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 Une nouvelle motivation

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Iris
Mercenaire
Mercenaire
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Messages : 33
Date d'inscription : 01/09/2016

MessageSujet: Une nouvelle motivation   Lun 9 Juil - 22:08

Après plusieurs heures de vol, le navire arriva finalement au pays des elfes. Rapidement, le groupe fût invité à suivre l'elfe qui leur avait précédemment expliqué la situation, lors de l'après bataille. Bien sûr, ce fût non sans un goût amer, que ce Law laissa son navire se perdre à l'horizon, aux mains des soldats solaires. Iris comprenait très bien son ressenti à l'heure actuelle. Après tout, ce navire pour le pirate semblait être aussi important que la lame de la mercenaire pour cette dernière. Donc, elle l'aurait clairement de travers, de voir quelqu'un se servir de sa lame. Quoi qu'il en soit, le petit groupe rencontra rapidement un elfe qui semblait assez important dans le coin. Cependant, comparé à la guide, celui-ci semblait loin d'être aussi accueillant et enthousiaste, à l'idée d'héberger des étrangers. Cela donna lieu à un rapide échange entre ce dernier et la guide, qui montrait bien la tension qui règne, actuellement chez les elfes. Dans tous les cas, cela commença déjà à saouler Iris, qui n'avait vraiment pas envie que ça dégénère, alors que la nuit a déjà été bien assez longue comme ça. Elle n'avait qu'une seule envie, c'était de dire deux mots à cet abruti, voire le secouer, juste pour passer ses nerfs sur quelque chose, mais elle se retint, tout en se frottant la tempe, le mal de tête commençant à lui monter au cerveau. Par chance, ce fut Kula qui intervient, et parvint à faire enfin taire cet elfe peu accueillant. Elle fit même mieux, car suite à son discours, cet elfe accepta même que le petit groupe s'installe un temps sur ce territoire. C'était donc réglé, au grand bonheur d'Iris qui avait déjà moins mal au crâne, rien qu'en s'éloignant de la présence de ce type.

C'est donc après quelques minutes de marche, que le petit groupe atteignit un petit village fort sympathique. C'était loin d'être le village le plus prospère du territoire, selon la guide, mais il remplissait son rôle. Afin de profiter de cet endroit comme il se doit pour les prochains jours, l'elfe offrît même de l'argent au groupe. Sa générosité était appréciable, et elle savait faire preuve de reconnaissance, en remerciant de nouveau la mercenaire pour avoir affronté ce dragon, lors de la dernière bataille. Finalement, elle s'empressa de laisser le groupe à ses occupations, suite à une bourde en ce qui concerne le lien de fraternité qu'il y aurait entre Iris et la jeune fille qui lui tenait la main. Bien que de son point de vue, il n'y avait pas de quoi se sentir gêner, la mercenaire elle-même devait bien avouer que Julia lui ressemblait beaucoup. D'ailleurs, la ressemblance n'était pas que physique, en vérité, car la mercenaire s'est vite rendu compte que même mentalement, elles ne sont pas si différentes. C'est d'ailleurs cette raison, entre autres, qui a poussé Iris à s'intéresser à cette gamine, aussi égoïste que ça puisse être, de son propre aveu. Quoi qu'il en soit, le petit groupe décida de s'arrêter dans une auberge, et d'y louer deux chambres. Une pour Law et Kula, et une pour Iris et Julia. C'est donc après avoir payé la chambre, que le petit groupe se sépara, laissant Iris et Julia entre elles.

* * *

Les deux filles arrivèrent finalement dans la chambre qu'elles allaient partager pendant un temps. Cette dernière était assez classique, et était donc pourvue d'un lit, ainsi que tout ce qu'il faut pour passer une bonne nuit. Il y avait aussi une petite pièce en plus, qui devait certainement être la salle de bain. Du côté de Julia, elle semblait émerveillée par l'endroit. C'était certainement la première fois qu'elle allait dormir dans un lit douillet. D'ailleurs, cela la perturba légèrement, de se rendre compte qu'il n'y avait qu'un seul lit. Elle n'imaginait pas une seconde profiter du lit, alors que sa sauveuse le méritait bien plus que cette dernière. Bien sûr, elles pourraient dormir ensemble, mais ça n'allait pas être la jeune fille qui allait proposer cela. Elle était déjà reconnaissante qu'Iris lui accorde de l'accompagner, elle n'allait pas en plus s'imposer. Elle restait donc silencieuse, tout en commençant à se poser mille questions. Par chance, la mercenaire prit enfin la parole, brisant un long silence.

- Bon, je vais prendre une douche, ensuite tu feras de même, d'accord ? Ensuite, on ira se coucher, j'imagine que tu dois être exténuée.

Julia se contenta de hocher la tête, en guise d'acceptation. Il était évident qu'elle allait obéir à tous les ordres de sa sauveuse. De plus, Julia était loin d'être une rebelle enquiquineuse de base. Mais plutôt du genre discrète et assidue. Ce n'était pas cette dernière qui allait donner du fil à retorde à la mercenaire. D'ailleurs, Iris remarqua très vite de son côté que cette gamine était plutôt obéissante depuis le début. Cela ne l'étonna cependant pas réellement, après tout, encore une fois, Iris n'a jamais été une perturbatrice en étant petite, loin de là. Mais plutôt une gamine bien obéissante. C'était généralement le cas des enfants seuls, livrés à eux-même depuis tout petit, d'être rapidement indépendant et de savoir se montrer respectueux. Les capricieux sont généralement ceux qui ont tout ce qu'ils veulent depuis leur naissance.

- On va dormir... ensemble ?

- Évidemment, je ne vais pas te faire dormir par terre. Pourquoi, ça te dérange de partager le lit avec moi ?

- N-non ! A-absolument pas ! C-c'est juste que... je ne veux pas te déranger... Je sais que je t'ai forcé déjà à rester avec moi... je ne veux pas m'imposer davantage...

La mercenaire restait silencieuse quelques secondes, tout en observant Julia s'exprimer au sujet de sa gêne. Iris réalisa finalement que cette gamine se sentait déjà coupable de lui imposer sa présence, en pensant qu'elle lui avait forcé la main. À cela, la mercenaire soupira, puis reprit la parole d'une voix rassurante, mais légèrement accusatrice.

- Arrête ça, tu veux... ? Si je ne voulais pas de toi dans mes pattes, crois-moi que tu ne serais pas ici... Tu ne m'as pas forcé la main, Julia, et j'aimerais que tu arrêtes de te sentir coupable et de t'excuser pour tout et rien en ce qui me concerne, compris ?

- D'accord, déso...

- J'ai dit quoi ?!

- Je n'ai pas dit le mot !

- Bien, très bien. Sur ce, je vais me doucher, en attendant, essaye de voir si tu trouves des affaires de rechanges dans les tiroirs... J'ai ce qu'il faut pour moi, mais toi, s'arrêta rapidement Iris, en observant Julia des pieds à la tête, tes vêtements sont vraiment en mauvais état, hors de question que tu gardes ça. Tu n'es pas d'accord ?

- O-oui...

C'est donc après ce constat, qu'Iris s'éclipsa dans la douche, laissant Julia à ses occupations. Une occupation qui consistait à trouver de quoi se changer, pour la jeune fille. Malheureusement, les tiroirs n'avaient que peu de vêtements à sa taille, et en plus de cela, Julia se demandait qui pouvait porter ce genre de vêtements. Cette dernière étant plutôt citadine, il était évident que les tenues elfiques étaient loin de lui parler. De plus, ce tiroir ne possédait visiblement que des vêtements pour dormir, ce qui semblait logique, quand elle y pensait, étant donné que c'était une chambre à coucher. Bref, elle fit chou blanc, et referma les tiroirs, assez déçue. Cependant, quelque chose attira son attention, lorsqu'elle visite la chambre : c'était la lame d'Iris dans son fourreau, posé au bord du lit. Elle s'approcha donc de cette dernière, pour pouvoir mieux l'observer. Car, Julia n'avait pas perdu que son ours en peluche dans cette cité, mais également ses lunettes. La jeune fille n'y voyait que très moyennement, à partir de plusieurs mètres, elle portait donc logiquement, des verres correcteurs. Quoi qu'il en soit, la jeune fille était comme émerveillée par la beauté du fourreau de cette lame. Bien sûr, elle aimerait pouvoir observer la lame en elle-même, mais jamais elle ne se permettrait d'y toucher. De toute façon, elle se doutait que cette lame serait bien trop lourde pour elle, et qu'elle n'arriverait certainement même pas à la dégainer. Elle se contenta donc de finir son observation, puis une fois ceci fait, elle s'assit sur le bord du lit, attendant son tour pour la douche.

* * *

Finalement, après une bonne vingtaine de minutes, Iris sortit de la douche. Cette dernière était toujours en serviette, probablement dans l'objectif de s'habiller avec ce qu'elle trouvera dans les tiroirs à son tour. D'ailleurs, dès que la mercenaire apparut dans la pièce, Julia mit instantanément ses mains devant les yeux, paniquée à l'idée de violer l'intimité de sa sauveuse. Cela fit sourire Iris qui rassura sa partenaire de chambre.

- Hum hum, ça va tu peux retirer tes mains, on est deux filles, on ne va pas jouer les pudiques entre nous, hein ?

- D-d'accord...

Maintenant rassurée, la jeune fille retira ses mains, toujours légèrement gênée cependant. Cette dernière observait néanmoins sa sauveuse en rougissant, tandis que cette dernière continuait de s'essuyer les cheveux, assise sur le lit à côté de Julia. Iris remarqua d'ailleurs assez vite la jeune fille restée comme hypnotisée par cette dernière.

- Un problème ?

Cette interrogation fit instantanément sortir Julia de son hypnose, et la força à s'exprimer de façon défensive.

- N-n-non ! P-p-pas du tout !

Après ces mots lancés dans la panique, elle reprit son calme, et poursuivit d'une voix plus calme, basse, tout en rougissant, l'air gênée.

- J-je trouve juste qu-que tu es très jolie...

Cet aveu de la jeune fille laissa la mercenaire assez gênée à son tour. Elle se mit à rougir, tout en semblant totalement surprise. Elle n'imaginait pas qu'une gamine de 12 ans fasse attention à ce détail. Bien que maintenant qu'elle y pense, c'était un âge suffisamment avancé pour ce genre de détails. Peut-être que c'était la timidité et la petite taille pour l'âge de Julia, qui faisait qu'elle paraissait un peu plus jeune. Il fallait avouer que bien qu'elle avait déjà des formes, elle avait une taille plutôt petite, pour une jeune fille de 12 ans, ainsi qu'un visage également aux traits jeunes et fins. Julia faisait bien plus proche des 10 ans que des 13 ans. Quoi qu'il en soit, la mercenaire répondit d'un air assez gêné, au compliment de la jeune fille.

- Hum, m-merci...

Rapidement, Iris changea de sujet et se précipita sur la mission de Julia, qui était de prendre sa douche à son tour.

- B-bon, allez, à ton tour, Julia. À la douche.

- D'accord, mais, hésita la jeune fille, je n'ai pas trouvé de vêtements dans les tiroirs...

- Ce n'est pas grave, je vais essayer de te trouver quelque chose en attendant, d'accord ?

- Hum.

C'est donc après un hochement de tête en guise d’acquiescement, que Julia se dirigea dans la douche. À son tour, Iris en profita pour vaquer à ses occupations. Elle commença par enfiler une culotte ainsi qu'un débardeur qu'elle trouva dans un des tiroirs. Cela lui suffira amplement pour dormir. Elle se mit donc par la suite à la recherche de quelque chose qui puisse aller à sa nouvelle copine. Il fallait avouer que c'était surtout des grandes tailles, et la plupart de ce qu'elle trouvait était assez... peu vêtu. Finalement, elle trouva quelque chose qui pouvait faire l'affaire : une nuisette. Cela sera bien suffisant pour la nuit, ce n'était pas comme si Julia allait faire le marathon avec cette tenue. C'est donc sa trouvaille en main, qu'elle se dirigea vers la salle de bain, et frappa à la porte, afin de donner à cette dernière de quoi s'habiller. Cependant, avec l'eau, elle se doutait que frapper serait inutile. Elle décida donc de rentrer, simplement pour poser l'habit dans un coin, sans déranger la jeune fille. Néanmoins, tandis qu'elle était à l'intérieur, elle pouvait voir Julia de dos, et la mercenaire restait comme hypnotisée à son tour, devant ce qu'elle voyait. Bien sûr, cela n'avait rien à voir avec une quelconque admiration devant les fesses de la jeune fille de dos. Mais plutôt des dizaines de cicatrices qui parcouraient son corps. Iris ne voyait que le dos de la jeune fille, et pouvait déjà s'imaginer qu'elle avait certainement des cicatrices également à l'avant.

- Mais putain, quel enfer vivait cette gamine là-bas... ? Une jeune fille de cet âge ne devrait pas être autant marquée...

