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 Un rêve impossible

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Iris
Mercenaire
Mercenaire
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Messages : 36
Date d'inscription : 01/09/2016

MessageSujet: Un rêve impossible   Lun 19 Nov - 19:28

Le crépuscule s'était installé sur le pays de la forêt, baignant cette dernière d'une teinte rougeoyante. Une journée avait passé à présent, depuis l'invitation de la reine à profiter de sa demeure royale. Ce qu'Iris et Julia faisaient avec joie. La jeune adolescente et sa « grande-sœur » passaient pas mal de temps dans la bibliothèque de la demeure, à s'abreuver de lecture en tous genres. Pour Iris, c'était une aubaine d'avoir accès à des ouvrages qu'elle n'allait certainement pas trouver dans un commerce au détour d'une rue. Il était évident qu'une bibliothèque royale possédait toujours des écrits bien plus instructifs et inédits qu'une bibliothèque classique. Pour Julia, bien qu'elle était friande de culture et de lecture également, depuis sa découverte du monde d'Iris, elle ne s'intéressait plus vraiment à autre chose. Elle aimerait en découvrir plus sur ce monde, en apprendre davantage, mais elle savait que la mercenaire n'en connaissait presque rien de son propre monde.

- Iris ?

- Hum ?

- Pourquoi il y a aucun ouvrage sur ton monde, ici ? C'est dingue quand même !

- C'est sûrement parce que pour la totalité de ce monde, Légendia n'existe pas. Et le peu qui connaisse, n'en sait pas assez pour écrire un ouvrage dessus. Moi-même, je n'ai trouvé aucun livre à ce sujet à l'époque. Il n'y a que récemment que j'ai appris plus de choses sur ce monde, en rencontrant quelques personnes directement issues de mon monde.

- Awn, s'exclama la jeune adolescente visiblement déçue, c'est naze...

C'est donc après avoir passé une bonne partie de la journée dans la bibliothèque, que les deux jeunes femmes retournèrent dans leur chambre. Une fois dans la chambre, la mercenaire en profita pour se mettre à l'aise, afin de continuer sa lecture précédente qu'elle avait empruntée à la bibliothèque pour l'occasion. Elle s'allongea donc sur le lit, et reprit sa lecture, laissant Julia vaquer à ses occupations. Cependant, la jeune fille ne savait pas réellement quoi faire. La lecture des ouvrages de ce monde ne l'intéressait plus du tout, et pour dire vrai, elle s'ennuyait assez, finalement. Après tout, elle avait toujours quelque chose à faire pour sa survie ou son bien-être dans les bas-quartiers, tandis qu'à présent qu'elle avait tout le confort nécessaire, elle était quelque peu perdue. Julia n'avait jamais vraiment connu la sensation de ne rien faire. C'était donc difficile pour cette dernière de trouver une occupation, pour « passer » le temps. Ce concept lui étant complètement étranger, elle décida de simplement se mettre à l'aise à son tour, et de s'allonger tranquillement sur le lit, aux côtés de sa grande-sœur de cœur, qui elle, était absorbée par sa lecture. Néanmoins, le temps commençait à paraître long, là, les bras derrière la tête à observer le plafond. Elle aimerait bien faire quelque chose avec Iris, mais ça lui faisait presque mal de la déranger dans sa lecture, tellement elle semblait concentrée sur cette dernière. Elle se contenta donc de retourner dans ses pensées, tout en observant parfois la mercenaire d'un œil furtif, afin de saisir un moment où elle serait moins absorbée par sa lecture. Cependant, ses regards furtifs étaient de plus en plus fréquents, mais plus pour la même raison. La jeune adolescente ne pouvait s'empêcher de se sentir étrange, en observant la mercenaire en petite tenue sur le lit. Son cœur battait rapidement, tandis que la chaleur commençait à s'emparer de son corps. Julia trouvait la mercenaire tout simplement magnifique. Mais elle ne s'expliquait pas quelle était cette sensation qu'elle ressentait. Mais son regard était tellement fixe, sa tête légèrement tournée à présent, qu'Iris remarqua cela, et sortit de sa lecture.

- Tu veux quelque chose, Julia ?

- Hein ? lança la jeune fille surprise et gênée. J-je... non, rien, j-j'en ai juste assez de regarder le plafond... haha !

- Ha, bien, tu peux lire pour t'occuper, si tu veux. Tu adores ça toi aussi, non ?

- Ouais...

- Si tu veux, je te prête mon livre, ça raconte des choses intéressantes sur ce pays.

- Mouais...

- Je sais, tu préférerais des lectures sur mon monde... Mais comme je te l'ai dit, tu ne trouveras pas grand-chose ici, Julia... Mais ce ne doit pas être une raison pour que tu te désintéresses du monde sur lequel tu vis, non ?

- Pourquoi je serais intéressée par ce monde... ? Il est nul et inintéressant. Tout est moche sur ce monde, des habitants à notre vie elle-même... Maintenant que je sais qu'un monde peuplé de dieux existe, je m'en fiche de ce petit monde naze... Il ne m'a jamais rien apporté, juste de la souffrance et de la douleur...

Pour Iris, la véritable raison de l'attitude de Julia au sujet de ce monde était claire à présent. Ce n'était pas réellement que ce monde était inintéressant, mais plutôt qu'il était haï par la jeune adolescente. C'est pourquoi, maintenant qu'elle a découvert un nouveau monde, autre que celui qui l'a fait souffrir, elle l'observe avec des yeux pleins d'étoiles. Cependant, encore une fois, la mercenaire se rendit compte que Julia cachait au fond d'elle une haine et un dégoût qui ne partira certainement jamais à présent. Que ce soit ses paroles sur les mortels ou ce monde, elles étaient sèches et néfastes. Pour cette fille, qui depuis son plus jeune âge n'a pas arrêté de se battre contre ce monde pour survivre, il était évident pour Iris, qu'elle n'en attendait plus rien. Il lui paraissait même clair que si Julia avait la capacité de se défendre, elle tournerait mal. Et cette fatalité effrayait la mercenaire, qui se rendait de plus en plus à l'évidence au sujet de sa relation avec la jeune adolescente. Elle était devenue son pilier qui maintenait l'équilibre dans des fondations affaiblies et souffrantes.

- … Je vais me laver, reprit la mercenaire, changeant littéralement de sujet, afin de changer les idées de l'adolescente, ça te dit qu'on prenne un bain ensemble, Julia ? Ça t'occupera un peu, et ça te fera du bien. La baignoire est vraiment classe et spacieuse en plus, dans cette chambre !

- Ho, s'exclama la jeune fille surprise une seconde fois, u-un bain ensemble ? O-oui p-pourquoi pas !

- Hum, souriait la mercenaire, d'accord, je vais faire couler l'eau dans ce cas.

C'est ainsi que les deux jeunes femmes changèrent de décor, pour passer d'une chambre, à une salle de bain et de sa baignoire royale. Pour le coup, ce n'était pas une façon de parler. C'était spacieux et confortable, comme prévu. Bref, ne pas en profiter serait un crime à ce niveau. C'est donc une fois l'eau bien tiède, que la Testarossa rentra dans le bain, et commença à se détendre. Elle fut suivie par Julia qui imita cette dernière.

- Ça va, l'eau n'est pas trop chaude ? Je t'avoue que je n'ai pas les mêmes sensibilités que toi à ce niveau, donc n'hésite pas à me le dire si ça ne va pas.

- Non ça va, elle est bonne l'eau comme ça !

Julia était évidemment ravie de partager ce moment avec Iris, elle qui s'ennuyait sévère il y a encore quelques minutes. De plus, ça lui rappelait le merveilleux moment passer dans ce petit lac la semaine dernière. D'ailleurs, la jeune fille n'était plus réellement pudique ou gênée à présent en tenue d'Eve devant la mercenaire. Cela bien sûr, grâce à son corps tout beau tout neuf. Bref, maintenant à l'aise dans ce délicieux bain, les pensées de la jeune adolescente étaient bien plus positives. Logique en même temps, l'ennui n'a jamais été une alliée agréable pour échapper à ses pensées. En tout cas, la baignoire était vraiment grande, c'était le cas de le dire. Cette dernière ressemblait d'ailleurs plus à un grand jacuzzi qu'à une baignoire à ce niveau. Ce qui était parfait pour se détendre. C'est donc dans cette ambiance relaxante, que les deux femmes profitaient de ce moment, dans le silence dans un premier temps. Pour Iris, c'était surtout car elle profitait de ce moment pour fermer les yeux, et se laisser porter par la douceur de l'eau. Quant à Julia, elle profitait surtout de la vue qu'elle avait sur le corps de la Testarossa. Bien qu'elle ne le disait pas, les bains et autres occupations de ce genre étaient une occasion de voir sa « grande-sœur » dans la plus pure des tenues. Même si depuis quelques minutes, elle ne s'expliquait pas cette fascination qu'elle ressentait. Enfin, elle ignorait surtout pourquoi cela lui faisait un tel effet. Était-ce de l'attirance ? L'adolescente avait l'âge encore une fois, mais elle n'avait jamais réellement connu de l'attirance pour autrui. Bien que maintenant qu'elle y repensait, elle avait une copine dans les bas-quartiers - la seule - pour qui elle avait une sorte d'attirance. Bref, elle remarqua qu'elle était toujours plus attirée par son propre sexe, que celui opposé. Il fallait dire en même temps que le sexe opposé était celui qui lui faisait souvent violence, en mettant la belle-mère de côté. Du côté des adolescents, c'était surtout les garçons les enfoirés avec Julia. Bref, la jeune fille essaya de chasser les soudaines pensées qu'elle avait envers sa sauveuse, en prenant la parole, afin de commencer la conversation. Il y avait en vérité un détail qui intriguait l'adolescente depuis le début, et c'était le moment pour elle d'obtenir une réponse.

