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 Une archidiable nommée Heresia

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Ayako
Chef Black Spider
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Messages : 173
Date d'inscription : 31/05/2013

MessageSujet: Une archidiable nommée Heresia   Lun 2 Juil - 22:40

Nombre de jours avant la chute de l'astre: 12

Cela faisait deux jours qu'Ayako était pieds et poings liés sur une table d'opération, dans les bas fonds du noyau lunaire. Elle venait de subir une transfusion assez conséquente de sang noir de la part de l'assistant d'Azelia, Ancrow, après que celle-ci ait trahi sa lieutenante, par pure déception pour avoir échoué à anéantir le clan Hajinmon. Depuis ces deux jours, Ayako ne sentit aucune différence avec son corps, son âme, ses pensées, ses envies. Mais Azelia, pour effrayer la Kunoichi, avait bien précisée que l'évolution allait prendre un certain temps, et qu'elle allait rudement souffrir avant de connaître la mort. Une mort qui était synonyme de délivrance pour Ayako, qui avait abandonné tout espoir de vie, maintenant que pour la seconde fois de sa vie, la personne qui inspirait le plus Ayako allait être responsable de son malheur. Elle se sentait trahie, salie, misérable. Elle attendait donc que la mort l'emmène loin de ce monde, mais avant, elle ne se faisait pas d'illusions. Elle savait pertinemment qu'elle allait passer par de longues journées pleines de souffrances.

Les deux seuls détails qu'Ayako remarqua et qui avait changé en elle, était qu'elle n'éprouvait ni faim, ni sommeil. Elle n'avait pas fermé l'œil depuis ces deux jours, tout comme elle ne ressentait aucun besoin personnel, comme manger, boire, ou même aller au petit coin. Ce qui n'était pas plus mal, puisque Ayako avait réellement pas bougé d'un pouce depuis deux jours. Azelia attendait sûrement qu'Ayako finisse sa mutation, pour enfin l'envoyer encore une fois affronter les Hajinmon. A ce sujet, le second détail était qu'Ayako ne pensait plus du tout à Kakashi. Comme si le désespoir avait effacé cet homme de sa mémoire. Bref, Ayako était devenu un légume, qui attendait la délivrance, et rien d'autre. Elle fixait le plafond moisi du laboratoire, sans réagir, sans rien penser. Jusqu'au moment où l'inattendu se produisit. Une petite voix enjouée la réveilla.


- Hum, aucune évolution. Tu es un spécimen remarquable. D'habitude, les cobayes qu'Azelia opère ici craquent sans dépasser la limite des 24 heures. Toi, ça fait deux jours que tu restes ici, sans bouger, sans ruminer, sans t'exciter. Tu as entendu ça, Yama ? Pour la première fois depuis mille ans, tu as remporté ton pari, hihi !

- Une... voix ? Qui... parle ?

- En plus, elle PARLE ! C'est génial ! Je crois bien que j'ai enfin trouvé une occupation.

Faiblement, Ayako déplaça sa tête de gauche à droite, mais ne vit personne.

- Qui es-tu ? Où es-tu ?

- Pas la peine de me chercher. Je suis partout, et en même temps, je suis nulle part. Je suis ta conscience cristallisée qui est venu, de la part du très haut, t'avertir de ne pas regarder vers la lumière ! Surtout, ne ferme pas les yeux et ne fixe pas la lumièèèèèèère !

- Je suis censée croire que c'est un ange qui me cause ? Navrée, mais je ne crois pas en la vie après la mort. Et Azelia a bien stipulé que je vais mourir d'ici un mois après avoir traversé de longs stades mutagènes. Ta plaisanterie n'a pas fonctionné. Maintenant, réponds à mes questions. Qui es-tu ?

- Si on ne peut plus plaisanter... Je cherchais juste à te remonter le moral. Tu semblais si triste, si désemparée. Et pour une fois que je vois une expérience du sang noir garder son humanité aussi longtemps, j'aimerais éviter qu'elle sombre dans le silence. Alors, causons un peu. Cela fait si longtemps que je n'ai plus discuté avec un prisonnier. Au moins un bon siècle, à tout casser.

- Un siècle ? Quel âge as-tu ?

- Hum, je ne sais pas. Plus d'un millénaire, je dirais. Faut dire que ca fait une éternité que je suis enfermée ici...

- Un millénaire ???

Cette voix féminine qui parlait à Ayako depuis le vide était probablement une race supérieure à la race mortelle. Aux premiers abords, Ayako jugeait qu'elle avait affaire à une enfant, voire une adolescente âgée de maximum 14 ans. Mais un millénaire ? Ayako espérait que cette gamine n'était pas une prisonnière de ce laboratoire depuis autant d'années.