Après cette observation, la mercenaire sortit pensive de la salle de bain. Elle se posa des milliers de questions sur cette Julia, et surtout comment l'être humain pouvait être aussi cruel. Car elle se doutait bien que ce n'était pas la jeune fille qui s'était fait ça toute seule. Puis, elle se souvînt de sa propre enfance, où elle subissait moult isolement, ainsi qu'être traité comme de la merde sans aucune raison valable, alors qu'elle avait elle-même à peine 10 ans. Finalement, cela n'était pas si étonnant, quand elle y pensait. Sa haine et son dégoût des mortels ne lui venaient pas de nulle part. L'état de Julia n'était qu'une preuve de plus que son dégoût était justifié. Encore une fois, Iris était loin d'être contre l'avis de la reine lunaire, quant à la purge de cet endroit. La seule raison au final, de son prochain combat, n'était que de permettre à cette Julia d'enfin connaître une vie paisible. La mercenaire n'avait strictement rien contre cette Azelia, à part des méthodes douteuses et une folie qu'elle trouvait légèrement trop poussive. Comparé à la valkyrie, ainsi qu'à cet endroit, ce n'était ni la vengeance, ni la quête de réponse, qui motivait la mercenaire. Mais alors, qu'est-ce qui pouvait bien la retenir ici ? Julia était un début de réponse, mais il était évident qu'autre chose la poussait à rencontrer cette Azelia et l'affronter.

* * *

Tout comme Iris, Julia sortit de la douche après une bonne vingtaine de minutes, mais pas en serviette, mais en nuisette. Cela semblait d'ailleurs gêner à n'en plus finir la jeune fille qui trouvait cela carrément trop découvert, vu la tête qu'elle tirait en se présentant devant le regard de la mercenaire.

- C-ce n'est pas u-un truc réellement décent, ç-ça...

Bien qu'Iris aurait pu esquisser un sourire, tellement c'était hilarant de voir la pauvre jeune fille complètement gênée dans cette tenue, elle était toujours perdue dans ses pensées. Elle se contenta de rassurer Julia sur son accoutrement, d'un air évasif.

- Ça fera l'affaire pour dormir...

- O-ok...

La jeune fille remarqua rapidement que sa sauveuse était pensive et ailleurs. Cela lui titilla immédiatement l'esprit, et lui fit finalement poser directement la question à l'intéressé.

- ...Il y a un problème... Iris ?

La mercenaire sortir finalement de ses pensées, afin de rassurer son interlocutrice qui commençait à s'inquiéter.

- Ce n'est rien, je suis juste un peu fatiguée.

Puis, elle changea de nouveau rapidement de sujet.

- Bon, tu viens t'asseoir ? On va changer ton bandage, d'accord ?

- D'accord.

Iris invita donc Julia à s'asseoir sur le lit, ainsi qu'à lui donner sa jambe. La mercenaire s’attela à la tâche, tout en vérifiant l'évolution de la blessure. Bien qu'il s'était écoulé peu de temps, la blessure commençait déjà à cicatriser, comme prévu, maintenant qu'elle avait reçu des soins. Mais tandis qu'Iris changeait le bandage, elle restait silencieuse et pensive, tandis que Julia l'imitait sans trop avoir le choix, ressentant toujours que quelque chose n'allait pas chez sa sauveuse. Finalement, au bout d'un moment, tandis qu'elle continuait les soins, la mercenaire prit enfin la parole, d'une voix sérieuse, mais hésitante dans le ton.

- Dis-moi Julia... Je peux te poser une question ?

- Hum...

- Pourquoi... moi ?

Finalement, la mercenaire posa la seule question qui lui torturait l'esprit depuis le début. La raison pour laquelle cette jeune fille s'était tant attaché à cette dernière. Cette question laissa Julia dans le silence, tandis qu'elle commençait à baisser la tête, comme gênée. C'est pendant ce moment qu'Iris s'exprima plus clairement sur sa question.

- Ce n'est pas un reproche, Julia, je veux juste comprendre. Je veux dire, je t'ai tendu la main, mais je ne suis pas celle qui t'a le plus protégée cette nuit-là... Kula a rempli ce rôle bien mieux que moi, et même cette rouquine t'a indirectement sauvé la vie... Moi, je n'ai fait que te tendre la main et te confier à d'autres...

Un long silence s'installa dans la chambre, tandis que les deux femmes restaient silencieuses. Iris, pensive, attendant une réponse de son interlocutrice. Et Julia, pensive également, semblant ne pas pouvoir s'exprimer. La mercenaire se doutait que cette question pouvait mettre mal à l'aise la jeune fille, voire la vexer, mais elle devait avoir une réponse. Finalement, au bout d'une bonne minute, Julia brisa enfin le silence, et répondit d'une petite voix, à son interlocutrice.

- P-parce que justement... tu m'as tendu la main...

Julia poursuivit après sa première réponse, d'une voix toujours aussi basse, mais mélancolique.

- C'est important pour moi... Depuis toute petite, je n'existe pas... personne ne m'a jamais tendu la main... Cette nuit-là, je savais que j'allais mourir... car personne ne prêtait attention à moi... Je sais que cette Kula est gentille, mais elle m'a ignoré comme les autres... J'étais certaine que j'allais mourir...Mais toi, tu es la seule pour qui j'ai existé... Tu es la seule avec laquelle je n'ai plus souffert... Quand j'étais avec cette Kula, j'ai de nouveau souffert, car elle était incapable de me protéger... Mais toi... toi tu es si forte, tu sembles si invincible... J-je veux juste plus avoir mal... Je veux juste ne plus souffrir...

- … Je ne suis pas invincible, Julia...

- … I-il n'y a pas que ça...

- Hum... ?

- J-je ne sais pas comment l'expliquer... Mais.. quand tu m'as tendu la main... je l'ai vu dans tes yeux...

- … Quoi donc... ?

- Ta solitude et ta peur...

Finalement, les derniers mots de Julia confirmaient ce que pensait la mercenaire : cette dernière lit en elle comme dans un livre. Cette gamine, tout comme Iris, a vu dans l'une et l'autre la détresse. Les deux femmes sont torturées par les mêmes démons. La solitude, la peur, le doute, tout dans leur esprit était similaire. Seul l'expérience, différenciait les deux femmes. L'une avait simplement plus vécu que l'autre. Pour Iris, c'est limpide à présent. Julia cherchait simplement la même chose que cette dernière. La mercenaire utilisait la jeune fille pour son intérêt personnel, et Julia utilisait également la mercenaire pour son propre intérêt. Iris, pour trouver des réponses, et Julia, pour la protection et l'intérêt, que la mercenaire lui porte. Ensemble, ces deux-là s'aidaient mutuellement à lutter contre leurs démons. C'est donc après cette dernière phrase que le silence s'installa de nouveau, dans la chambre. Sauf que cette fois, Iris et Julia s'observaient dans les yeux, comme perdu chacune dans l'esprit de l'autre. Puis, après cet instant complice, Iris finissait « enfin » le bandage de la jeune fille, et reprit la parole, d'une voix plus joyeuse, tout en esquissant un sourire.

- Hum, allez, au lit, Julia.

- Hum.

Julia acquiesça, tout en esquissant un sourire à son tour, puis se laissa tomber en arrière, étant déjà sur le lit. Iris quant à elle, qui était au pied du lit pour le bandage, se releva, et s'allongea à son tour sur le lit. Cette dernière croisa les bras derrière la tête, et commença à observer le plafond, le sommeil ne semblant pas venir dans l'immédiat. Quant à Julia, elle était allongée sur le côté, en direction de sa sauveuse, profitant du confort de ce lit incroyable pour cette dernière. Et surtout, la proximité de quelqu'un pour qui elle existait, et qui pouvait la protéger. C'est donc après quelques secondes, que la jeune fille sombra dans les bras de Morphée, et s'endormit paisiblement, pour la première fois depuis longtemps...


Dernière édition par Iris le Lun 9 Juil - 22:16, édité 1 fois
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Iris
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MessageSujet: Re: Une nouvelle motivation   Lun 9 Juil - 22:12

Une bonne partie de la nuit s'était écoulé à présent, tandis que Julia dormait à poing fermé. Mais du côté d'Iris, impossible de trouver le sommeil. Bien qu'il était le milieu de la nuit, elle était toujours dans la même position, pensive, incapable de fermer l’œil. La mercenaire avait bien trop de choses en tête, pour réussir à dormir. Entre cette gamine, son alter ego, son avenir sur Légendia, sa mère, ainsi que son prochain combat pour une cause dont elle se fout en réalité. C'était d'ailleurs ce qui revenait le plus dans sa tête, cette décision de participer à cette guerre. Pourquoi elle avait une envie soudaine de s'attaquer à cette personne ? Julia était une raison, mais il y avait autre chose que la mercenaire ne pouvait expliquer. Était-ce réellement une envie de se surpasser et de trouver sa limite ? Ou encore un moyen de se prouver qu'elle était capable d'atteindre Légendia ? Ou bien un moyen de lutter contre cette peur qui la hante depuis tant de temps ? Elle ne pouvait réellement affirmer c'était quel sentiment qui la poussait à se joindre à un combat qui ne la concerne pas, et qui pouvait même lui coûter la vie.

- Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Je ne me reconnais plus depuis cette bataille... Je prends des décisions et fais des promesses illogiques. Et voilà que maintenant je participe à une bataille à laquelle je ne suis pas certaine de survivre, et où je serais certainement un pilier sur lequel tout un monde va se reposer... C'est pathétique. Ces gens sont pathétiques. Ces mortels nous crachent dessus, mais nous vénèrent quand ils ont besoin de nous. Ils méritent certainement ce que cette reine veut leur faire. Je suis prête à parier qu'elle aussi a subi moult souffrance à cause de leur mentalité... Alors pourquoi ? Pourquoi je tiens quand même à les défendre ? Est-ce à cause de ces deux mortels et Julia ? Julia... Ce désir... Je le ressens au fond de moi. Je désire la protéger... Mais pourquoi... ? Pourquoi spécialement toi, Julia... ? Parce que tu es le miroir de ce que je n'ai pas réussi à protéger par le passé... ? C'est complètement stupide ! Ce que je fais n'a aucun sens ! Peut-être devrais-je simplement partir...

Tandis qu'Iris était perdue dans ses pensées, elle fut soudainement sortie de ces dernières, lorsque du mouvement était notable chez Julia. La jeune fille commençait à s'agiter dans son sommeil, tout en étant parcouru de léger tremblement. De légers gémissements accompagnaient aussi l'agitation. Il était clair pour la mercenaire que Julia faisait un cauchemar. Était-ce un cauchemar de ce qui s'est passé dans son pays natal ? Quoi qu'il en soit, Iris se sentait soudainement coupable de se poser cette question, tandis que sa jeune colocataire était en train de faire un cauchemar visiblement bien agité. C'est donc suite à cette prise de conscience, qu'elle tenta de sortir Julia de son mauvais rêve.

- Julia...

Cela ne suffisait visiblement pas, de juste citer son nom, bien qu'elle répéta cette action deux à trois fois derrière. Elle décida donc de décroiser ses bras de derrière la tête, et d'utiliser sa main pour secouer légèrement la jeune fille. Bien que cela puisse être une mauvaise idée en général, de réveiller quelqu'un qui rêve, de façon brusque, cela allait certainement à terme, être préférable pour Julia, que de rester coincé dans son cauchemar.

- Hey, insista donc Iris, tout en secouant la jeune fille, Julia !?

Finalement, la jeune fille réagit, et semblait paniquer, croyant certainement toujours être dans son cauchemar. Après tout, elle venait de se réveiller brusquement, donc c'était une réaction normale. Au bout d'un court instant, elle semblait toujours dans plongée dans la surprise et observa autour d'elle, avec agitation. À ce moment-là, Iris décida de rassurer Julia, en lui adressant la parole d'une voix douce.

- Ça va, Julia, ça va, c'est fini. Ce n'était qu'un cauchemar...

Après ces mots, ainsi que quelques secondes, Julia sortit enfin de sa torpeur et semblait reprendre ses esprits. Elle posa son regard encore embrumé, sur Iris, et semblait soudainement rassurée, en réalisant que c'était qu'un cauchemar qu'elle venait de faire. Cependant, au bout d'un court instant, elle fondit soudainement en larmes, et se blottit contre la mercenaire. Iris ne savait encore une fois pas quoi faire, et se contenta d'enlacer la jeune fille, pour la soulager. Bien que cette fois, elle imaginait très bien que son cauchemar devait être la cause de cette soudaine tristesse. Mais pour en arriver là, cette fille devait avoir une souffrance intérieure insoutenable.

- Allez, ça va, c'est qu'un cauchemar, ça va aller...

- J-je... ne veux plus avoir mal... J-je ne veux... plus être seule...

Ces mots glissés dans les pleurs de la jeune fille révélèrent finalement à la mercenaire la raison de sa tristesse. Son cauchemar n'était que le résultat de sa grande souffrance. Tout comme sa peur, ainsi que sa solitude. Iris compris rapidement au final, qu'elle était bien la dernière chose à laquelle se raccrochait cette gamine. Julia avait trouvé quelqu'un qui partageait son esprit, ses craintes. Ainsi que quelqu'un qui la comprenait, et qui pouvait la protéger. Cette fille avait un besoin vital de compagnie, ou plus précisément de la mercenaire, sur laquelle elle avait jeté son dévolu. Peut-être espérait-elle voir enfin la lumière, grâce à cette dernière. Quoi qu'il en soit, Iris savait à présent la vérité, et tout en continuant de serrer dans ses bras la jeune fille, elle lui susurra les seuls mots qu'elle voulait entendre.

