu es mon type de filles... Mais je ne te relook pas, ce n'est pas vrai ! Ne va pas t'imaginer des trucs !

- Hihi, d'accord d'accord, tu relook pas, héhé...

Finalement, le calme revint entre les deux femmes, et Iris reprit sa place, tandis que Julia reprit son travail sur les orteils de cette dernière. D'ailleurs, Julia eut soudainement comme une idée, et commença à de nouveau prendre la parole.

- Bon, c'est à toi, Iris, de me proposer un choix !

- Heu, s'exclama Iris prise au dépourvu, j-je ne sais pas vraiment quoi demander, moi... Je n'ai pas des idées aussi farfelues que vous... Puis ce jeu est nul, je ne veux plus y jouer... !

- Roh allez, fait pas ta rabat-joie... Je ne sais pas, demande ce que tu veux, c'est le but du jeu !

- B-bon, si tu veux...

Iris s'exécuta donc, légèrement forcée par Julia, à trouver une idée de question à poser à Julia, ainsi qu'à un gage, en cas de refus d'avouer un secret. La Testarossa réfléchissait donc une bonne minute, quand soudain, une idée lui vint enfin à l'esprit.

- D'accord, dans ce cas, soit tu enfiles un costume de lapine toute la journée de demain, sois tu nous dis où tu as appris à jouer du piano... !

Après la proposition de choix d'Iris, Julia arrêta net son activité, et observa Iris d'un air étonné. Visiblement, à son tour, elle ne s'attendait pas à une telle proposition de la part de la mercenaire. Cependant, elle n'hésita même pas une seule seconde à répondre, et reprit donc instantanément la parole, mais d'une voix presque vexée.

- C-c'est quoi cette question... ? Elle est nulle ta question... Je choisis action, puisque c'est comme ça...

- Qu-quoi ? V-vraiment... ?

- Oui ! Puis comme ça, tu pourras réaliser ton fantasme, de me voir en tenue de lapine, hein ?

- Hein ? M-mais ce n'est pas du tout mon fantasme !

- Tu viens de te griller toute seule ! Tu ne peux pas nier, puis je suis certaine qu'Elolarel et Kula pensent comme moi !

- C-c'est n'importe quoi ! Et c'est Eloraell, pas Elolarel !

- C'est bien ce que j'ai dit : Elolarel... ! N-ne change pas de sujet ! Et puis de toute façon, je doute trouver un costume de lapin à ma taille, je te signale ! Tu as déjà vu ce genre de costume de lapine sur des adolescentes ? Perverse !

- Quoi ?! M-mais pas du tout !

- C'est pour les adultes ce genre de tenue !

- D-dans ce cas, Eloraell doit bien avoir une tenue de chat pour adolescente !

- En chatte maintenant ?! B-bon, bien si Elolarel a un costume de chat à ma taille, va pour le costume de chat... J'espère que tu prendras ton pied à m'observer, humpf.

- Mais arrête avec ça !

- Tu es déçue ?

- N-non ! P-pas du tout !

Visiblement, les deux sœurs de cœur semblaient souvent s'attraper, bien que ce n'était évidemment pas méchant pour un sou. Cela prouvait simplement une proximité incroyable à présent, entre les deux femmes. Iris était une véritable autre femme, chaque fois qu'elle échangeait avec Julia. Que ce soit de ses réactions, sa façon de la regarder, ou de parler, c'était totalement une autre personne, face à Julia.

- Bon, c'est à moi, maintenant, lança Julia, soudainement, en observant Iris d'un air déterminé, et ça va tomber sur toi le choix !

- Hein ? Mais c'est au tour d'Eloraell de subir un choix de ta part, pas moi !

- Rien ne stipule qu'on doit respecter un ordre !

- Gnnn...

- Donc, sois, tu avoues ce que tu me caches, soit c'est toi, qui te débrouilles à trouver un costume de lapine pour la journée !

Cette fois, c'était Iris, qui semblait subjuguée par la question de Julia. Qu'est-ce qu'elle voulait dire par « avouer » ce qu'elle cache ? Bien qu'elle se doutait que c'était lié à son état actuel.

- J-je ne vois pas de quoi tu parles, Julia. Je ne cache rien...

- Le jeu s'appelle action ou vérité, pas action ou mensonge ! Je sais que tu me caches quelque chose ! Je ne suis pas naïve ! Désolé, mais personne du jour au lendemain à un œil qui vire au rouge, et un tatouage qui triple de volume dans son dos !

- J-je t'ai déjà dit que ce n'était rien, Julia...

- Je veux quand même savoir...

- D'accord, dans ce cas, je prends action aussi. Toi aussi, tu pourras réaliser ton fantasme de me voir en bas résille et avec des oreilles de lapin !

- M-mais... Roh... P-pourquoi tu ne me dis rien... ?

- Ça ne te concerne pas, c'est tout... Ni toi, ni nos deux autres amies ici présentes...

- Bon, très bien... Mais tu as intérêt à honorer ton gage ! Je veux te voir TOUTE la journée en tenue de lapine !

- Oui oui, ça va, je le ferais...

C'est donc ainsi, que ni Iris, ni Julia semblaient prêtent à répondre aux questions de l'une et l'autre. Au final, en recherche de réponses, voilà qu'une va finir en chatte, et l'autre en lapine. Décidément, jamais Iris n'aurait pu deviner l'issue de cette soirée, et ne l'aurait jamais cru, si on lui avait dit qu'un jour, elle enfilerait un costume de lapin. Dans tous les cas, la soirée touchait à sa fin, et l'heure de dormir approchait à grands pas. Julia commençait de toute façon à être exténuée et était prise depuis quelques minutes d'une crise de bâillements incessants. Et la jeune fille tomba dans les bras de Morphée, comme prévu, assez rapidement, dès lors où elle s'allongea aux côtés d'Iris, qui elle avait les bras derrière la tête, et ne semblait pas prête à dormir, comme d'habitude. Elle se plongea dans ses pensées, tandis que la dernière lumière s'éteignit dans la chambre...

* * *

L'aube se leva finalement, sur le pays de la forêt, illuminant la chambre où se trouvaient les jeunes femmes. Cela eut comme l'effet d'un réveil naturel sur Julia, qui se réveilla enfin, tandis qu'Iris était déjà éveillée, de son côté. Avait-elle, ne serait-ce que fermer l'œil de toute façon ? On pourrait facilement croire que non, vu qu'elle était dans la même position qu'au coucher. La seule différence était la position de son bras droit, qui était enlacé autour de Julia.

- Salut, Julia.

- Hum, bâilla la jeune adolescente, ouvrant difficilement les yeux, salut, grande sœur...

Après un court interlude pour se réveiller, Julia se dirigea la première dans la salle de bain, puis Iris. Bien sûr, n'étant pas dans leur chambre, elles prirent leur douche séparément. Une fois prêtes, elles sortirent du temple, afin de trouver quelque chose : un costume de lapin. Julia n'avait cessé de le rappeler à Iris, depuis ce matin, et c'était donc à contrecœur, que cette dernière partait avec Julia, à la recherche d'un tel costume. Elle espérait vivement au fond d'elle que personne ne vendait ça ici, mais malheureusement, un costume tout beau était en exposition dans une des boutiques du village.

- Putain, c'est pas vrai...

- Haha, allez, achète-le !

- Ça va, ça va...

C'est donc une fois le costume acheté, et de retour dans leur chambre, qu'Iris et Julia enfilèrent leurs costumes respectifs. Une fois ceci fait, on avait donc Julia en costume de chat, tandis qu'Iris portait une tenue tellement sexy sur le coup, que Julia rougissait à n'en plus finir.

- C-ce n'est vraiment pas confortable... !

- W-whaou ! C'est super-sexy !

- S-sexy... ? Comment tu connais un mot comme ça, Julia !?

- Hey, j'ai 13 ans, pas 5 ans !? Et je n'ai rien dit ! J'ai juste dit que ça te va bien, hihi.

- T-toi aussi, tu es mignonne, dans ton costume de chat... Julia...

- Hihi...

Finalement, après un interlude où les deux jeunes femmes rougissaient à n'en plus finir de se complimenter sur leur tenue, elles décidèrent de se rendre à la fameuse réunion qui allait avoir lieu, et où la reine allait faire un discours. Bien que l'idée d'être dans cette tenue devant toute une foule inquiétait au plus haut point Iris. Elle était pour le coup d'ailleurs presque contente d'être dans un pays rempli d'elfe. Au moins, elle imagine que les elfes ne vont pas être en chien ou baver comme des porcs, devant cette dernière. Déjà que naturellement elle pouvait facilement faire fantasmer, là, c'était indécent dans une telle tenue. Quoi qu'il en soit, au détour d'un couloir, les deux jeunes femmes tombèrent nez à nez sur une autre femme en costume de chat, qui était évidemment Kula, qui comme les deux jeunes femmes, avait honoré son gage...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eloraell
Reine
Reine
Eloraell

Messages : 66
Date d'inscription : 14/07/2013
Age : 29

Un rêve impossible Empty
MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Un rêve impossible Icon_minitimeDim 17 Fév - 14:33

La soirée suivait son cours, et Kula était comme sur un petit nuage, et cela, pour deux raisons. Premièrement, Iris jouait plutôt bien le jeu, tant en montrant son talent de guitariste à son tour, qu'en acceptant que Julia lui passe du vernis, ce qui au fond, ne paraissait pas représenter grand chose, mais pour Kula, c'était une grande étape qui venait d'être traversée. Elle était satisfaite qu'Iris montre une image plus féminine d'elle, en dehors de la guerrière dont il était difficile de lire la moindre émotion. Et cela, Kula se doutait bien que Julia y était pour beaucoup. Deuxièmement, Eloraell avait rejoint la soirée, et malgré qu'on pouvait imaginer que cette reine elfique et son lot de responsabilité ne soit plus tellement tentée de se laisser aller à ce type de soirée entre copines, elle joua également le jeu, allant jusqu'à montrer ses compétences dans le domaine des batailles de polochons.