- Cela fait combien de temps que tu es enfermée ici ?

- Je ne sais pas, je te l'aies déjà dit. J'ai perdu toute notion du temps. Un siècle, deux siècles. Aucune idée. Tout ce que je peux te confirmer, c'est que tu n'es pas la seule à végéter dans ton coin. Je suis enfermée dans une capsule rare, fabriquée par les archidiables. On la nomme "la boîte de Pandore". Mon corps est plongée dans du sang noire en permanence. Dès que le sang nourrir mon organisme, Azelia revient ici, et en verse davantage. Il s'agit probablement du sang qu'elle a récoltée chez les expériences qui ont dérapées. Et oui, ma chère camarade de cellule. C'est la vitalité des humains qui me permet de survivre. Par ailleurs, je suis télépathe. J'ai la capacité de communiquer avec un esprit dans les environs. Je peux communiquer avec tous mes amis emprisonnés. Génial, non ? Considère moi comme la princesse de cette geôle ! Comme l'ange gardien qui aide les prisonniers à garder tête haute et à mieux vivre son séjour en enfer !

Ayako nota une chose supplémentaire chez cette gamine. Malgré son supplice et le ton grave de ses paroles, comme le fait qu'elle vit grâce au sang de multiples cobayes décédés actuellement, elle gardait un ton rayonnant. Elle semblait toujours de bonne humeur, comme si elle avait pleinement accepté son quotidien. Au moins, elle avait l'avantage de communiquer avec les prisonniers pour ne pas se sentir seule.

- Ressens-tu la faim et la soif ? J'imagine que non. Maintenant que ton corps est totalement infecté par le sang noir, c'est ta principale et unique source nutritive. La première phase de l'évolution, c'est que le sang noir diffuse un maléfice puissant qui touche tous tes organes et les rend totalement dépendants à ce même maléfice. Sans sang noir, tes organes vont exploser un à un. Ce qui signifie, par ailleurs, que tu n'as plus besoin de manger car seul ce maléfice te ravitaille. En réalité, tu ne ressens aucun désir majeur que l'être humain banal ressent, à part trois désirs en question: Le désir de survivre, le désir de tuer, et le désir sexuel. Rien d'autre ne te donnera envie à partir de maintenant. Ensuite, selon ta morphologie et ta volonté, tu mettras plus ou moins du temps à rejoindre la seconde étape. Le maléfice va décupler tes capacités physiques, faisant de toi une parfaite archidiable aux réflexes surhumains. Tu seras bien au delà de la race mortelle.

- Ah... quelle joie....

- Mais la dernière étape est que le sang noir va prendre le dessus sur toi, et bientôt, tu n'auras plus rien d'humaine. Tu ressembleras à une abomination, au point qu'on ne pourra même plus situer l'emplacement de ton cœur et de ton cerveau. Quand Azelia a précisé que tu allais mourir, c'est une image. Tu vas juste devenir une créature sans conscience, sans parole, sans rien. Juste une créature qui voudra mélanger sa génétique avec d'autres êtres humains pour proliférer le maléfice.

- C'est... juste écœurant. Tu sembles en savoir des choses pour une gamine. A part le fait que je ne ressens aucun désir de survivre. J'ai mérité mon sort. Mais je reste curieuse de savoir. Comment cela se fait que tu parviennes à rester toi-même alors que ton corps reste en permanence baigné dans du sang noir ?

- Parce que je suis à l'origine du sang noir. Azelia s'est servi de ma génétique pour créer une armée de démons, voilà tout.

Donc depuis le début, Ayako portait le sang de cette enfant dans son corps ? C'est à partir de cette personne qu'Azelia a pu créer ce terrible virus ? Ayako avait du mal à y croire, après tout, ce type de paroles pouvait provenir de n'importe qui, juste pour tromper les esprits. Et puis, pour la kunoichi, tout ceci n'avait aucune importance.

- C'est donc toi, le sujet primordial qui a perpétué cette folie ? Pas étonnant qu'Azelia te maintiens en vie dans cette capsule.

- Je t'aies dit quelque chose d'important à mon sujet, car tu me parais sympathique. J'attendais depuis si longtemps un sujet qui résiste à mon sang. Je pense que c'est le début d'une entente mutuelle, car si tu survis longtemps, je pourrais bien te considérer comme une semblable.

- Désolée, mais je ne suis ni humaine, ni archidiable. Je suis juste une femme morte. Alors navrée de réduire tes espoirs à néant de te trouver une nouvelle copine.