- Tu ne souffriras plus, Julia, je te le promets... Je te protégerais... de ce monde.

Tandis qu'elle prononça ces mots, elle se maudissait presque, en se rendant compte qu'elle venait une fois encore, de faire une promesse. Mais cette fois, elle savait que c'était plus fort que sa logique. Bien que tout cela n'avait aucun sens pour elle, il était évident à présent, que protéger cette gamine était ce qu'elle désirait. C'était son désir le plus ardent. Protéger Julia, était son épreuve, afin de se prouver qu'elle n'était pas un monstre. C'était sa preuve, qu'elle mériterait d'aller sur Légendia. Sa plus grande peur actuellement n'était plus son alter ego, mais d'échouer à protéger cette gamine...

- Hum, alors c'était ça... Tu le savais, n'est-ce pas ? C'est pour ça que tu ne réponds plus, et que tu n'apparais plus. Car je n'ai plus peur de toi, mais de l'échec...

Évidemment, aucune réponse de son alter ego ne vint la contredire. Elle avait compris depuis longtemps, que ce dernier n'était là que dans les moments où elle avait peur, où elle était perdue. Mais cette fois, elle n'avait plus peur, et n'était plus perdue. Elle savait enfin, ce qu'elle devait faire. Bien sûr, la crainte de l'échec l'habitait, mais ce n'était plus une peur inconnue. C'était une crainte qu'elle pouvait contrôler, et contre laquelle elle pouvait lutter. Quoi qu'il en soit, après cinq bonnes minutes dans les bras de sa protectrice, Julia semblait s'être calmée. Et maintenant qu'elle était plus stable, elle libéra la mercenaire, en se retirant légèrement, et reprenant sa place dans le lit. À présent, la jeune fille observait Iris, qui lui esquissa un sourire doux, tout en lui caressant les cheveux.

- Ça va mieux ?

- Hum, hocha de la tête la jeune fille, désolé...

- Tu recommences !

- Ha! Déso...

Finalement, après une intense émotion quelques secondes auparavant, Julia esquissa un sourire à la mercenaire. L'échange complice entre les deux femmes était silencieux, mais profond. Que ce soit la mercenaire, ou la jeune fille, elles avaient trouvé quelqu'un sur qui se rattacher. Iris ne saurait l'expliquer, mais ce moment était magique pour cette dernière. Peut-être était-ce parce qu'elle n'a jamais connu cela, ou une autre raison, mais ce dont elle était certaine, c'était qu'elle voulait que ce moment dure éternellement. Pendant cet interlude, la mercenaire oublia tout. Ses craintes, sa haine, sa condition, et même la cruelle réalité qu'elle devra avouer tôt ou tard à la jeune fille. C'est d'ailleurs en pensant soudainement à ce qu'elle cache à Julia, que son moment de bonheur commença à fondre comme neige au soleil. Soudainement, elle se questionnait sur cette réalité. Comment réagira Julia, lorsqu'elle apprendra que sa sauveuse est immortelle ? Va-t-elle la craindre ? La repousser ? C'était une habitude chez les mortels cette réaction, pour Iris. Sauf que cette fois, l'avis de Julia lui importait. Cette fois, elle craignait d'être repoussée par cette jeune fille qui venait d'éveiller quelque chose d'incroyable en elle. Mais pour l'instant, elle décida de ne pas y penser, et de profiter du moment présent. Bien qu'il y ait quelque chose d'autre qui intéressait la mercenaire, c'était d'en savoir plus sur sa nouvelle amie. Et plus précisément, qui était véritablement responsable de ses cicatrices. Bien qu'elle se doutait de qui en était responsable, elle devait lui demander. Elle devait la faire parler, ne serait-ce que pour libérer un peu cette gamine de son fardeau. C'est donc toujours les yeux plongés dans ceux de la jeune fille, ainsi que sa main caressant délicatement ses cheveux, qu'elle prit la parole.

- Dis-moi, Julia... hésita la mercenaire, tout à l'heure, je me suis permis d'entrer pendant que tu prenais ta douche, afin de déposer le vêtement que je t'ai trouvé. J'imagine que tu devais t'en douter, de toute façon. Enfin, là n'est pas le problème... Ma question concerne ce que j'ai pu observer, quand mes yeux se sont posés sur toi...

- Ho... j'imagine que... tu parles de mes cicatrices... ?

- Hum, acquiesça Iris, en effet... Je me demandais si... tu voulais en parler ? Parfois, parler peut soulager... Tout comme toi, je n'ai jamais eu personne pour parler ou m'écouter... Alors, si tu en as envie, je veux bien t'écouter...

La jeune fille semblait soudainement pensive, tout en étant gênée. Elle avait envie d'en parler, mais c'était toujours difficile, d'aborder ce genre de scénario. Mais Julia savait qu'Iris voulait l'aider à se soulager, et en savoir plus également sur elle. Cet intérêt pour sa personne rendait heureuse comme jamais cette dernière, mais encore une fois, c'était difficile de parler de ce genre de détails.

- C'est difficile, je m'en doute, Julia. Ne te force pas. Mais je pense vraiment qu'en parler pourrait te faire du bien. Même si ce n'est pas facile. Sache que de toute façon... ces soldats ne te feront plus jamais de mal...

Iris tenait réellement à faire parler la jeune fille. Elle savait qu'elle en avait besoin et qu'il fallait qu'elle évacue. Elle espérait qu'en la rassurant, en lui faisant comprendre que tout cela appartient au passé, elle décide d'en dévoiler un peu. Et cela porta ces fruits, car Julia prit enfin la parole, mais à la surprise d'Iris, elle était loin de la vérité, sur les responsables de ces cicatrices.

- … Ce n'est pas les soldats qui sont responsables de mon état... C'est ma mère...

- Ta m...

La mercenaire était complètement choquée. Elle avait presque du mal à croire ce qu'elle avait entendu. C'était inadmissible pour Iris, de concevoir qu'une mère puisse être responsable du malheur de son enfant. Cela la laissa sans voix, et arborant une expression choquée. Elle ne savait pas quoi dire, ni comment réagir. Elle qui était persuadé que c'était les soldats solaires, qui s'amusaient à maltraiter les habitants des bas-quartiers, pour le cas de Julia, elle s'était complètement fourvoyée. Cependant, Julia se lança enfin, et en raconta un peu plus, et commença à vider son sac.

- En vérité, ce n'est pas réellement ma mère... Ma vraie maman est morte en me donnant naissance... Je n'ai donc connu que cette femme, comme mère, depuis que je suis toute petite. Mon père a épousé cette dernière peu de temps après mes trois ans... D'ailleurs, je n'ai pas toujours vécu dans les bas-quartiers... Quand j'étais petite, j'habitais avec mon papa dans une grande et belle maison ! Papa était un grand chevalier ! Mais, poursuivit la jeune fille d'un ton fataliste, à mes cinq ans, papa est mort aussi... Il a été accusé de trahison envers le roi, et a été tué pour ça... Après sa mort, le nom de ma famille était sali, et on a fini pauvre, exilé dans les bas-quartiers avec ma belle-mère...

… Rapidement, tous ceux de cet endroit savaient pour ma famille, et ce qu'avait fait mon père. C'est pour ça que les enfants me frappaient et m'insultaient... On me traitait de fille de traître, de chienne, et pleins d'autres insultes... Et plus les années passèrent, et plus j'étais seule. Ma belle-mère, par manque d'argent, est devenu une putain, et ça n'a pas arrangé ma condition de vie, d'avoir une pute de mère... Mais j'ai appris à supporter les moqueries et les coups, de toute façon, je sais que mon papa n'est pas un traître. C'était un grand chevalier, et le plus courageux ! Jamais il n'aurait fait ça à sa famille... Le plus dur, c'était ma mère... Quand elle n'était pas avec un soldat, elle était saoule à la maison... et quand elle était saoule, elle me tapait dessus... De toute façon, tout l'argent qu'elle gagnait, elle l'utilisait pour se droguer... Donc quand elle n'était pas saoule, elle était défoncée... Elle m'accusait souvent de son malheur, et se défoulait sur moi pour ça... Les soldats, ce n'était vraiment pas les pires... Eux, se contentaient surtout de me pousser si j'avais le malheur d'être sur leur chemin, ou m'insulter de déchets... C'est surtout les autres enfants, et ma mère, qui me frappaient tout le temps...

Finalement, Julia s'était dévoilée à sa protectrice. Elle racontait dans les détails, sa vie, son existence, son quotidien. Et plus la jeune fille parlait, plus Iris sentait un malaise insoutenable l'envahir. Jamais, elle aurait imaginé, que cette fille avait autant souffert. Là, ça allait bien plus loin que physique, mais c'était également psychologique. L'enfer imaginé par Iris n'était rien actuellement, par rapport à ce que racontait cette gamine. Elle avait presque du mal à expliquer comment cette fille pouvait encore être vivante, et en pleine santé mentale, aux dernières nouvelles. Bien que, finalement, des mots de Julia eux-même, elle ait fini par s'habituer. C'est comme tout, à force de vivre en enfer, on finit par ne plus sentir la chaleur. Mais c'était cruel, pour la mercenaire, qu'on soit obligé de s'habituer à une telle existence. Comment les autres enfants, ou habitants des bas-quartiers pouvaient être aussi monstrueux ? Cette fille n'avait rien demandé. Tout comme elle-même d'ailleurs, rejeté sans avoir rien demandé à l'époque. En ce qui concerne le père de Julia, il était facile de noter qu'il comptait beaucoup pour cette dernière, et que voir ce dernier traîné dans la boue a dû être horrible. Peut-être voit-elle en Iris le chevalier courageux que représentait son père, et qui la protégeait comme un parent doit protéger son enfant ? Quoi qu'il en soit, pour cette histoire de trahison, après ce qu'elle venait d'apprendre la nuit dernière, il était évident que le père de Julia était innocent. Maintenant, il était clair que son père, devait faire partie d'un groupe de rebelles qui avait démasqué ce fameux roi solaire, et exécuté pour cela.

- Je suis certaine aussi, que ton père était un grand chevalier, Julia. Tu n'es sûrement pas au courant, mais lors de cette nuit, j'ai cru comprendre que le roi était réellement le vrai traître... Donc, ton père ne t'a certainement jamais trahi, ni abandonné, Julia.

- Hum, acquiesça la jeune fille, émue, j'ai toujours su, que mon papa était innocent...

Iris avait dévoilé ce détail en espérant que cela mette du baume au cœur de cette jeune fille, bien que cela n'efface pas le passé. Mais elle trouvait ça nécessaire tout de même, au moins pour que Julia sache qu'elle a eu raison de croire en son père. Quoi qu'il en soit, elle comprenait enfin mieux ce que voulait dire Julia précédemment, au sujet de l'abandon d'espoir de voir une main tendue, cette nuit-là. Dans tous les cas, à présent, elle connaissait mieux cette fille, qui venait de lui raconter son histoire, et ses blessures. Bien qu'au fond d'elle, elle était totalement écœurée du vécu de cette Julia. Cela n'arrangea pas sa haine viscérale envers les mortels, par ailleurs. Cette fois, il n'y avait absolument plus aucun doute, quant à la raison de son prochain affrontement contre le pays lunaire. C'était tout, sauf pour protéger ce monde. D'ailleurs, tandis que Julia avait terminé son récit, Iris de son côté avait une question qui demandait réponse, dans sa tête.

- Dis-moi, Julia...

- Oui ?

- Est-ce que... hésita la mercenaire, tu es satisfaite que tous ces gens soient morts... ? … J'aimerais que tu sois franche, Julia. Je ne te jugerais pas, ni ne te blâmerais, j'ai juste besoin... de savoir ce que tu ressens au fond de toi...

La question de la mercenaire était directe et sans détour. Cela pouvait paraître carrément brutal, de demander cela dans le blanc des yeux à cette jeune fille. Mais Iris ne le faisait pas gratuitement. Elle cherchait forcément quelque chose, dans la future réponse de Julia. Mais sur l'instant, c'était la réponse de Julia qui l'intéressait. Cette dernière ne répondit pas sur le moment, car pensive, voire gênée. Il fallut bien une bonne dizaine de secondes, pour que la jeune fille reprenne la parole d'une petite voix, d'un ton coupable.

- Oui...

La réponse était finalement positive, ainsi que celle escomptée par la mercenaire. Elle s'en doutait déjà, ne serait-ce que par l'attitude de cette Julia, qui semblait pas du tout impacté par la nuit dernière, mais alors était-ce simplement pour s'en assurer ? Dans tous les cas, Julia ne semblait pas fière de cet aveu.

- … Je sais que je suis une méchante fille... Pleins de gens sont morts... mais je n'arrive pas à ressentir de la tristesse... J-je.. j'avoue que j'ai été soulagée, de les voir disparaître... C-cest tellement cruel... J'aimerais ressentir quelque chose.. mais je n'y arrive pas ! J-je ne ressens... que de la satisfaction... J-je suis un monstre...