La seule chose qui avait légèrement refroidi l'ambiance, était le moment où Julia refusa catégoriquement de montrer son talent de pianiste. D'abord enthousiaste, elle montra de la gêne quand Iris tenta de la pousser à jouer de la musique à son tour, là où les trois autres filles avaient fait leurs petites démonstrations. Eloraell avait bien sûr un petit clavier portable dans ses affaires, évidemment, mais elle observa Julia avec un peu d'inquiétude, et comprit très vite que le sujet du piano n'était pas son sujet préféré. Alors elle ne tenta pas à son tour de persuader l'adolescente de se laisser aller devant ses amies et de jouer un morceau. Il est très déconseillé de se forcer pour faire plaisir à autrui, quand il s'agit du domaine artistique.

Maintenant, la soirée avait pris une tournure quelque peu épicée, tandis que les filles effectuaient entre elles une activité cosmétique. Proposé par Kula, les filles participèrent au jeu de l'action et de la vérité. Et là où Eloraell avoua sa faiblesse face aux chatons, et que Kula se retrouve justement obligée, le lendemain, à porter une tenue rendant hommage à ce félin, l'ex-pirate prit pour cible Iris cette fois, et elle n'y alla pas de main morte. Soit elle dut se risquer à prendre par derrière Scylla pour peloter sa poitrine, soit elle devait avouer son fantasme principal. Encore une fois, la valkyrie était le sujet du gage, ce qui étonna Iris qui elle-même ne comprenait pas pourquoi c'était toujours elle, exactement comme Eloraell. La raison était simple pour Kula, la valkyrie était la cible la plus amusante à taquiner, car la plus risquée. Un avis que ne partageait pas vraiment Eloraell sur le moment. D'ailleurs, Iris ne risqua pas le diable et fit exactement comme Kula s'attendait, c'est à dire, la vérité. Enfin, partiellement, puisqu'elle n'avoua pas dans l'immédiat que quelque chose pouvait la faire fantasmer. Julia prit la peine de lui rappeler que si elle ne donnait aucun fantasme, elle serait obligée de respecter le gage. Du coup, face aux regards inquisiteurs et curieux pointés vers Iris, elle avoua néanmoins avoir une préférence pour le sexe féminin. Ce qui impressionna la jeune femme, qui, en vérité, voyait à quel point Iris était mal à l'aise et était prête à retirer le défi si la mercenaire n'allait pas jusqu'au bout. D'ailleurs, nul jugement de la part de Kula et Eloraell, qui, bien que davantage attirées par le sexe masculin, respectaient qu'Iris soit du côté lesbien visiblement. Face à cet aveu, Kula et Eloraell se regardèrent entre elles, avec un sourire non dissimulé.


- Qu'est ce qu'on fait ? On valide ?

- Je pense que oui. Et c'est même conseillé. Sincèrement, je ne souhaite pas qu'une belle alliance prenne fin à cause d'un coup de poing mal placé provenant de Scylla.

- C'est vrai que j'avais oublié à quel point le caractère de notre amie valkyrie est spécial. Quoiqu'il en soit, bien joué Iris, pour cet a...

Mais lorsque Kula s'apprêta à féliciter Iris pour être allé plus loin que ce qu'elle put imaginer, l'aveu mena à une taquinerie de la part de Julia, comme quoi cela expliquerait pourquoi Iris reluquerait Julia sans arrêt pendant sa toilette. Ce qui provoqua tellement de honte chez Iris, qu'elle se releva furtivement et commença à accuser Julia d'en faire de même. La scène devenait de plus en plus malsaine pour Kula et Eloraell quand les deux avouèrent trouver l'autre attirante. Normalement, ce type de compliment est souvent utilisée à des fins autres qu'amicaux. Kula et Eloraell n'avaient rien contre le fait que deux femmes s'attirent mutuellement et se reluquent quand l'occasion arrive, surtout si les deux femmes partagent la même chambre. Mais ici, il s(agit d'une adulte, et une adolescente. Alors Kula et Eloraell espéraient que ces remarques étaient seulement entre "sœurs de cœurs", et qu'il ne fallait pas prendre ces compliments au premier degré.

De retour avec les dilemmes, Iris tenta sa chance avec Julia. Soit elle devait porter un costume de lapine, soit elle devait dire où à t'elle appris à jouer du piano. Kula et Eloraell étaient toujours autant subjuguées en remarquant à quel point les deux filles se prêtaient autant au jeu, bien plus qu'elles auraient pu le penser. Mais il y avait un léger souci. Une tenue de "bunny girl" taille adolescente de 13 ans, cela n'existe pas vraiment, et tant mieux d'ailleurs. Il s'agissait d'un costume qui pouvait faire fantasmer, et donc, réservé aux adultes. Une remarque que Julia se permit de faire d'ailleurs. Donc au final, Iris changea la nature de la tenue et proposa une tenue de chatte comme pour Kula. Ce qu'elle accepta, à la grande surprise de tout le monde. Après tout, il suffisait de dire simplement où elle avait appris à jouer du piano, mais encore une fois, la tournure des événements prouva que Julia considérait le sujet du piano comme complètement tabou. D'ailleurs, à la remarque d'Iris comme quoi Eloraell avait probablement une tenue de chatte pour adolescente, elle remua la tête de gauche à droite.


- Navrée, mais non. J'ai seulement taille adulte pour le gage de Kula. En même temps, quand j'étais adolescente, je me voyais mal faire usage de ce type de vêtement.

Dans un sens, Eloraell venait presque, involontairement, d'avouer que la tenue de chatte qu'elle possède était à usage privé, et même très privé. Après tout, elle fut longtemps en couple avec un homme, et on pouvait se douter aisément qu'elle l'utilisait à certains fins. D'ailleurs, Kula tira la grimace rien qu'en imaginant Eloraell tenter de séduire un homme qui fut un ennemi il y a pas si longtemps. Enfin, pour le plus grand malheur d'Iris qui fut donc la cible de deux dilemmes, Julia lui proposa un nouveau dilemme, soit de porter le fameux costume de lapine, soit d'avouer une vérité à son sujet, concernant son métabolisme. Eloraell se doutait bien qu'Iris, tout comme Julia, allait se sacrifier et accepter le costume, car cette question semblait très personnel. Et Iris le confirma, allant même à dire que cette métamorphose au niveau de son œil et d'un tatouage dorsal qu'elle possédait ne regardait personne. Du coup, à la fin de cette soirée, à l'exception d'Eloraell, les filles présentes lors de cette soirée vont devoir se costumer et passer la journée avec le costume. Une pensée qui gêna légèrement Kula, pourtant instigatrice de ce jeu.

- J'avoue que je culpabilise presque. Je ne pensais pas que vous iriez jusqu'à jouer à ce jeu avec autant d'enthousiasme et de courage. C'était votre première fois après tout. Alors, comme c'était une première fois, peut-être qu'on devrait en rester là et annuler les gages, non ?

- Avouez, Kula, que vous avez peur que ma tenue soit trop osée pour vous, hum ?

- C'est pas ça ! C'est juste que j'ai repensé au fait que demain, c'est une journée spéciale pour vous. Vous allez vous adresser à votre peuple, et la moindre des politesses pour votre hospitalité, serait que nous assistons à votre discours. Et habillées avec des tenues aussi indécentes au beau milieu du public, ce n'est pas très génial. Je ne veux pas que vous subissez des réprimandes parce que vos invités cherchent à se faire remarquer de cette manière.

- Kula, n'oubliez pas que je fus la première à avoir eu l'idée du costume. Ce qui signifie que j'ai réfléchi un minimum avant de proposer un tel gage. Sachez que vous n'avez rien à craindre. Ici, chez les elfes, nous ne jugeons pas sur les apparences. Vous n'allez pas non plus vous balader en sous-vêtements indécents, mais en tenues représentant des animaux, ce qui est plutôt considéré comme un type de tenue mignon et attrayant, et surtout, nous vénérons les esprits animaliers de la forêt. Les animaux sont sacrés chez nous. D'autant que demain, c'est jour de fête chez les elfes. Il y aura des attractions, de la musique, de la danse, et des stands tenus par les traiteurs du village pour que vous puissiez manger à l'extérieur. Cela se passera devant l'arbre sacré. Je prêterais mon serment en début d'après-midi. Et donc, si vous portez des tenues d'animaux, vous provoquerez surtout des sourires ravis chez mon peuple. Alors, ne vous en faites pas. C'est d'ailleurs pour cela que vous pouvez trouver des tenues de chats et de lapines chez un commerçant de costumes festifs, et qui ne sont pas trop provocateurs.

- Alors, sous prétexte que ce sont des tenus représentant des animaux, il n y a aucune gêne à en porter ici ? Et bien, la bonté des elfes ne connait aucune limite.

- Oui, puis soyons honnêtes deux secondes, Kula. Au beau milieu des territoires au climat doux et ensoleillé, il n'est pas rare de croiser des guerriers masculins comme féminins qui portent des tenus mettant en valeur ce qui plaît à l'autre sexe. Pas vrai ?

En effet, en utilisant sa mémoire, Kula se remémora de la tenue d'Eloraell pendant la guerre solaire, et elle était assez légère, malgré la personne sage et réservée qui la portait. On pouvait facilement voir qu'Eloraell était gâtée par la nature à ce moment. Il n y avait aucune honte à montrer, dans un sens, que l'on peut être fier de son corps quelque fois. Un autre questionnement, cependant, prit le dessus chez Kula.