- Iris, je peux te poser une question ?

- Inutile de me le demander, Julia, pose-moi les questions que tu veux voyons...

- O-oui mais, là, c'est une question assez personnelle...

- Ça ne change rien, n'hésite pas, je te l'ai déjà dit.

- Bien, j-je voulais savoir comment tu étais, petite... ? J-j'ai cru comprendre que tu étais rejetée, et assez malheureuse... Tu as même dit que tu as fait une chose « horrible » pour te protéger du malheur. C-ce n'est pas que je suis curieuse ! J-je veux juste savoir... comment tu as géré ta souffrance... M-mais s-si tu ne veux pas en parler, je comprendrais !

Iris resta quelques secondes silencieuse, mais pas par surprise, plus par hésitation. Après tout, elle ne parle jamais d'elle-même, ni de son passé, ni de sa vie. Pourtant, après une courte hésitation, elle reprit la parole, dans l'intention de répondre aux interrogations de sa petite-sœur de cœur. Peut-être qu'enfin pouvoir en parler à quelqu'un aidera même la mercenaire à se libérer légèrement de son passé.

- Non, ça va, ça ne me dérange pas, Julia. Je comprends ta question et ta curiosité... Si tu veux vraiment savoir, j'ai vécu dans un petit village du pays du désert avec ma mère. Mais un jour, ma mère a dû partir sur Légendia de nouveau, et je ne l'ai plus jamais revu... Bien sûr à l'époque, j'ignorais que j'étais immortelle et d'où je venais... J'imagine que c'était pour me protéger, et en grandissant j'ai compris pourquoi... J'ai donc vécu avec un homme que je croyais être mon père, mais qui profitait surtout de mes compétences qu'autre chose... Lui et le village savaient ce que j'étais en vérité, et cela m'a valu d'être rejetée, et crainte. Je le voyais dans les yeux de ces gens, leur haine à mon égard, leur crainte, leur jalousie... J'ai grandi en étant constamment traité de monstre par les autres enfants et adultes. Même par celui que j'appelais « père »... Bref, cette chose horrible que j'ai faite, c'était lors de mon treizième anniversaire. Ce jour-là, après des mots horribles de mon « père », j'ai perdu le contrôle... et je suis devenue le monstre qu'il craignait... Quand j'ai repris connaissance, j'avais... détruit tout le village, et tué tous ses habitants, enfants comme adultes...

… Après cet événement, j'ai donc grandi, en pensant que j'étais vraiment un monstre finalement. Et plus les années ont passé, plus j'ai commencé à mépriser les « mortels »... Leurs actions, leur ignorance, tout dans leur attitude m’écœure. Au fond, je comprends ces dragons blancs qui voulaient se venger... Je connais ce sentiment de rejet et de haine à l'égard des personnes « puissantes » comme ils disent... J'ai même longtemps pensé comme ce dragon que j'ai affronté, qui m'a dit que les gens comme nous finissent forcément seuls... Mais grâce au groupe que j'ai rejoint, et surtout toi, Julia, je sais aujourd'hui que c'est faux. Ce sont nos actions qui définissent notre avenir, pas nos différences. Ma haine et mon mépris sont les responsables de ma souffrance, comme ce dragon. Mais cette nuit-là, j'ai pu voir des choses magnifiques... Il n'en a peut-être pas conscience, mais ce pirate, je n'oublierais jamais son acte à mon égard. J'ignore toujours pourquoi il fait cela, mais il faillit sacrifier sa vie, pour me « protéger ». Alors que moi, je n'ai été que méprisante et distante avec lui au début... Ce que j'essaye de te dire, Julia, c'est que je n'ai pas été capable, de « gérer » ma souffrance. Je n'ai fait que lui obéir, et lui céder, comme ce dragon blanc dont je parle. C'est pour ça que je veux t'offrir un avenir loin de la souffrance ou la vengeance. Je ne veux pas que tu succombes à une quelconque haine, qui t'aveuglera pour le restant de tes jours, et qui ne t'amènera qu'à la solitude...

Finalement, le récit d'Iris toucha à sa fin. La jeune adolescente avait bien entendu tout suivie, mais les derniers mots de cette dernière étaient inattendus. Cependant, Julia resta silencieuse, pensive, observant la mercenaire. En vérité, elle ne savait pas quoi dire à tout cela. Que ce soit au sujet de l'enfance de sa sauveuse, ou ses actions, elle comprenait ce ressenti, et pouvait clairement s'identifier à cette dernière, comme prévue. Si Iris pensait être un monstre à force de l'entendre, Julia, elle, s'était persuadée d'être un nuisible, pour les mêmes raisons. Dans tous les cas, Julia comprenait mieux pourquoi Iris lui ressemblait à ce point niveau attitude. Les deux femmes ont vécu la même chose d'une façon différente, sauf que comparé à la mercenaire, Julia avait la chance d'évoluer dans un meilleur jour à présent. Il n'y avait donc rien à dire, ni à répondre, à ce sujet. La jeune adolescente se contenta de sourire à son interlocutrice, et de lui répondre de sa voix douce habituelle.

- Je te le promets, lança Julia en souriant, Iris.

- Hum, souriait à son tour la mercenaire, tout en acquiesçant, si on sortait ? On va finir par friper à force de rester dans l'eau, héhé.

- D'accord !

C'est donc après ces paroles que les deux jeunes femmes sortirent de la baignoire, afin de se sécher, ainsi que de s'habiller. D'ailleurs, sans avoir vraiment fait attention depuis le début, la blessure de Julia à la jambe avait été complètement soignée en même temps que les cicatrices. Maintenant que la mercenaire y repensait, ça lui semblait logique, c'était une blessure assez peu profonde. Mais elle était dans tous les cas ravie de voir la jeune adolescente dépourvue de toutes ces horreurs qui étaient visibles la dernière fois qu'elle l'avait vue en tenue d'Eve. Du côté de la jeune fille, elle remarqua un truc qu'elle n'avait pas vu jusqu'à présent : un tatouage assez large dans le dos de la mercenaire. Ce dernier dessinait un cercle, semblable à un cercle arcanique, avec en son centre un bouclier traversé par deux lames croisées. Enfin, des lignes formant un pentagramme dans le cercle étaient visibles, écrites dans une langue inconnue. Julia était assez subjuguée par cette sorte de tatouage qu'elle avait raté jusque-là. Elle était pourtant certaine que ce tatouage n'était pas là habituellement. Après tout, la mercenaire portait une tenue qui laissait entrevoir le haut de son dos. Donc, c'était clairement une chose qui n'était pas toujours apparente, ce tatouage.

- Iris ?

- Oui ? Tu ne t'essuies pas ? Tu vas attraper froid si tu restes comme ça.

- Heu, sisi, je me demandais juste, hésita la jeune fille, c'est quoi, ce tatouage dans ton dos ? Il n'était pas là avant... si ? Celui sur ton épaule il est toujours là, mais dans ton dos il n'est pas là d'habitude, j'en suis certaine... Il est gros en plus !

Iris semblait soudainement étonnée, et comme pour vérifier elle-même les paroles de Julia, elle se regarda rapidement dans le miroir non loin de sa position. Et effectivement, dans son dos se trouvait le fameux dessin. Si d'habitude, il ne se trouve sur son corps qu'un seul tatouage, et c'est celui du blason de sa famille sur son épaule. Aujourd'hui, il s'en trouvait un autre qui n'étonnait finalement pas la mercenaire pour sa présence, mais sa visibilité. Elle savait que ce dessin apparaissait quelques fois, mais elle n'a jamais été capable de dire pourquoi ni comment il était parfois visible, et parfois pas du tout. Malgré ses propres recherches à ce sujet, elle était incapable de déchiffrer déjà les inscriptions, en plus d'ignorer pourquoi il était présent. Tout ce dont elle était certaine, était que cela n'était pas un tatouage, mais quelque chose de nature magique. La différence qu'elle nota cependant aujourd'hui et qui la garda silencieuse quelques secondes, était que le bouclier à l'intérieur du cercle était aujourd'hui fissuré. La mercenaire était certaine que ce dernier était intact à l'époque. Mais à cet instant, il était presque brisé en deux.

- Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Pourquoi le dessin a changé ? Et sa taille... c'est comme s'il s'étendait au fur et à mesure des années... Il n'a jamais été aussi large qu'aujourd'hui...

Tandis que la mercenaire restait pensive, en observant son dos dans le miroir, toujours sous le regard étonné de Julia, elle remarqua soudainement que son œil gauche venait de virer au rouge. Sur l'instant, c'était la surprise et l'incompréhension totale. Elle ne sentait absolument aucun changement, ni aucune réaction, pourtant, le tatouage magique s'était étendu drastiquement, et sa pupille était actuellement rouge. Du côté de Julia elle était carrément au summum de l'étonnement en voyant cela.

- Heu... Iris ? C'est normal que... ton œil soit devenu rouge... ?

Iris n'étant pas capable d'expliquer elle-même le phénomène se contenta de rester silencieuse un court instant. Cependant, elle se devait de rassurer la jeune adolescente et trouva une explication afin de ne pas l'inquiéter.

- C-ce n'est rien, Julia, ne t'inquiète pas, commença à raconter la mercenaire, ce tatouage apparaît de temps en temps, mais ce n'est rien de grave. Quant à mon œil, parfois, il m'arrive qu'il devienne rouge... C'est quelque chose de courant sur mon monde, j'ai cru comprendre.

- Ha ? Ho, d'accord, j'ai eu peur pendant deux secondes...

- Non ne t'inquiète pas, d'accord ?

- Hum, acquiesça la jeune fille, d'accord.

Bien sûr, tout cela n'était que pures calomnies, mais c'était la meilleure solution à l'heure actuelle. Car, de toute façon, la concerner elle-même ignorait ce qui se passait dans son corps, actuellement. Elle espérait juste que le tatouage allait se faire plus discret, et que son œil redevienne vert, mais elle n'y croyait pas vraiment. Cependant, pour l'instant, aucun changement était notable, donc elle préférait ne pas angoisser et s'en inquiéter davantage. Pour sa pupille rouge, elle trouvera simplement une excuse pour ceux qui se poserait la question dans le futur, dans son groupe, ou autres.

- Hum, reprit la mercenaire, tu vas t'essuyer un jour, Julia ? Tu vas vraiment finir par attraper froid !

- Ha !

C'est donc une fois au sec et de nouveau habillée, que les deux femmes étaient de retour dans la chambre. Une fois dans celle-ci, la mercenaire était légèrement absente, assise sur le rebord du lit, pensive au sujet de son soudain changement physique. Quant à Julia, elle se décida finalement à ramasser le livre que lisait Iris juste avant le bain, afin de s'occuper. Cependant, tandis qu'elle allait rejoindre une place confortable pour lire, elle cogna sans faire attention le fourreau où reposait la lame de la mercenaire, le faisant tomber. La jeune adolescente s'empressa de réparer son méfait en ramassant ce dernier, afin de le remettre à sa position initiale. Mais tandis qu'elle l'observait, elle était comme émerveillée par la beauté du fourreau. Ce dernier était simple dans son style, mais c'étaient les ornements qui faisaient la différence. Sur le fourreau, était brodé le symbole des Testarossa que Julia commençait à connaître, pour l'avoir vu sur le pendentif d'Iris, ainsi que son épaule. Mais en plus du blason, le fourreau était parcouru par de multiples coutures tout du long, semblable à de l'or.

- Tu as l'air fascinée par ce que tu vois, Julia.

Bien sûr, la chute de sa lame avait fait réagir la mercenaire. Et tandis que Julia était en pleine admiration devant ce qu'elle tenait dans ses mains, elle sortit rapidement de son rêve, en entendant Iris.

- J-je, semblait paniquer la jeune fille, je suis désolé, j'ai fait tomber ton épée sans faire exprès !

- Hum, souriait la mercenaire, je doute qu'elle ressente la douleur, tu sais, inutile de t'excuser, Julia...

- O-oui mais ce ne sont pas mes affaires, alors...

- Dis-moi Julia, tu apprécies les lames ? Ce n'est pas la première fois que je te vois observer mon katana.

- Heu, semblait quelque peu gênée Julia, j-j'aime bien ça, oui... M-mon papa avait une grande épée de chevalier, je la trouvais belle... Depuis, j'ai toujours trouvé les lames intéressantes et certaines même artistiques. Mais ta lame à toi, c'est la première fois que je vois un fourreau aussi magnifique...

Iris remarqua que finalement la jeune fille avait de l'intérêt pour autre chose que la lecture, c'était une bonne chose. Elle s'approcha donc de Julia, et reprit la parole toujours accompagnée d'un sourire.

- Tu veux voir la lame ?

- V-vraiment... ? O-oui, j'aimerais bien !

La mercenaire demanda donc à Julia de lui remettre son arme, et une fois ceci fait, elle dégaina la lame de son fourreau. Comme ce dernier, la lame était classique dans sa forme, mais sur la lame était gravé le blason des Testarossa. De plus, divers symboles décoratifs ornaient cette dernière. D'ailleurs, la mercenaire remarqua quelque chose maintenant qu'elle venait de ressortir sa lame pour la première fois depuis cette fameuse nuit. Sa lame n'avait plus ces vilaines fissures qui avaient tant fait paniquer la concernée ce jour-là. Au moins, cela rassura Iris qui avait presque oublié ce détail, tellement son esprit était occupé sur Julia depuis plusieurs jours. C'était finalement peut-être sa solitude et son mal-être qui rendait cette lame si importante à ses yeux, au point d'en perdre ses moyens en cas de coup dur. Mais aujourd'hui qu'elle avait Julia, en observant sa lame dégainée, elle ne ressentait plus les choses de la même manière. Bien qu'elle y restait attachée, car c'était un cadeau de sa mère, cela restait actuellement qu'une lame.

- Woah, lança la jeune fille émerveillée, elle est tellement belle la lame ! J-je p-pourrais la tenir... ?

- Héhé, ce serait avec plaisir, Julia, mais tu ne serais pas capable de la soulever.

- Ho ? Le fourreau n'avait pas l'air si lourd pourtant !

- C'est difficile à expliquer, mais on va dire que c'est une lame magique qui vient de mon monde. Il n'y a que moi qui suis apte à la dégainer. Que ce soit celui que j'appelais père ou certains mortels par le passé, ils n'ont jamais réussi à la soulever, que ce soit pour l'utiliser contre moi ou autres.

- Awn, d'accord, c'est classe, mais c'est dommage.

- Hum, réfléchissait la mercenaire, j'ai une idée, approche, Julia.

Julia s'approcha comme demander par Iris, et une fois à sa hauteur, la mercenaire passa derrière la jeune adolescente. Elle plaça sa lame devant Julia, pointée comme pour le combat, ses mains sur la poignée. Elle invita par la suite la jeune adolescente, à mettre à son tour ses mains autour des siennes, afin qu'elles soutiennent à deux la lame. L'idée était donc que Julia ait l'impression de tenir la lame, bien que soutenue par Iris derrière. Mais avec un peu d'imagination que la jeune adolescente ne manquait pas, l'illusion était parfaite.

- Héhé, c'est trop cool !

- Tu aimes vraiment ça, hein ?

- Hum, acquiesça la jeune fille, en vérité, quand j'étais petite, je voulais devenir chevalier plus tard, comme mon père. Il était tellement courageux, droit et classe ! Je me disais qu'un jour moi aussi, j'aimerais être chevalier, pour pouvoir protéger ceux qui ne peuvent pas le faire, ou ceux que j'aime... C'est ça un chevalier, normalement... C'est censé protéger ses convictions, les gens, ou les enfants comme moi... Et pas les frapper ou faire de distinction entre les classes sociales...

Tandis que la jeune adolescente commençait à faire bouger la lame, maintenant qu'elle pouvait, Iris, elle, était soudainement ailleurs. Elle trouvait les paroles de sa protégée fortement matures et touchantes. Julia semblait prendre à cœur la justice et ses convictions. Du coup, la mercenaire commençait à se douter que Julia devait certainement dans les bas-quartiers protéger les autres enfants, et intervenir parfois afin de prendre pour les autres. Cela expliquait pourquoi elle avait tant de cicatrices et de haine contre les chevaliers de ce pays. Pour cette fille, un chevalier était à l'image de son père, fort, droit, protégeant son peuple, et pas un pleutre qui s'en prend à plus faible par gratuité. Mais dans ces paroles, la mercenaire sentait quelque chose. Elle ne savait pas l'expliquer, mais c'était bien plus que du vécu. Pour que Julia aille jusqu'à se sentir satisfaite de la mort de tout un peuple comme elle l'a déjà avoué à Iris, quelque chose de plus profond devait la hanter et alimenter sa haine. Mais à l'heure actuelle, Iris n'avait aucune envie de plonger Julia de nouveau dans son passif, et préférait revenir là-dessus une autre fois. Car il était évident que ce qui rongeait Julia était quelque chose de bien plus profond que de simples coups reçus.

