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 Une nouvelle motivation

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Iris
Mercenaire
Mercenaire
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Messages : 29
Date d'inscription : 01/09/2016

MessageSujet: Une nouvelle motivation   Lun 9 Juil - 22:08

Après plusieurs heures de vol, le navire arriva finalement au pays des elfes. Rapidement, le groupe fût invité à suivre l'elfe qui leur avait précédemment expliqué la situation, lors de l'après bataille. Bien sûr, ce fût non sans un goût amer, que ce Law laissa son navire se perdre à l'horizon, aux mains des soldats solaires. Iris comprenait très bien son ressenti à l'heure actuelle. Après tout, ce navire pour le pirate semblait être aussi important que la lame de la mercenaire pour cette dernière. Donc, elle l'aurait clairement de travers, de voir quelqu'un se servir de sa lame. Quoi qu'il en soit, le petit groupe rencontra rapidement un elfe qui semblait assez important dans le coin. Cependant, comparé à la guide, celui-ci semblait loin d'être aussi accueillant et enthousiaste, à l'idée d'héberger des étrangers. Cela donna lieu à un rapide échange entre ce dernier et la guide, qui montrait bien la tension qui règne, actuellement chez les elfes. Dans tous les cas, cela commença déjà à saouler Iris, qui n'avait vraiment pas envie que ça dégénère, alors que la nuit a déjà été bien assez longue comme ça. Elle n'avait qu'une seule envie, c'était de dire deux mots à cet abruti, voire le secouer, juste pour passer ses nerfs sur quelque chose, mais elle se retint, tout en se frottant la tempe, le mal de tête commençant à lui monter au cerveau. Par chance, ce fut Kula qui intervient, et parvint à faire enfin taire cet elfe peu accueillant. Elle fit même mieux, car suite à son discours, cet elfe accepta même que le petit groupe s'installe un temps sur ce territoire. C'était donc réglé, au grand bonheur d'Iris qui avait déjà moins mal au crâne, rien qu'en s'éloignant de la présence de ce type.

C'est donc après quelques minutes de marche, que le petit groupe atteignit un petit village fort sympathique. C'était loin d'être le village le plus prospère du territoire, selon la guide, mais il remplissait son rôle. Afin de profiter de cet endroit comme il se doit pour les prochains jours, l'elfe offrît même de l'argent au groupe. Sa générosité était appréciable, et elle savait faire preuve de reconnaissance, en remerciant de nouveau la mercenaire pour avoir affronté ce dragon, lors de la dernière bataille. Finalement, elle s'empressa de laisser le groupe à ses occupations, suite à une bourde en ce qui concerne le lien de fraternité qu'il y aurait entre Iris et la jeune fille qui lui tenait la main. Bien que de son point de vue, il n'y avait pas de quoi se sentir gêner, la mercenaire elle-même devait bien avouer que Julia lui ressemblait beaucoup. D'ailleurs, la ressemblance n'était pas que physique, en vérité, car la mercenaire s'est vite rendu compte que même mentalement, elles ne sont pas si différentes. C'est d'ailleurs cette raison, entre autres, qui a poussé Iris à s'intéresser à cette gamine, aussi égoïste que ça puisse être, de son propre aveu. Quoi qu'il en soit, le petit groupe décida de s'arrêter dans une auberge, et d'y louer deux chambres. Une pour Law et Kula, et une pour Iris et Julia. C'est donc après avoir payé la chambre, que le petit groupe se sépara, laissant Iris et Julia entre elles.

* * *

Les deux filles arrivèrent finalement dans la chambre qu'elles allaient partager pendant un temps. Cette dernière était assez classique, et était donc pourvue d'un lit, ainsi que tout ce qu'il faut pour passer une bonne nuit. Il y avait aussi une petite pièce en plus, qui devait certainement être la salle de bain. Du côté de Julia, elle semblait émerveillée par l'endroit. C'était certainement la première fois qu'elle allait dormir dans un lit douillet. D'ailleurs, cela la perturba légèrement, de se rendre compte qu'il n'y avait qu'un seul lit. Elle n'imaginait pas une seconde profiter du lit, alors que sa sauveuse le méritait bien plus que cette dernière. Bien sûr, elles pourraient dormir ensemble, mais ça n'allait pas être la jeune fille qui allait proposer cela. Elle était déjà reconnaissante qu'Iris lui accorde de l'accompagner, elle n'allait pas en plus s'imposer. Elle restait donc silencieuse, tout en commençant à se poser mille questions. Par chance, la mercenaire prit enfin la parole, brisant un long silence.

- Bon, je vais prendre une douche, ensuite tu feras de même, d'accord ? Ensuite, on ira se coucher, j'imagine que tu dois être exténuée.

Julia se contenta de hocher la tête, en guise d'acceptation. Il était évident qu'elle allait obéir à tous les ordres de sa sauveuse. De plus, Julia était loin d'être une rebelle enquiquineuse de base. Mais plutôt du genre discrète et assidue. Ce n'était pas cette dernière qui allait donner du fil à retorde à la mercenaire. D'ailleurs, Iris remarqua très vite de son côté que cette gamine était plutôt obéissante depuis le début. Cela ne l'étonna cependant pas réellement, après tout, encore une fois, Iris n'a jamais été une perturbatrice en étant petite, loin de là. Mais plutôt une gamine bien obéissante. C'était généralement le cas des enfants seuls, livrés à eux-même depuis tout petit, d'être rapidement indépendant et de savoir se montrer respectueux. Les capricieux sont généralement ceux qui ont tout ce qu'ils veulent depuis leur naissance.

- On va dormir... ensemble ?