- Mais, du coup, il y a quelque chose que je ne comprends pas. J'ai lu quelque part que cette fête chez les elfes, devant l'arbre sacré, a lieu le 31 décembre de chaque année, pour fêter le nouvel an. Or, nous ne sommes pas tout à fait encore arrivés à ce jour en question, non ?

Eloraell prit un air plus sérieux cette fois. Fini le sourire bienveillant et détendu chez la jeune femme. La reine de tout un peuple était de retour.

- Ecoutez, je sais que le moment est mal choisi, mais je peux répondre à cette question. Depuis que j'ai mené ce conseil de guerre entre les représentants de chaque pays, toute la Yokume est déjà au courant qu'une guerre décisive et sans merci aura lieu pendant le jour du Nouvel An. C'est malheureusement inévitable. Ainsi, exceptionnellement, histoire de profiter, éventuellement, d'une dernière fois de nos proches, nous avons décidé, d'avancer la date de cette fête. Pour la simple raison qu'il est hors de question de s'amuser pendant que des hommes et des femmes combattent pour la liberté et la justice sur le territoire ennemi. Et je suis prête à parier que c'est la même chose pour les autres nations.

Pour Kula, cela semblait parfaitement logique. Cette guerre allait mobiliser tellement de gens, dans toutes les nations de la Yokume, que mettre en place la cérémonie censée se dérouler lors du Nouvel An plus tôt n'avait rien de mal. C'était l'occasion de profiter une dernière fois des gens que l'on aime, si jamais la bataille prend une tournure négative. Et malheureusement, avec Azelia, rien n'était gagné d'avance. Bref, Eloraell avait donc expliqué que le lendemain serait sous le signe de l'amusement, et porter un costume, quelque soit sa nature, tant qu'elle ne montrait pas trop de chaire, était une idée sympathique. Les elfe étaient définitivement ouverts d'esprits, visiblement. C'est après ces mots qu'Eloraell se mit à bailler, et elle ne fut pas la seule. Kula était une fêtarde et aurait pu poursuivre la soirée encore longtemps, mais ce n'était pas le cas de tout le monde, évidemment. Ainsi, cela sonna la fin de la soirée. Kula se débrouilla ainsi, pour espacer autrement les oreillers qui avaient quelque peu pris cher, afin de rajouter une quatrième place sur le lit au sol qu'elle avait monté en regroupant plusieurs matelas. Les quatre filles purent donc dormir côte à côte sans se coller aux fesses pendant la nuit.

***

Nombre de jours avant la chute de l'Astre: 4

Le lendemain matin, dès le lever du soleil, Eloraell se leva, laissant ses trois camarades poursuivre leurs sommeils. Du moins, deux d'entre elles seulement, puisque Iris semblait être également éveillée. Elle salua discrètement la mercenaire qui semblait être attachée à sa Julia, en vue du bras droit qui la recouvrait, puis quitta la chambre de Kula. Elle fit sa toilette, et prit son déjeuner dans ses propres appartements, pour éviter de déranger les trois autres filles avec qui elle avait partagé la soirée. Une soirée que l'elfe n'était pas prête d'oublier. Elle était d'un naturel solitaire jusqu'à présent, sa place au sein du peuple elfique l'empêchant de se faire de véritables amis, ainsi, c'était une riche et nouvelle expérience qu'elle put vivre, et qui la fit réaliser qu'elle avait un côté joueuse qu'elle ne soupçonnait pas jusqu'à présent. Kula, elle, continua de ronfler pendant qu'Iris et Julia occupaient chacune leurs tours la salle de bain. On pouvait reconnaître la fêtarde du groupe, étant donné qu'elle était la dernière à ouvrir les yeux. Elle sortit de son sommeil en réalité bien après que ses deux amies s'en allèrent pour acheter leurs costumes. D'ailleurs, l'ex-pirate, réalisant qu'elle venait de se lever tardivement, se dépêcha de s'habiller, afin de tenir parole. Par chance, lorsqu'elle se rua vers la chambre de la reine, et qu'elle frappa à la porte, la reine elfique était présente et était déjà fin prête pour cette journée qui était d'une importance cruciale pour elle. Elle portait une tenue digne d'une souveraine elfique, avec une longue robe verte qui couvrait son corps des épaules jusqu'aux pieds, ainsi que des gants blancs en velours et cette fois, elle portait également sa couronne sur la tête, ce qui fut la première fois que Kula nota ce détail chez Eloraell.

- Vous êtes ravissante !

- Bonjour, Kula. Et je vous remercie. Mais quelque chose me dit que vous allez être également belle comme un cœur lorsque vous aurez enfilé la tenue que j'ai sorti pour vous.

- Ah oui… c'est effectivement pour ça que je suis venue...

Kula soupira quand elle vit dans quel pétrin elle s'était fourrée, mais c'est elle qui avait lancée le jeu et elle se devait de l'assumer. Et de toute manière, elle ne doutait pas un instant que les deux autres filles allaient tenir promesse, donc, il n'y avait aucune raison valable pour qu'elle se dégonfle. Ainsi, elle entra dans la chambre de l'elfe, et vit sur le lit une tenue très légère, bien plus légère que Kula ne pouvait s'attendre. En effet, elle visualisait mal l'elfe et sa personnalité mature porter une tenue aussi décontractée, et pourtant, c'était bien le cas. Sur le lit, elle vit un simple décolleté, avec de la fourrure noire, ou du moins de la fourrure artificielle, si on connaissait un minimum les principes et les valeurs d'Eloraell. Ce décolleté ne lui permettrait que de cacher sa poitrine. Pour le bas, elle y trouva un simple short, conçu avec la même fourrure noire, avec, au niveau des fesses, une longue queue de chat soyeuse. Pour les jambes, elle avait droit à des bottines, toujours de la même matière et couleur, dont la forme pour les pieds était la même que des pattes de chats. Comme accessoire, elle vit également les fameuses oreilles de chats, indispensables pour compléter ce type de costume, un collier avec une petite clochette, et des gants noirs avec toujours la même fourrure noire. Bref, ses épaules et son nombril allaient prendre l'air, mais au moins, au niveau de la poitrine et du bas, ses formes allaient être un minimum dissimulés, ce qui fit que Kula fut rassurée en voyant que malgré la légèreté du costume, ce n'était pas trop provocateur en soi. Avant d'enfiler la tenue, Kula fit une proposition à la reine elfique.

- Votre Majesté, je… j'ai toujours voulu servir une reine aussi belle que vous. Cela vous dérange t'il… si je vous passe un peu de crème sur le visage ? Vous avez une peau si rayonnante, et cela vous serait fort utile si votre teint la mettait en valeur. Vous émerveillerez votre peuple davantage, vous ne croyez pas ?

- Vous pouvez simplement me dire que vous voulez absolument participer à la préparation matinale d'une reine. J'ai bien vu, hier soir, que vous preniez du plaisir à me coiffer et à me vernir les ongles, hihi. Très bien, Kula, vous pouvez me mettre de la crème sur le visage.

- Super !

Kula termina la préparation de la reine elfique, avant d'enfin enfiler la tenue de son gage. Fort heureusement, Eloraell n'avait pas menti. Cette tenue lui allait comme un gant. Les deux femmes prêtes à rejoindre l'extérieur, elles sortirent de la chambre, pour, tout d'abord, prévenir Scylla qui était peut-être déjà dehors, en train de s'entraîner. Donc, aux premiers abords, Kula était persuadée qu'en frappant à la chambre de la valkyrie, elle allait faire chou blanc. Mais ne sachant pas où la valkyrie se trouvait, elle décida évidemment de commencer par cette chambre. Ainsi, en se dirigeant vers cette chambre, les deux femmes purent croiser Iris et Julia qui, visiblement, eurent également le courage de tenir leurs promesses.

- Oh, bonjour à vous. Vous êtes charmantes, hihi ! J'ai presque envie de vous faire un câlin !

- Nous allions nous diriger vers la chambre de Scylla. J'espère qu'elle y est encore. J'ai hâte de voir sa réaction ! Ca va être drôle !

Les quatre femmes arrivèrent devant les appartements de la guerrière aux cheveux rouges, et par chance, Kula entendit un léger bruit. Celui d'un sifflement. Ce sifflement paraissait féminin, et Kula le reconnaissait entre mille.

- Elle est en train de siffler. Cela veut dire qu'elle est de bonne humeur, et si elle est de bonne humeur, c'est probablement parce qu'elle est en train de lustrer, soit ses armures, soit ses épées. Reine Eloraell, vous êtes la seule à ne pas porter de costumes, cachez vous, hihi !

Sans chercher à comprendre, Eloraell décida de jouer le jeu et de se diriger vers le prochain croisement, pour se cacher derrière un coin du couloir. C'est à cet instant que Kula frappa à la porte, puis, prit une position faisant penser au fameux animal qu'elle représentait aujourd'hui. Elle était à quatre pattes, et attendait patiemment que la porte s'ouvre pour lever la "patte" droite. Et lorsque Scylla ouvrit la porte, Kula leva justement cette patte, la joue gauche qui collait presque son épaule gauche, tout en effectuant un léger clin d'œil amical.

- Miaou !