- Tu tiens vraiment ton père en haute estime, Julia. Je suis certaine que toi aussi, tu ferais un grand chevalier, comme lui.

- Peut-être... Mais je n'ai plus vraiment envie de devenir chevalier aujourd'hui...

Pour Iris il n'y avait plus aucun doute, le rêve de Julia de devenir chevalier avait été briser par quelque chose. Et c'était certainement par les chevaliers eux-mêmes, qui devaient être responsables de méfaits qui ont amené à l’écœurement de la jeune fille.

- C'est dommage, je trouve, Julia. Tu ne devrais pas laisser le passé te priver d'une conviction qui te tient à cœur depuis toute petite. Aujourd'hui, tu as droit à un nouveau départ, c'est l'occasion d'en profiter, tu ne crois pas ?

- Mouais, répondit la jeune adolescente peu enthousiaste, même si je voulais devenir chevalier, il faut avoir quelque chose à protéger et pour lequel se battre, non ? Là, c'est un peu tard, je crois...

Pour le coup, la mercenaire ne savait pas vraiment quoi répondre, Julia marquait un point. La jeune fille n'avait absolument plus rien aujourd'hui à « protéger » ou pour quoi se battre. Devenir chevalier, c'est bien, mais effectivement, sans un ordre de chevalier c'était difficile, et sans royaume, pas d'ordre ou de guilde.

- Ce n'est jamais trop tard, Julia, tu es encore jeune, tu trouveras bien un nouveau rêve à atteindre.

- J'en ai bien un, mais lui aussi, il est impossible...

- C'est quoi ?

- Rester avec toi.

Un long silence suivit, tandis que Julia venait de raconter son nouveau rêve. Cela avait comme soudainement tétaniser Iris, qui était totalement prise au dépourvu. Bien qu'elle savait pertinemment que la jeune adolescente avait cette ambition depuis le début. C'est juste que de l'entendre à voix haute, c'était différent. Mais surtout, ce qui étonna Iris, c'était le fait que ce rêve était impossible. Julia savait-elle que sa grande-sœur de cœur allait partir un moment ? Pourtant, la mercenaire n'avait encore rien dit, et dans son comportement, rien ne laissait penser qu'elle comptait abandonner la jeune adolescente. Dans tous les cas, Iris devait en avoir le cœur net...
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Iris
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MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Lun 19 Nov - 19:32

Tandis qu'Iris permettait à Julia depuis plusieurs minutes de tenir sa lame, la discussion qui avait lieu venait soudainement de stupéfier la mercenaire. Encore une fois, elle ne comprenait pas pourquoi Julia pensait que son rêve était irréalisable, quant au fait de rester avec cette dernière. Cependant, elle avait soudainement une petite idée, de comment la jeune adolescente a pu en arriver à une telle conclusion. Il fallait cependant, qu'elle en ait le cœur net. C'est donc ainsi, toujours en continuant à bouger sa lame délicatement aux mouvements de Julia, qu'elle reprit la parole.

- Ça me touche beaucoup, Julia, commença la mercenaire, mais pourquoi dis-tu qu'il est irréalisable... ?

Julia ne répondit pas de suite, comme pensive, s'amusant à faire bouger la lame. Elle laissa échapper un petit rire forcé au bout d'un court instant, tout en reprenant à son tour la parole.

- Je ne suis pas une gamine naïve, ni stupide. Je sais que mon rêve est irréalisable, et pour ça il faut juste être logique...

- Désolé, ce n'est pas ce que je voulais insinuer Julia, loin de là...

- Ha ! Je sais, ne t'inquiète pas ! Je répondais juste à ta question ! J-je sais simplement qu'il est impossible pour des raisons évidentes...

Iris commençait à entrevoir la logique de la jeune adolescente, et ce qu'elle voulait dire par des raisons évidentes.

- C'est en rapport au fait de notre différence, c'est ça, Julia... ?

Julia acquiesça sans dire un mot, prouvant que la mercenaire avait vu juste. Cependant, Iris n'était pas d'accord que cette différence soit une raison d'incompatibilité ou d'abandon. Du moins, elle ne voulait pas que Julia pense que c'est à cause de cette différence, que son rêve n'est pas réalisable.

- Mais il n'y a pas que ça...

Cette fois, la mercenaire décida d'arrêter l'activité, et de poser un moment le katana sur le côté, afin de pouvoir discuter avec Julia de façon plus tranquille. La jeune adolescente avait visiblement compris l'intention d'Iris et se retourna vers cette dernière tout en reprenant la parole, toujours de sa voix douce, mais soudainement plus sérieuse, voire fataliste.

- Tu sais, je sais depuis le début que je ne pourrais pas rester avec toi éternellement... Mais depuis que je te connais mieux, et que je sais d'où tu viens, il me paraît évident que je vais me retrouver toute seule, tôt ou tard... Après tout, tu as déjà une vie et des ambitions, comme retourner sur ton monde... Moi en tout cas, à ta place, c'est ce que je ferais, de partir d'ici...

- Julia...

- J-je suis déjà contente de tout ce qu'on a vécu ensemble. J'ai appris à me contenter de peu, depuis toute petite. Et bien que je n'aie jamais été aussi heureuse que depuis que je partage ma vie avec toi, je savais que ça finirait... Je ne suis pas naïve... Je sais que tu as fait en sorte que je puisse vivre ici, chez les elfes, parce que tu comptes partir... M-mais ça va, je l'ai accepté, c'est comme ça... C'est génial que tu es immortelle et que tu viennes d'un autre monde... Mais du coup ça m'a ouvert les yeux sur mon envie de rester avec toi pour toujours... Héhé, c'est naïf, quand j'y repense, d'avoir pensé une seconde, que tu allais tout arrêter dans ta vie, pour rester avec une gamine que tu connais à peine...

- Tu es bien plus que ça, Julia, et tu le sais...

- Peut-être, mais j'ai raison, non ? Tu comptes partir après ce que tu vas faire avec cette rouquine, hein... ?

Iris était complètement perdue à cet instant. Le moment tant redouté était arrivé. Moment redouté, car la mercenaire était indécise sur son envie à l'heure actuelle. Julia avait tout changé dans sa vie, ses projets, et ses ambitions. Alors qu'avant elle ne pensait qu'à elle-même et ne se battait que pour son intérêt. Aujourd'hui, tout avait changé. Elle a continué le combat au pays du soleil pour veiller à la sécurité de cette fille. Elle a repoussé son départ après la bataille, pour s'occuper de cette même fille. Et à présent, elle comptait aller affronter une reine dont l'objectif lui fait ni chaud ni froid, uniquement, encore une fois, pour cette fille. Bien que de nombreux jours aient passé depuis, Iris était toujours surprise de son changement. Tout ce à quoi elle pense depuis sa rencontre avec Julia, était à Julia, justement. Son bien-être, son avenir, ses envies, la mercenaire prenaient à cœur et pour unique centre d'intérêt, les besoins de la jeune adolescente. Elle avait bien compris, bien sûr, qu'elle se revoyait en cette gamine, et qu'elle voulait lui offrir ce qu'elle n'a jamais obtenue. Mais il y avait toujours une part de mystère pour la mercenaire, sur son esprit actuel, en ce qui concerne Julia.

- … Je l'admets, répondit Iris, d'une voix résignée, cela fait des années que j'ai compris que ma place n'était pas ici... Pour te dire la vérité, aujourd'hui, je devrais déjà être partie. La seule raison pour laquelle je suis encore ici, c'est toi, Julia...

- Moi... ?

- Oui, Julia, tu es la seule raison pour laquelle je reste ici, et que je vais combattre prochainement. Les affaires de ce monde ne m'intéressent guère, tout comme son avenir, à lui ou celui des mortels. Mais ce n'est pas le cas de toi... Toi, j'aspire à t'offrir un monde où tu pourras avoir un avenir, évoluer... Et tant que cette reine lunaire sera vivante, cela ne sera pas possible... J'ignorais il y a quelques jours, pourquoi j'étais si intéressée par ton avenir ou ton bien-être, mais aujourd'hui, je le sais, Julia... C'est parce que tu me rends heureuse. Je n'avais plus ressenti cette sensation dans mon cœur depuis le départ de ma mère...

Iris posa un genou au sol, pour être à la hauteur de Julia, puis reprit la parole en la fixant dans les yeux, tout en lui prenant les mains.

- Je t'aime, Julia. Tu es ma petite-sœur, peu importe notre différence. Tu as refermé un vide dans mon cœur solitaire et froid. Tu m'as fait découvrir le bonheur d'ouvrir son cœur, d'être aimée, importante, respecté... Tu m'as apporté bien plus que ce que tu imagines, Julia...

- Iris...