À ces paroles, Iris semblait pensive, tout en observant sa jeune interlocutrice culpabiliser. Ce n'est qu'après quelques courtes secondes, que la mercenaire prit la parole.

- Non, Julia, tu n'es pas une méchante fille... Au contraire, ton ressenti, prouve simplement que tu es vivante... Ces gens t'ont fait énormément de mal, il est normal que tu ressentes de la haine envers eux, et une satisfaction, dans leur mort, indirectement... Peut-être que j'ai tort, mais c'est ce que je pense, moi... On a le droit, de ne rien ressentir, cela ne fait pas forcément de nous des monstres sans cœur... Moi aussi, Julia, j'ai fait quelque chose d'horrible, quand j'avais ton âge... beaucoup de gens sont morts... J'ai cherché pendant des années à ressentir de la haine envers moi-même, de me sentir coupable, mais je n'ai jamais réussi à ressentir autre chose que de la satisfaction... Depuis ce jour-là, j'ai passé mon temps à me maudire, et à me mentir sur mon ressenti, car j'avais peur qu'en reconnaissant mon véritable ressenti, je sois véritablement un monstre...

- C'est pas vrai... tu n'es pas un monstre...

- Non... et toi non plus, Julia. Grâce à toi, j'ai enfin accepté ce fait. Je sais maintenant, qu'il est normal, de ressentir de la haine, envers ceux qui nous ont fait souffrir... Cela ne fait pas de nous des monstres... Au fond, c'était évident, mais j'avais peut-être besoin qu'on me le dise, comme tu viens de le faire...

- J-je...

- J'aimerais que tu ne te sente plus coupable, Julia. Tu n'as pas à t'en vouloir, de ne rien ressentir. Ne perd pas ton temps à mettre un masque, comme je l'ai fait. On ne peut pas se forcer à éprouver quelque chose, quand notre conscience est tranquille... Je ne dis pas que ces gens méritaient leur sort, Julia, mais que ce n'est pas à nous, de les pleurer pour autant...

Finalement, cette question avait pour objectif d'aider la mercenaire à se pardonner. Depuis ce fameux jour, où elle a causé la destruction de son village et la mort de son père, elle n'a cessé de culpabiliser. Mais ce n'était en vérité pas pour ce qu'elle avait fait, mais plutôt de ne rien ressentir. La peur d'avouer son véritable ressenti et d'être un monstre, l'a poussé à mettre un masque avec elle-même. Allant jusqu'à accuser son alter ego pour cet acte. Et bien que c'était réellement ce dernier. Au fond, il n'avait pas tort, c'était bien Iris qui voulait ce qui est arrivé. Cet alter ego lui a toujours dit, qu'il ne pouvait rien faire, sans l'aval de son hôte. Aujourd'hui, grâce Julia, la mercenaire avait accepté ce fait, et était enfin en paix avec elle-même. Ce qu'elle a fait, c'était simplement une réaction d'une petite fille souffrante, qui ne voulait rien d'autre que son malheur cesse. Tout comme Julia aujourd'hui, qui ressent une libération, car ces bourreaux ne sont plus. Tout cela n'est qu'une histoire de vengeance, et de libération. Une libération d'une cellule de souffrances perpétuelles. Quoi qu'il en soit, à présent, Iris était plus confiante, quant au fait d'avouer sa véritable nature à Julia. Mais cela, elle ne le fera pas cette nuit. Finalement, cet échange nocturne avec Julia lui a permis de ressentir enfin la fatigue. Peut-être car elle se sent enfin libérer ? Dans tous les cas, il était temps que les deux filles profitent enfin d'une nuit de sommeil.

- Hum, souffla la mercenaire en souriant, il faut que tu dormes, Julia. Demain, on ira se balader dans le village, et essayer de te trouver des vêtements qui correspondent à ton style ! D'accord ?

- Hum, acquiesça la jeune fille en souriant à son tour, d'accord, Iris.

Finalement, après une rapide observation entre les deux filles, Iris rapprocha Julia d'elle-même, et la serra dans ses bras. Elle savait que c'était ce que voulait la jeune fille, et que cela l'empêcherait de refaire un horrible cauchemar.

- Allez, dors sans crainte, Julia, je suis là, et je te protégerais de tous tes cauchemars...

C'est donc dans les bras de sa protectrice, que Julia ferma les yeux, et s'en alla de nouveau dans le pays des songes. Quant à Iris, elle se décida également à fermer les yeux. Et c'est rapidement, qu'à son tour, elle trouva le sommeil, se sentant elle-même soulagée, et protégé, avec Julia dans ses bras...
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MessageSujet: Re: Une nouvelle motivation   Dim 5 Aoû - 17:15

Une douce lumière filtrait depuis quelques minutes dans la chambre, recouvrant la fenêtre d'une fine rosée matinale due à la végétation environnante. La forêt permettait aux rayons du soleil d'être doux, atténué par le feuillage des arbres qui régnaient en ces lieux. La lumière, malgré sa douceur, était suffisante, pour sortir la mercenaire de son sommeil. Iris ouvrit les yeux péniblement, encore habitée par la torpeur. La jeune femme n'avait pas l'habitude de dormir aussi bien et profondément, donc forcément le réveil était difficile. Rapidement, elle se rendit compte qu'elle avait toujours dans ses bras, la jeune Julia, qui continuait de dormir à profond sommeil. La jeune fille semblait dormir paisiblement, blottie contre sa sauveuse. Iris, maintenant réveillée, observa sa protégée un petit moment, comme hypnotisé par cette dernière. Cela l'apaisait de la voir dormir. Elle était magnifique, tel un petit ange. C'était la première fois que la mercenaire observait quelque chose d'aussi innocent et pur. Elle se sentait tellement bien, qu'elle pourrait rester là, à observer dormir son petit ange toute la journée. Elle qui avait vu tant d'horreurs dans son existence de tous les jours, là, c'était un repos mérité. C'est donc ainsi, qu'elle décida de rester là, à profiter de cette vision de paix, tout en commençant à caresser délicatement les cheveux de la jeune fille. Tout était calme, dans l'esprit de la mercenaire. C'était la première fois qu'elle ne ressentait plus de haine, de colère, de doutes, ou encore des regrets. Elle était tout simplement en paix.

- Elle est tellement magnifique. Ce désir de la protéger, je l'ai déjà ressenti. Cela remonte, mais je me souviens à présent, de votre amour, mère. Cette sensation, cette douceur, c'était ce que je ressentais, quand vous me preniez dans vos bras. Je pouvais le sentir, votre désir de me protéger... Aujourd'hui, je ressens enfin à mon tour ce désir, en voulant protéger cette jeune fille... Ce désir, cette sensation dans mon cœur, est-ce cela, l'amour, mère ? Je ne te connais à peine, Julia, et pourtant, tu provoques tant de bien-être en moi... Je désire te protéger, te voir évoluer, comme une grande sœur le ferait pour sa petite sœur. Une sœur... Suis-je fille unique ? Ai-je des frères et sœurs, quelque part ? Mère, j'ai tellement de questions à vous poser...

Tandis qu'Iris était perdue dans ses pensées, la jeune Julia commença à s'agiter légèrement, annonçant un réveil proche. La mercenaire comprit rapidement que caresser les cheveux de la jeune fille avait certainement provoqué ce réveil. Mais malgré qu'elle stoppa son action, c'était trop tard, Julia semblait émergée de son sommeil. La jeune fille ouvrit les yeux difficilement, tandis que dans le même temps, Iris s'excusa auprès de cette dernière.

- Excuse-moi, Julia, je ne voulais pas te réveiller...

- Haaaaw, bâilla la jeune fille, ce n'est pas grave...

Finalement, Julia sortit de sa torpeur, et s'étira tout en bâillant de nouveau. De son côté aussi, il était évident qu'elle n'avait pas aussi bien dormi depuis des années. D'ailleurs, elle se rendit compte que pendant son sommeil, elle avait légèrement empiété sur sa sauveuse. La jeune fille était presque à moitié sur Iris. Peut-être que la mercenaire était confortable, qui sait ? Quoi qu'il en soit, cela ne semblait pas déranger la concernée, donc Julia ne se pressa pas pour se retirer.

- Bien dormi, Julia ?

- Hum, acquiesça la jeune fille, très bien...

- Je suis assez confortable, poursuivit la mercenaire, en souriant, ça va ?

- O-oui, rougit soudainement Julia, désolé...

Suite à ce premier échange matinal, Iris proposa que les deux femmes se lèvent, afin de profiter de la journée. C'est donc ainsi que la mercenaire fut la première à se lever, ainsi que de prendre sa douche. Elle fut suivie par Julia, qui d'ailleurs s'empressa de remettre ses vêtements de la veille, en attendant d'en acheter des nouveaux. Car la nuisette, c'était réellement gênant, pour le coup. Quoi qu'il en soit, il était encore assez tôt, actuellement, mais la faim commença à se faire ressentir pour Julia, bien qu'elle ne demandât rien, comme à son habitude. Cependant, Iris avait facilement deviné ce fait, en entendant le ventre de la jeune fille à plusieurs reprises crier famine. Elle avait donc préparé un déjeuner, pendant la douche de sa camarade. C'est donc sans attendre que Julia se précipita à table, impatiente de déjeuner. La mercenaire avait fait dans le simple, en composant avec ce qui se trouvait dans la cuisine de la chambre. Elle avait préparé tout simplement une crêpe aux pommes. L'odeur qui se dégageait dans la pièce était délicieusement fruitée, et amplifiait l'appétit de la jeune fille. Néanmoins, il y avait bien que l'odeur, qui semblait délicieuse. Lorsque la mercenaire posa le plat devant Julia, elle pouvait remarquer que la crêpe avait une drôle de couleur, et les pommes semblaient étrangement sombres. Un peu comme le visage d'Iris, qui était carrément incertain, lorsqu'elle posa ce plat devant la jeune fille.

- Hum, lança la mercenaire, d'une voix hésitante, bon appétit... ?

- Merci, Iris !

Julia, toute souriante, remercia sans vraiment faire attention à l'état de la crêpe. Après tout, elle était déjà aux anges, d'avoir sa sauveuse qui lui prépare le petit déjeuné. C'est donc sans attendre, qu'elle entamait avec joie, sa crêpe aux pommes. Malheureusement, le retour à réalité la rattrapa, lorsqu'à la première bouchée, un goût étrange se fit ressentir. Soudainement, tandis qu'elle mâchait, le palais de la jeune fille était en feu. En plus que la crêpe était carrément brûlante, une sécheresse commençait à naître, tellement c'était sec et sucré. Il était clair que rajouter du sucre avec un fruit déjà sucré comme la pomme n'était pas une très bonne idée. Même si à ce stade, ce n'était plus des pommes, mais des pommes de pin grillées. De l'aveu de la jeune fille, ce n'était pas infect, mais ça restait horrible à manger. Si elle prenait une bouchée de plus de cette crêpe, son taux de sucre allait exploser.

- Qu-qu'est-ce que c'est que ça ? C-c'est plus sucré qu'une crêpe au sucre ! J-je ne peux pas manger ça, ça va me tuer ! I-iris est... carrément horrible en cuisine !

Iris pendant ce temps s'était assise en face de Julia, et observa cette dernière manger. Elle était sûrement curieuse de voir le résultat de sa préparation. Même si elle tirait un visage étrange, lorsque Julia avait mis la première bouchée dans sa bouche. Il était évident qu'elle était loin d'être sûr d'elle sur ce qu'elle avait préparée. Et elle ne pouvait pas être plus proche de la réalité qu'actuellement. Julia était en train de mourir intérieurement, tellement c'était immangeable. Cependant, elle était tellement respectueuse et heureuse qu'Iris lui ait préparé quelque chose, qu'elle ne disait rien. Elle se contentait de continuer à mâcher longuement sa première bouchée, tout en contrôlant son envie de pleurer.

- Héhé, lança soudainement Iris, amusée, c'est dégueulasse, hein ?

- N-n-non, répondit Julia, toute rouge après avoir finalement avalé la première bouchée, c-c'est b-bon !

- C'est bon va, ne te force pas, je ne suis vraiment pas douée en cuisine, excuse-moi...

- Awn... c-c'est vrai que c'est pas vraiment bon...

- Ouais, souriait la mercenaire, je n'ai jamais vraiment été douée à ça. Je mange très peu, et à force de manger ma propre merde, j'imagine que je me suis habitué ?

Heureusement pour Julia, elle n'était plus obligée de manger par respect cette chose. Elle s'empressa de poser sa fourchette, et de même repousser le plat, par réflexe défensif. Il était clair que si elle prenait une bouchée de plus, sa vie allait être en danger. Puis visiblement, sa sauveuse elle-même avouait qu'elle n'était pas très douée en cuisine. Cela n'empêcha pas Julia d'être assez gênée pour sa camarade, qui avait fait l'effort de lui faire plaisir.

- C-c'était pas si terrible, rassura la jeune fille, ça aurait pu être meilleur avec moins de sucre, et de cuisson !

- Héhé, ne te sent pas obliger de me rassurer, ne t'inquiète pas.