- Évidemment, je ne vais pas te faire dormir par terre. Pourquoi, ça te dérange de partager le lit avec moi ?

- N-non ! A-absolument pas ! C-c'est juste que... je ne veux pas te déranger... Je sais que je t'ai forcé déjà à rester avec moi... je ne veux pas m'imposer davantage...

La mercenaire restait silencieuse quelques secondes, tout en observant Julia s'exprimer au sujet de sa gêne. Iris réalisa finalement que cette gamine se sentait déjà coupable de lui imposer sa présence, en pensant qu'elle lui avait forcé la main. À cela, la mercenaire soupira, puis reprit la parole d'une voix rassurante, mais légèrement accusatrice.

- Arrête ça, tu veux... ? Si je ne voulais pas de toi dans mes pattes, crois-moi que tu ne serais pas ici... Tu ne m'as pas forcé la main, Julia, et j'aimerais que tu arrêtes de te sentir coupable et de t'excuser pour tout et rien en ce qui me concerne, compris ?

- D'accord, déso...

- J'ai dit quoi ?!

- Je n'ai pas dit le mot !

- Bien, très bien. Sur ce, je vais me doucher, en attendant, essaye de voir si tu trouves des affaires de rechanges dans les tiroirs... J'ai ce qu'il faut pour moi, mais toi, s'arrêta rapidement Iris, en observant Julia des pieds à la tête, tes vêtements sont vraiment en mauvais état, hors de question que tu gardes ça. Tu n'es pas d'accord ?

- O-oui...

C'est donc après ce constat, qu'Iris s'éclipsa dans la douche, laissant Julia à ses occupations. Une occupation qui consistait à trouver de quoi se changer, pour la jeune fille. Malheureusement, les tiroirs n'avaient que peu de vêtements à sa taille, et en plus de cela, Julia se demandait qui pouvait porter ce genre de vêtements. Cette dernière étant plutôt citadine, il était évident que les tenues elfiques étaient loin de lui parler. De plus, ce tiroir ne possédait visiblement que des vêtements pour dormir, ce qui semblait logique, quand elle y pensait, étant donné que c'était une chambre à coucher. Bref, elle fit chou blanc, et referma les tiroirs, assez déçue. Cependant, quelque chose attira son attention, lorsqu'elle visite la chambre : c'était la lame d'Iris dans son fourreau, posé au bord du lit. Elle s'approcha donc de cette dernière, pour pouvoir mieux l'observer. Car, Julia n'avait pas perdu que son ours en peluche dans cette cité, mais également ses lunettes. La jeune fille n'y voyait que très moyennement, à partir de plusieurs mètres, elle portait donc logiquement, des verres correcteurs. Quoi qu'il en soit, la jeune fille était comme émerveillée par la beauté du fourreau de cette lame. Bien sûr, elle aimerait pouvoir observer la lame en elle-même, mais jamais elle ne se permettrait d'y toucher. De toute façon, elle se doutait que cette lame serait bien trop lourde pour elle, et qu'elle n'arriverait certainement même pas à la dégainer. Elle se contenta donc de finir son observation, puis une fois ceci fait, elle s'assit sur le bord du lit, attendant son tour pour la douche.

* * *

Finalement, après une bonne vingtaine de minutes, Iris sortit de la douche. Cette dernière était toujours en serviette, probablement dans l'objectif de s'habiller avec ce qu'elle trouvera dans les tiroirs à son tour. D'ailleurs, dès que la mercenaire apparut dans la pièce, Julia mit instantanément ses mains devant les yeux, paniquée à l'idée de violer l'intimité de sa sauveuse. Cela fit sourire Iris qui rassura sa partenaire de chambre.

- Hum hum, ça va tu peux retirer tes mains, on est deux filles, on ne va pas jouer les pudiques entre nous, hein ?

- D-d'accord...

Maintenant rassurée, la jeune fille retira ses mains, toujours légèrement gênée cependant. Cette dernière observait néanmoins sa sauveuse en rougissant, tandis que cette dernière continuait de s'essuyer les cheveux, assise sur le lit à côté de Julia. Iris remarqua d'ailleurs assez vite la jeune fille restée comme hypnotisée par cette dernière.

- Un problème ?

Cette interrogation fit instantanément sortir Julia de son hypnose, et la força à s'exprimer de façon défensive.

- N-n-non ! P-p-pas du tout !

Après ces mots lancés dans la panique, elle reprit son calme, et poursuivit d'une voix plus calme, basse, tout en rougissant, l'air gênée.

- J-je trouve juste qu-que tu es très jolie...

Cet aveu de la jeune fille laissa la mercenaire assez gênée à son tour. Elle se mit à rougir, tout en semblant totalement surprise. Elle n'imaginait pas qu'une gamine de 12 ans fasse attention à ce détail. Bien que maintenant qu'elle y pense, c'était un âge suffisamment avancé pour ce genre de détails. Peut-être que c'était la timidité et la petite taille pour l'âge de Julia, qui faisait qu'elle paraissait un peu plus jeune. Il fallait avouer que bien qu'elle avait déjà des formes, elle avait une taille plutôt petite, pour une jeune fille de 12 ans, ainsi qu'un visage également aux traits jeunes et fins. Julia faisait bien plus proche des 10 ans que des 13 ans. Quoi qu'il en soit, la mercenaire répondit d'un air assez gêné, au compliment de la jeune fille.

- Hum, m-merci...

Rapidement, Iris changea de sujet et se précipita sur la mission de Julia, qui était de prendre sa douche à son tour.

- B-bon, allez, à ton tour, Julia. À la douche.