- Tu as raison, Julia, je comptais partir, mais à l'heure actuelle, je ne sais plus ce que je veux... Tandis que j'étais certaine de mon choix, aujourd'hui, je ne sais plus... Tu es entrée dans ma vie, dans mon cœur... Tu as tout changé en moi... J'ai peur de perdre ce bonheur que tu me procures, si je me sépare de toi... Mais d'un autre côté, j'ai tant de réponses à trouver sur Légendia, dont ma mère, mes origines... Mais je ne peux pas... Je n'arrive pas à prendre une décision...

La mercenaire se rapprocha davantage de Julia, toujours en tenant ses mains, et reprit la parole, cette fois d'une voix décidée.

- C'est pourquoi je m'en remets à toi, Julia... J-je ne sais plus quoi faire... Je tiens autant à toi qu'à mes ambitions... Alors, si tu veux que je reste, dis-le moi, Julia. Si tu veux que je reste, alors je resterai. Je veux que tu me le dises, Julia...

Cette fois, Iris avait finalement accepté son état d'esprit actuel. Son incapacité à se décider qui la paralysait depuis sa rencontre avec Julia, allait enfin prendre fin. Sauf que c'était à cette même Julia, qu'elle laissa le choix. La mercenaire était prête à abandonner son ambition aujourd'hui, pour la jeune adolescente. Elle ne pouvait plus se le cacher, son attachement pour cette dernière était trop important, pour qu'elle choisisse de simplement partir sans se retourner. Elle avait autant envie de rester avec Julia, et continuer à profiter de ce bonheur qu'elle lui offrait, que d'obtenir des réponses. C'est donc les yeux plongés dans ceux de Julia, qu'Iris attendait la réponse de la jeune fille. Une réponse qu'elle connaissait déjà, mais elle voulait l'entendre directement de Julia. Elle voulait que la jeune adolescente formule son envie, son rêve. Cependant, Julia restait silencieuse, tout en ayant à son tour les yeux plongés dans ceux de son interlocutrice. Cet échange silencieux se poursuivit une longue minute. Une minute où la jeune fille semblait inerte, perdue dans ses pensées, tandis qu'Iris pouvait sentir que les mains de cette dernière devenaient fébriles. Finalement, au bout d'un moment, Julia esquissa un sourire, et ouvrit la bouche, afin de prendre la parole, d'une voix mélancolique, mais décidée.

- Merci, Iris, lança Julia, toujours esquissant un sourire discret, tu n'as pas idée à quel point cela me rend heureuse, toutes ces paroles... Je t'aime aussi, tellement... C'est évident que j'aimerais te garder avec moi, et continuer de pouvoir être avec celle que j'admire plus que tout... C'est mon souhait le plus cher, que tu restes à mes côtés, Iris...

- Julia...

- … Mais, poursuivit la jeune fille, même si c'est difficile, je refuse que mon rêve, mette fin à tes ambitions... Tu as tant de choses à accomplir, de réponses à trouver... Je ne veux pas que tu restes avec moi, si cela t'empêche de trouver tes réponses... Même si c'est mon vœu le plus cher, je ne pourrai pas être heureuse, si je sais que mon égoïsme de te garder pour moi, mettra fin à ton ambition... Je ne veux pas que tu sacrifies quoi que ce soit pour moi... C'est pourquoi... je ne veux pas que tu restes, Iris... Je veux que tu partes, que tu trouves tes réponses, ta maman, et que tu sois heureuse là où est ton vrai destin...

Tandis que Julia continuait son récit, ses yeux commençaient à briller, et sa voix faiblir. Il était évident que la jeune fille retenait ses larmes. Après tout, elle faisait elle-même une croix sur son rêve qui pouvait devenir une réalité. Mais elle refusait que ce dernier soit responsable du malheur de sa grande-sœur de cœur. C'était dur pour la jeune adolescente, mais elle devait le faire, elle devait persuader sa sauveuse de rejoindre son vrai destin, sur Légendia. Du côté d'Iris, c'était la stupéfaction totale. Elle observait Julia déballer son récit, paralysé par la surprise, incapable de dire quoi que ce soit. Alors qu'elle s'attendait à une réponse évidente, la jeune fille allait complètement dans le sens opposé. La maturité dans les paroles de cette dernière laissait Iris, bouche bée.

- … Ça ira, concluait la jeune adolescente d'une petite voix fébrile, savoir que j'ai une grande-sœur qui m'aime, même loin de moi, ça me rend heureuse comme jamais...

Iris restait toujours silencieuse, observant avec émotion sa jeune interlocutrice. Après tout, elle sacrifiait son rêve, afin que ceux de la mercenaire se réalisent. Elle était assez mature et réaliste, pour peser le pour et le contre d'un tel souhait. Car il était évident que c'était le choix évident à faire, pour la mercenaire, de continuer à poursuivre ses prévisions. À terme, elle aurait bien trop de regrets pour profiter comme il se doit du temps qu'elle passerait avec Julia. Iris savait que c'était le bon choix, mais son désir d'être avec Julia, ainsi que ses émotions, l'avaient perdue. Mais Julia venait de libérer Iris de son indécision, même si cela lui faisait mal. Cela, Iris pouvait le sentir rien qu'en observant la jeune fille au bord des larmes face à elle.

- Julia, je...

Finalement, Iris lâcha les mains de Julia, afin de faire la seule chose qu'elle avait envie de faire : la prendre dans ses bras. C'est donc ainsi, qu'elle serra la jeune adolescente dans ses bras, tout en reprenant la parole, d'une voix émue.

- … Julia, tu es si mature.. J-je ne sais pas quoi te répondre...

- Ça va aller, rassura la jeune fille, il n'y a rien à dire, tu as déjà tant fait pour moi... Je ne fais que te remercier... en te laissant partir... Ta place n'est juste pas ici...

- S-si seulement, je pouvais t'amener avec moi, Julia...

- Hum, je sais, tu le ferais. Mais je me doute... que ce monde n'est pas fait pour moi, ni pour les autres « mortels »...

- Julia... j-je refuse de t'abandonner... J-je te promet que peu importe le temps que ça prendra, je reviendrais... Je ne veux pas te dire adieu, Julia...

- Héhé, ça va, Iris, tu n'as pas besoin de me rassurer... Je ne suis qu'éphémère comparé à la vie d'une déesse immortelle... Je l'ai compris maintenant... qu'on ne peut pas rester ensemble... Je ne veux pas qu'un jour, tu souffres parce que je vais disparaître... I-il serait logique, que tu ne reviennes pas, après tout, tu vas certainement m'oublier, avec le temps...

Les paroles de Julia étaient fatalistes et difficiles à entendre, pour Iris. Mais c'était malheureusement la vérité, que la mercenaire le veuille ou non. Le simple fait que Julia va un jour mourir dans le cycle naturel de la vie d'un mortel, fait qu'un jour ou l'autre, Iris perdra son bonheur, aux côtés de Julia. Un jour, tout prendra fin, inévitablement. Mais cette fatalité était trop difficile à accepter, pour Iris, à qui les larmes commençaient à couler. Cependant, elle n'avait pas le choix, que de l'accepter. Elle comprenait finalement, pourquoi cette valkyrie, sur le navire, semblait contre cette idée de s'occuper de Julia. Et bien que cela semblait logique, l'émotion du moment avait aveuglé la mercenaire. Finalement, avait-elle réellement rendu service à cette fille, se demandait à présent Iris, toujours serrant fort celle qu'elle considérait comme sa petite-sœur. Car quand elle y pensait, à présent, elle va faire comme sa mère à l'époque : partir, et laisser Julia seule, avec cette image fataliste toute sa courte vie. Néanmoins, si la fatalité était inévitable, oublier Julia avec le temps n'en était pas une, et Iris refusait que la jeune fille pense ainsi. Iris se reprit donc doucement ses émotions, et relâcha légèrement l'étreinte sur Julia, et posa ses mains sur son visage, en la fixant bien dans les yeux.

- Tu te trompes, Julia, lança Iris, d'un ton décidé, voire presque sec, peu importe la longévité de mon existence, notre mémoire reste la même ! Je n'ai jamais oublié, l'image de ma mère s'en allant, ni celle de celui que j'appelais père m'insulter de monstre. Et ça, les siècles ou les millénaires n'y changeront rien. Je suis certaine, que même les plus vieux immortels, se souviennent de leur plus tendre enfance, sans pouvoir l'oublier... Chaque perte, chaque malheur, nous devrons vivre avec pour toujours, car nous sommes immortels... Si nous pouvons être heureux pour toujours, l'inverse est également possible... Alors, je refuse que tu dises une chose pareil ! Je ne t'oublierai jamais, Julia, et je ne le veux pas ! Je ne veux pas t'abandonner, je ne le peux pas... pas après t'avoir fait la promesse de te protéger...