- Triste perspective. Alors, Ayako, peux-tu... me raconter une histoire ? Et pas n'importe laquelle. Je veux ton histoire.

- Mon histoire est bien trop déprimante pour une fifille aussi enjouée que toi. Et puis, elle est bien trop longue.

- T'en fais pas pour ça. Face à l'éternité enfermée dans cette cellule, ton histoire aura beau durer des heures que cela paraîtra télégraphique. Allez, je t'écoute...

Non sans hésitation, Ayako se lança dans un long récit où elle parla de tout. Sa naissance au beau milieu d'une famille qui n'est pas la sienne. La discrimination qu'elle a enduré. Le suicide de sa mère, sa rencontre avec Azelia. Ses combats, ses amours, ses amitiés, sa haine. Tout, allant jusqu'à sa défaite contre le clan Hajinmon. Mais elle épargna un détail. Le fait qu'elle fut protégée par un homme nommé Kakashi. Elle était incapable d'expliquer pourquoi elle avait omis ce détail. Probablement parce qu'encore aujourd'hui, elle ne comprenait toujours pas ce qu'elle représentait pour cet homme. Et elle-même, elle ne savait pas quelle opinion elle pouvait bien avoir de ce type qui s'était quand même interposé entre Shuujaku et elle. La jeune adolescente, quand à elle, se questionna sur pas mal de points face au récit de cette Ayako.

- Hum, je dois admettre que... te raconter cela m'a légèrement libéré l'esprit. Ce n'est pas la délivrance que j'attend impatiemment, mais je vais m'en contenter.

- C'est étrange. J'ai l'habitude des humains qui font preuve de racisme envers les races supérieures, mais de là à vouloir poignarder un être de la même espèce. Comment l'humanité à évolué depuis mon emprisonnement ? Je pense qu'il est peut-être temps pour moi de tirer ma révérence à ce cachot humide. Cette Ayako me paraît intéressante, car elle a vécu la même chose que mère. Rien n'a voir avec ces stupides sujets d'expérience qui étaient corrompus jusqu'à la moelle bien avant qu'on leur injecte mon sang. Hum, réfléchissons...

- J'ai pris mon temps pour tout te raconter, et tu ne parles plus. Par respect pour moi, tu pourrais au moins faire un petit commentaire. Tu peux te moquer de moi si ça te chante, peu importe, mais ne te terre pas dans le silence comme ça, hein !

- Huuuuuuuum....... Huuuuuuuuuuum.... Huuuuuuuuuuuuum....

- Arrête ça et dit quelque chose, putain !

- Hum, tu en penses quoi, Yama ? Ca vaut le coup d'essayer ? Hum, oui oui, c'est une idée, soit...

- A qui parles-tu ? A l'un de tes copains de cellule ?

Mais encore une fois, la jeune fille ne répondit rien. Cependant, après quelques secondes d'absentéisme, Ayako vit une sombre aura virevolter au dessus d'elle. Sous le stress, Ayako remua dans tous les sens, espérant que cette aura n'était pas hostile. Mais cette énergie se mit à recouvrir les chaînes qui retenaient prisonnières Ayako. Comme rongées par l'aura noire, ces chaînes se détruisirent sur le champ, permettant enfin à Ayako de se lever de sa table d'opération et de se dégourdir les jambes.

- Allez, fiches le camp, noble tigresse. Tu es libre. Considère que c'est ma façon de te remercier pour m'avoir tenu compagnie.

Ayako ne savait pas quoi répondre à cet extrême élan de générosité de la part de cette personne. Elle venait peut-être de lui permettre de se dégourdir les jambes, mais cela ne modifia nullement la cruelle fatalité qui attendait Ayako. Pour elle, à quoi bon chercher à s'enfuir ? Et elle imaginait bien que cette gamine avait réalisé l'état d'esprit actuel d'Ayako. Ainsi, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose pour elle. Elle a fait ça pour l'aider en retour, c'était évident.

- J'imagine que tu souhaites simplement mon soutien en retour parce que tu sembles avoir déniché la perle rare chez moi, à t'entendre. Très bien, explique moi ta position et je viens te libérer.

- Non ! Surtout pas ! Je te l'interdis !

- Hein ?

- A ton état actuel, tu es un danger pour moi. Si je dois sortir de ce trou à rat, c'est en compagnie de quelqu'un qui est comme moi. A savoir, qui maîtrise mon précieux sang. Je peux t'aider, dans un sens. Mais il va falloir que tu reviennes une autre fois. Jusque là, laisse moi continuer à patauger dans ma propre merde, tu veux bien ?