- J-je suis sérieuse ! T-tu n'es pas si mauvaise... S-si tu veux, hésita soudainement Julia, je pourrais t'apprendre... ? J-j'ai un peu d'expérience dans ce domaine... vu que je devais souvent innover pour rendre ce que je mangeais comestible...

Visiblement, Julia avait une petite expérience dans la cuisine, et se proposa d'aider la mercenaire à rendre ses préparations au moins comestible. Bien que cela la gêne au plus haut point de se proposer. La jeune fille était extrêmement timide et n'avait certainement pas l'habitude de se vendre. Néanmoins, c'était pour elle une occasion d'aider Iris à sa façon. Cette femme comptait énormément pour Julia, et elle souhaitait depuis le début la remercier de s'occuper d'elle, et surtout lui avoir sauvé la vie. C'était un début, pour Julia, de pouvoir déjà aider sa nouvelle amie dans ce domaine. D'ailleurs, la mercenaire semblait souriante, en entendant la proposition de la jeune fille, qui était devenue toute rouge.

- Si tu veux, Julia, ce serait avec plaisir.

- V-vraiment ?

- Hum, acquiesça la mercenaire, bien sûr. Je suis certaine que tu es très douée.

- héhéhé...

Julia rougissait tellement à présent qu'elle risquerait de ne plus jamais retrouver sa couleur naturelle. Les paroles d'Iris étaient si gênantes pour cette dernière, qu'elle ria de façon gênée, tout en se frottant l'arrière du crâne.

- Bon, en attendant, je te propose qu'on aille se balader dans le village. Je te prendrais un truc à manger à l'extérieur, tu en dis quoi ?

- D'accord, répondit Julia avec enthousiasme, ça me va !


* * *

C'est donc ainsi que les deux jeunes femmes avaient quitté leur chambre, pour se retrouver dans le village. Une fois sur place, elles découvrirent un endroit chaleureux et aussi calme que d'apparence. Le village était peuplé comme il fallait. Il y avait du monde devant les étales des commerces, ainsi que la place publique. Mais ce n'était pas assez pour déranger le calme qui régnait dans les ruelles elfiques de ce village. Iris appréciait beaucoup la visite, elle qui vivait dans un pays nocturne blindé de monde, en plein milieu de la cité lunaire. Julia également, était émerveillée, devant ce qu'elle observait. La mercenaire n'avait au moins pas de soucis, dans la cité lunaire, comparé à sa jeune protégée qui vivait un enfer, dans la cité solaire. Quoi qu'il en soit, tandis qu'elles vadrouillaient ici et là, dans le village, elles s'arrêtèrent finalement devant un stand qui proposait de quoi satisfaire un ventre vide. Iris et Julia prirent donc toutes deux des rouleaux de printemps. La mercenaire avait pris un rouleau aux fraises, et Julia aux pommes. Elles étaient donc partie sur des rouleaux fruités, parfait pour le petit déjeuner. Une fois leur déjeuner en main, elles décidèrent d'aller le déguster sur la grande place du village, devant un magnifique arbre dominant la place. Elles se posèrent sur un banc, et commencèrent à savourer leur repas.

- Hum, lança Julia, les babines heureuses, et la bouche pleine, c'est super bon ! J'avais jamais goûté ça !

- C'est vrai que c'est autre chose que mon horreur de tout à l'heure ! Si tu en veux encore, n'hésite pas, la bourse que nous a donnée cette gentille elfe est assez conséquente, je viens de me rendre compte.

- Ç-ça ira, répondit la jeune fille gênée, un seul c'est déjà bien !

Il était évident que Julia n'avait pas l'habitude qu'on lui achète quelque chose, donc accepter la proposition d'Iris, elle trouvait cela abusif.

- Awn, lança Julia, le mien est bon, mais j'aurais peut-être dû prendre à la fraise. Il a l'air meilleur le tien.

- Ha ? Tu veux goûter ?

- J-je peux... ?

- Hum hum, bien sûr, tien.

Julia et Iris s'échangèrent donc leurs rouleaux de printemps, afin de goûter le mets de l'autre. Actuellement, on pouvait réellement observer deux sœurs ensemble. Pour l’œil extérieur, c'était une évidence. Iris et Julia avaient un comportement identiques à ce que feraient deux sœurs, ou deux êtres amoureux. Mais entre une femme et une jeune ado, il était évident que c'était une relation fraternelle. Cela pouvait presque paraître comique, quand on connaît la mercenaire, de l'observer, donner elle-même une bouchée de son rouleau à la jeune fille de façon aussi mignonne. Jeune fille qui fit de même avec Iris, lorsque se fut à son tour de goûter. Sur le moment, Iris était un vrai sucre, d'un point de vue extérieur. Peut-être qu'au fond elle est réellement comme cela, quand elle est heureuse. Après tout, elle n'a jamais réellement pu vivre quelque chose comme cela, depuis sa naissance. Aujourd'hui, cette fille était la seule qui lui donnait l'impression d'exister, et c'était évidemment pareil pour Julia. C'était certainement la raison, pour laquelle leur relation allait si vite et était déjà si intense. Les deux femmes s'offraient chacune ce qu'il leur a toujours manqué : l'attention, l'importance, la compagnie...

- Bon, finalement, tu as fini mon rouleau !

- D-désolé ! T-u aurais dû retirer ta main avant que je le finisse !

- Je n'ai pas eu le temps, morfale !

- C'est pas vrai !

- Si, morfale ! Pour un peu tu mangeais ma main !

- Mais euh ! C'est pas vrai !

Finalement, après leur succulent repas, les deux jeunes femmes reprirent la visite du village elfique. Sur le chemin, elles effectuèrent des haltes ici et là, entre les différents commerces et points intéressants à observer, en n'oubliant pas d'essayer toutes sortent de nourritures dès qu'elles en avaient l'occasion. Ces deux « sœurs » étaient de vraies touristes aujourd'hui. Que ce soit Iris ou Julia, les deux appréciaient la visite et profitaient de ce moment sans se soucier d'autre chose. C'était comme s'il n'y avait que les deux femmes, dans leur monde en commun. D'ailleurs, plus la journée avançait, plus Julia était à l'aise avec Iris et mettait de côté sa timidité. Il en allait de même pour la mercenaire, évidemment. Quoi qu'il en soit, le tour du village était rapide, mais les deux femmes s'arrêtèrent tellement souvent que toute la matinée et une bonne partie de l'après-midi étaient entamées. C'est donc après tout ce temps, qu'Iris fit une halte, en voyant un commerce semblant vendre des vêtements. C'était le moment idéal pour Julia de changer ses vêtements en piteux état.

- Tiens, regarde, Julia, ils vendent des tenues ici. On va enfin pouvoir changer tes vieux vêtements. Je ne veux plus te voir avec ça sur le dos !

- Hihi, d'accord !

- Choisis ce que tu veux, ils doivent forcément avoir quelque chose qui va te plaire.

- J-je peux vraiment ? Je veux dire, les prix m'ont l'air élevés pour des vêtements...

- On s'en fiche, c'est les elfes qui payent. Prends ce que tu veux, ne t'inquiète pas, il reste bien assez d'argent dans la bourse.

- O-ok !

C'est donc ainsi que la jeune fille commença à essayer tout un tas de tenues, avec pour juge, la mercenaire. Bien que toutes les tenues étaient très elfiques dans l'âme, une semblait finalement convenir à Julia, après un défilé interminable. C'était une tenue assez simple, semblable à ce que portait Julia précédemment. Sauf que là, c'était bien plus harmonieux, et en bon état. La tenue était composée d'un haut court mauve, d'une jupette remplaçant le mini short de même couleur que le haut, de petites bottines, accompagnées par des bas noirs. Pour finir, une petite cape de voyageuse toute mignonne rouge. Et en bonus, un joli ruban ornait la chevelure de Julia, un peu comme la mercenaire. Là, si elles n'avaient pas une différence d'âge flagrante, on pourrait croire qu'elles étaient jumelles. Quoi qu'il en soit, la tenue de Julia donnait un style bien moins citadin, mais bien plus classe, laissant penser à une magicienne, ou une voyageuse.

- Waaah, c'est trop beau ! Merci Iris ! Merci !

- Héhé, inutile de me remercier, Julia, voyons, répondit la mercenaire, souriante, en observant la jeune fille, c'est vrai que ça te va super bien ! On dirait les héroïnes qu'on croise dans les bandes dessinées pour fille.

- Une magical girl ?

- Ouais !

- J-je sais pas si c'est vraiment un compliment ça !

- Mais si, c'est super mignonne une magical girl !

- Mais au fait, tu connais ça comment ?

- J-je suis déjà tombé dessus dans une librairie du pays lunaire ! Ce n'est pas comme si je lisais ça !

- Hihi, d'accord, d'accord, lança Julia, d'un air malicieux, I-r-i-s ~ !

- H-hey, arrête ça !

Maintenant que Julia était toute neuve, les deux femmes reprirent une nouvelle fois leur route. Sauf que cette fois, elles avaient vraiment fait le tour. L'après-midi était bien avancée, et vu le mois actuel, la nuit tombait plus tôt sur la Yokume. C'est ainsi qu'elles décidèrent de rentrer à l'auberge, et de rejoindre leur chambre. D'ailleurs, bien que ce fût l'hiver, le temps était au beau fixe dans le pays de la forêt. Peut-être que les elfes, étant proches de la nature, arrivaient à contrôler cette dernière, et donc décider du climat dans leur forêt ? Iris avait cru lire dans un ouvrage que certaines races elfiques étaient capables de cela. Peut-être que ça parlait d'elfes sur Légendia, vu que c'était un livre sur les anciennes légendes, donc un mythe pour les mortels. Mais même si c'était le cas, elle ne voyait pas pourquoi les elfes d'Atrium ne seraient pas capables de cela également. Quoi qu'il en soit, les deux jeunes femmes arrivèrent finalement dans leur chambre, après une journée bien remplie. D'ailleurs, Julia se jeta sans hésiter sur le lit, afin de reposer ses jambes. Elle était exténuée de cette journée, mais tellement heureuse en même temps.

- Hum, souriait la mercenaire, en voyant le bonheur de Julia, elle t'a plu cette journée, Julia ?

- Hihi, oui ! C'était génial !

La jeune fille se redressa, et posa finalement ses petites fesses sur le bord du lit. Puis, elle reprit la parole, toujours souriante, mais d'un ton assez mélancolique.

- C-c'est la première fois, que je m'amuse autant... Merci, Iris...

- Héhé, riait, presque gênée, la concernée, m-moi aussi, Julia, c'est la première fois, que j'ai apprécié une journée dans ma vie...

Finalement, Iris se rapprocha du lit à son tour, puis posa également ses fesses sur le lit, aux côtés de Julia. Rapidement, elle tourna la tête, afin de s'adresser à la jeune fille de nouveau.

- Hum, au fait, hésita cette dernière, pendant que tu choisissais une tenue, j'en ai profité au bout d'un moment, pour acheter quelque chose, que j'avais vu en passant devant une boutique...

- Ha ! C'est pour ça que tu répondais plus un moment ?!

- O-ouais, désolé...

- C'est quoi ? C'est quoi ?

La mercenaire semblait soudainement rougir, puis commença à plonger sa main dans le sac qui contenait divers achats de la journée. Au bout d'un court instant, elle sortit finalement quelque chose de ce dernier. Il s'agissait d'un petit ours en peluche, qu'elle tendit en direction de Julia.

- T-tiens, je l'ai pris pour toi, rougissais Iris, c'est le même que celui que tu avais quand on s'est rencontrée... Mais il était déjà dans un piteux état, et vu que tu semblais y tenir, quand je l'ai vu tout à l'heure sur ce stand, je me suis dit... que ça te ferais plaisir si j'achetais le même...

Tandis que la mercenaire tendait l'ours en peluche, en s'expliquant, la jeune fille restait silencieuse, comme tétanisée, devant la peluche. Iris commençait à se poser des questions, et ça n'allait pas aller en s'arrangeant, quand des larmes montèrent aux yeux de Julia. La jeune fille venait soudainement de se mettre à avoir les larmes aux yeux, et sans perdre plus de temps, elle se jeta dans les bras de la mercenaire. Iris se demandait réellement si c'était la peluche qui était moche au point de faire pleurer Julia, ou s'il y avait autre chose de plus profond ? La deuxième solution lui semblait évidente, mais encore une fois, elle ignorait la raison. Sauf que cette fois, bien que Julia ne pleurât pas vraiment à chaudes larmes, elle était quand même curieuse de savoir pourquoi des larmes coulaient sur ses joues.

- Tu veux me dire pourquoi tu es triste, Julia... ? Tu peux tout me dire tu sais, je suis là pour toi...

La jeune Julia se calma légèrement, et libéra la mercenaire de son étreinte, avant de reprendre la parole, d'un ton toujours ému.

- Non, répondit la jeune fille, tout en secouant la tête, je ne suis pas triste... C-c'est juste que... je suis heureuse... Je suis tellement heureuse, grâce à toi... T-tu es tellement gentille avec moi... C'est la première fois qu'on est aussi doux et généreux avec moi...