… Tu t'en souviens, hein ? Je t'ai promis, que je te protégerais et que je resterais ta grande-sœur, et ça, ça ne changera pas, Julia... Tu sais que je tiens toujours mes promesses... Alors, si je te dis que je reviendrais te voir, je t'en prie de me croire... et de ne pas abandonner...

- Iris...

Cette fois, c'était la jeune fille qui craqua, et fondit en larmes dans les bras de sa « grande-sœur ». Des larmes de douleur, certes, mais également de bonheur. Douleur, car la séparation est inévitable, mais bonheur, parce qu'elle se savait aimer. C'était un sentiment intense, que la jeune adolescente n'avait plus ressenti depuis l'amour que lui portait son père. Pour la première fois depuis longtemps, sa poitrine était chaude, laissant l'amertume qui l'habitait à la porte. Puis finalement, après un long câlin réconfortant, la jeune adolescente sécha ses larmes, tandis qu'Iris reprit la parole.

- Je sais...

- Hum ?

Soudainement, Iris commença à détacher le pendentif qu'elle portait autour du cou, et s'approcha de Julia, afin de l'accrocher à son cou. Suite à cela, elle esquissa un sourire, en observant le pendentif sur sa « petite-sœur ».

- Voilà, s'exclama Iris, d'un air satisfait, maintenant, tu peux être certaine que je reviendrais. Tu sais ce qu'il représente pour moi, hein ? Ce pendentif est la dernière chose, avec mon katana, qui me reste de ma mère et ma famille... J'y tiens énormément et il compte beaucoup pour moi... Mais pas autant que je tiens à toi, Julia...

- M-mais, répondit Julia, surprise, ainsi que gênée, c-c'est le symbole de ta famille ! J-je ne p-peux pas accepté... je...

- Hum, poursuivit la mercenaire, toujours en souriant, justement, je te le prête, le temps que je revienne, d'accord ? Et puis... j'ai cru comprendre que tu n'as plus de nom de famille... Et je trouve que Julia Testarossa, ça sonne bien, moi, pas toi ?

- J-je...

- Qu'est-ce que tu en dis, Julia ? Si tu devenais une Testarossa à partir d'aujourd'hui ? Après tout, tu es ma petite-sœur...

Julia ne savait pas réellement quoi répondre, mais non parce qu'elle était toujours surprise, mais parce que les paroles d'Iris étaient merveilleuses pour la jeune fille. Et tandis qu'elle recommençait à avoir les larmes aux yeux, elle mit sa main sur le pendentif, et se contenta d'acquiescer de la tête, sans décrocher un mot, car elle en était incapable à l'heure qu'il est.

- Bien, dans ce cas, ce pendentif est au bon endroit, autour de ton cou. Ma mère me l'avait offert avant de partir, et aujourd'hui, je te l'offre, Julia... Je te l'offre, car tu m'as offert bien plus que tu ne peux l'imaginer...

Finalement, Julia se précipita de nouveau dans les bras de la mercenaire, heureuse comme elle ne l'a jamais été auparavant. Elle n'avait aucun mot pour dire à quel point elle était heureuse, et aimait sa nouvelle grande-sœur. Une grande-sœur qu'elle reverrait un jour, et maintenant elle le savait. Peu importe le temps qu'elle devra attendre, elle savait à présent, que sa grande-sœur reviendra.

- Peu importe le temps que ça me prendra pour trouver mes réponses, je reviendrais, Julia... Je te le promets...

- Hum, en attendant, j-je prendrais soin et chérirais plus que tout, ton pendentif...

- J'y compte bien !

- Hihi, tu n'as pas à t'inquiéter !

Il aura fallu un certain temps, mais finalement, Iris avait fini par tout avouer à Julia. Que ce soit de sa situation d'immortel, à son départ prévisible. Et tandis que le doute l'habitait, à présent, grâce à Julia, elle était certaine de ses choix.

- Hum, reprit Iris, si on profitait du temps qu'on passe ensemble pour s'occuper, tu en dis quoi, petite-sœur ?

- Hihi, ça me va, grande-sœur... !

C'est donc après un long échange, chargé en émotion et en révélation, que les deux jeunes femmes s'apprêtaient à terminer la soirée dans une ambiance plus joyeuse, loin du doute et du regret. Iris voulait à présent profiter au maximum du temps qu'il lui restait avec Julia, avant son départ prochain, pour une fois encore, participer à une guerre...
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Iris
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MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Mar 4 Déc - 19:16

Après une soirée pleine d'émotion et d'aveux, la nuit fut assez calme pour les deux jeunes femmes. Bien sûr, Julia ne pouvait cacher son angoisse, vis-à-vis de la séparation avec sa grande-sœur inévitable qui approche. Mais elle se devait d'être forte, pour permettre à Iris de pouvoir partir l'esprit tranquille le moment venu. C'est donc dans cet état d'esprit que la jeune fille se leva tôt ce matin, et réveilla avec motivation la mercenaire, après lui avoir préparé un déjeuner. L'attitude motivée et hyperactive de Julia ne l'étonna pas réellement. Elle se doutait facilement que c'était un moyen pour sa protégée d'oublier la fatalité. Quoi qu'il en soit, après le petit-déjeuner, Julia proposa à Iris si elle voulait se promener un peu, histoire de visiter le village non loin du palais royal. Évidemment, la mercenaire accepta avec joie, du moment qu'elle passait du temps avec Julia et la voyait sourire, tout lui convenait.

* * *

La matinée touchait à sa fin, tandis que les deux sœurs de cœur continuaient leur promenade dans le village. Les deux jeunes femmes décidèrent cependant de s'arrêter un peu, sur la place principale, et de s'asseoir tranquillement, afin de se détendre. Mais surtout pour savourer le petit en-cas qu'elles avaient dans les mains. Mais tandis que la jeune fille mangeait son en-cas, Iris remarqua que cette dernière se perdait dans ses pensées. Bien qu'elle essayait de cacher son désarroi, il était évident que c'était dur pour Julia de ne pas penser à la fatalité qui arrive à grands pas. Iris prit donc instinctivement la parole, afin de distraire au plus vite la jeune fille.

- Si tu ne te dépêches pas de manger ton rouleau, une personne à tes côtés pourra te le voler, Julia.

La jeune adolescente ne réagit pas directement, mais avec un léger décalage.

- Hum ? Ho ! Hey, pas touche à mon rouleau !

Mais la réaction de Julia était tellement forcée que même un aveugle l'aurait remarqué. Iris décida donc de passer à la vitesse supérieure, en parlant directement de ce qui fâche.

- Allez, Julia, ne fait pas cette tête... Tu ne crois pas que c'est mieux qu'on profite du temps ensemble dans la bonne humeur, au lieu de broyer du noir ?

- D-désolé...

- Hum, réfléchissait la mercenaire, encore une fois, ce n'est qu'un au revoir, Julia, et non des adieux. Je pensais qu'on s'était mises d'accord là-dessus hier.

- J-je sais... c'est juste que... j'ai peur, c'est tout...

- Tu as peur de quoi, Julia ?

- … J'ai peur que tu meures... La dernière fois que mon père m'avait dit qu'il reviendrait, je ne l'ai plus jamais revu...

La jeune adolescente observait son rouleau, pensive, tout en disant ces mots. La tête baissée en direction du sol, d'un air morne, les yeux larmoyants, fit comprendre facilement à Iris la détresse de sa petite-sœur. Malheureusement, elle ne savait pas réellement quoi répondre à la jeune fille, ni comment la rassurer, sans faire preuve d'hypocrisie, qui de toute façon ne rassurera pas Julia. Du coup, la mercenaire décida d'attaquer le problème d'un angle différent.

- Je croyais que j'étais une déesse immortelle super forte, non ?

- Hum, souriait timidement la jeune fille, je ne suis pas une gamine, je sais que tu n'es pas invincible... tu l'as dit toi-même...

- Julia, arrête ça tout de suite.

- Hein ?

Iris avait dit ça phrase d'un air sérieux, presque accusateur envers Julia.

- Je veux bien que tu sois inquiète, mais ce n'est pas une excuse pour que tu sombres dans le défaitisme. Ce n'est pas la Julia que je connais, ça, ou celle que j'ai eue en face de moi hier soir, pendant notre discussion...

- P-pourquoi ? Pourquoi je n'aurai pas le droit d'être inquiète !? Pourquoi je devrais être optimiste alors que toi-même, tu doutes !?

Pour la première fois, Julia avait levé la voix sur Iris, et avait répondu d'un air énervé.

- J'en ai marre d'être forte et optimiste ! Chaque fois que j'ai cru en quelque chose ou gardé l'espoir, j'ai tout perdu ! Chaque fois que j'aime quelqu'un, il disparaît...