Scylla vit son amie et sa petite farce d'un air nonchalant, presque blasée. Elle fixa Kula dans son délire, sans dire un mot. Elle ne voulait même pas chercher à comprendre pourquoi son amie s'était amusée à se déguiser. Et pas seulement. Elle fixa également Iris et Julia, qui avaient suivi le délire visiblement. Là, c'était le bouquet pour la valkyrie. Autant que chez Kula, plus rien ne pouvait l'étonner, autant qu'Iris, Scylla avait les yeux grands ouverts en voyant que sa camarade sous contrat était bien plus "ouverte d'esprit" qu'elle pouvait prétendre. Il y a encore quelques jours, elle était du genre à proclamer qu'elle s'en fichait des mortels, et là, aujourd'hui, elle était présente, ici, à porter un costume de lapine en compagnie de deux mortelles. Un long silence qui dura bien une quinzaine de secondes se déroula, avant que Scylla brise ce silence, non pas par un mot, mais par le bruit cinglant de la porte qu'elle referma au nez des trois filles. Kula, qui semblait avoir mal pris cette réaction, se mit à gratter la porte de la chambre, comme un chaton aurait très bien pu faire. Eloraell sortit de sa cachette pour rejoindre ses camarades, visiblement déçue.

- Bonté divine, je suppose qu'il ne s'agit pas vraiment de la réaction "amusante" que vous espériez, pas vrai ?

- Vilaine ! Méchante ! Malpolie ! Tu pourrais au moins dire bonjour ! Vilaine ! Vilaine ! Vilai...

- Bordel Kula, arrête de gratter cette...

Scylla, agacée par l'attitude de Kula, se rua vers la porte pour gronder cette dernière, mais elle s'arrêta net quand elle vit que cette fois, la reine elfique était également là. Cette dernière fut subjuguée par la beauté de la jeune femme aux cheveux dorés. L'elfe avait d'ailleurs un éclat renouvelé, grâce aux soins de Kula, en plus d'avoir un sourire chaleureux et bienveillant. Scylla était loin de se douter que malgré le stress que pouvait engendrer cette journée, l'elfe était parfaitement paisible grâce à l'aide des trois femmes qui l'entouraient ce matin.

- Votre Majesté, vous êtes là ? Désolée pour le remue-ménage. Je m'apprêtais à vous rejoindre dès que j'avais fini de préparer mon équipement

- Alors, que pensez-vous de mes trois magnifiques créatures ? Elles sont mimi, n'est ce pas ?

- Attendez, c'est vous qui leur avez demandé de se costumer ? J'ai loupé un épisode ?

- Nous avons passé la soirée ensemble. Kula m'a appris à jouer à un jeu amusant, où l'on doit choisir entre une action et une vérité. J'étais loin de me douter qu'à l'extérieur de la vie de château, le peuple modéré pouvait connaître des occupations aussi farfelues ! Ce fut une expérience enrichissante.

- Oui, d'ailleurs, c'est bien dommage que tu sois trop occupée pour vouloir participer à mes soirées entre copines !

- En même temps, si personne ne m'invite, hein...

Eloraell sentit à des kilomètres le ton sec qui régnait entre les deux femmes. Pourtant, la reine elfique n'avait pas eu vent d'une quelconque dispute entre les deux amies. Kula semblait vexée que Scylla était dans son coin pendant toute la durée du séjour chez les elfes, au point qu'elle n'eut même pas l'envie ou la motivation de la proposer de participer à la soirée pyjama sans pyjama. De plus, la réaction de la valkyrie montrait clairement qu'elle trouvait le délire des trois femmes assez étrange. Scylla nota d'ailleurs, étant observatrice, que certains détails montraient qu'effectivement, les filles ont été avec Kula hier soir. Le fait qu'Eloraell avait deux tresses sur les côtés, où encore, le fait qu'Iris et Julia avaient les ongles des doigts vernis et de couleur rose. Cela rendait l'apparence plus coquette chez des femmes qui ne semblaient pas vraiment prendre le cosmétique comme une priorité. Pour Scylla, cela faisait un bail qu'elle ne cherchait plus à se faire belle. Mis à part son physique naturel déjà très attirant, elle ne s'amusait pas à modifier son apparence pour plaire aux autres ou se plaire à soi-même. Elle prenait bien plus soin de son équipement que d'elle-même. Et cela, Kula ne comprenait pas la raison, du fait que Scylla ne se comportait pas comme une femme avec un physique charmant le devrait. Maintenant que Scylla comprit pourquoi tout le monde, mis à part Eloraell, portaient un costume un peu voyant, elle décida de redémarrer un sujet sérieux.

- Alors, Eloraell. Pas trop stressée ? C'est le grand jour. Vous allez pouvoir en mettre plein la vue à votre peuple avec le discours que nous avons rédigés ensemble ! Ce chacal de conseiller va enfin se coucher et se taire face à vos arguments.

- Je ne sais pas… Carcharoth a quand même réussi à rallier plus de la moitié de mon peuple sous sa manche, jouant sur la bataille précédente pour m'infliger tous les blâmes possibles. Cela ne va pas être chose aisée, de regagner la confiance de mon peuple.

- Tout va bien se passer, ne doutez pas de vous !

- Je vais déjà rejoindre mes fidèles devant l'arbre sacré. Vous quatre, prenez votre temps pour me rejoindre. Essayez simplement d'être présentes pour 13h, d'accord ? Je suis vraiment honorée d'avance de vous compter parmi mon public, vous n'imaginez même pas. Oh, et Kula, je crois qu'une petite surprise vous attendra là-bas !

Eloraell quitta les quatre filles, pour se diriger vers le lieu du festival, à savoir, la clairière devant l'arbre sacré. Kula se mit à avoir de rayonnantes pensées devant la dernière phrase de l'elfe. En effet, elle fit le lien entre le lieu du rendez-vous, et le fait que c'était là où Law suivait son traitement pour lutter contre son handicap moteur. La surprise était-elle ce qu'elle attendait ? Enfin, allait-elle pouvoir marcher côte à côte de l'homme qui occupait toutes ses pensées ? Elle avait hâte de voir ce qu'Eloraell pensait comme une surprise pour Kula. Scylla, elle, moins ravie en voyant son visage, fixa les trois costumées avec les sourcils légèrement froncées.

- Je préfère vous prévenir, je me farcie pas la route vers le lieu du rendez-vous avec vous trois si vous portez ces tenues. C'est à un débat politique que nous sommes conviées, pas à un stupide carnaval. Alors peu importe le gage que vous avez subi hier soir, vous allez me faire le plaisir de vous habiller convenablement. Parce que là, vous allez surtout voler tous les regards censés être dirigés vers Eloraell avec vos tenues indécentes et inadaptées.

- Alors d'une, si tu te renseignais un minimum, aujourd'hui, chez les elfes, c'est jour de fêtes ! Et de deux, si tu le prends sur ce ton, je raconte à Iris et Julia ce que tu as porté une fois dans le repaire de notre ancienne guilde après avoir abusé de l'hydromel, tu sais, la fameuse tenue de...

- Ok ok ok, c'est bon ! Ne dis pas un mot de plus ! Bordel, c'est Law qui t'a appris à pratiquer ce type de chantage ? Tsss, gardez vos tenues si ça vous amuse, mais vous allez attirer de ces rires, tellement vous êtes ridicules !

- Hoho, crois-moi, selon les dires d'Eloraell, je crois que tu vas être surprise, ma pauvre Scylla !

Kula avait rarement provoquée Scylla jusqu'à présent, mais cette fois, elle était assez irritée que bientôt, les deux femmes allaient se séparer, et que tout ce que l'ex-pirate était en train de retenir de la valkyrie depuis peu, c'est un comportement autoritaire, solitaire, et assez difficile à vivre. La valkyrie, quand à elle, comprenait difficilement ce que Kula voulait dire par être surprise. Mais elle allait bientôt être fixée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Scylla
Capitaine
Capitaine
Scylla

Messages : 304
Date d'inscription : 29/12/2013

Un rêve impossible Empty
MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Un rêve impossible Icon_minitimeDim 17 Fév - 15:00

12h15, le groupe de filles, incluant Scylla qui accepta finalement de marcher aux côtés de ses camarades costumées, arrivèrent à la clairière où se situait l'arbre sacré. Cette fois, le calme purificateur de la zone fut remplacé par une ambiance festive et décontractée. Eloraell n'avait pas menti lorsqu'elle expliqua que les elfes avaient décalés le jour des réjouissances avant que la bataille finale commence, et ce, même si le Nouvel An n'était pas encore d'actualité. A cet effet, de longues tables furent dressés, tandis qu'un buffet fut également préparé à l'occasion. Il y avait beaucoup de monde, avec bien sûr une majorité elfique, mais également, des personnes étrangères à ce peuple pacifique, tout comme Scylla, Iris, Kula et Julia. La réunion avait attiré également les habitants des villages aux alentours. Après tout, les elfes étaient en parfaite osmose avec les autres habitants du pays, mais uniquement de ce pays, à l'heure actuelle. Ils pouvaient donc participer à ce type de festival rendant hommage à l'arbre sacré, et se fondre dans la masse. En dehors de cela, des stands à caractère touristique furent également aménagés, proposant de nombreuses amulettes, arcs, plantes médicinales, et autres "souvenirs" fabriqués ou conçus par les elfes. L'ambiance était donc parfaitement détendue, mélangeant les odeurs parfumés de la cuisine elfique, avec les rires et les cris des enfants qui jouaient au ballon. Kula semblait plutôt satisfaite de voir tant de bonheur chez le peuple elfique.

- Wah ! Les gens ont l'air de bien s'amuser ici !

- Un buffet pour végétariens. Non, sans façon...