Ayako ne comprenait rien au charabia de cette gamine. Pourquoi a t'elle libéré Ayako, si elle refuse d'être libérée en retour ? De plus, pourquoi devrait elle revenir ? Enfin, maintenant qu'elle était libérée de ces chaînes qui bloquaient la circulation de son énergie spirituelle, Ayako put se concentrer sur les alentours. Et elle repéra, au loin, une énergie écrasante et malfaisante. Pas de doute pour elle, c'était cette gamine. Mais là, elle commença à laisser couler une légère perle de sueur. Pourquoi ? Parce qu'en cette gamine, circulait une pression énergétique à couper le souffle, qui surclassait clairement sa propre force, et également celle de Seto, voire même Scylla en personne. Au final, elle crut même penser qu'Azelia était tout proche, tellement la force énergétique de cette gamine... s'avoisinait tellement à celle de la reine lunaire. A cet instant, Ayako avait du mal à respirer devant l'aura de celle qui s'auto proclamait comme le réceptacle du sang noir original. Avec une telle force, elle commença à songer que ce n'étaient pas des conneries tout cela. C'est ainsi qu'une légère méfiance s'installa en Ayako. Tant qu'elle ne savait pas ce que cette gamine attendait d'elle en lui proposant de revenir plus tard pour la sauver, elle songeait clairement à la laisser tomber dans sa merde, comme elle le disait si bien. Et puis, il était hors de question pour Ayako de recommencer à être la sujette d'une folle à lier, peu importe son âge. Elle préférait mourir que servir une seconde fois une archidiable blindée au sang noir. Devant cette pensée, Ayako se mit à sourire de manière perturbante, comme si l'ancienne Ayako, avant la rencontre avec Kakashi, venait de refaire surface.

- Dis donc, toi, tu sais que je pourrais retourner ton accusation contre toi ? Ton élan de générosité inexpliqué ne t'a pas fait gagner ma confiance. Et si je me casse d'ici, je suis pas prête d'y retourner. Donc c'est maintenant ou jamais, pigé ?

- Oh, mais tu VAS revenir, c'est une évidence même. Question, Ayako... As-tu quelqu'un qui compte pour toi et réciproquement ?

- Je... je ne pense pas, non.

- J'aurais jurée que c'est cette possibilité qui a peut-être atténuée l'évolution du sang noir en toi. Comme si tu t'accrochais à quelqu'un, ou quelque chose, pour ne pas sombrer dans le néant total. Je pense que tu te mens à toi même, actuellement. Allez, dès que tu auras trouvé cette personne, ramène la ici. Ok ? Merci d'avance !

- Hey, attends un peu, gamine. C'est quoi ce charabia ? Tu peux être plus explicite ?

- Allez, ouste ! Hop hop hop, du balai. Bouge tes fesses avant qu'un garde débarque et te foute une déculottée. Ce sera notre petit secret. Oh, comme je sais tout ce qui se passe dans ce laboratoire, je peux te dire qu'au fond du couloir à droite, il y'a un manteau noir qui appartenait à un prisonnier qu'on vient à peine de foutre en cellule. Mais... c'était un homme, donc pas de sous-vêtements adaptés, ni quoi que ce soit pour couvrir tes jolis mignons petits pieds. Couvre toi au moins les miches, sinon, tu vas geler.

- Hum, je peux au moins connaître ton nom ?

- Tu peux m'appeler Heresia... Allez, va-y. Et surtout, ne libère aucun prisonnier. Ils sont tous de mauvais poil car on ne leur sert plus aucun souper depuis pas mal de jours. Tu vois ce que je veux dire ?

Ayako grimaça, car elle se demanda quelle espèce de tordue pouvait nommer sa fille ainsi. Bref, elle se retourna puis se mit à courir vers la sortir de cette salle d'opération, prenant en compte le conseil d'Heresia pour enfiler au moins un peu de tissu. Mais il était clair d'une chose, elle aurait adoré, au fond, libérer cette Heresia, car il était évident qu'elle avait une chance de survivre comparé à elle. Et puis, Ayako avait beau fouiller son cœur, elle n'imaginait pas quelqu'un éprouver des sentiments pour elle, et réciproquement. Cette énigme posée par Heresia ne verra sûrement jamais la réponse.
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Ayako
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MessageSujet: Re: Une archidiable nommée Heresia   Dim 8 Juil - 11:55