Julia commençait à verser de discrètes larmes, tout en serrant de colère son rouleau. Pour Iris, il était clair à présent que la jeune fille cachait une souffrance liée à une perte, autre que son père. Et cette perte devait être liée à sa perte de confiance en son rêve de devenir chevalier, ainsi qu'à son défaitisme, et surtout sa peur. Quoi qu'il en soit, Iris ne réagit pas dans l'immédiat sur les paroles de Julia, ni ne lui en voulait pour avoir levé la voix. Au contraire, elle était plutôt contente que l'adolescente sorte un peu de ses gonds. Cependant, la laisser dans cet état n'était pas dans son intérêt. C'est donc ainsi qu'elle se leva, et se positionna devant la jeune adolescente, un genou au sol, pour correspondre à la position assise de la jeune fille, et surtout pouvoir la regarder dans les yeux.

- Julia, regarde-moi, lança la mercenaire, d'un air sérieux, tout en invitant la jeune adolescente à la regarder dans les yeux, je ne vais pas disparaître. Tu peux croire en moi, je ne disparaîtrais pas. Tu m'entends, je te le promets, je ne t'abandonnerais jamais. J'ai enfin une vraie raison de me battre aujourd'hui. Une raison de me battre pour survivre et ne plus me moquer de mourir ou non... Mais j'ai besoin que tu croies en moi, Julia, hum ? Tu peux faire ça pour moi ?

La jeune fille releva lentement la tête et fixa de son regard humide son interlocutrice, puis hocha la tête, en signe d'accord.

- Allez, tu me fais un joli sourire ?

- Hum, acquiesça Julia, en souriant timidement, désolé Iris...

- Héhé, si tu ne veux plus ton rouleau, lança la mercenaire d'un air sournois, je peux t'en soulager, tu sais ?

- N-non ! J-je vais le manger, morfale !

Finalement, la journée se poursuivit dans une ambiance nouvellement agréable entre les deux jeunes femmes. Après leur en-cas, elles quittèrent le village, pour se balader dans la forêt adjacente. Puis finalement, après une longue promenade, elles décidèrent de rentrer au temple. Le crépuscule commençant lentement à s'approcher, éveillant dans le même temps l'appétit de l'adolescente, il était temps de rentrer. D'ailleurs, Iris commença à entamer la discussion à ce sujet, ressentant à son tour l'envie de manger. Mais ce n'était pas par besoin, mais plus, car elle commençait à s'habituer à la cuisine de Julia.

- Alors, tu comptes préparer quoi de bon ce soir, Julia ?

- Awn, soupira la jeune fille, tu ne penses qu'à ça !

- Q-qu... mais non, pas du tout ! J-je suis juste curieuse de savoir ce que tu vas manger ce soir ! Je n'ai pas besoin de ça moi.

- Hihi, ça va, je sais que tu ne peux plus te passer de ma cuisine !

- Héhé, je l'avoue, Julia.

- Hum, réfléchissait l'adolescente, j'ai une idée !

- Une idée ? Pourquoi j'ai un mauvais pressentiment soudainement ?

- Rooh, ça veut dire quoi ça !?

Le chemin du retour se passait dans la bonne humeur, tandis que le village était à présent à vue. Un temps qu'Iris avait utilisé à se morfondre en excuse, afin que Julia arrête de bouder, et lui fasse part de son idée. Finalement, après lui avoir promis de lui laisser de nouveau observer son katana plus tard dans la soirée, la jeune adolescente esquissa un sourire satisfait.

- Bon, d'accord, je veux bien te dire mon idée ! Marché conclu !

- Awn, soupira la Testarossa, depuis quand tu es aussi difficile en affaires...

- Bon, mon idée est simple... je vais t'apprendre à cuisiner !

- Heeeeh ?

- Oui ! Quand tu seras toute seule sur Légendia, tu n'auras plus mes bons petits plats. Donc il faut que je t'apprenne à cuisiner ! Tu dépends vraiment trop de moi, ça va plus, Iris !

- Hooow, on ne peut pas juste manger ?

- Non !

- Bon, d'accord, je capitule, chef Julia.

- Héhé, cool ! Tu vas voir, tu vas devenir super bonne en un rien de temps !

- Quand je disais d'être optimiste, il y a des limites, héhé...

- Tu as dit quelque chose ?

- Non non !

Finalement, l'idée de Julia était de tenir sa promesse, quant au fait d'apprendre à la mercenaire d'apprendre à faire la cuisine. Ou du moins, essayer, car de l'aveu de la concerner, elle doutait que Julia réussisse à faire des miracles à ce niveau. Si Iris était douée sur énormément de domaines, la cuisine n'en faisait pas partie. Mais cela lui paraissait une bonne idée de laisser Julia mener la danse et proposer des activités. Après tout, encore une fois, c'était une occasion de passer du temps avec Julia, et lui permettre d'éviter de penser à la fatalité. Et cela, c'était valable aussi bien pour la jeune adolescente, que la mercenaire. Car, qu'elle se le dise ou non, cette dernière aussi redoutait le moment de la séparation, en plus d'avoir d'autres soucis en tête, comme par exemple, sa pupille qui a viré au rouge, ou son tatouage dorsal toujours autant visible.

- Ha ! Regarde Iris, sur le banc là-bas, c'est Kula, non ?

- En effet.

- Elle n'a pas l'air dans son assiette, j'espère qu'elle va bien...

- Elle doit certainement s'inquiéter au sujet du rétablissement de Law, ainsi que de sa future séparation avec Scylla... Après tout, j'ai cru comprendre qu'elles étaient plutôt proches, ces deux-là...

- Ho !

Julia venait de réagir soudainement, à l'entente des paroles d'Iris. Surtout en ce qui concerne la séparation entre cette Kula et la fameuse Scylla. C'était exactement la même situation que la jeune fille. Toutes deux allaient perdre un être cher immortel. Elle pouvait donc comprendre et se douter de l'état dans lequel se trouvait cette femme sur le banc, à se morfondre.

- Ha, j'ai une idée, Iris !

- Hum ?

- Kula est super forte en cuisine, on pourrait lui proposer de venir avec nous, non ? Comme ça, on sera deux pour te superviser !

- Héhé, ça ne me dérange pas, je te laisse lui proposer, chef.

C'est donc ainsi que les deux jeunes femmes quittèrent leur chemin, pour faire un détour par le banc de Kula. Rapidement, la jeune adolescente salua avec le sourire la jeune femme, suivie par Iris qui esquissa un sourire tout en faisant un geste de la main.

- Salut, Kula ! Tu vas bien ?

Julia était bien plus à l'aise avec Kula d'ailleurs à présent. Après tout, la jeune fille faisait comme partie du petit groupe à présent, et ce n'était pas Kula qui lui montrait le contraire, du peu de fois où elles ont échangé. Finalement, cet état de fait pinça légèrement le cœur de la mercenaire, en voyant que ce petit groupe allait bientôt n'être qu'un lointain souvenir. Mais pour l'instant, elle préférait ne pas y penser, et profiter du temps qu'il restait, c'était le mieux à faire.

- Dis, avec Iris, on a prévu de faire à manger pour ce soir, mais elle est carrément nulle en cuisine...

- Hey !

- Quoi ? C'est vrai ! B-bref ! J'ai prévu de lui apprendre deux ou trois choses, et vu que tu es douée en cuisine, je me demandais si tu voulais m'aider dans ma tâche ? Ça va être amusant, hihi ! Je t'autorise à être ma seconde !

- Ta seconde ? Tu sais vendre une proposition, toi...

- Heee ? Ça veut dire quoi ça encore !?

- Rien du tout !

- Alors, ça te dit, Kula ? Neh ? Neh !?

C'est donc de façon joyeuse et motivante, que Julia invita la jeune femme à participer à l'activité, afin de l'aider dans sa tâche pour rendre Iris meilleur dans le domaine de la cuisine. Bien sûr, Iris avait bien compris le jeu de Julia, en proposant cela à Kula. Encore une fois, la mercenaire trouvait ça touchant et mature, que la jeune adolescente prenne l'initiative de permettre à cette jeune femme de se sentir un peu mieux, alors qu'elle-même souffre intérieurement de la fatalité qui la frappe. Dans tous les cas, cette soirée pouvait être amusante, et Iris n'était absolument pas contre l'idée de resserrer un peu ses liens avec ce groupe, même condamné à se dissoudre. Maintenant qu'elle était décidée à changer son esprit, il était hors de question qu'elle laisse la fatalité la priver de profiter de cette chance...
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Kula
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MessageSujet: Re: Un rêve impossible   Hier à 23:42

Le séjour au beau milieu du royaume elfique suivait son cours pour Kula, et malgré que la paix de ce territoire aurait pu lui réserver un congé idyllique, il n'en était rien. Pour la simple raison que Kula, depuis quelques jours, profitait de ses vacances en solo. En effet, tout le monde était très occupé et seule Kula ne savait pas quoi faire ici, à part goûter les spécialités de la région, acheter des souvenirs, faire de longues balades en forêt, mais seule. Or, la jeune femme n'était pas une adepte de la solitude. Elle préférait s'amuser entre amis, et profiter de la vie avec les gens qui comptent pour elle. Mais cette fois, c'était impossible. Son plus fidèle ami était toujours en pleine thérapie pour vaincre son handicap, et contrairement à ce qu'elle imaginait, venant de ces elfes chaleureux qui peuplaient cette forêt, elle n'était pas autorisée à rendre une visite à Law. La raison était simple, le pirate était en pleine "phase ultime" selon les elfes qui étaient chargés de veiller sur le bon déroulement de l'opération. C'était la partie où Law était plongé dans un long sommeil comatique, et que c'était le moment décisif de son soin. Il ne devait connaître aucun dérangement dans son long sommeil réparateur, ou sinon, non seulement le soin connaîtrait un désastreux échec, mais en plus, Law pourrait très bien connaître des troubles cérébraux irréversibles. C'était quitte ou double et donc, Kula devait demeurer impuissante, à prier le bon Dieu que son ami puisse marcher à nouveau comme tout le monde.