- D'accord, mais, hésita la jeune fille, je n'ai pas trouvé de vêtements dans les tiroirs...

- Ce n'est pas grave, je vais essayer de te trouver quelque chose en attendant, d'accord ?

- Hum.

C'est donc après un hochement de tête en guise d’acquiescement, que Julia se dirigea dans la douche. À son tour, Iris en profita pour vaquer à ses occupations. Elle commença par enfiler une culotte ainsi qu'un débardeur qu'elle trouva dans un des tiroirs. Cela lui suffira amplement pour dormir. Elle se mit donc par la suite à la recherche de quelque chose qui puisse aller à sa nouvelle copine. Il fallait avouer que c'était surtout des grandes tailles, et la plupart de ce qu'elle trouvait était assez... peu vêtu. Finalement, elle trouva quelque chose qui pouvait faire l'affaire : une nuisette. Cela sera bien suffisant pour la nuit, ce n'était pas comme si Julia allait faire le marathon avec cette tenue. C'est donc sa trouvaille en main, qu'elle se dirigea vers la salle de bain, et frappa à la porte, afin de donner à cette dernière de quoi s'habiller. Cependant, avec l'eau, elle se doutait que frapper serait inutile. Elle décida donc de rentrer, simplement pour poser l'habit dans un coin, sans déranger la jeune fille. Néanmoins, tandis qu'elle était à l'intérieur, elle pouvait voir Julia de dos, et la mercenaire restait comme hypnotisée à son tour, devant ce qu'elle voyait. Bien sûr, cela n'avait rien à voir avec une quelconque admiration devant les fesses de la jeune fille de dos. Mais plutôt des dizaines de cicatrices qui parcouraient son corps. Iris ne voyait que le dos de la jeune fille, et pouvait déjà s'imaginer qu'elle avait certainement des cicatrices également à l'avant.

- Mais putain, quel enfer vivait cette gamine là-bas... ? Une jeune fille de cet âge ne devrait pas être autant marquée...

Après cette observation, la mercenaire sortit pensive de la salle de bain. Elle se posa des milliers de questions sur cette Julia, et surtout comment l'être humain pouvait être aussi cruel. Car elle se doutait bien que ce n'était pas la jeune fille qui s'était fait ça toute seule. Puis, elle se souvînt de sa propre enfance, où elle subissait moult isolement, ainsi qu'être traité comme de la merde sans aucune raison valable, alors qu'elle avait elle-même à peine 10 ans. Finalement, cela n'était pas si étonnant, quand elle y pensait. Sa haine et son dégoût des mortels ne lui venaient pas de nulle part. L'état de Julia n'était qu'une preuve de plus que son dégoût était justifié. Encore une fois, Iris était loin d'être contre l'avis de la reine lunaire, quant à la purge de cet endroit. La seule raison au final, de son prochain combat, n'était que de permettre à cette Julia d'enfin connaître une vie paisible. La mercenaire n'avait strictement rien contre cette Azelia, à part des méthodes douteuses et une folie qu'elle trouvait légèrement trop poussive. Comparé à la valkyrie, ainsi qu'à cet endroit, ce n'était ni la vengeance, ni la quête de réponse, qui motivait la mercenaire. Mais alors, qu'est-ce qui pouvait bien la retenir ici ? Julia était un début de réponse, mais il était évident qu'autre chose la poussait à rencontrer cette Azelia et l'affronter.

* * *

Tout comme Iris, Julia sortit de la douche après une bonne vingtaine de minutes, mais pas en serviette, mais en nuisette. Cela semblait d'ailleurs gêner à n'en plus finir la jeune fille qui trouvait cela carrément trop découvert, vu la tête qu'elle tirait en se présentant devant le regard de la mercenaire.

- C-ce n'est pas u-un truc réellement décent, ç-ça...

Bien qu'Iris aurait pu esquisser un sourire, tellement c'était hilarant de voir la pauvre jeune fille complètement gênée dans cette tenue, elle était toujours perdue dans ses pensées. Elle se contenta de rassurer Julia sur son accoutrement, d'un air évasif.

- Ça fera l'affaire pour dormir...

- O-ok...

La jeune fille remarqua rapidement que sa sauveuse était pensive et ailleurs. Cela lui titilla immédiatement l'esprit, et lui fit finalement poser directement la question à l'intéressé.

- ...Il y a un problème... Iris ?

La mercenaire sortir finalement de ses pensées, afin de rassurer son interlocutrice qui commençait à s'inquiéter.

- Ce n'est rien, je suis juste un peu fatiguée.

Puis, elle changea de nouveau rapidement de sujet.

- Bon, tu viens t'asseoir ? On va changer ton bandage, d'accord ?

- D'accord.

Iris invita donc Julia à s'asseoir sur le lit, ainsi qu'à lui donner sa jambe. La mercenaire s’attela à la tâche, tout en vérifiant l'évolution de la blessure. Bien qu'il s'était écoulé peu de temps, la blessure commençait déjà à cicatriser, comme prévu, maintenant qu'elle avait reçu des soins. Mais tandis qu'Iris changeait le bandage, elle restait silencieuse et pensive, tandis que Julia l'imitait sans trop avoir le choix, ressentant toujours que quelque chose n'allait pas chez sa sauveuse. Finalement, au bout d'un moment, tandis qu'elle continuait les soins, la mercenaire prit enfin la parole, d'une voix sérieuse, mais hésitante dans le ton.

- Dis-moi Julia... Je peux te poser une question ?

- Hum...

- Pourquoi... moi ?