Sans savoir pourquoi, Ayako accepta de fuir du laboratoire grâce à l'aide précieuse de l'archidiable Heresia. Elle s'empara d'un long manteau noir muni d'une capuche, histoire de se fondre dans l'obscurité du territoire. Néanmoins, l'escapade de la kunoichi fut bien plus simple que prévue. Partout où elle mettait les pieds, les gardes semblaient évanouis. Ayako comprit qu'Heresia y était pour quelque chose. Elle avait ressentie en cette enfant une énergie surhumaine, proche de celle d'Azelia. Aux premiers abords, elle se méfiait de cette gamine qui cherchait l'aide d'Ayako à condition qu'elle revienne ici avec une personne chère à ses yeux. Elle espérait qu'elle n'était pas l'objet d'une combine de la part de celle qui prétendait être le réceptacle original du sang noir. Mais d'un autre côté, rien ne l'empêchait d'utiliser cette Heresia pour se venger d'Azelia. Quoiqu'il en soit, cette gamine semblait avoir tout intérêt à espérer que la kunoichi sorte d'ici vivante. Et grâce à ce pouvoir qui lui permit de voyager partout où elle voulait dans ce laboratoire, elle put retrouver dans une autre cellule son fidèle Jashinken.

Une fois sortie du laboratoire, Ayako s'enfonça vers l'inconnu. Le chemin était souterrain, car après tout, elle savait qu'elle était au beau milieu du noyau lunaire, un large monde sous terre sans végétation, ni eau, ni rien. Un pur désert dont l'énergie était rarissime, et l'obscurité était omniprésente. La seule source de lumière provenait d'Ayako elle-même qui émettait de l'énergie rougeâtre tout autour de son corps et qui lui permit de voir à quelques pas devant elle. Néanmoins, alors qu'il était dans son intérêt de se dépêcher de sortir d'ici pour éviter de tomber en panne d'énergie, elle se contenta de marcher à pas de loups, prenant tout son temps. La raison était simple, en plus du fait qu'elle n'y voyait pas à dix mètres: Elle avait aucun espoir de s'en sortir. C'était presque comme si elle marchait uniquement pour se dégourdir les jambes après deux jours passés sur une table d'opération. Mais elle considérait cet échappatoire comme une banale futilité. Bientôt, le sang noir allait la posséder pour de bon. Il était inutile de résister. Et Ayako sentait déjà que quelque chose clochait dans sa tête. Car plus elle marchait, plus sa tête tournait, plus elle semblait être dans un état second. Ses pas étaient malhabiles. Elle semblait presque sous l'effet d'une drogue. Elle crut voir plus loin une source d'eau, mais il ne s'agissait pas d'une source d'eau pure, mais une large flaque noire. Plus elle s'approchait de cette tâche noire, plus elle vit ce qui était à l'origine de cette vision. Un corps humain pataugeait au fond de cette tâche. Ayako avait beau avoir perdue sa lucidité et ses sens, elle comprit que ce corps était un ancien contaminé au sang noir, qui ne survécut pas à la prolifération de ce sang dans son organisme. C'était probablement le destin d'Ayako qui gisait là, sous ses yeux. Comme obsédée par cette tâche, elle se pencha en avant, et tendit la main vers cette tâche noire, comme si elle cherchait à s'en abreuver.

- Du sang... Il me faut du sang...

Et alors qu'elle approcha légèrement les doigts, la main du cadavre tenta d'attraper celle d'Ayako. Cette chose était toujours vivante ? Ayako avait les nerfs solides, alors elle parvint à éviter de justesse l'emprise du cadavre sans crier d'effroi. Elle recula de quelques mètres, et vit que la silhouette qui était enveloppée par cette substance noire et visqueuse se releva, et marcha tel un zombie vers la Kunoichi, tout en tendant la main droite. La créature semblait intéressée par le sang maudit d'Ayako, et cette main tendue semblait presque être une invitation pour elle, une invitation à suivre son destin, à devenir l'une de ces créatures dont le sang noir a effacé toute humanité. Mais heureusement, elle semblait garder assez de lucidité pour ne pas se laisser avoir par cette main tendue. Elle courut vers le sens opposé, sans prendre la peine de découper en rondelles ce pauvre macabre individu.

Cette course n'améliora pas la situation d'Ayako, car elle ne savait toujours pas où aller. Tout les tunnels se ressemblaient, et la visibilité quasi nulle n'arrangeait rien à son problème. A force de marcher sur un sol rocailleux avec des pieds déchaussés, elle commençait à ressentir une forte douleur à cet endroit. C'est à cet instant qu'elle se rappela que le sang noir protégeait l'individu uniquement en cas d'urgence, et non pour ce genre de douleurs. Mais sous la fatigue et l'épuisement, Ayako se laissa tomber au sol, les deux genoux à terre. Elle reprit son souffle avec difficulté, tandis que sa vision semblait toujours plus désorientée. Elle savait que d'ici quelques minutes, elle allait perdre connaissance.