De l'autre côté, Scylla n'était pas plus disponible, et cela n'étonnait guère la jeune femme aux cheveux couleur lavande. Entre réunions de guerre avec Eloraell, et moments où elle s'isolait dans les bois pour s'entraîner, Kula ne parvenait pas à rester aux côtés de la jeune valkyrie. Elle alla jusqu'à proposer à Scylla de s'entraîner ensemble, mais même cette simple requête se solda par un refus. Scylla prétexta comme excuse que la différence de niveau entre les deux femmes n'arrangeraient rien à l'entraînement. Devant ce rejet radical, Kula laissa donc Scylla à ses occupations, quelque peu vexée par l'attitude du chevalier phénix qui devenait de plus en plus difficile à approcher, voire même à supporter.

Enfin, il restait toujours Umi, princesse du pays de l'eau, mais à croire que le destin refusait que Kula puisse profiter de ses proches, la reine du pays de l'eau refusait qu'Umi sorte du palais. En effet, la reine avait préparé un sérieux programme éducatif, pour que Umi oublie son ancienne vie, comme renégate à la solde de Scylla et en compagne de Kula, et qu'elle puisse connaître les règles de vie de la petite bourgeoise modèle sur le bout des doigts. Bref, elle était purement indisponible, et même le soir, elle ne pouvait s'amuser avec elle, car les règles de vie d'une princesse, selon la maison Mishtal, imposaient un couvre-feu vers 20h. Il ne restait plus qu'Iris et Julia, dont Kula ressentait une certaine estime. Néanmoins, cette fois, ce fut elle-même qui se bloqua toute seule. Elle estimait que le duo n'avait besoin de personne d'autre pour être heureux, et elle décida de ne pas perturber la paix entre les deux amies, pour parler de ses soucis.

C'est ainsi que Kula passa sa journée à se promener seule, puis, lorsqu'elle termina sa promenade de santé, tenta de se consoler en se payant un sandwich végétarien vendu dans une boulangerie du coin. Elle se posa paisiblement sur un banc, et dégusta cette petite douceur gustative. Cependant, même cet instant semblait bien fade pour elle. Elle ruminait intérieurement la situation. Les jours passaient à grande vitesse, et Kula avait le sentiment que son petit groupe s'écroulait, au fur et à mesure que la guerre arrivait à grand pas. Il ne restait plus beaucoup de temps avant que la bataille finale survienne, et Kula aurait souhaité passer un dernier instant avec son amie rouquine. Mais il fallait croire qu'au fond de Scylla, les mortels étaient déjà un lointain souvenir. Cependant, Kula, qui fixa son casse-croûte assez tristement, réalisa qu'elle ne se mettait pas non plus à la place de son amie, et que c'était indigne d'elle.


- Pourquoi je reste plantée là, à déprimer ? Je suis une parfaite égoïste. Ce n'est pas très correct de ma part d'en vouloir à Scylla de ne pas avoir besoin de moi, ou de refuser de passer du temps à mes côtés. Elle prouve déjà son estime envers nous en luttant contre Azelia, alors qu'elle a mieux à faire, comme renouer ses liens avec sa sœur et retrouver sa mère. Elle effectue déjà un sacré sacrifice pour notre salut à tous. Alors, je devrais la laisser faire, la laisser progresser pour qu'elle nous sauve tous. Car je ne peux pas le nier, elle porte le poids de notre monde sur ses épaules. Je ne peux me permettre de lui demander davantage.

Ses pensées furent néanmoins interrompues, lorsqu'elle entendit une voix enjouée l'interpeller. C'était Julia, et derrière elle, il y avait évidemment Iris qui salua la Kunoichi d'un geste de la main. Ce fut une agréable surprise sur le coup. Kula avait considérée depuis le début que les deux amies n'avaient rien de besoin d'autre que la compagnie de l'autre, au point d'en oublier le reste du groupe. Pourtant, les voici toutes les deux, à saluer Kula dans sa petite solitude. Etaient-elles venues, voyant Kula se morfondre toute seule ? Si c'est le cas, il était hors de question pour elle de s'en plaindre, cela pouvait prouver que les deux sœurs de cœur ressentaient aussi de l'empathie pour Kula, ce qui était bien sûr réciproque. Bref, Kula détourna légèrement le regard pour éviter de montrer ses yeux scintillants qui trahissaient cruellement ses émotions.

- Je… je vais bien. Je te remercie de t'en soucier.

Sur le coup, ce n'est pas que Kula n'était pas ravie de voir Iris et Julia, mais ce n'était pas vraiment le meilleur moment, et cela, Kula ne tenait pas rigueur aux deux amies. Ce n'était pas de leurs fautes, mais Kula jalousait cruellement ce petit duo. D'ailleurs, en les observant, Kula réalisa que Scylla était un peu à blâmer également. Iris est presque autant sur l'avant front que Scylla lors de la bataille finale qui oppose la Yokume à Azelia. Pourtant, elle prenait le temps de se soucier de Julia, et de passer du temps avec elle. Et elle était également sur le point de lui dire "adieu" très bientôt, car Iris, tout comme Scylla, n'était pas à sa place ici. C'est à cet instant que Kula comprit qu'elle allait devoir s'imposer la prochaine fois qu'elle croisera Scylla, pour lui faire valoir son opinion, car les deux immortelles étaient dans le même panier, et pourtant, les deux ne traitaient pas leurs proches de la même manière.

Alors que Kula tentait tant bien que mal de dissimuler sa peine, voire sa frustration, Julia fit une proposition à Kula. Celle de seconder la jeune adolescente, à enseigner les bases de la cuisine à Iris, qui à défaut d'être une redoutable guerrière, craignait en cuisine. Une petite pique qui donna le sourire à Kula sur le coup, et d'ailleurs toute la proposition redonna de la vigueur dans l'esprit de la Kunoichi. Elle était heureuse que Julia et Iris proposent à Kula de participer à un dîner ensemble, et qu'elles étaient suffisamment sociables pour ne pas laisser Kula isolée. De plus, Julia semblait s'être souvenue que Kula était une passionnée de cuisine. Elle décida de jouer le jeu devant la joie de Julia, lorsque celle-ci lui donna le rôle du second pour le dîner de ce soir, puis se leva de son banc, tout en tenant fermement son casse-dalle. Le plaisir se lisait sur son visage, métamorphosant automatiquement l'impression que donnait la jeune mortelle.


- Vraiment, vraiment ? Je peux me joindre à vous ? C'est très gentil ! Je promets de faire une seconde en chef irréprochable, Julia. J'ai longtemps enseigné l'art de la cuisine à un groupe de bandits de long chemin, et avec moi, même les pires criminels de la cuisine deviennent les rois du fourneau.

Après avoir montré à quel point elle était fière de ses talents de chef cuisinière, Kula se mit à réfléchir. Une idée alléchante lui traversa l'esprit.

- Dites, dites ! Et si après le dîner, on profiterait toutes les trois d'être ensemble pour se faire une petite soirée entre filles. Cela fait si longtemps, depuis que mon groupe de mercenaire fut dissout, que je n'ai plus fait de soirée pyjama. Ne vous en faites pas, je me charge de tout et on peut faire ça dans ma chambre. Ce serait super et au moins...

Kula, qui semblait si joyeuse, prit un air plus sérieux.

- … au moins, vous deux, vous semblez être suffisamment disponible pour profiter de ce semblant de paix actuel, afin de passer du temps avec la personne qui compte le plus pour vous.

Kula venait, involontairement, de dévoiler ce qui la tracassait. Après tout, elle voulait tellement garder un dernier merveilleux souvenir avec ses amis, car peut-être que la mort emportera tout le monde d'ici quelques jours. Si au moins, elle ne pouvait le faire avec la valkyrie écarlate, cela la comblerait de bonheur si elle pouvait au moins passer une soirée amusante avec Iris et Julia. C'est donc avec son sourire radieux habituel, que Kula attendit l'avis de Julia et Iris.

- Allez, siou plaît ! Avec un peu de chance, on peut même demander à Eloraell de se joindre à nous !
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