Finalement, la mercenaire posa la seule question qui lui torturait l'esprit depuis le début. La raison pour laquelle cette jeune fille s'était tant attaché à cette dernière. Cette question laissa Julia dans le silence, tandis qu'elle commençait à baisser la tête, comme gênée. C'est pendant ce moment qu'Iris s'exprima plus clairement sur sa question.

- Ce n'est pas un reproche, Julia, je veux juste comprendre. Je veux dire, je t'ai tendu la main, mais je ne suis pas celle qui t'a le plus protégée cette nuit-là... Kula a rempli ce rôle bien mieux que moi, et même cette rouquine t'a indirectement sauvé la vie... Moi, je n'ai fait que te tendre la main et te confier à d'autres...

Un long silence s'installa dans la chambre, tandis que les deux femmes restaient silencieuses. Iris, pensive, attendant une réponse de son interlocutrice. Et Julia, pensive également, semblant ne pas pouvoir s'exprimer. La mercenaire se doutait que cette question pouvait mettre mal à l'aise la jeune fille, voire la vexer, mais elle devait avoir une réponse. Finalement, au bout d'une bonne minute, Julia brisa enfin le silence, et répondit d'une petite voix, à son interlocutrice.

- P-parce que justement... tu m'as tendu la main...

Julia poursuivit après sa première réponse, d'une voix toujours aussi basse, mais mélancolique.

- C'est important pour moi... Depuis toute petite, je n'existe pas... personne ne m'a jamais tendu la main... Cette nuit-là, je savais que j'allais mourir... car personne ne prêtait attention à moi... Je sais que cette Kula est gentille, mais elle m'a ignoré comme les autres... J'étais certaine que j'allais mourir...Mais toi, tu es la seule pour qui j'ai existé... Tu es la seule avec laquelle je n'ai plus souffert... Quand j'étais avec cette Kula, j'ai de nouveau souffert, car elle était incapable de me protéger... Mais toi... toi tu es si forte, tu sembles si invincible... J-je veux juste plus avoir mal... Je veux juste ne plus souffrir...

- … Je ne suis pas invincible, Julia...

- … I-il n'y a pas que ça...

- Hum... ?

- J-je ne sais pas comment l'expliquer... Mais.. quand tu m'as tendu la main... je l'ai vu dans tes yeux...

- … Quoi donc... ?

- Ta solitude et ta peur...

Finalement, les derniers mots de Julia confirmaient ce que pensait la mercenaire : cette dernière lit en elle comme dans un livre. Cette gamine, tout comme Iris, a vu dans l'une et l'autre la détresse. Les deux femmes sont torturées par les mêmes démons. La solitude, la peur, le doute, tout dans leur esprit était similaire. Seul l'expérience, différenciait les deux femmes. L'une avait simplement plus vécu que l'autre. Pour Iris, c'est limpide à présent. Julia cherchait simplement la même chose que cette dernière. La mercenaire utilisait la jeune fille pour son intérêt personnel, et Julia utilisait également la mercenaire pour son propre intérêt. Iris, pour trouver des réponses, et Julia, pour la protection et l'intérêt, que la mercenaire lui porte. Ensemble, ces deux-là s'aidaient mutuellement à lutter contre leurs démons. C'est donc après cette dernière phrase que le silence s'installa de nouveau, dans la chambre. Sauf que cette fois, Iris et Julia s'observaient dans les yeux, comme perdu chacune dans l'esprit de l'autre. Puis, après cet instant complice, Iris finissait « enfin » le bandage de la jeune fille, et reprit la parole, d'une voix plus joyeuse, tout en esquissant un sourire.

- Hum, allez, au lit, Julia.

- Hum.

Julia acquiesça, tout en esquissant un sourire à son tour, puis se laissa tomber en arrière, étant déjà sur le lit. Iris quant à elle, qui était au pied du lit pour le bandage, se releva, et s'allongea à son tour sur le lit. Cette dernière croisa les bras derrière la tête, et commença à observer le plafond, le sommeil ne semblant pas venir dans l'immédiat. Quant à Julia, elle était allongée sur le côté, en direction de sa sauveuse, profitant du confort de ce lit incroyable pour cette dernière. Et surtout, la proximité de quelqu'un pour qui elle existait, et qui pouvait la protéger. C'est donc après quelques secondes, que la jeune fille sombra dans les bras de Morphée, et s'endormit paisiblement, pour la première fois depuis longtemps...


Dernière édition par Iris le Lun 9 Juil - 22:16, édité 1 fois
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Iris
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MessageSujet: Re: Une nouvelle motivation   Lun 9 Juil - 22:12

Une bonne partie de la nuit s'était écoulé à présent, tandis que Julia dormait à poing fermé. Mais du côté d'Iris, impossible de trouver le sommeil. Bien qu'il était le milieu de la nuit, elle était toujours dans la même position, pensive, incapable de fermer l’œil. La mercenaire avait bien trop de choses en tête, pour réussir à dormir. Entre cette gamine, son alter ego, son avenir sur Légendia, sa mère, ainsi que son prochain combat pour une cause dont elle se fout en réalité. C'était d'ailleurs ce qui revenait le plus dans sa tête, cette décision de participer à cette guerre. Pourquoi elle avait une envie soudaine de s'attaquer à cette personne ? Julia était une raison, mais il y avait autre chose que la mercenaire ne pouvait expliquer. Était-ce réellement une envie de se surpasser et de trouver sa limite ? Ou encore un moyen de se prouver qu'elle était capable d'atteindre Légendia ? Ou bien un moyen de lutter contre cette peur qui la hante depuis tant de temps ? Elle ne pouvait réellement affirmer c'était quel sentiment qui la poussait à se joindre à un combat qui ne la concerne pas, et qui pouvait même lui coûter la vie.

- Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Je ne me reconnais plus depuis cette bataille... Je prends des décisions et fais des promesses illogiques. Et voilà que maintenant je participe à une bataille à laquelle je ne suis pas certaine de survivre, et où je serais certainement un pilier sur lequel tout un monde va se reposer... C'est pathétique. Ces gens sont pathétiques. Ces mortels nous crachent dessus, mais nous vénèrent quand ils ont besoin de nous. Ils méritent certainement ce que cette reine veut leur faire. Je suis prête à parier qu'elle aussi a subi moult souffrance à cause de leur mentalité... Alors pourquoi ? Pourquoi je tiens quand même à les défendre ? Est-ce à cause de ces deux mortels et Julia ? Julia... Ce désir... Je le ressens au fond de moi. Je désire la protéger... Mais pourquoi... ? Pourquoi spécialement toi, Julia... ? Parce que tu es le miroir de ce que je n'ai pas réussi à protéger par le passé... ? C'est complètement stupide ! Ce que je fais n'a aucun sens ! Peut-être devrais-je simplement partir...

Tandis qu'Iris était perdue dans ses pensées, elle fut soudainement sortie de ces dernières, lorsque du mouvement était notable chez Julia. La jeune fille commençait à s'agiter dans son sommeil, tout en étant parcouru de léger tremblement. De légers gémissements accompagnaient aussi l'agitation. Il était clair pour la mercenaire que Julia faisait un cauchemar. Était-ce un cauchemar de ce qui s'est passé dans son pays natal ? Quoi qu'il en soit, Iris se sentait soudainement coupable de se poser cette question, tandis que sa jeune colocataire était en train de faire un cauchemar visiblement bien agité. C'est donc suite à cette prise de conscience, qu'elle tenta de sortir Julia de son mauvais rêve.

- Julia...

Cela ne suffisait visiblement pas, de juste citer son nom, bien qu'elle répéta cette action deux à trois fois derrière. Elle décida donc de décroiser ses bras de derrière la tête, et d'utiliser sa main pour secouer légèrement la jeune fille. Bien que cela puisse être une mauvaise idée en général, de réveiller quelqu'un qui rêve, de façon brusque, cela allait certainement à terme, être préférable pour Julia, que de rester coincé dans son cauchemar.

- Hey, insista donc Iris, tout en secouant la jeune fille, Julia !?

Finalement, la jeune fille réagit, et semblait paniquer, croyant certainement toujours être dans son cauchemar. Après tout, elle venait de se réveiller brusquement, donc c'était une réaction normale. Au bout d'un court instant, elle semblait toujours dans plongée dans la surprise et observa autour d'elle, avec agitation. À ce moment-là, Iris décida de rassurer Julia, en lui adressant la parole d'une voix douce.

- Ça va, Julia, ça va, c'est fini. Ce n'était qu'un cauchemar...

Après ces mots, ainsi que quelques secondes, Julia sortit enfin de sa torpeur et semblait reprendre ses esprits. Elle posa son regard encore embrumé, sur Iris, et semblait soudainement rassurée, en réalisant que c'était qu'un cauchemar qu'elle venait de faire. Cependant, au bout d'un court instant, elle fondit soudainement en larmes, et se blottit contre la mercenaire. Iris ne savait encore une fois pas quoi faire, et se contenta d'enlacer la jeune fille, pour la soulager. Bien que cette fois, elle imaginait très bien que son cauchemar devait être la cause de cette soudaine tristesse. Mais pour en arriver là, cette fille devait avoir une souffrance intérieure insoutenable.

- Allez, ça va, c'est qu'un cauchemar, ça va aller...

- J-je... ne veux plus avoir mal... J-je ne veux... plus être seule...

Ces mots glissés dans les pleurs de la jeune fille révélèrent finalement à la mercenaire la raison de sa tristesse. Son cauchemar n'était que le résultat de sa grande souffrance. Tout comme sa peur, ainsi que sa solitude. Iris compris rapidement au final, qu'elle était bien la dernière chose à laquelle se raccrochait cette gamine. Julia avait trouvé quelqu'un qui partageait son esprit, ses craintes. Ainsi que quelqu'un qui la comprenait, et qui pouvait la protéger. Cette fille avait un besoin vital de compagnie, ou plus précisément de la mercenaire, sur laquelle elle avait jeté son dévolu. Peut-être espérait-elle voir enfin la lumière, grâce à cette dernière. Quoi qu'il en soit, Iris savait à présent la vérité, et tout en continuant de serrer dans ses bras la jeune fille, elle lui susurra les seuls mots qu'elle voulait entendre.

- Tu ne souffriras plus, Julia, je te le promets... Je te protégerais... de ce monde.

Tandis qu'elle prononça ces mots, elle se maudissait presque, en se rendant compte qu'elle venait une fois encore, de faire une promesse. Mais cette fois, elle savait que c'était plus fort que sa logique. Bien que tout cela n'avait aucun sens pour elle, il était évident à présent, que protéger cette gamine était ce qu'elle désirait. C'était son désir le plus ardent. Protéger Julia, était son épreuve, afin de se prouver qu'elle n'était pas un monstre. C'était sa preuve, qu'elle mériterait d'aller sur Légendia. Sa plus grande peur actuellement n'était plus son alter ego, mais d'échouer à protéger cette gamine...

- Hum, alors c'était ça... Tu le savais, n'est-ce pas ? C'est pour ça que tu ne réponds plus, et que tu n'apparais plus. Car je n'ai plus peur de toi, mais de l'échec...