Alors que le groupe put observer les invités faire la fête, elles pouvaient réaliser que comme supposé par Scylla, certains regards étaient dirigées vers les trois victimes du jeu de l'Action et de la Vérité. Mais aucun regard moqueur ou pervers ne pouvaient être notés. Eloraell avait eu raison, en disant que ce jeu n'allait pas comporter un risque en cette journée festive. Car en effet, les elfes qui observaient les trois filles étaient surtout des petites familles, donc des couples et leurs enfants. Ce sont surtout les enfants qui semblaient ravis de voir trois jeunes filles costumées comme des animaux, tandis que les parents souriaient en voyant leurs enfants, les yeux brillants. D'ailleurs, un jeune garçon de 10 ans semblait fixer Julia avec intérêt.

- Elle est trop mignonne !

-  Vos costumes sont magnifiques, étrangères. Merci de mettre un peu d'animation !

- C'est vraiment super que des étrangères rendent hommage aux esprits de la forêt ! Nous nous sentons honorés ! Merci !

Scylla fut tout simplement bouche bée devant la réaction des elfes face aux costumes quelque peu indécents des trois filles. Décidément, les elfes n'avaient pas le même esprit que les autres êtres humains de la Yokume. Là où, en règle générale, ce type de tenue en public attirerait des regards malveillants ou mal intentionnés provenant d'hommes en chaleur, ici, c'était plutôt considéré comme une attraction, une tenue se collant à la fête et à la thématique de la forêt. Kula rougissait à n'en plus finir devant tellement de regards émerveillés, elle qui était d'un naturel timide. Cette gêne fit que Scylla, par ailleurs, décida de taquiner quelque peu sa camarade, ainsi que les deux autres filles du groupe.

- Bah alors, les attractions ? Vous ne faites pas un coucou à vos fans ? Hahaha !

Mais Kula, soudainement, semblait tendue, tandis qu'elle se rongea le doigt discrètement. Cela n'avait rien à voir avec les regards ravis en sa direction, ou le fait que Scylla la taquinait un peu trop, mais c'était une toute autre raison. Kula tourna la tête dans toutes les directions, comme si elle cherchait quelque chose ou quelqu'un. Puis, ne semblant pas satisfaite de ce qu'elle voyait, se mit à quitter le groupe, en courant un peu partout au beau milieu de la foule.

- J'espère qu'ils l'ont déplacés. Tant de monde qui fait la fête là où il est en train de suivre sa thérapie. Où est Eloraell ? Il faut que je lui demande !

Mais la recherche de Kula semblait infructueuse, tandis qu'elle bousculait sous la hâte les gens dans la foule. Elle reprit son souffle quelque seconde, en se penchant en avant, les mains sur les genoux. Inquiète, elle se demandait sans arrêt où son meilleur ami pouvait se trouver. Mais alors qu'elle leva délicatement la tête en redressant son torse, elle vit que la voie devant elle était dégagée, ce qui lui permit de voir un pommier au beau milieu de la clairière, avec un homme qui se tenait le dos contre le tronc de cet arbre, et qui dégustait une pomme provenant probablement de ce même pommier. Kula avait envie de se frotter les yeux devant ce qu'elle croyait comme une hallucination, mais tout était bien réel. L'homme devant elle était Law, qui fixait sa partenaire avec le sourire type de l'homme qui avait fait un long voyage et qui était enfin rentré à la maison. Le sourire du pirate fut très contagieux pour Kula, qui se jeta, les larmes aux yeux, vers lui, pour le prendre dans ses bras.

- Law, je… je n'y croyais plus… Tu.. tu es comme neuf ! Je suis si heureuse !

- Ouhla, gente demoiselle ! Est-ce revoir votre fidèle serviteur sur pieds qui vous mène à porter un costume si "chatoyant" ?

Devant la remarque de son ami, qui avait retrouvé son humour et son attitude décontracté, Kula s'écarta de lui, croisant les bras devant sa poitrine, réalisant qu'en effet, elle portait une tenue très légère. Elle déplaça la tête vers la droite, rougissant à n'en plus finir.

- Tes jeux de mots sont toujours aussi vaseux...

La pique gênée de Kula fit rire Law, heureux de voir que Kula n'avait pas changée. Après avoir fui son regard quelques instants, Kula le plongea à nouveau dans les yeux de son ami, levant la tête vers le haut à cause de sa petite taille. Son sourire était presque félin, donnant un charme supplémentaire à la jeune femme et sa tenue. Sans prévenir, elle s'empara de la main de Law et l'emmena au loin.

- Hey, attends ! Va-y molo ! Je viens à peine de retrouver l'usage de mes membres, je te signale !

Mais Kula s'en fichait. La joie de tenir la main de son ami la rendait incontrôlable, et tout ce qui comptait pour elle, c'était d'annoncer la nouvelle à ses amies. Elle atteignit donc à nouveau le point de la clairière où se trouvaient Scylla, Iris et Julia, qui n'avaient pas bougés d'un pouce.

- Regardez ! Regardez ! Il est guéri ! Ca a marché ! Les elfes l'ont guéri de sa tétraplégie ! C'est un miracle !

- En effet, c'est miraculeux !

- Yo tout le monde ! Je constate que vous vous êtes bien amusé pendant mon "hospitalisation en plein air". Et laisse moi deviner, Iris. Kula t'a embarquée dans son fameux jeu de l'action et de la vérité, c'est ça ?

- Hahaha ! C'est que j'avais besoin de penser un peu à autre chose, alors j'ai proposé à Iris et Julia de passer une soirée entre filles.

- Et si tu nous racontais depuis le début ce que tu as vécu ? Il y a une petite terrasse pas loin d'ici. Nous n'avons qu'à déjeuner ensemble, qu'est ce que vous en dites ? On a encore un peu de temps avant le discours d'Eloraell !

- Oui, excellente idée ! Faisons ça !

Le groupe de cinq s'installa donc autour d'une table, appartenant à une terrasse aménagée par le dirigeant d'une auberge qui profita de cette occasion spéciale pour faire tourner les affaires ici. Un serveur ramena une carte à chaque personne pour qu'ils puissent sélectionner ce qu'ils souhaitent commander.

- Hum, je pense que je vais me laisser tenter par votre crêpe aux œufs et au fromage. Comme boisson, je prendrais du cidre. Et comme dessert, mettez moi une part de fraisier, s'il vous plait !

- Je n'ai pas très faim ! Une cervoise suffira !

- A peine rétabli, et tu fourres déjà ton bouc dans de l'alcool ?

- Ca fait quasiment une semaine que je ne goûte plus aux plaisirs de la vie, alors laisse moi fêter mon retour à la réalité !

- Alors, ahem, moi, je me contenterais d'un croissant aux amendes, et une tasse de café, s'il vous plaît !

- Ah, c'est dommage, j'aurais juré que toi et Julia allaient commander un bol de lait, et Iris du jus de carottes.

- Certaines personnes ici devraient justement manger plus de carottes, ça rend aimable !

Law vit la tension entre Kula et Scylla, et décida donc de mettre un terme à cette tension, en parlant de sa thérapie, du début à la fin. Même si au final, le récit de Law était plus ou moins ce qu'Eloraell avait expliqué. Law était attaché par des lierres, à la surface d'une rivière qui s'écoule depuis l'arbre millénaire. Cependant, il fallut plusieurs jours pour que le pirate en ressente les bénéfices. Jusque-là, il eut l'impression d'être mort, car il se devait de garder les yeux fermés pour ne pas perturber le rituel avec le moindre doute qui traverserait son esprit. Les elfes venaient de temps en temps pour nourrir le pirate, avec seulement des graines supposées être magiques. Puis, ils étalèrent sur son corps, de la tête aux pieds, un fluide spécial qui ne disparaissait pas au contact de l'eau, et qui aurait comme effet d'accélérer la guérison des muscles et des os. Au bout de quelques jours, le pirate sentit son corps, pour la première fois, mais la brutale guérison était désagréable. C'est comme si il devait lutter contre sa souffrance. Cette même souffrance qu'il ressentit quelques secondes lorsqu'il encaissa cette technique foudroyante de la part du dragon tricéphale, et qui cette fois, allait durer des heures. Seule sa volonté, évidemment, lui permit de supporter la douleur qui se transforma en bien-être. Bien sûr, même si il sentait son corps, il lui fallut encore quelques heures de repos pour pouvoir mouvoir ses membres un à un. Eloraell avait bien insisté que la guérison ne devait pas être trop brutale. Bref, c'est après que Law raconta dans les détails sa longue aventure face à l'handicap et que tout le monde fut servi, que ce dernier annonça ce qu'il comptait faire.

- … du coup, je suis à nouveau d'attaque pour en découdre avec cette saleté de succube.

- Tu n'y penses pas ? Tu viens à peine de guérir, et tu veux déjà retourner sur le champ de bataille ? Pour que tu finisses à nouveau paralysé, ou pire ?

- e serais plus prudent, c'est promis. J'ai eu un réflexe maladroit en cherchant à protéger Iris qui n'avait probablement pas besoin de moi, et je m'en excuse. Je ne serais plus un obstacle pour vous.

- Là n'est pas la question. Tu as rempli ton rôle à la perfection, Law, en téléportant Iris à la salle du trône, mais tu dois t'en tenir à cela et seulement cela. Tu n'es pas un guerrier, Law, tu n'es qu'un mortel. Et vu l'endroit où nous allons, les chances que tu subisses une nouvelle attaque de ce type sont très élevées. As-tu conscience de cela, ou ta manie de jouer les héros a pris le dessus sur ta raison ?

- Ce n'est plus une question de jouer les héros cette fois. Mais je ne peux pas rester les bras croisés en pensant que si vous échouez, nous sommes voués à connaître un destin tragique ! Nous allons tous périr ! C'est de notre vie que nous parlons, c'est notre histoire, notre vécu qui sont en première ligne. Alors rester sur un banc à mâchouiller un brin de paille, ce n'est pas mon style. Tu peux dire ce que tu veux, Scylla, je combattrais avec vous.