Néanmoins, quelque chose l'obligea à se relever. Après avoir secoué sa tête de gauche à droite pour mieux voir, elle vit une vingtaine d'œufs devant elle, qui avaient une taille un peu trop grande pour de simples œufs. Ils étaient alimentés par la même substance noire qui enveloppait comme de la morve ces espèces de cocons. Si c'est une substance crée à partir du sang noir, aucun doute que cette substance n'était pas seulement là pour alimenter l'organisme d'un archidiable. Et comme si l'énergie d'Ayako qui lui permettait de voir devant elle agissait sur ces cocons, ils se mirent à se fissurer. Depuis ces œufs qui se brisèrent, Ayako vit des formes de vies ressemblant à des insectes ramper méchamment vers elle. Il y'avait de tout: Des pattes toutes velues, des antennes qui remuaient dans tous les sens, des yeux rouges vitreux, et même parmi ces créatures quelques sangsues.


- C'est... un cauchemar... Je veux me réveiller...

Pour la première fois depuis longtemps, Ayako tremblait. Elle angoissait comme jamais depuis qu'elle a rejoint l'armée d'Azelia. Ce qu'elle voyait était pire que tout. L'obscurité, ces gros insectes qui s'approchaient d'elle pour grimper depuis ces jambes. Ce silence complet gâché par les bruits provenant des pattes de ces monstres. En plus de cela, l'odeur était fétide et irrespirable. Le noyau lunaire portait bien son nom d'endroit le plus angoissant de la Yokume. Désormais, Ayako vit à quel point elle était faible. Alors qu'elle semblait toujours impitoyable, redoutée, crainte, et agressive, ici, on pouvait la comparer avec une enfant apeurée, sans ses parents. Elle gigotait son Jashinken dans tous les sens pour faire reculer les insectes avant même qu'ils touchent ses jambes.

- N'approchez pas... ELOIGNEZ VOUS DE MOI !

Mais crier ne servait à rien, et alors que l'un de ces cafards parvint à attraper la jambe d'Ayako, sa panique fut effacée par son immense dégoût. Son écœurement était tel qu'elle empala précisément ce vilain insecte, puis, avec une rage immense, trucida avec son katana tout ce qui bougeait. Une fois qu'elle transforma en brochette toutes ces saloperies qui la tétanisaient, elle se mit à se rapprocher en titubant du mur le plus proche, puis recracha sa bile vers le sol. C'était trop pour elle, elle voulait presque retourner dans ce laboratoire putride, mais sûr, pour attendre la mort et continuer de bavarder avec cette Heresia, tellement ce noyau lunaire était glauque et dégoûtant.

Son périple dura encore une bonne dizaine de minutes, où elle continua de se frayer un chemin à travers toutes les merdes mutées qu'elle croisa. Son Jashinken avait perdu tout son éclat avec le sang répugnant de ces insectes. Bien sûr, elle ne savait pas où elle allait, et l'aura rougeâtre autour d'elle s'effaçait petit à petit. Bientôt, c'est dans l'obscurité toute entière qu'elle allait plonger, et pour couronner le tout, sur son chemin, le silence se brisa progressivement. Elle entendit des grognements, ceux typiques d'une bête. Puis des pas brutaux qui remuaient le sol. Cette fois, c'était un gros qui s'approchait. Ayako se mit en garde car elle savait d'avance qu'un combat allait commencer. Et devant ses yeux apparut une créature colossale. Sur le coup, Ayako était incapable de déterminer l'espèce de ce monstre. Un dragon ? Une chimère ? Ou un simple démon dont la morphologie était trop compliquée à appréhender ? Bref, ça ressemblait à rien qui existe, c'était moche, c'était cruel, ça observait Ayako avec des yeux enragés et c'était donc conçu pour éliminer ou être éliminé.


Spoiler:
 

Le monstre ne perdit pas de temps pour tenter de déchiqueter la peau de la belle jeune femme avec ses griffes. Ayako esquiva d'un bond en l'air avant de tenter de trancher le bras droit de l'ennemi avec son katana. Mais la lame de son épée ne parvint même pas à créer une éraflure. Ce monstre était solide, très solide même. Donc face à une créature aussi robuste, il y'avait la solution préférée de la kunoichi. Alors que le démon tenta de frapper du poing une seconde fois, Ayako eut comme réflexe d'invoquer un miroir écarlate pour renvoyer le coup à l'envoyeur. Mais contre toute attente, rien n'y fit. Sous le choc de son propre échec, Ayako dut encaisser le coup. Elle fut propulsée plus loin, sans pouvoir l'éviter. Elle mit du temps à se relever, choquée par ce qui vient de se passer.