Évidemment, aucune réponse de son alter ego ne vint la contredire. Elle avait compris depuis longtemps, que ce dernier n'était là que dans les moments où elle avait peur, où elle était perdue. Mais cette fois, elle n'avait plus peur, et n'était plus perdue. Elle savait enfin, ce qu'elle devait faire. Bien sûr, la crainte de l'échec l'habitait, mais ce n'était plus une peur inconnue. C'était une crainte qu'elle pouvait contrôler, et contre laquelle elle pouvait lutter. Quoi qu'il en soit, après cinq bonnes minutes dans les bras de sa protectrice, Julia semblait s'être calmée. Et maintenant qu'elle était plus stable, elle libéra la mercenaire, en se retirant légèrement, et reprenant sa place dans le lit. À présent, la jeune fille observait Iris, qui lui esquissa un sourire doux, tout en lui caressant les cheveux.

- Ça va mieux ?

- Hum, hocha de la tête la jeune fille, désolé...

- Tu recommences !

- Ha! Déso...

Finalement, après une intense émotion quelques secondes auparavant, Julia esquissa un sourire à la mercenaire. L'échange complice entre les deux femmes était silencieux, mais profond. Que ce soit la mercenaire, ou la jeune fille, elles avaient trouvé quelqu'un sur qui se rattacher. Iris ne saurait l'expliquer, mais ce moment était magique pour cette dernière. Peut-être était-ce parce qu'elle n'a jamais connu cela, ou une autre raison, mais ce dont elle était certaine, c'était qu'elle voulait que ce moment dure éternellement. Pendant cet interlude, la mercenaire oublia tout. Ses craintes, sa haine, sa condition, et même la cruelle réalité qu'elle devra avouer tôt ou tard à la jeune fille. C'est d'ailleurs en pensant soudainement à ce qu'elle cache à Julia, que son moment de bonheur commença à fondre comme neige au soleil. Soudainement, elle se questionnait sur cette réalité. Comment réagira Julia, lorsqu'elle apprendra que sa sauveuse est immortelle ? Va-t-elle la craindre ? La repousser ? C'était une habitude chez les mortels cette réaction, pour Iris. Sauf que cette fois, l'avis de Julia lui importait. Cette fois, elle craignait d'être repoussée par cette jeune fille qui venait d'éveiller quelque chose d'incroyable en elle. Mais pour l'instant, elle décida de ne pas y penser, et de profiter du moment présent. Bien qu'il y ait quelque chose d'autre qui intéressait la mercenaire, c'était d'en savoir plus sur sa nouvelle amie. Et plus précisément, qui était véritablement responsable de ses cicatrices. Bien qu'elle se doutait de qui en était responsable, elle devait lui demander. Elle devait la faire parler, ne serait-ce que pour libérer un peu cette gamine de son fardeau. C'est donc toujours les yeux plongés dans ceux de la jeune fille, ainsi que sa main caressant délicatement ses cheveux, qu'elle prit la parole.

- Dis-moi, Julia... hésita la mercenaire, tout à l'heure, je me suis permis d'entrer pendant que tu prenais ta douche, afin de déposer le vêtement que je t'ai trouvé. J'imagine que tu devais t'en douter, de toute façon. Enfin, là n'est pas le problème... Ma question concerne ce que j'ai pu observer, quand mes yeux se sont posés sur toi...

- Ho... j'imagine que... tu parles de mes cicatrices... ?

- Hum, acquiesça Iris, en effet... Je me demandais si... tu voulais en parler ? Parfois, parler peut soulager... Tout comme toi, je n'ai jamais eu personne pour parler ou m'écouter... Alors, si tu en as envie, je veux bien t'écouter...

La jeune fille semblait soudainement pensive, tout en étant gênée. Elle avait envie d'en parler, mais c'était toujours difficile, d'aborder ce genre de scénario. Mais Julia savait qu'Iris voulait l'aider à se soulager, et en savoir plus également sur elle. Cet intérêt pour sa personne rendait heureuse comme jamais cette dernière, mais encore une fois, c'était difficile de parler de ce genre de détails.

- C'est difficile, je m'en doute, Julia. Ne te force pas. Mais je pense vraiment qu'en parler pourrait te faire du bien. Même si ce n'est pas facile. Sache que de toute façon... ces soldats ne te feront plus jamais de mal...

Iris tenait réellement à faire parler la jeune fille. Elle savait qu'elle en avait besoin et qu'il fallait qu'elle évacue. Elle espérait qu'en la rassurant, en lui faisant comprendre que tout cela appartient au passé, elle décide d'en dévoiler un peu. Et cela porta ces fruits, car Julia prit enfin la parole, mais à la surprise d'Iris, elle était loin de la vérité, sur les responsables de ces cicatrices.

- … Ce n'est pas les soldats qui sont responsables de mon état... C'est ma mère...

- Ta m...

La mercenaire était complètement choquée. Elle avait presque du mal à croire ce qu'elle avait entendu. C'était inadmissible pour Iris, de concevoir qu'une mère puisse être responsable du malheur de son enfant. Cela la laissa sans voix, et arborant une expression choquée. Elle ne savait pas quoi dire, ni comment réagir. Elle qui était persuadé que c'était les soldats solaires, qui s'amusaient à maltraiter les habitants des bas-quartiers, pour le cas de Julia, elle s'était complètement fourvoyée. Cependant, Julia se lança enfin, et en raconta un peu plus, et commença à vider son sac.