- Julia...

Iris ne put s'empêcher de prendre Julia dans ses bras, soudainement, à son tour. Voir cette jeune fille pleurer de joie, car la vie ne lui a jamais rien offert, lui brisa le cœur. Et tandis qu'elle serrait fort la jeune fille dans ses bras, des larmes commencèrent à monter chez la mercenaire. Bien qu'elle essayât de cacher cela, c'était plus fort qu'elle, l'émotion qu'elle ressentait était intense, et également inexplicable. Tout comme Julia, ce n'était pas la tristesse, qui lui fit monter les larmes aux yeux, mais un sentiment indescriptible. Iris ressentait une douce chaleur, entourée son cœur. C'était agréable, et à la fois douloureux, tellement son cœur n'avait pas l'habitude d'éprouver ce genre d'émotions. Était-ce cela, l'amour ? Iris venait-elle de s'accrocher à cette jeune fille au point de non-retour ? La douleur viendrait donc du fait qu'elle devra bientôt lui dire adieu ? Cela ne faisait plus aucun doute pour cette dernière, tant la douleur était intense, rien que de penser à ce moment. Elle qui voulait simplement rassurer cette jeune fille afin de lui permettre de rebondir, elle venait de tomber dans le piège. Finalement, était-ce elle-même, qui avait le plus besoin de Julia ? Bien qu'elle se doutait parfaitement que la jeune fille ressentait la même chose qu'elle à l'heure actuelle, elle commençait à penser qu'actuellement, elle avait bien plus besoin de Julia, que Julia avait besoin d'elle...

Finalement, après cet interlude larmoyant, la jeune fille et Iris reprirent leurs positions initiales. Cela fut enfin l'occasion pour Julia d'accepter l'ours en peluche, que venait de lui offrir la mercenaire. La jeune adolescente observait par la suite ce dernier, dans ses mains, d'un air pensif et mélancolique. Iris était incapable de dire ce que sa camarade pouvait bien penser, là, silencieuse et statique, devant cette peluche. Ce fut Julia elle-même, qui prit la parole quelques secondes plus tard, d'une voix douce, comme à son habitude.

- T-tu sais, ce n'est pas que j'aime réellement les peluches, commença à raconter la jeune fille, d'un air gêné, c'est juste que cet ourson, c'était un cadeau de mon papa. C'était la dernière chose qui me restait de lui, après sa mort...

- … Il te manque ton papa, hein... ? … Désolé... de ne rien pouvoir faire, Julia...

- Hum, acquiesça Julia, il me manque parfois, mais j'ai appris à vivre sans... Je sais que je ne le reverrais jamais... La mort est définitive, après tout... M-mais aujourd'hui, je ne suis plus triste... c-car j'ai enfin trouvé quelqu'un pour... combler le vide dans mon cœur...

- … Julia, lança Iris, presque tétanisée par l'aveu de la jeune fille, je ne sais pas quoi dire...

- Ha, d-désolé ! Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise...

Les paroles de l'adolescente étaient assez fatalistes, quant au sujet de la vie et de la mort. Cela prouvait une maturité déjà bien présente, chez cette dernière, nota une nouvelle fois Iris. Julia savait déjà gérer ses peurs et ses émotions, afin de ne rien laisser transparaître, autrement que par l'aveu. Encore une chose qu'elle partageait avec Iris. Ces deux-là étaient de véritables livres fermés. Aucune souffrance n'était extériorisée ou même visible, pour ceux partageant leur compagnie. Que ce soit la mercenaire ou la jeune fille, seulement ceux qui entendent leurs aveux, peuvent identifier la souffrance qui habite dans le cœur de ces deux femmes. Et à l'heure actuelle, il n'y avait qu'entre elles, que le livre était ouvert. Et il n'était pas difficile de deviner, que ces deux livres n'allaient pas s'ouvrir de nouveau de sitôt.

- … Non, ne t'excuse pas, Julia... J-je ressens la même chose, pour toi...

La mercenaire rougissait à n'en plus finir, maintenant qu'elle avait avoué son ressenti à son tour. Mais elle ne pouvait plus le nier, et encore moins le cacher à cette jeune fille. Le partager avec cette dernière était un moyen pour enfin se libérer. Ces deux-là comptaient énormément l'une pour l'autre, et ce, dès le premier regard, qu'elles ont échangé. Au premier instant partagé, au milieu de flammes et de sangs, chacune a lu dans l'âme de l'autre.

- Hum, hésitait Iris, tout en souriant d'un air gêné, j-j'ai toujours voulu... avoir une sœur... T-tu veux bien... être ma petite sœur, Julia... ?

Les yeux de Julia s'illuminèrent, au moment où la mercenaire lui fit cette proposition. Et tandis qu'un sourire heureux se dessinait sur son visage, elle se précipita dans les bras de sa « grande sœur ».

- Héhé... je prends ça pour un oui...

Finalement, Iris n'avait toujours pas de réponse, au sujet de son questionnement de ce matin. Mais qu'elle possède des frères et sœurs ou non sur Légendia n'allait rien changer. Car aujourd'hui, elle était certaine d'en avoir au moins une, et c'était Julia. Cette journée, et ce temps passé avec la jeune fille depuis leur rencontre étaient si intenses, pour la mercenaire, qu'elle n'avait aucun doute sur ces sentiments envers cette fille. Elle voulait la protéger, la voir sourire, la voir évoluer, comme une grande sœur le ferait pour sa petite sœur.

- Je t'aime, grande sœur...

Cette fois, il n'y avait plus de retour possible. Iris savait qu'elle avait été bien trop loin avec les sentiments de cette jeune fille, pour qu'elle l'oublie un jour. La pauvre femme aux cheveux mauve ne savait plus où elle en était, actuellement. La présence de Julia lui faisait absolument tout oublier. Ses objectifs, ses ambitions, tout était en pause. Mais elle savait, au fond d'elle, qu'elle devra pourtant bien lui avouer la vérité, un moment ou un autre. Néanmoins, le doute commença à l'habiter à présent. Un doute qui commençait à la faire hésiter, au vu de son attachement avec cette fille. Ce doute n'était nul autre que son ambition de partir. Actuellement, son seul désir était que cette journée continue indéfiniment, elle qui est si heureuse, pour la première fois. Mais tout comme Julia, Iris était réaliste, et elle savait qu'un détail qui a son importance, différenciait les deux femmes : c'était que Julia était une mortelle, avec une date de péremption sur sa vie. Était-ce une bonne idée, de s'attacher à quelque chose d’éphémère comparé à son existence ? Ce simple fait, provoqua une douleur insoutenable, dans le cœur de la mercenaire. C'était pourtant la vérité, un jour, Julia va disparaître.

- Je t'aime aussi, petite sœur...

Dans tous les cas, pour l'instant, retourner en arrière était impossible. De toute façon, Iris n'avait pas envie de reculer. C'était trop tard, elle devait assumer ses choix, et ses décisions, à présent. Peu importe ce que l'avenir lui réserve, aujourd'hui, en ce début de soirée, tout ce qu'elle veut, c'est une petite sœur...
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MessageSujet: Re: Une nouvelle motivation   Lun 10 Sep - 16:15

En cette belle matinée ensoleillée, malgré la période de l'année, deux âmes se baladaient au milieu des arbres du pays de la forêt. Iris et Julia s'étaient une fois encore levées tôt, pour profiter de l'endroit où elles habitaient depuis maintenant quelques jours. Maintenant qu'elles avaient déjà visité le village, ainsi que d'autres endroits annexes, elles avaient envie de tranquillité. Et pour cela, une balade en forêt était l'idéal. C'est donc dans cette idée, que les deux jeunes femmes s'aventurèrent à travers cette forêt pour le moins agréable. La douce brise, ainsi que les rayons du soleil perçant légèrement les feuillages des arbres rendaient tout cela coloré et harmonieux. Que ce soit pour Iris ou Julia, ces deux-là n'ont jamais réellement connu de zones aussi chaleureuses. Il faut dire que les bas-quartiers d'une cité pour l'une, et une vie de mercenaire pour l'autre, n'aide pas vraiment à la découverte. Quoi qu'il en soit, c'est dans cette atmosphère détendue et paisible, que les deux jeunes femmes vadrouillaient avec enthousiasme. D'ailleurs, si Julia portait sa nouvelle tenue toute fraîche, Iris également, avait changé de style pour aujourd'hui. Elle avait troqué sa tenue habituelle, pour un style plus citadin, similaire à celui de Julia. Bien que bien plus épuré, afin de coller à l'ambiance de ses journées actuelles en compagnies de Julia. Sa tenue habituelle de combat n'était donc pas nécessaire, actuellement. Cette tenue se composait d'une jupette classique, d'un haut couvert par une petite veste légère, ainsi que de bas couvrant une partie des jambes de la belle mercenaire, accompagnée par une paire de bottines. Les seules choses qui restaient toujours d'actualités, comme une signature chez la mercenaire, étaient sa légère écharpe habituelle, ainsi que son ruban dans les cheveux.

- Cette forêt est vraiment belle, s'exclama la jeune Julia, émerveillée, tu as eu raison de nous amener ici !

- C'est certain que les forêts de ce pays sont bien plus agréables que les forêts sombres du pays lunaire, ou brûlantes du pays du feu.

- Je ne sais pas vraiment, je n'ai jamais vraiment visité le monde qui m'entoure. Je ne connais que ce que j'ai lu dans les livres...

- … Et bien, aujourd'hui plus rien ne t'en empêche, Julia, hum ? Ce Law t'a promis de te faire visiter la Yokume, il me semble.

- Hum, acquiesça la jeune fille, avant de continuer d'une voix basse, ça ne m'intéresse pas... si ce n'est pas avec toi...

- Tu as dit quelque chose ?

- Non...

Il était évident que la jeune fille rêvait de visiter le monde, mais sans sa nouvelle grande-sœur, elle n'en avait aucune envie. Ce n'était pas qu'elle n'appréciait pas ce pirate du nom de Law, au contraire même, les paroles qu'il avait tenues ont touché Julia, mais ce n'était tout simplement pas Iris. Julia voulait qu'une seule chose, c'était passer son temps avec Iris et personne d'autre.

- Ho, regarde, Iris ! lança soudainement la jeune fille, tout en pointant du doigt face à elle. C'est magnifique !

Ce qui émerveillait Julia était une magnifique étendue d'eau, caché au milieu de cette forêt. Les deux jeunes femmes venaient de tomber sur cette source, où l'eau était tellement claire, qu'on pouvait voir le reflet du ciel et de la forêt à travers. Ce petit lac isolé de toutes âmes, avait sans doute rarement de la visite, ce qui expliquait son eau cristalline et pure. Ce n'est pas quelques elfes de temps en temps qui allait déranger la tranquillité de cet endroit. D'ailleurs, voyant aucune âme qui vive à l'horizon, Iris ne perdit pas de temps pour proposer à sa partenaire adolescente une petite baignade matinale. C'est donc ainsi, que la mercenaire retira sans attendre intégralement tout le tissu qui la couvrait, avant de finalement s'aventurer dans cette eau à la température parfaite. Julia semblait cependant moins enthousiaste, vu son hésitation à rejoindre la mercenaire dans l'eau. Déjà, elle était encore sous le coup de l'admiration, après avoir vu entièrement nue sa sauveuse. Bien que ce n'était pas la première fois que la beauté de la mercenaire interloqua la jeune fille. Elle avait de toute façon l'âge de se préoccuper de ce genre de détails, et Iris avait très bien remarqué cela, lorsque Julia avait déjà fait une réflexion à ce sujet. Bien qu'il doive simplement s'agir d'un compliment logique, face à quelque chose que l'on trouve beau. La mercenaire ne se doutait pas une seconde que la jeune fille de 12 ans pouvait avoir une quelconque attirance pour cette dernière.

- Tu viens, Julia ? Il n'y a personne aux alentours, inutile d'être pudique entre nous, ne t'inquiète pas, personne ne nous dérangera, hum ?

- C-ce n'est pas le p-problème...

- Ho, s'exclama la mercenaire, comprenant rapidement la raison de l'hésitation de sa camarade, tu ne sais pas nager, c'est ça ?

Julia acquiesça timidement, à la question d'Iris sur sa capacité à nager. Cela n'était cependant guère étonnant, à partir du moment où la jeune fille n'a jamais connu rien d'autre que la poussière des bas-quartiers d'une cité comme la capitale solaire. Ce n'était pas le genre d'endroit où on trouvait une magnifique plage, et même si c'était le cas, les habitants de ces lieux avaient d'autres priorités que la détente. Quoi qu'il en soit, sur le moment, c'était du coup un obstacle pour la jeune fille, qui la privait de profiter d'un moment sympathique dans cette magnifique eau avec sa grande-sœur de cœur. Cependant, voyant la moue déçue de sa camarade, Iris esquissa un sourire, tout en prenant la parole de nouveau.

- Allez, viens, je vais t'apprendre à nager, c'est facile, tu vas voir.

- M-mais, je vais couler s-si je v-vais dans l'eau... !

- Mais non, ne t'inquiète pas, je te tiendrais, tu as confiance en moi ?

- O-oui...