- Impossible... Même un stupide miroir, je ne peux plus invoquer ? Suis-je encore esquintée de mon combat précédent, ou alors... ?

Une terrible pensée apparut. Et si Ayako n'était plus capable d'utiliser le Ninjutsu, à cause de la corruption progressive en elle ? Pour en arriver à ne plus être capable d'utiliser la signature même de son appartenance au sein de la famille Ibusashi, Ayako comprit que cette fois, c'était clair, son humanité allait bientôt n'être qu'un lointain souvenir. Avec une folle envie de pleurer qui l'envahissait, Ayako retint ses pleurs malgré tout, et avec une rage folle, fonça vers le démon à qui elle donna un violent coup vertical au milieu de son front. Bien sûr, elle échoua une seconde fois à porter le coup fatal. Mais elle nota une nouvelle différence. Alors que le démon s'avança pour recommencer une nouvelle attaque, son front fut ensevelie par, encore une fois, la visqueuse matière noire. Ayako ne l'avait pas remarquée sur le coup, mais son bras gauche était totalement enseveli. La mutation avait commencé. Sous le désespoir, Ayako ne prêta même pas attention au démon qui fut anéanti par cette substance, qui se proliféra sur tout son corps, et créa une réaction en chaîne sur son épiderme. Il se mit à fondre de la tête aux pieds et mourut après une bonne minute après l'impact.

Ayako traîna des pieds maintenant que son bras gauche était déjà contaminé. La fin s'approchait à grand pas. Mais après une bonne heure de marche à lamenter son sort par une marche désespérée, Ayako vit une source de lumière, provenant de ce qui était belle et bien une sortie. Bien que l'espace de quelques secondes, elle hésita à suivre la lumière, une courte lueur d'espoir illumina son esprit.


- La sortie... La sortie de ce cauchemar. Elle est là.

Ayako se mit à courir vers la sortie. Bientôt, elle allait enfin pouvoir profiter de la lumière du soleil, et respirer un air pur, loin de cette atmosphère nauséabonde. Mais malheureusement, alors qu'elle était de plus en plus proche de la source éclairée, sa peau se mit à brûler intensément. Sous la douleur, Ayako se mit à crier, à se recroqueviller sur elle-même, et à reculer de plusieurs pas. Elle fixa avec effroi son bras contaminé, et la croûte noire qui parasitait ce même membre commença à fondre. Ayako ne mit pas plus de deux secondes à comprendre la cruelle réalité. Si elle mettait les pieds dehors, elle allait mourir...

[ Thème d'ambiance: https://www.youtube.com/watch?v=hwLVdOPd2_Y ]

A cet instant, la dernière lueur d'espoir en Ayako disparut comme neige au soleil. Elle resta immobile devant la sortie, comme si une force surhumaine l'avait transformé en statue. Son expression du visage était similaire à l'expression d'un deuil profond. Elle était tétanisée devant cette lumière, et devant le destin qui l'attendait. Elle était coincée à jamais au sein de l'obscurité. Son esprit divagua lorsqu'elle eut l'impression d'être prise par une sombre hallucination. La gangrène sur son bras se mit à grossir, puis à envelopper légèrement son épaule, avant de grimper jusqu'à sa joue droite. Mais dans son esprit, elle avait l'impression que son corps était en train d'être enseveli par un marécage noir. L'espace autour d'elle n'existait plus. Seul un océan noir l'aspirait vers le sol. Et comme si ses sens jouaient avec elle pour la tourmenter jusqu'à la folie, elle crut entendre un rire. Celui d'Azelia. Elle croyait que la reine lunaire n'était pas loin et riait du malheur de la kunoichi. Mais dans un sens, c'était la cruelle réalité. Elle appartenait à Azelia, pour toujours...

- Je veux m'en aller... Je veux partir... Laissez-moi.. Laissez-moi, ce n'est pas votre voix que je veux entendre... C'est.. la voix de...

Envahie par le sentiment qu'Azelia serait toujours derrière elle, Ayako lâcha son katana sur le sol. Le bruit causé par la chute résonnait fortement dans ses oreilles. C'était le bruit de l'abandon. Après cela, elle s'écroula au sol, à quatre pattes. Elle ne savait plus quoi faire. Si elle avançait, elle brûlait devant la lumière du soleil, et si elle reculait, elle avait encore vivre un enfer avec toutes ces créatures grouillantes qui voulaient la dévorer de la tête aux pieds. Mais alors que son esprit voyageait, Ayako tenta de se rappeler de la seule chose agréable qui existait pour elle.