- En vérité, ce n'est pas réellement ma mère... Ma vraie maman est morte en me donnant naissance... Je n'ai donc connu que cette femme, comme mère, depuis que je suis toute petite. Mon père a épousé cette dernière peu de temps après mes trois ans... D'ailleurs, je n'ai pas toujours vécu dans les bas-quartiers... Quand j'étais petite, j'habitais avec mon papa dans une grande et belle maison ! Papa était un grand chevalier ! Mais, poursuivit la jeune fille d'un ton fataliste, à mes cinq ans, papa est mort aussi... Il a été accusé de trahison envers le roi, et a été tué pour ça... Après sa mort, le nom de ma famille était sali, et on a fini pauvre, exilé dans les bas-quartiers avec ma belle-mère...

… Rapidement, tous ceux de cet endroit savaient pour ma famille, et ce qu'avait fait mon père. C'est pour ça que les enfants me frappaient et m'insultaient... On me traitait de fille de traître, de chienne, et pleins d'autres insultes... Et plus les années passèrent, et plus j'étais seule. Ma belle-mère, par manque d'argent, est devenu une putain, et ça n'a pas arrangé ma condition de vie, d'avoir une pute de mère... Mais j'ai appris à supporter les moqueries et les coups, de toute façon, je sais que mon papa n'est pas un traître. C'était un grand chevalier, et le plus courageux ! Jamais il n'aurait fait ça à sa famille... Le plus dur, c'était ma mère... Quand elle n'était pas avec un soldat, elle était saoule à la maison... et quand elle était saoule, elle me tapait dessus... De toute façon, tout l'argent qu'elle gagnait, elle l'utilisait pour se droguer... Donc quand elle n'était pas saoule, elle était défoncée... Elle m'accusait souvent de son malheur, et se défoulait sur moi pour ça... Les soldats, ce n'était vraiment pas les pires... Eux, se contentaient surtout de me pousser si j'avais le malheur d'être sur leur chemin, ou m'insulter de déchets... C'est surtout les autres enfants, et ma mère, qui me frappaient tout le temps...

Finalement, Julia s'était dévoilée à sa protectrice. Elle racontait dans les détails, sa vie, son existence, son quotidien. Et plus la jeune fille parlait, plus Iris sentait un malaise insoutenable l'envahir. Jamais, elle aurait imaginé, que cette fille avait autant souffert. Là, ça allait bien plus loin que physique, mais c'était également psychologique. L'enfer imaginé par Iris n'était rien actuellement, par rapport à ce que racontait cette gamine. Elle avait presque du mal à expliquer comment cette fille pouvait encore être vivante, et en pleine santé mentale, aux dernières nouvelles. Bien que, finalement, des mots de Julia eux-même, elle ait fini par s'habituer. C'est comme tout, à force de vivre en enfer, on finit par ne plus sentir la chaleur. Mais c'était cruel, pour la mercenaire, qu'on soit obligé de s'habituer à une telle existence. Comment les autres enfants, ou habitants des bas-quartiers pouvaient être aussi monstrueux ? Cette fille n'avait rien demandé. Tout comme elle-même d'ailleurs, rejeté sans avoir rien demandé à l'époque. En ce qui concerne le père de Julia, il était facile de noter qu'il comptait beaucoup pour cette dernière, et que voir ce dernier traîné dans la boue a dû être horrible. Peut-être voit-elle en Iris le chevalier courageux que représentait son père, et qui la protégeait comme un parent doit protéger son enfant ? Quoi qu'il en soit, pour cette histoire de trahison, après ce qu'elle venait d'apprendre la nuit dernière, il était évident que le père de Julia était innocent. Maintenant, il était clair que son père, devait faire partie d'un groupe de rebelles qui avait démasqué ce fameux roi solaire, et exécuté pour cela.

- Je suis certaine aussi, que ton père était un grand chevalier, Julia. Tu n'es sûrement pas au courant, mais lors de cette nuit, j'ai cru comprendre que le roi était réellement le vrai traître... Donc, ton père ne t'a certainement jamais trahi, ni abandonné, Julia.

- Hum, acquiesça la jeune fille, émue, j'ai toujours su, que mon papa était innocent...

Iris avait dévoilé ce détail en espérant que cela mette du baume au cœur de cette jeune fille, bien que cela n'efface pas le passé. Mais elle trouvait ça nécessaire tout de même, au moins pour que Julia sache qu'elle a eu raison de croire en son père. Quoi qu'il en soit, elle comprenait enfin mieux ce que voulait dire Julia précédemment, au sujet de l'abandon d'espoir de voir une main tendue, cette nuit-là. Dans tous les cas, à présent, elle connaissait mieux cette fille, qui venait de lui raconter son histoire, et ses blessures. Bien qu'au fond d'elle, elle était totalement écœurée du vécu de cette Julia. Cela n'arrangea pas sa haine viscérale envers les mortels, par ailleurs. Cette fois, il n'y avait absolument plus aucun doute, quant à la raison de son prochain affrontement contre le pays lunaire. C'était tout, sauf pour protéger ce monde. D'ailleurs, tandis que Julia avait terminé son récit, Iris de son côté avait une question qui demandait réponse, dans sa tête.

- Dis-moi, Julia...

- Oui ?

- Est-ce que... hésita la mercenaire, tu es satisfaite que tous ces gens soient morts... ? … J'aimerais que tu sois franche, Julia. Je ne te jugerais pas, ni ne te blâmerais, j'ai juste besoin... de savoir ce que tu ressens au fond de toi...