- Alors viens, je te tiens, ne t'inquiète pas. Je vais te montrer comment faire directement en pratiquant, et dans quelques minutes, tu sauras nager !

- D-d'accord...

La jeune fille décida donc de faire confiance à sa sauveuse et commença à retirer à son tour ses vêtements, avant de finalement se rapprocher du bord, de façon hésitante. Mais sa confiance envers Iris était suffisante pour qu'elle décide de se lancer dans l'aventure. C'est donc une fois dans l'eau que la mercenaire vint attraper sa protégée, afin de l'aider à flotter. C'était également une occasion pour la jeune fille de profiter d'une proximité incroyable avec Iris, qui la tenait dans ses bras. Du côté de la mercenaire, c'était l'occasion pour cette dernière de se rendre compte dans un ton plus dramatique, que les cicatrices de la pauvre Julia étaient également présentes devant. Encore une fois, c'était inadmissible pour Iris, qu'une jeune adolescente de cet âge soit autant marquée. Cependant, sur l'instant, elle préféra faire mine de rien, c'était inutile de revenir là-dessus et de mettre mal à l'aise la jeune fille.

- Bon, tu vois, tu ne risques rien, je te tiens bien, Julia.

- M-me lâche pas surtout, h-hein !

- Je ne sais pas, ça dépend de si tu es une gentille fille ou non...

- A-arrête !

- Héhé, je rigole, je ne te lâcherais pour rien au monde, Julia...

- Hum, t-t'a intérêt... !

Après quelques secondes, et maintenant Julia rassurée, ainsi que bien plus à l'aise dans l'eau, il était temps de finalement lui apprendre la base de la nage. Iris s'attela donc à la tâche et commença à expliquer à la jeune fille tout ce qu'il fallait savoir, tout en lui faisant pratiquer dans le même temps. Bien que nager était loin d'être difficile, il suffisait juste de retenir comment se maintenir à la surface. C'était donc surtout un apprentissage de mouvements à retenir qu'elle lui enseigna. Il n'y a pas de meilleurs apprentissages que la pratique. Cela porta vite ces fruits, car il fallut moins d'une dizaine de minutes pour que Julia arrive à assimiler le principe de la nage. Bien qu'elle n'aille pas dans l'immédiat faire le cent mètres crawl, elle pouvait néanmoins déjà flotter à la surface. Néanmoins, Iris remarqua une nouvelle fois que sa protégée était plutôt douée et intelligente au vu de sa facilité de compréhension des choses, ainsi que sa faculté à l'apprentissage. Cela n'était guère étonnant encore une fois, Julia avait déjà prouvé que sa vie ne lui a pas réellement laissé le choix de se débrouiller toute seule. En plus d'avoir cultivé ses connaissances grâce à la lecture dès qu'elle en avait l'occasion. Quoi qu'il en soit, maintenant que la jeune fille savait nager, elle pouvait profiter de ce lac autant qu'elle le voulait, avec sa grande-sœur de cœur.

- Hihi, c'est trop facile, lança la jeune fille, s'amusant comme si elle avait toujours vécu dans l'eau, tu avais raison !

- Hum, oui, répondit la mercenaire en souriant, je te l'avais dit, Julia.

Iris ne pouvait l'expliquer, mais elle ressentait quelque chose d'agréable, en observant Julia s'amuser dans l'eau, semblant si innocente. Le seul point noir qui la dérangeait encore, était ces cicatrices. Il fallait dire que la jeune fille en avait énormément, et qu'elles sautaient aux yeux. Cependant, une idée venait de lui traverser l'esprit. Et si les elfes pouvaient y faire quelque chose ? Après tout, ce ne devrait pas être trop compliqué de faire disparaître des cicatrices, pour un peuple réputé pour son talent curateur. C'était quelque chose qu'il lui semblait intéressant à creuser, et elle n'hésitera pas à se renseigner plus tard, et voir avec ces elfes s'ils peuvent s'occuper de ce détail qui soulagerait sûrement la jeune fille, en plus de la libérer définitivement de son passé. Mais une telle demande, il semblait évident pour Iris que ce n'allait pas être cet elfe désagréable qui les a reçus, qui allait faire un geste pour Julia. Peut-être que si elle arrivait à revoir cette sympathique elfe, ça pourrait se jouer. Quoi qu'il en soit, pour l'instant, elle fut sortie de ses pensées, lorsque Julia l'éclaboussa pour la réveiller.

- Tu vas couler, si tu t'endors dans l'eau !

- D-désoler, Julia, j'étais perdue dans mes pensées...

- Il y a un problème, Iris... ?

- Non, ne t'inquiète pas, rassura Iris, cependant...

Soudainement, Iris éclaboussa à son tour Julia, tout en se marrant.

- Je vais t'apprendre à m'éclabousser, moi !

- H-hey ! C-ça va je regrette, je regrette ! lança à son tour la jeune fille, avant de repartir à l'assaut, quand son ennemi baissa sa garde. Hihi ! Tu t'es fait avoir !

C'est ainsi que les deux jeunes femmes commencèrent à s'amuser dans l'eau, exactement comme le feraient deux amis, ou dans le cas présent, deux sœurs. Encore une fois, c'était difficile d'imaginer la mercenaire s'amuser de la sorte. Cependant, il était clair à présent, que son air froid et distant n'était qu'une facette de sa personnalité, forgée à partir de sa solitude et son existence froide. Évidemment, elle-même ignorait qu'elle pouvait s'amuser autant et profiter de la vie de cette façon. Sans Julia, jamais elle aurait vécu une chose pareille. Pour la première fois, elle se sentait libre, joyeuse, apaisée. Même s'il était évident qu'il fallait entrer dans son intimité et son esprit comme venait de réussir à faire Julia, pour faire sortir la vraie Iris. Mais ce genre de miracle ne se produit généralement qu'une seule fois. C'est un peu comme le premier amour, il est unique et son effet ne pourra jamais être reproduit. Pour la mercenaire, il était évident, que Julia était celle qui venait de déclencher cela chez elle, et que ça serait certainement la seule à lui faire cet effet. Bien sûr, la jeune fille n'était pas non plus n'importe qui. Elle avait également réussi cela, car elle partage énormément de point commun avec Iris, et était donc la plus apte à percer sa carapace.

- Dis, Iris, lança la jeune fille d'un air hésitant, soudainement, je peux te demander un truc ?

- Bien sûr, Julia, je t'écoute.

- Est-ce que... j'aurais une poitrine comme la tienne plus tard ?

- Qu-quoi ? P-p-pourquoi t-tu me poses une t-t-telle question ?!

- C'est juste que... je te trouve tellement belle... J'aimerais bien te ressembler plus tard. Bien que je doute pouvoir devenir aussi belle que toi ! Hihi.

La jeune fille avait visiblement un don insoupçonné par la mercenaire, celui de réussir à faire rougir à n'en plus finir cette dernière. Maintenant que les deux jeunes femmes étaient à l'aise ensemble, Julia semblait enfin se lâcher un peu plus, et visiblement, elle était le genre de filles à ne pas hésiter à lancer le fond de ses pensées. Bien que la mercenaire rougissait à n'en plus finir, elle trouvait cela mignon, que la jeune fille souhaite lui ressembler plus tard. Bien que la modestie de la mercenaire était la raison de sa rougeur. Ce n'était pas cette dernière qui allait se vanter de sa beauté, même si elle savait au fond, qu'à ce niveau, la nature l'avait énormément gâtée.

- Hum, reprit Iris, tentant de reprendre son calme, je suis certaine que tu seras une belle femme Julia, tu ne devrais pas t'inquiéter. Après tout, tu me ressembles beaucoup quand j'avais ton âge, donc il y a des chances que tu deviennes toi aussi très belle ! Et puis t-tu es déjà très mignonne, Julia... !

- Héhé, souriait la jeune fille, d'un air sarcastique, je ne suis pas sûre que ce soit très mignon, une fille pleine de cicatrices partout...

Visiblement, bien que la jeune fille ne devait plus ressentir de douleur, il était évident, comme prédit par Iris, que toutes ces marques l'impact énormément. C'était normal, après tout. Ces cicatrices devaient constamment lui rappeler son calvaire, et son ancienne vie, en plus de ne pas être très esthétique. Cela conforta Iris dans son intention de régler ce détail au plus vite. Elle n'avait de toute façon aucun doute que les elfes puissent s'occuper de cela. Il fallait juste qu'elle tombe sur quelqu'un de bienveillant, qui ne refusera pas d'utiliser la magie des elfes pour soigner une étrangère. Iris n'était pas naïve, et se doutait que ce fût déjà un miracle que le petit groupe pouvait séjourner dans ce village. Donc réclamer quoi que ce soit, pouvait s'avérer difficile. Sur le moment, Iris regrettait que cette reine soit décédée. Cette dernière aurait certainement accepté avec joie une requête de la mercenaire et de s'occuper de Julia. Un sentiment de regret l'envahi soudainement, en repensant à cette nuit d'ailleurs. Encore une fois, la mercenaire n'était pas insensible, et cette elfe lui était sympathique, et elle aurait aimé pouvoir la sauver.

- J'ai une idée pour ce problème, Julia. Les elfes sont réputés pour être très doués pour soigner. Je suis certaine qu'effacer des cicatrices est un jeu d'enfant pour eux. Je leur demanderais de s'occuper de toi, tu en dis quoi ?

- H-ho, s'étonna la jeune fille, c-ce n'est pas si i-important... je ne voudrais pas déranger les elfes pour ça...

- Ils peuvent bien faire ça, ce n'est pas comme si je leur demandais de soigner un tétraplégique avec leur arbre sacré...

- Ha, tu parles du pirate ? Il va aller mieux d'ailleurs, lui ? Ça a l'air assez grave ce qu'il a subi...

- Je suis certaine qu'il va se rétablir. Tu ne devrais pas t'inquiéter pour lui. Il est bien entouré, et a une forte volonté. Puis, les héros dans son genre ont toujours une chance inouïe pour la survie.

- Hum, j'espère que tu as raison, il a l'air sympathique...

Finalement, après ce petit moment détente dans cette eau reposante, les deux jeunes femmes décidèrent de sortir de l'eau, et de rentrer. La matinée était déjà bien entamée, et la faim commençait à se faire ressentir pour Julia. C'est donc après s'être vêtue de leurs tenues respectives, que les deux femmes prirent le chemin de l'auberge où elles logeaient depuis plusieurs jours. Une fois dans leur chambre, c'était Julia, qui prépara le déjeuner. Pour son bien, il valait mieux qu'elle s'occupe de cela. De plus, Iris devait bien avouer que la jeune fille avait un talent culinaire assez impressionnant pour son âge. Ce serait dommage de se priver de cela, au profit de la cuisine infecte de la mercenaire. Ce domaine n'était d'ailleurs pas du tout son fort, et cela, même malgré qu'elle observait attentivement comment faisait Julia. La jeune femme excelle un peu partout, mais personne n'est parfait.

- Tu cuisines vraiment très bien, Julia, c'est impressionnant.

- Hihihi, ria la jeune fille en se frottant l'arrière du crâne, d'un air gêné, j-je ne fais rien d'incroyable... !

Tandis que le déjeuner se poursuivait, Iris était pensive, depuis plusieurs minutes. Elle semblait totalement ailleurs, le regard perdu dans le vide. Bien sûr, la mercenaire réfléchissait à ce qu'elle continuait de cacher à Julia. Elle songeait qu'il était peut-être temps que la glace se brise sur cette cachotterie. Mais ce qui la faisait hésiter, était encore sa crainte d'être rejetée, ou de générer de la crainte, chez cette jeune « mortelle ». Son expérience sur ce monde a malheureusement appris à Iris que l'inconnu et la différence rendent ces êtres absolument infects. Et si elle se foutait depuis longtemps, de la discrimination et de l'avis des mortels, ce n'était plus le cas avec Julia. Son avis comptait, et elle avait mal rien que d'imaginer être soudainement rejetée par cette jeune fille qui était tellement importante aujourd'hui, dans le cœur de la mercenaire. Il y avait également un autre détail qui bloquait Iris, c'était celui de la réaction de Julia. Même si elle acceptait la vérité, ce dont Iris ne doutait pas, au fond d'elle, au vu de l'esprit de la jeune fille, il y avait toujours son ambition, qui allait irrémédiablement l'amener à partir prochainement. Et Iris savait, que cela allait être difficile pour Julia, qui pensait certainement pouvoir rester avec sa grande-sœur, et poursuivre cette magnifique journée en sa compagnie. Cependant, Iris elle-même ne savait plus où elle en était de son aveu. De son côté aussi, elle donnerait tout pour que le moment qu'elle partage avec Julia ne s'arrête jamais. Mais la vérité était ce qu'elle était, et la mercenaire savait que sa place n'était pas ici. La barrière qui la sépare de sa petite-sœur de cœur n'était pas le genre de barrière qu'on détruit d'un coup de katana. La fatalité était cruelle, mais c'était malheureusement la seule réalité qui régnait aujourd'hui.

- Iris ? s'exclama la jeune fille, voyant sa camarade complètement absente mentalement. Il y a un problème ?