- Je veux encore l'entendre... Sa voix. Cette voix qui m'avait tant réconforté, qui avait réchauffé mon esprit. Mais... à qui appartient cette voix ? Comment s'appelle t'il ? Je ne... m'en souviens... plus... Je...

Ayako se redressa en arrière, posa sa main sur la poitrine, puis respira un bon coup pour faire le vide dans son esprit. Elle devait se souvenir de son nom. A cela, une troisième option était possible, bien que proche de l'impossible: Faire confiance à Heresia. Mais pour cela, elle devait être en mesure de juger l'identité de cette personne importante pour elle. Les yeux fermés, elle invoqua un parchemin, puis fit briller son index droit, et le fit glisser sur le papier qu'elle avait sur ses genoux.

- C'est la dernière chose qui me reste à faire. Ce n'est pas pour moi que je le fais... Mais pour le monde libre que tu souhaites préserver...

Ayako semblait écrire quelque chose sur le parchemin, avec l'aide de son pouvoir. La lueur rouge sur son doigt semblait inscrire quelque chose sur le parchemin, remplaçant donc la plume comme moyen d'écrire.

Cher Kakashi,

Si tu reçois cette lettre, transmets-là à Shuujaku. Elle contient la formule à réciter pour traverser la frontière magique qui bloque l'accès au noyau lunaire:

Ange la nuit
Démon le jour
A jamais je le serai
Et pour toujour le resterai
Tout comme toi que j'aime
Tu as allumé en moi une flamme
Et réveillé l'ange et le démon que je ne connaissais pas,
Des fureurs enfouies depuis toujours,
Ce qui a pour toi déclarer mon amour.

Si vous souhaitez mettre un terme aux plans d'Azelia, il vous faut traverser ce noyau lunaire pour atteindre le sanctuaire de Pandemonium. Il vous reste peu de temps. La zone est périlleuse. Je conseille à Shuujaku de former une alliance avec Scylla. Il saura de qui je parle de toute manière. Pourquoi ce message est adressé à toi, Kakashi ? Parce que je voulais que tu sois celui qui le réceptionne. C'est à toi que cette formule est adressée. Je ne sais si c'est une pure coïncidence, mais ces mots traduisent ce que j'ai ressenti quand tu as pris la parole pour empêcher mon exécution. A cet instant, tu as transformé mon univers froid et intrépide, en une large prairie ensoleillée et parfumée. J'ai cru redevenir celle que j'étais autrefois, la jeune gamine qui espérait un monde sans violence, sans haine, sans discrimination.

Malheureusement, mon destin m'a rattrapé. Dans quelques jours, je connaîtrais enfin le châtiment pour avoir trahi Azelia. Le destin impitoyable qui me bannira de ce monde que j'ai cherché à ensanglanter. Je ne serais plus rien, je ne serais plus reconnaissable. Au final, ce châtiment m'est-il infligé parce que j'ai trahi ma souveraine, ou parce que j'ai cherché à jouer à la messagère de la mort ? Je ne peux expier mes crimes, mais je peux encore faire une dernière chose. Ce n'est pas pour moi que j'envoie ce message, mais pour ton identité, si chère à tes yeux. Vis, Kakashi, reste libre et fidèle à ce que tu crois... Puis, oublie moi...

Ayako, qui t'observera depuis un monde meilleur.


Maintenant que le message était terminé, Ayako eut un soupçon de force pour invoquer une silhouette à la forme d'aigle, façonnée uniquement à base de cristaux rouges. Ayako fut rassurée. Elle n'était plus capable d'invoquer un miroir qui demandait de sacrifier une grande quantité d'énergie, mais invoquer cet animal superficiel était encore dans ses cordes. Elle enroula le parchemin, et le donna à son animal de cristal.

- Suis la lumière, mon brave messager. Et apporte ce parchemin au village Hajinmon. Vite, presse-toi. Le sort du monde en dépend.

L'aigle s'envola vers la sortie de la caverne. Ayako connaissait bien cette frontière entre le noyau et le monde extérieur, et savait que la barrière ne marchait qu'à sens unique, pour bloquer les entrées et non les sorties. Ayako remercia cette chance et pria pour que son animal atteigne le village Hajinmon. Puis, elle ferma les yeux. La gangrène noire enveloppait pratiquement tout son corps désormais. Tout comme Seto, elle allait vivre dans un monde obscur jusqu'à la fin. Mais contrairement au dragon, elle voulait changer par ce message la face du monde.
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