La question de la mercenaire était directe et sans détour. Cela pouvait paraître carrément brutal, de demander cela dans le blanc des yeux à cette jeune fille. Mais Iris ne le faisait pas gratuitement. Elle cherchait forcément quelque chose, dans la future réponse de Julia. Mais sur l'instant, c'était la réponse de Julia qui l'intéressait. Cette dernière ne répondit pas sur le moment, car pensive, voire gênée. Il fallut bien une bonne dizaine de secondes, pour que la jeune fille reprenne la parole d'une petite voix, d'un ton coupable.

- Oui...

La réponse était finalement positive, ainsi que celle escomptée par la mercenaire. Elle s'en doutait déjà, ne serait-ce que par l'attitude de cette Julia, qui semblait pas du tout impacté par la nuit dernière, mais alors était-ce simplement pour s'en assurer ? Dans tous les cas, Julia ne semblait pas fière de cet aveu.

- … Je sais que je suis une méchante fille... Pleins de gens sont morts... mais je n'arrive pas à ressentir de la tristesse... J-je.. j'avoue que j'ai été soulagée, de les voir disparaître... C-cest tellement cruel... J'aimerais ressentir quelque chose.. mais je n'y arrive pas ! J-je ne ressens... que de la satisfaction... J-je suis un monstre...

À ces paroles, Iris semblait pensive, tout en observant sa jeune interlocutrice culpabiliser. Ce n'est qu'après quelques courtes secondes, que la mercenaire prit la parole.

- Non, Julia, tu n'es pas une méchante fille... Au contraire, ton ressenti, prouve simplement que tu es vivante... Ces gens t'ont fait énormément de mal, il est normal que tu ressentes de la haine envers eux, et une satisfaction, dans leur mort, indirectement... Peut-être que j'ai tort, mais c'est ce que je pense, moi... On a le droit, de ne rien ressentir, cela ne fait pas forcément de nous des monstres sans cœur... Moi aussi, Julia, j'ai fait quelque chose d'horrible, quand j'avais ton âge... beaucoup de gens sont morts... J'ai cherché pendant des années à ressentir de la haine envers moi-même, de me sentir coupable, mais je n'ai jamais réussi à ressentir autre chose que de la satisfaction... Depuis ce jour-là, j'ai passé mon temps à me maudire, et à me mentir sur mon ressenti, car j'avais peur qu'en reconnaissant mon véritable ressenti, je sois véritablement un monstre...

- C'est pas vrai... tu n'es pas un monstre...

- Non... et toi non plus, Julia. Grâce à toi, j'ai enfin accepté ce fait. Je sais maintenant, qu'il est normal, de ressentir de la haine, envers ceux qui nous ont fait souffrir... Cela ne fait pas de nous des monstres... Au fond, c'était évident, mais j'avais peut-être besoin qu'on me le dise, comme tu viens de le faire...

- J-je...

- J'aimerais que tu ne te sente plus coupable, Julia. Tu n'as pas à t'en vouloir, de ne rien ressentir. Ne perd pas ton temps à mettre un masque, comme je l'ai fait. On ne peut pas se forcer à éprouver quelque chose, quand notre conscience est tranquille... Je ne dis pas que ces gens méritaient leur sort, Julia, mais que ce n'est pas à nous, de les pleurer pour autant...

Finalement, cette question avait pour objectif d'aider la mercenaire à se pardonner. Depuis ce fameux jour, où elle a causé la destruction de son village et la mort de son père, elle n'a cessé de culpabiliser. Mais ce n'était en vérité pas pour ce qu'elle avait fait, mais plutôt de ne rien ressentir. La peur d'avouer son véritable ressenti et d'être un monstre, l'a poussé à mettre un masque avec elle-même. Allant jusqu'à accuser son alter ego pour cet acte. Et bien que c'était réellement ce dernier. Au fond, il n'avait pas tort, c'était bien Iris qui voulait ce qui est arrivé. Cet alter ego lui a toujours dit, qu'il ne pouvait rien faire, sans l'aval de son hôte. Aujourd'hui, grâce Julia, la mercenaire avait accepté ce fait, et était enfin en paix avec elle-même. Ce qu'elle a fait, c'était simplement une réaction d'une petite fille souffrante, qui ne voulait rien d'autre que son malheur cesse. Tout comme Julia aujourd'hui, qui ressent une libération, car ces bourreaux ne sont plus. Tout cela n'est qu'une histoire de vengeance, et de libération. Une libération d'une cellule de souffrances perpétuelles. Quoi qu'il en soit, à présent, Iris était plus confiante, quant au fait d'avouer sa véritable nature à Julia. Mais cela, elle ne le fera pas cette nuit. Finalement, cet échange nocturne avec Julia lui a permis de ressentir enfin la fatigue. Peut-être car elle se sent enfin libérer ? Dans tous les cas, il était temps que les deux filles profitent enfin d'une nuit de sommeil.

- Hum, souffla la mercenaire en souriant, il faut que tu dormes, Julia. Demain, on ira se balader dans le village, et essayer de te trouver des vêtements qui correspondent à ton style ! D'accord ?

- Hum, acquiesça la jeune fille en souriant à son tour, d'accord, Iris.

Finalement, après une rapide observation entre les deux filles, Iris rapprocha Julia d'elle-même, et la serra dans ses bras. Elle savait que c'était ce que voulait la jeune fille, et que cela l'empêcherait de refaire un horrible cauchemar.

- Allez, dors sans crainte, Julia, je suis là, et je te protégerais de tous tes cauchemars...

C'est donc dans les bras de sa protectrice, que Julia ferma les yeux, et s'en alla de nouveau dans le pays des songes. Quant à Iris, elle se décida également à fermer les yeux. Et c'est rapidement, qu'à son tour, elle trouva le sommeil, se sentant elle-même soulagée, et protégé, avec Julia dans ses bras...
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