- Hum ? réagis la mercenaire, encore légèrement perdue dans sa tête. Non, tout va bien...

Bien sûr, la jeune adolescente n'était pas dupe, et avait déjà prouvé à Iris qu'elle savait lire en elle. C'était une des facultés que partageaient les deux femmes entre elles. Elles n'avaient aucun mal pour lire dans l'autre. Et sur le moment, Julia savait, que quelque chose perturbait sa grande-sœur.

- T-tu peux tout me dire toi aussi, tu sais... Je sais que quelque chose te tracasse...

À ces paroles, la mercenaire sortie finalement de ses pensées, et laissa paraître un air surprit. Puis, elle esquissa un sourire après avoir réalisé sa stupidité, en pensant pouvoir mentir à Julia. Ce n'est que quelques secondes après, qu'elle décida finalement de répondre à son interlocutrice, non sans une voix hésitante.

- Julia... en vérité, je... je dois t'avouer quelque chose... M-mais je préfère attendre la fin du repas, d'accord... ?

- Hum, acquiesça la jeune fille, non sans cacher une légère inquiétude, d'accord, Iris.

C'est donc après un déjeuner fort nourrissant, qu'Iris allait finalement avouer toute la vérité à la jeune fille. Cette fois, il était temps qu'elle le fasse, car plus elle attendra, plus ce sera difficile pour l'adolescente. Comme prévue, elle invita Julia à s'asseoir sur le bord du lit, à ses côtés, afin de lui révéler ce qui la tracassait depuis maintenant plusieurs jours. Et c'est une fois Julia attentive, bien que légèrement inquiète, qu'Iris prit la parole. Non sans un sentiment d'incertitude, qui se trahissait à travers sa voix peu assurée.

- Hum, hésita la mercenaire, je ne sais pas réellement par où commencer, Julia... C'est assez compliqué à expliqué... E-et je dois admettre que j'ai un peu p-peur... que suite à la vérité, tu me rejettes... C-c'est la raison pour laquelle je n'ai pas dit la vérité tout de suite... Depuis toute petite... ce que je « suis », ne m'a apporté que du malheur et du rejet, ici...

Julia semblait étonnée de l'aveu de sa camarade, au sujet de sa crainte. Et bien qu'elle aimerait rassurer sa grande-sœur au sujet de sa crainte, elle préférait ne rien dire, et la laisser poursuivre.

- E-en vérité Julia, je ne viens pas vraiment de ce monde... Je ne suis pas comme toi... Bien que j'ai vécu toute ma vie ici, je sais que je ne suis pas née dans cette zone...

- Un autre... monde ?

- Oui, enfin, je sais que ça reste le même monde au sens propre, mais dans les faits, la différence entre Atrium et l'endroit d'où je viens est telle, que cela s'apparente presque à un autre monde... Bien que j'ignore beaucoup de choses de mon monde original, j'en connais à présent assez, pour savoir que tout nous sépare, et surtout un détail. Un détail qui est certainement responsable de la différence si grande entre ces deux endroits...

Le début des aveux de la mercenaire laissait pour l'instant Julia dans le questionnement, et la surprise. La jeune fille, grâce à ses lectures, savait déjà que le monde où elle vivait s'appelait Atrium et que la Yokume n'était pas le seul royaume au monde. Mais de là à imaginer un autre monde, c'était déjà autre chose. De plus, que voulait dire Iris par « différence » ? La jeune fille commençait à imaginer plein de choses dans sa tête, du meilleur, au pire, et cela commençait quelque peu à l'effrayer. Mais ce dont elle était certaine, c'était que peu importe d'où venait sa grande-sœur, ou ce qu'elle était réellement, cela ne changerait jamais ses sentiments. Cela, elle devait le lui dire. Elle voyait très bien la crainte de sa sauveuse, à l'approche de la vérité, et à son hésitation. Julia avait très bien compris que c'était la peur du rejet qui empêchait la mercenaire de se lancer dans des aveux complets. Elle décida donc de prendre la parole, d'une voix se voulant rassurante, toujours accompagnée de son mignon sourire réconfortant d'enfant.

- Ça va aller, Iris, lança la jeune fille, peu importe d'où tu viens, où ce que tu es en vérité, jamais, je ne pourrais te rejeter, ou te craindre... T-tu m'a sauvé, et tu m'as montré, c'est quoi d'être aimée et heureuse... J-je n'ai jamais été aussi heureuse que ces derniers jours, avec toi... A-alors peu importe nos différences, tu resteras pour toujours ma grande-sœur maintenant... !

- J-julia...

- Je t'avoue que j'ai un peu peur, mais ça ira. Après tout, peu importe ce que tu es vraiment, ce qui compte, c'est ce que tu es à l'intérieur, n-non ? E-t moi, je sais que tu es génial et quelqu'un de bien... Alors, le reste, je m'en fiche... Même si tu es en vérité un calamar avec des tentacules, tu resteras ma grande-sœur... ! M-mais tu n'es pas un calamar, en vrai, h-hein ?

Les paroles de Julia résonnaient comme un carillon dans la tête de la mercenaire. Ces paroles étaient ce dont avait besoin la jeune femme. D'un seul coup, tous ses doutes, et ses craintes venaient de disparaître. Elle savait, à présent, que Julia l'accepterait. Elle était tellement heureuse sur le moment, d'entendre cela, que les larmes pourraient presque lui monter au nez, si la jeune fille n'avait pas complètement cassé l'ambiance mélancolique, avec son délire de calamar. Elle avait tellement lâché cela de façon normale encore une fois, qu'Iris ne put s'empêcher de finalement esquisser un sourire amusé, suivi d'un petit rire impossible à retenir. Dans tous les cas, que ce soit son rire ou ses larmes, l'un ou l'autre était que le résultat d'un bonheur intense.

- U-un calamar ? O-où as-tu été cherché une idée pareil, Julia ?

- J-je sais pas... c'est juste qu'un calamar, c'est moche, avec tous ses tentacules !

- Pfft, pouffa la mercenaire, hilare, suite aux paroles de Julia, tu as de drôles d'idées, Julia, tu sais ?

- Hihi, c'était pour dire que même un calamar, je pourrais l'aimer ! C-ce serait juste peu pratique pour te faire des câlins...

- Héhé, ce n'est pas faux... Mais rassure-toi, je ne suis pas un.. calamar, Julia.

- Ouf...

- Hum, en vérité, je ne parle pas réellement de différences physiques, allant jusqu'à mon apparence. Mon apparence est celle que tu as en face de toi. C'est surtout, au niveau métabolisme et génétique, que nous sommes différentes, Julia. Même s'il y a en vérité autre chose qui nous sépare... Pour tout te dire, Julia, je t'ai menti sur mon âge... Je n'ai pas la vingtaine, mais bien plus.. J'ai arrêté de compter, mais ce doit faire 70 années environ que je suis née...

- Hein ?

Évidemment, la jeune fille était totalement perdue avec ce début d'explication. Pour cette dernière, c'était incompréhensible de telles paroles. La femme qu'elle avait devant elle avait pourtant l'apparence d'une jeune adulte d'une vingtaine d'années. Ce qui était loin de l'âge qu'elle venait de révéler, dépassant largement le demi-siècle. Pour un peu, elle pourrait penser qu'elle se moque, mais elle connaissait la mercenaire, et savait qu'elle s'amuserait pas à cela. Heureusement, elle n'allait pas rester plus longtemps dans l'ignorance, car Iris fit poursuivie, cette fois en révélant quelque chose qui n'allait pas forcément améliorer l'état de surprise de Julia.

- Oui, Julia, en fait, je suis... immortelle. Bien sûr, je ne suis pas invincible, je ne parle que de longévité. Pour faire court, je ne vieillis pas, et je ne m'éteindrais jamais de vieillesse... J'ai arrêté d'évoluer physiquement depuis que j'ai eu la vingtaine.

-

Julia était bloquée sur une expression de surprise, plongée dans le silence, en observant son interlocutrice. C'était impossible de dire si elle était choquée, ou autre sentiments. C'était juste un visage d'étonnement. La jeune fille était silencieuse, comme perdue dans ses pensées. Iris pouvait comprendre cette réaction. Après tout, elle vient de révéler à une adolescente qui a grandi avec des concepts acquis comme la vie et la mort, qu'il existe un monde où tout le monde est immortel, outrepassant la logique même de la vie et de la mort.

- J-j'avoue que ce concept ne m'a porté que préjudice ici, comme je te l'ai dit... Les mortels font énormément souffrir les gens comme moi... On nous rejette, nous craint, nous traque pour certains... J'admets, que c'est la raison qui m'empêchait d'être franche avec toi, Julia...

- …

- … J-julia ? J-je sais que ça peut être difficile à digérer ce que tu viens d'entendre...

Après un long moment de silence de la part de la jeune fille, au point d'inquiéter la mercenaire, cette dernière commença à esquisser un sourire. Puis elle prit enfin la parole, mais d'une voix enthousiaste, et des yeux pleins d'étoiles.

- C-cest trop cool !

- Heh ?

- C'était ça que tu avais peur de m'avouer ? Mais pourquoi ? C'est génial qu'il existe un autre monde comme ça ! Quand je pense que j'ai été sauvée et que j'ai la chance d'être avec une personne venant de ce monde ! J-je le savais que tu étais spéciale ! Tu étais trop magnifique pour être humaine ! Mais du coup, tu es comme une déesse alors ?!

- Une d-d-déesse ? I-il ne f-faut pas non plus abuser ! J-je suis juste immortelle... Comment tu peux en arriver à une telle conclusion ?!

- Bah, pour moi, c'est logique ! Dans mes livres, une déesse, c'est immortelle, magnifique, puissante, et bienveillante, tout comme toi ! Hihi, et du coup, tu as quoi de plus ? Je veux dire, il y a d'autres choses trop géniales comme ne pas vieillir ou ne jamais mourir ?

La réaction de Julia laissa la mercenaire légèrement dépourvue. C'était à son tour d'observer la jeune fille d'un air surpris. Jamais elle n'aurait imaginé dans les scénarios possibles, que Julia réagisse de façon si enthousiaste. Iris se demandait même si la jeune fille avait réellement compris toutes ces révélations. Mais il lui paraissait évident que c'était le cas. Du coup, sa réaction était complètement contraire à celle des mortels. Julia avait des étoiles plein les yeux en observant sa grande-sœur qui venait visiblement de passer au stade de la déesse. Il était clair que pour cette dernière, visiblement, d'apprendre l'existence d'un autre monde, du concept chamboulé de la vie et de la mort, et d'être en présence d'une immortelle, était « génial » selon ses mots. Mais finalement, la mercenaire devait-elle être si étonnée ? La réponse est non. Elle savait au fond, comment est l'esprit de Julia, après tout, elles sont similaires sur beaucoup de points. Pour un peu, elle s'en voudrait presque de ne pas avoir eu plus confiance dans le jugement de Julia.

- Alors, alors ?

- P-pardon, tu disais, Julia ?

- Roh ! J'ai demandé comment il s'appelle l'endroit d'où tu viens ? Il est beau ? Il y a des calamars aussi là-bas ? J'espère que non, poursuivi Julia en se tenant le menton, et penchant la tête, c'est vraiment trop moche !

- J-je...

Iris ne savait pas vraiment quoi répondre à l'enthousiasme de sa petite-sœur de cœur. Même si elle commençait à se demander si les calamars n'étaient pas une phobie pour Julia. Si ce n'était pas le cas, elle avait en tout cas un sérieux problème avec ce poisson. Quoi qu'il en soit, Iris répondit au moins à quelques questionnements de la jeune fille. Elle lui expliqua la différence de métabolisme qu'il y avait entre mortel et immortel, ainsi que de lui révéler le nom du fameux « monde ». Bien que pour le reste, elle s'excusa auprès de Julia, car elle ignorait encore trop de choses sur ce monde, pour réellement en parler. C'est d'ailleurs sur ce sujet, que la mercenaire souhaitait rebondir à présent. Car, si cette vérité était « géniale » à entendre, elle se doutait que Julia n'allait plus être si enthousiaste, quand elle va savoir que sa grande-sœur, va justement bientôt partir pour ce monde. Cependant, Iris ne pouvait se décider à lui parler de cela dans l'immédiat. Cette fois, ce n'était plus par crainte, mais pour elle-même. Elle n'avait aucune envie de détruire l'enthousiasme de Julia, mais surtout, de son propre aveu, elle n'était plus certaine de ce qu'elle voulait réellement...

- Julia...

- Hum ?

- … Non, rien, c'était tout ce que je souhaitais te dire aujourd'hui...

- Ha ! C'était inutile de m'effrayer comme ça, méchante !

- D-désolé !

Dans tous les cas, ce n'était pas aujourd'hui qu'elle allait lui parler de son départ définitif, car encore une fois, la mercenaire elle-même ne savait plus où elle en était. Julia avait chamboulé son esprit et sa vie à un point qu'elle ne pouvait plus nier. Aujourd'hui, elle ne voulait pas penser à cette barrière qui la sépare de sa petite-sœur de cœur. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était profiter du bonheur qu'elle ressentait avec Julia. Et de cette libération qu'elle venait d'avoir, après être enfin passé aux aveux...
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