- Kula, dis-lui...

Mais Kula n'y répondit rien, elle ne savait pas quoi répondre. Bien sûr qu'elle aurait préféré que son ami ne connaisse pas à nouveau un destin funeste, voire pire, mais Kula avait bien l'intention de partir pour ce noyau lunaire également, et sans Law, c'est comme si une partie de son courage lui manquerait. Au moins avec lui, elle savait qu'elle allait garder la tête haute et le moral dans cet enfer qu'est le territoire ennemi. Scylla soupira en voyant que Kula n'allait pas prendre sa défense, et de toute manière, elle remarqua que les elfes se regroupèrent au centre de la clairière.

- Ca va commencer...

- Euh, Scylla, c'est moi où derrière cette foule, il y a beaucoup d'hommes qui portent une tenue blanche ? Je ne voudrais pas imaginer quoi que ce soit de néfaste, mais, ces hommes et femmes en blancs… ils ressemblent aux...

- Tu auras la réponse bientôt, Kula. En attendant, contente toi d'écouter.

En effet, plusieurs personnes habillées avec une longue tunique blanche s'étaient regroupés dans un coin de la foule, et que ce soit Kula ou Law, ils songeaient à un clan qui ne rappela pas vraiment de très bons souvenirs. Mais l'heure n'était pas à l'inquiétude, d'autant que Scylla n'était, pour une fois, pas sur ses gardes. Eloraell et son conseiller qui tentait de la détrôner, Carcharoth, étaient placés en hauteur, sur une estrade, aménagée juste devant le tronc de l'arbre millénaire. Quand ils furent leurs apparitions, le silence fut total. Chaque elfe, chaque humain avaient le regard fixés vers les deux elfes. Eloraell, d'un ton solennel, prit la parole la première.

- Mon cher peuple, habitants de la forêt, c'est avec une immense joie que je vous accueille ici, en ce lieu de recueillement pour ma famille. Depuis des générations, mes ancêtres ont maintenu la paix qui a préservé ce lieu mystique de cette pollution qu'est la guerre, le conflit, la lutte et la violence. Or, comme vous le savez, nous avons du avancé la date de cette cérémonie annuelle, et cela, pour une raison toute simple. L'heure n'est malheureusement plus à la parole avec le peuple lunaire. Les actes récents, qui ont touchés le peuple solaire, ainsi que nos voisins de la montagne traduisent une barbarie infâme, une volonté de rayer la Yokume de tout ce qui fait sa fierté, sa dignité, sa grandeur ! Aucune population sera épargnée, tant le courroux du pays de la lune ne connaît aucune frontière, aucune limite. Et hélas, moi, Eloreall, fille d'Ulyana et de Valerios, j'ai trahi le code d'honneur de ma civilisation en salissant mes mains dans les profondeurs de la guerre. J'ai emmené beaucoup d'entre nous, et peu sont revenus. Parmi eux, il y avait vos maris, vos femmes, vos enfants, vos parents. Je tiens à vous partager mes plus sincères excuses pour avoir retiré vos proches de vos existences. Beaucoup d'entre vous veulent peut-être que je rende le trône, et que je disparaisse, ou pire, que je sois pendue haut et court, alors, avant que je poursuive mon discours avec vous, je vais laisser, par pure courtoisie, Carcharoth ici présent prendre la parole, car il porte en lui votre rancœur, que je suis prête à écouter avec toute mon attention.

- Peuple elfique, il n'est pas sans rappeler qu'avant que notre défunte reine, Ulyana, instaure un climat de paix absolu, il eut des trahisons, des coups de poignards bien placés de la part des étrangers avec qui nous avons, malgré tout, pardonnés la félonie. Ce type d'attitude a mené Eloraell a tendre la main à l'un des pires criminels de l'histoire de la Yokume. Le dragon blanc dissident, Seto Yagami ! Et tendre la main à ce criminel revient à tendre la main à Azelia ! Azelia qui représente tout le vice de ce monde ! Pouvez-vous accepter cela ?

Un brouhaha commença à se créer au beau milieu de la foule, devant les paroles fortes mais pas vraiment fausses de Carcharoth. Il accusa d'entrée de jeu Eloraell d'avoir pactisé avec l'ennemi. Mais Eloraell assumait ses erreurs, et ne baissa pas la tête devant la colère de son peuple. Scylla, depuis la terrasse, avait tout écouté, et au lieu de froncer les sourcils devant l'accusation de cet homme, elle garda l'air serein, impressionnée par le self-control de son amie.

- L'erreur d'Eloraell, dû à sa naïveté, fut de partir sur le champ de bataille sans avoir préparé les conséquences au préalable. Je ne peux contredire cette première décision d'Eloraell, mais cette dirigeante est jeune, naïve, sans expérience de la guerre. Sa place est derrière les livres. Je connais cette enfant depuis qu'elle est toute petite, et elle n'a jamais voulu reprendre le flambeau de son père. Tout ce qu'elle rêvait, c'était d'amour et d'ambition non nécessaire, comme être scientifique. Vous me le confirmez, Eloraell ? Vous êtes une jeune femme qui doit avoir des rêves de jeune femme, vous n'avez rien à faire dans le monde politique. Acceptez-le ! Vous avez essayé, et vous avez échoué ! Laissez votre place à un homme d'envergure, d'ambition, comme moi !

- Alors dans ce cas, quel est votre programme, Carcharoth ?

- Revenir à l'âge d'or de notre peuple, sous le règne de Valerios. Faire en sorte que la bannière des elfes soit suprême. Ne plus signer d'alliance avec des étrangers, mais en retour, renouer des liens avec nos frères et sœurs de Lanayru, voilà mon projet.

A cette annonce, Eloraell, qui avait gardé son calme naturel, fixa Carcharoth à sa droite avec un regard outrée et consterné.

- Les hauts elfes de Lanayru ? Vous n'y songez pas !

- Ils possèdent la longévité que nous n'avons pas, et surtout, ce sont des maîtres de la guerre. J'ai déjà envoyé une missive vers leur reine, elle devrait répondre favorablement d'ici peu.

- Vous avez tenté de signer une alliance avec Tiki ? Elle est sur le point de corrompre son peuple au même statut que Valerios, en pactisant avec des sorciers et des druides noirs. Ils n'ont aucune parole, et surtout, ils nous considèrent comme le maillon le plus faible de la chaîne. N'espérez rien d'eux, Carcharoth ! Ils ne tendront jamais la moindre oreille à nos problèmes !

- Eloraell, vous fuyez votre peuple en vous adressant à moi par de l'agressivité. Si vous avez quelques blâmes à faire, alors, fixez cette foule dans les yeux, et parlez !

Eloraell détourna le regard de son adversaire pour ensuite fixer la foule devant elle. Puis elle tourna le regard vers la terrasse où se trouvait Scylla et sa bande, pour ensuite diriger le regard vers la droite, là où se trouve au loin Miz Mishtal et sa fille. Elle ferma les yeux pour reprendre son calme et sa paix intérieur, avant de reprendre la parole d'une voix décidée.

- Mes amis, Carcharoth n'a pas totalement tort. Le temps de la parole est écoulé, mais cette philosophie ne doit s'appliquer qu'avec ceux qui rêvent de destruction, et non avec ceux qui espèrent encore une voie de sortie au beau milieu de cet enfer. Oui, j'ai emmené de nombreuses personnes vers la mort par mon inexpérience de la guerre. Oui, j'ai souillé à jamais le nom de ma mère et je doute fortement que ce que je vais vous dire soulagera votre peine. Mais… le sacrifice de nos frères et sœurs ont touchés de nombreuses personnes qui, aujourd'hui, ont accepté de se rallier à notre cause ! Cette guerre, bien que redoutable, n'a pas seulement été une défaite, mais une opportunité d'ouvrir l'esprit de nombreuses personnes qui ne ressentaient guère le besoin de prêter leurs armes à notre cause. Dans le champ de ruines qu'était la capitale solaire, nous étions seuls. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous annoncer que nous venons de trouver un terrain d'entente, avec toutes les nations de la Yokume, sans distinction !

Cette annonce recommença de nouveaux échanges entre les elfes de la foule, mais lorsque Eloraell leva la main droite comme pour prêter serment, le silence revint aussitôt.

- Que ce soit du haut des montagnes enneigés, à travers les océans tumultueux, les déserts arides, nous avons de nouveaux alliés, et nous venons officiellement de former la plus grande alliance qu'a connu la Yokume jusqu'à présent. Effectivement, en temps de guerre, ce type d'alliance a provoqué des déceptions qui peuvent justifier la méfiance de certains partisans comme Carcharoth ! Mais si nous chutons, ils chutent également. Nous ne formons qu'un désormais ! Une seule nation, une seule armée face à l'envahisseur, et cela pour la paix à venir. Ceci est la fusion des idéologies de mon père et de ma mère ! Et je vous annonce solennellement que cette ambition durera jusqu'à ce que ce cauchemar prenne fin ! Jusqu'à ce que la reine succube tombe de nos mains ! Le temps n'est plus à la parole, oui, elle est à la renaissance ! Le sacrifice de nos amis ou de nos familles a également ému deux personnes, ici présentes, qui proviennent d'un tout autre monde ! Nous n'avons jamais construit jusqu'à présent une véritable entente avec ceux qui jouissent de l'immortalité, parce que nous refusions de les écouter. Mais désormais, cela est possible. Ces deux personnes ont permis à votre reine de tenir le cap jusqu'au bout en cette soirée endiablée ! Et j'ai toute confiance en elles. Si elles peuvent partager leurs forces supérieures à la nôtre, nous, nous pouvons les aider à voire ce monde qui les accueille sous un meilleur jour. C'est une évolution à deux sens, dont je suis fière de contribuer !

A ces paroles, Scylla fixa Eloraell avec un sourire fier. La valkyrie était réellement fière d'Eloraell. Bien qu'elle pouvait paraître froide, Scylla est du genre à éprouver un profond respect face aux figures méritantes. Et pour elle, l'elfe royale méritait son respect.

- Je sais que ces alliances ne remplaceront jamais les pertes qui ont meurtri votre cœur, mais je vous rappelle que ce sacrifice a permis tout cela, et il ne doit pas être vain. Si nous restons fermés entre nous, et que nous cherchons à nous allier à ceux qui partagent une cause différente, ce sacrifice sera inutile, tant le résultat ne sera guère meilleure qu'avec moi, Carcharoth. En revanche, avec cette alliance, vous ne rejoindrez pas encore vos proches dans l'autre monde, mes amis. Vous continuerez de vivre, car c'est ce qu'ils souhaitent, de là où ils sont. Et pour vous prouver que je crois dur comme fer à la force de notre alliance, je propose à nos invités de s'avancer et de venir nous rejoindre.

Kula crut que par invités, Eloraell pensait au groupe de Scylla, mais premièrement, elle vit que la valkyrie ne se leva pas, et deuxièmement, elle remarqua que l'elfe avait la main tendue vers le fameux groupe d'hommes et femmes en blancs, qui justement, traversa la foule comme des fantômes pour rejoindre l'estrade. Une fois le groupe aux côtés d'Eloraell, ils retirèrent tous leurs capuches. Kula reconnut quelques visages, et n'importe qui assis autour de cette table de café pouvaient les reconnaître, car parmi eux, ils y avait Angel, la magicienne qui suivait Seto dans toutes ses décisions.

- L-l-l-l-l-l-les... dragons blancs ? Qu'est ce qu'ils font ici ?

- Eloraell a réussi à les rallier à sa cause. Ils ont quitté la botte d'Azelia pour nous prêter main forte, maintenant que leur empereur est vaincu.

- Tsss, ils mangent vraiment à tous les râteliers, ces dragons. D'abord, chez Sairu Jumeis, ensuite chez Azelia, et maintenant, chez les elfes.

- Ecoutez, je sais que cette alliance peut vous déplaire, car il s'agit de nos anciens ennemis, mais cette alliance avec les dragons blancs, c'est la meilleure chose qui pouvait nous arriver, tant ils sont actuellement les plus proches du niveau d'Iris et moi en terme de puissance. De plus, Seto ne sera pas de la partie. Comparé à lui, les dragons blancs ne cherchent pas la destruction, mais l'indépendance. Ils se battent pour la liberté, donc par conséquent, nos souhaits convergent parfaitement ensemble.

- Qu'est ce que cela signifie, Eloraell ? Vous pactisez avec l'ennemi ? Je vous savais naïve, mais de là à répéter une erreur pour la seconde fois, c'en est trop !

- En vous alliant à Lanayru, qui, j'ai l'impression, a totalement ignoré votre projet, vous commettez une erreur de trop également, Carcharoth. Mais je vous réitère votre propre propos, si vous avez un blâme à faire, alors faites-le en vous adressant au peuple. Ou peut-être que nous devrions laisser les dragons s'exprimer, et le peuple juger qui a pris la meilleure décision.

Angel s'avança devant le reste du groupe de dragons, puis, essaya de parler aussi fort qu'Eloraell pour être entendu par le peuple.

- Peuple elfique ! Nous…. nous sommes navrés pour le tort que nous avons causé. Nous avions qu'une seule cible, le roi du pays du soleil et indirectement, nous vous avons embarqués dans notre folie ! Nous avons détruit une ville que nous avions jugé d'indigne, mais cette guerre que nous avons également perdu nous a prouvé que notre philosophie, de suivre le plus fort est erronée, et que c'est celui qui a la plus forte raison qui doit nous guider vers l'indépendance. Ainsi, nous nous remettons à vous et nous vous annonçons que nous sommes à votre service ! Maintenant que le tyran solaire n'est plus, et que nous avons vengé nos prédécesseurs, nous n'avons plus aucune raison de nous battre, à part pour nous assurer que la terre des dragons puisse encore exister, et cela, nous avons réalisé que ce sera possible uniquement si nous éliminons notre ancienne patronne. A la fin de cette guerre, si vous voulez nous voir disparaître, nous disparaîtrons de vos vies. Mais pour l'instant, acceptez cette modeste contribution qui, je l'espère, permettra aux victimes de cette invasion d'être vengés à leurs tours.

Un long silence démarra, mais qui fut interrompu par une série d'applaudissements, puis d'acclamations qui scandaient le nom d'Eloraell. Elle semblait avoir gagné le débat et regagné la confiance de tout son peuple. Scylla se leva de sa chaise et applaudissait à son tour. Devant la foule qui scandait le nom d'Eloraell, le vil Carcharoth s'éclipsa, tandis qu'Eloraell avait les deux mains sur le cœur, le sourire émerveillé et quelques larmes qui coulaient le long de sa joue.

- Merci à tous ! Merci pour votre confiance ! Je ne vous décevrais plus !

Maintenant que le discours d'Eloraell fut terminée, la fête reprit son cours, avec encore plus de ferveur, d'enthousiaste et de joie. Eloraell, après avoir traversé la clairière sous une série de regards admiratifs, rejoignit le groupe de Scylla qui devait avoir terminé de déjeuner.

- J'espère que ce discours vous a plu, mes amis. Je me dois de vous remercier, tous autant que vous êtes. Vous, Iris, pour m'avoir aidé à garder la tête sur les épaules quand je prenais peur d'accepter la réalité, vous, Scylla, pour m'avoir aidé à trouver les mots justes vers mon peuple, et vous, Kula, pour cette soirée qui m'a permis de décompresser, hihi !

- Vous avez été du tonnerre, Eloraell !

- Effectivement, vous aviez de bons arguments pour retrouver la confiance de votre nation. Au moins, avec une telle alliance, les chances de survie vont augmenter considérablement. Comme vous le savez, je ne voulais pas combattre avec une telle armée derrière moi, mais vos propos m'ont fait changer d'avis. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je vous tire ma révérence, reine Eloraell.

- Oh, vous partez déjà ?

- J'ai joué mon rôle ici. Je dois aller trouver un autre ami, et le temps presse. Cet ami est le chef d'un clan shinobi au pays de la montagne, et un immortel comme moi. Il ne sera pas de trop dans notre alliance. Je dois m'entretenir avec lui avant le début des hostilités. C'est pour cela qu'il faut que je parte maintenant. Excusez-moi, votre Majesté.

- Oh, le pays de la montagne ? On peut venir avec toi ?

- Pourquoi ?

- Eloraell m'a expliqué qu'au pays de la montagne, ils doivent également organiser une soirée visant à célébrer le nouvel An. Or, j'ai toujours rêvé de participer à un festival dans ce pays ! Ce serait une occasion de passer un moment tous ensemble, toi et Law inclus !

- Un festival ? Je dois traiter avec un chef de clan, je n'ai pas le temps pour ces conneries ! Et j'irai bien plus vite sans vous. Restez ici et attendez mon retour pour qu'on puisse se préparer à envahir le territoire ennemi.

- Ces "conneries", hum… ? Alors…. la Scylla que j'aime et respecte est bel et bien morte, donc...

- Un problème, Kula ?

Le problème pouvait facilement se lire sur le visage de Kula, qui, pour la première fois, semblait furieuse. D'habitude, Kula était la joie de vie incarnée, et l'imaginer être en colère pouvait paraître fou. Mais cette fois, la goutte d'eau semblait avoir fait déborder le vase, tant Kula paraissait dévorer du regard Scylla dans le mauvais sens. Scylla resta de marbre, bien qu'elle avait rarement vu Kula dans cet état.

- Donc tu comptes encore te la jouer solitaire, hein ? Pourquoi tu te détaches autant de nous ? Oh oui, je sais, nous ne sommes que des mortels, des misérables êtres comparé à ta grandeur, princesse valkyrie ! Depuis que tu es revenue de ton monde originel, tu es redevenue la Scylla que je détestais ! Celle qui ne jure que par la guerre, la violence ! Où est passée celle qui s'amusait, riait, passait du temps avec nous ? Celle qui est devenue humaine ! Où est passée ton humanité ? Elle a totalement disparue ! Je ne te reconnais plus, Scylla ! Je sais bien que tu vas devoir te séparer de nous bientôt, tout comme Iris, mais elle, au moins, a pris le chemin opposé de toi ! Elle a fait l'effort de rester aux côtés de Julia, en plus de mieux nous connaître. Toi, pas un seul moment, tu as daigné profiter de cette trêve provisoire et de ce climat agréable pour profiter de tes derniers instants avec nous ! Si je te suis, tu n'attends qu'une seule chose de nous, qu'on t'aide à surmonter cette ultime épreuve, pas vrai ? Mais si tu te mettais moins la pression, et que tu acceptais de partager tes instants avec nous, tu serais dans de meilleures conditions pour ce fichu noyau lunaire ! Ce que tu attends de moi n'a rien à voir avec ce que j'attends de toi ! Je t'aime, Scylla ! Tu es une grande sœur pour moi, et par conséquent, j'attends des derniers souvenirs chaleureux en ta compagnie ! Et pas que tu te laisses enivrer par cette foutue bataille !

Kula avait fini de déballer ce qu'elle avait dans le cœur. Mais malgré ça, Scylla ne changea pas son expression du visage. Elle ne montrait rien, même si elle était en réalité très étonnée par Kula qui n'avait jamais été comme ça jusqu'à présent. Même Law fixait Kula avec inquiétude. Dans l'esprit de la valkyrie, plusieurs images apparaissaient. Encore une fois, cette foutue dispute avec Asuna revint, puis, sa défaite face à cette gardienne dans ce temple du pays du désert, après avoir revu Aidan, et enfin, le fait que la vie allait la quitter face à Seto si elle était une personne ordinaire. Or, Scylla n'avait rien d'ordinaire.

- Tu as raison, Kula. Tu as entièrement raison. Je suis bien redevenue celle que j'étais.

- Hein ?

- Effectivement, tout ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est vaincre. Seule l'idée de victoire m'enivre. Savoir que l'ennemi périt sous mes coups est une pensée qui m'obsède. Trancher tout ce qui est sur mon chemin est ma seule raison d'exister. Et cela, depuis que je sais qui je suis. Je ne suis pas n'importe qui. On éprouve de grandes attentes me concernant. Et aujourd'hui, je suis beaucoup trop faible pour rendre hommage à ce qu'on m'a laissé. J'échoue dans tout ce que je fais, je ne suis plus que l'ombre de moi-même, loin de celle qui balayait chaque personne qui osait croiser le fer avec moi, chaque personne qui tremblait devant la simple énonciation de mon nom. Tout cela, c'est terminé. Quelqu'un comme moi, qui est censée gouverner le monde, fait pâle figure face à Azelia.

- Attends, c'est parce que tu crois que tu as aucune chance contre Azelia que tu penses que t'isoler et te mettre autant la pression soit une bonne chose ?

- C'est exact. Il me manque la puissance qu'est censée incarner la princesse des valkyries et des Nirvits. Souviens-toi, Law, de notre petite virée dans le désert. J'ai failli perdre la vie face à une gardienne bien plus faible qu'Azelia. Et je ne parlerais même pas de ce qui s'est passé avec Seto. Sans Eloraell et Iris, je ne serais plus là. Ces incidents ne doivent plus se reproduire. Ainsi, avant d'affronter Azelia, je me devais de mettre à jour ma connaissance de moi-même, de mes capacités. Je n'étais préoccupée que d'une chose, dépasser mes limites. Mettre de côté tout ce qui m'a affaibli, ramolli, rendu naïve. Le bon temps, pour moi, c'est terminé. Voilà pourquoi, pour la victoire que je compte atteindre, je n'ai guère le temps pour ces balivernes, Kula. Désolée...

- Que tu souhaites dépasser tes limites soit une chose, Scylla, mais en étant obsédée par la puissance, tu es en train de devenir comme Azelia. J'ai travaillé pour elle, je te rappelle, et Azelia est une femme obsédée par l'évolution, au point d'en devenir mégalo et de vouloir créer ce que les hommes primaires ne peuvent. Alors, fais attention !

Scylla semblait effrayée par ce que venait de dire Law. En effet, le pirate connait quelque peu son ennemie actuelle, donc il devait dire vrai. Et si Azelia elle-même avait connu une série d'échecs dans sa vie qui l'ont poussés à être autant attirée par l'évolution comme Scylla, au point de s'isoler et d'ignorer les avertissements des autres ? Scylla se mit à déglutir difficilement, tout en tremblotant légèrement à l'idée que peu de choses la séparaient du tyran lunaire. Mais après avoir repris son calme, Scylla répondit à l'avertissement de Law.

- Je ne deviendrais jamais comme Azelia, pour la simple raison, que comparée à elle, je ne combats pas que pour moi-même. Law, Kula, Eloraell…. je tiens à vous. Vous avez su accepter la guerrière sanglante que j'étais autrefois. Vous m'avez changé l'espace d'un instant, un instant agréable que je n'oublierais pas. Ainsi, j'en ai jugé que vous méritez de vivre encore longtemps. Vos vies semblent éphémères mais elles sont remplies par les mêmes émotions que mes semblables. Que ce soit de la peine, de l'angoisse... déclara Scylla en pensant à Illia, du courage et de la fierté, cette fois-ci en pensant à Tsubaki, ainsi qu'une joie de vivre que j'envie. Enfin, en pensant à Leafa. Il en va de même pour toi, Julia. Tu es jeune, tu as encore beaucoup à apprendre, à voir et à vivre. Toi, comme vous tous, vous méritez un avenir radieux. Et c'est moi qu'Azelia veut, c'est moi qu'elle désire, c'est donc encore une fois à moi de régler cette histoire, et d'être la protectrice de cet avenir. C'est ma façon de montrer que vous êtes importants pour moi, voilà tout.

Scylla fixa Kula avec tellement d'intensité que cette dernière semblait avoir atténué sa colère. Sous la déception, elle ne vit pas que Scylla se mettait autant la pression pour elle, comme pour les autres. Le combat était la seule manière que Scylla connaissait aujourd'hui pour prouver son amitié envers les autres. Cependant, cela ne voulait pas dire que Scylla devait se sacrifier entièrement, et qu'elle devait en oublier les plaisirs de la vie, une chose dont Scylla était pourtant à l'aise il fut un temps, mais plutôt dans le but d'oublier ce qu'elle était.

- Je… je suis désolée, Scylla. Je ne voulais pas m'en prendre à toi. Si j'avais sue… quelle sotte. Mais Scylla, si tu ne veux pas te relâcher un peu avec nous, fais-le au moins pour toi. Une soirée passée ensemble dans ce festival, c'est tout ce que je te demande…

- Je respecte votre engagement, Scylla, et vous remercie de prendre autant à cœur l'avenir de la race mortelle, même si cela se réduit à quelques personnes. Mais sachez que vous pouvez aussi évoluer grâce à la détente. Freinez un peu votre rythme de vie, Scylla. Je dois vous dire qu'hier, j'étais tétanisée à l'idée de passer devant tout le monde, et grâce à la soirée organisée par Kula, je me suis redécouverte, en plus de prendre les choses avec plus de légèreté. C'est important que vous passez du temps pour vous avec vos proches. Dans le plus sombre des scénarios, nous périrons tous et toutes, alors, faisons en sorte de garder de beaux souvenirs entre nous avant cette lutte finale.

- Vous avez raison, Eloraell. Et tu as aussi raison, Kula. Peut-être qu'une petite exception ne me ferait pas de mal. J'ai mis ma santé mentale au second plan ces derniers temps.

- Super ! Je suis tellement contente de te l'entendre dire, Scylla.

- Il y a juste un souci !

- Quoi donc ?

- Comme je l'ai précisé, le temps presse. C'est bien beau de se détendre ou de travailler à la mise en place de ces alliances, mais le temps est passé à une vitesse folle. Si on suit nos prévisions, nous devons commencer à entrer dans le territoire ennemi dès demain soir pour arriver à temps au lieu de rendez-vous !

- De-de-demain soir ? Déjà ????

- Oui, demain soir ! Avec mon pégase, j'ai aucun souci. Je peux atteindre le village Hajinmon dès ce soir, et revenir à temps ici demain après-midi pour partir pour le pays de la lune à la tombée de la nuit. Mais vous n'êtes pas tous capables de prendre la voie des airs. Si on y va à pied, on y sera pas avant demain ! Donc quand je dis que je n'ai pas le temps pour ce genre de festivités, je suis très sérieuse !

- Oui, et à ce sujet, mon navire est toujours entre les mains de ces salopards du soleil.

- Ce n'est pas un souci, nous élevons des faucons géants qui peuvent servir de monture. Et croyez-moi qu'ils n'ont rien à envier à votre pégase. J'en ai suffisamment pour vous tous, alors, allez-y, fêtez le nouvel An au pays de la montagne. Je vous avoue que je viendrais bien volontiers avec vous, mais je dois assurer ma présence ici jusqu'au bout.

- Ouiii, merci Eloraell ! Vous êtes décidément la crème des crème parmi les reines.

- Euh, Iris, tout va bien ? Tu sembles bien pâlotte tout à coup….

Law avait remarqué que quelque chose clochait chez Iris tandis qu'Eloraell avait parlé de ces oiseaux qui allaient transporter à temps le groupe au pays de la montagne. Pendant ce temps, Scylla voyait que tout le monde voulait absolument venir avec elle chez le clan Hajinmon, donc il était inutile de trouver des excuses supplémentaires pour fuir cette soirée. D'autant que connaissant Shuujaku, lui-même aurait très bien pu proposer à Scylla de l'accompagner à ce festival, qui semble être un symbole de la culture du pays des ninjas. Ainsi, après avoir dégagé un sourire un peu timide, Scylla accepta, mais à une condition.

- Très bien, allons donc tous au pays de la montagne. Mais d'abord, vous allez vous changer ! Je ne suis pas sûre qu'un clan d'assassin verra vos costumes sous un meilleur jour que les elfes.

- Rooooh !

Ainsi, ce fut scellé. Après ce séjour chez les elfes qui touchait à sa fin, le groupe de Scylla allait passer un rapide moment chez les Hajinmon. Scylla n'avait pas revue Shuujaku depuis Manawa Kokuo, elle se faisait donc une joie de revoir son partenaire immortel pour s'assurer que ce dernier puisse être de la partie, en supposant que les ninjas sont au courant du terrible projet d'Azelia.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




Un rêve impossible Empty
MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Un rêve impossible Icon_minitime

Revenir en haut Aller en bas
 
Un rêve impossible
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» impossible d' actualiser l' assedic par la toile
» Impossible de démarrer la partie.
» [help me] IMPOSSIBLE DE JOUER ET D ALLEZ SUR LEUR FORUM
» [résolu] Impossible de revenir à Argenta ?
» Mon impossible amour...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Yokume Peace :: Territoires :: Pays de la forêt :: Temple de la forêt-
Sauter vers: