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 Hélios, le royaume indomptable

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Asuna
Archange des constellations
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Messages : 84
Date d'inscription : 08/01/2014

MessageSujet: Hélios, le royaume indomptable   Sam 21 Avr - 10:32

Hélios, royaume prospère de la péninsule d'Éternia. Réputé pour l'architecture de ses cités, ainsi que de sa capitale imprenable, ce royaume brille surtout par l'éclat de sa tour d'or. Tour située au centre de la capitale, symbole de grandeur et richesse, elle domine le royaume, et fait sa renommée. En outre, la position du royaume sur la péninsule, situé entre Éternia et Loxianna, assure le bon développement du commerce. Enfin, ses bonnes relations avec l'ensemble des royaumes de la péninsule, lui garantissent une position diplomatique confortable. Mais, tout cela, le royaume le doit à sa famille royale. Monarque d'héritier en héritier, la famille Galford assure le bon développement de son royaume. Et le dernier héritier en date, Alduin, ne déroge pas à la règle, et fait honneur à son nom. Surnommé le « Lion d'Hélios », ce monarque brille par sa fureur au combat, et son charisme. Considéré comme sans rivaux sur le champ de bataille, armé de ses lames, Tizona et Tiona, il répand la terreur sur les ennemis de son royaume, tel un lion enragé. Mais, ce roi doit sa popularité également à sa bonté envers le peuple. Protecteur, fidèle, aidé de son conseiller, et frère, Lucius Galford, sur qui il peut compter, il met un point d'honneur à protéger son peuple de la fatalité.
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C'est donc sous la lumière des trois soleils, et actuellement celle du zénith, qu'une audience aura bientôt lieu, entre le roi, et une invitée de marque. Parcourant les couloirs en direction du trône, la silhouette, accompagnée par le conseiller Lucius, semblait se languir de cette marche. Tantôt maussade, tantôt ennuyée, la silhouette faisait preuve d'une attitude décontractée, loin d'une attitude d'avant rencontre royale. Cependant, l'origine de cette attitude n'était pas de n'importe qui, il s'agissait ni plus ni moins de l'archange et monarque d'Éternia : la reine Asuna. Néanmoins, au premier abord, nulle forme d'archange n'était à noter. Actuellement, l'archange arborait un style plus classique, plus naturel. Pour ceux qui l'ont déjà vu, ce changement était à la fois drastique, et mystérieux. Bien que, son apparence ne trahisse pas l'archange original. Toujours arborant une longue chevelure rousse, tressée à l'arrière, ce qui pouvait étonner était son air plus sérieux, mature, voire féroce. Pour la tenue, l'archange avait abandonné l'armure de plaques rutilantes, et cachant peu de peau, pour laisser place à une tenue plus complexe, plus couverte. Laissant tomber la maille, l'archange avait opté pour du tissu. Seules quelques parties de la tenue étaient recouverts par de fins morceaux d'armures. En particulier les avants bras, où ces derniers étaient plus couverts. D'ailleurs, si la main droite laissait apparaître les doigts fins de l'archange, la main gauche elle, était entièrement couverte d'un gant de maille. Enfin, la tenue était ornée à la taille d'une fine rapière dans son fourreau, ainsi que d'une courte cape blanche couvrant les épaules. Le tout donnait dans tous les cas un style toujours aussi royal, mais bien plus sombre.
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Après une longue marche qui semblait ennuyer profondément l'archange, ce dernier et le conseiller Lucius arrivèrent finalement devant une large porte. Sans plus de trivialités, le conseiller invita la reine d'Éternia à pénétrer dans la salle du trône. Une fois la porte passée, l'archange était dans une salle d'une superficie impressionnante. La pièce était soutenue par des piliers imposants d'un bout à l'autre, tandis que le sol, semblait couvert d'or. Enfin, un tapis rouge menant de la porte au trône, était présent, ainsi que le symbole de la famille Galford dessiner sur le sol, au centre de la salle. Quoi qu'il en soit, à l'arrivée de l'archange, le roi se leva, afin de saluer son invité de marque.

- Bienvenue sur Hélios, reine archange. C'est un plaisir de vous accueillir sur mon royaume, bien que je sois quelque peu surpris d'une telle initiative. Vous imaginez ma surprise, lorsque j'ai appris que la reine d'Éternia en personne, souhaitait une audience.

L'archange s'inclina à son tour, puis répondit au monarque qui lui faisait face, d'une voix respectueuse.

- Je vous remercie de votre accueil, et de m'accorder audience, seigneur Galford. Je suis consciente que notre temps est précieux à tous les deux, mais il me tenait à cœur de vous voir en personne.

- Un tel intérêt est agréable à entendre, bien que je devine la raison de votre présence en ces lieux aujourd'hui. Vous êtes certainement présente, afin de revenir sur nos pourparlers en ce qui concerne une potentielle alliance entre nos deux royaumes. À cela, je vous répondrais que ce n'était pas nécessaire de vous déplacer en personne, j'ai déjà refusé, et votre présence ne changera pas ma position sur cette décision. Votre émissaire était plus que suffisant, et vous deviez vous douter que ma réponse reste la même. C'est pourquoi, j'en arrive à mon questionnement actuel : qu'espérez-vous de cette audience ?

- Je vois que vous n'hésitez pas à aller directement au but, seigneur Galford. Vous êtes comme les récits vous dépeignent. Sur ce, comme vous l'avez deviné, je suis effectivement présente, afin de parler de ma proposition d'alliance. Cependant, bien que mon émissaire m'ait fait part de votre réponse, je tenais à moi-même l'entendre de vive voix, et, pourquoi pas, effectivement vous faire revenir sur votre position. J'admets qu'entendre de votre bouche, le pourquoi de votre refus, m'aiderait à satisfaire ma curiosité, ainsi que de soulager ma déception.

- Sauf votre respect, archange, les raisons ont déjà été données à votre émissaire. Et, quand bien même, elles sont assez logiques et claires, pour satisfaire votre curiosité. Mais, puisque vous avez fait le déplacement, et que vous semblez y tenir, je vais donc de ce pas vous répéter les principaux arguments de mon refus. Et, pour commencer, la raison principale est que mon royaume n'a aucune raison militaire, ou politique, de s'allier à Éternia. De plus, on ne pratique des alliances qu'en temps de guerre principalement, ou pour améliorer les relations diplomatiques entre deux royaumes. Et, aux dernières nouvelles, nous ne sommes pas en guerre, et même si c'était le cas, vous ne devez certainement pas ignorer, que nous avons déjà une alliance militaire et politique, avec Loxianna. Je ne vois donc pas, ce qu'Hélios aurait à gagner, d'une alliance avec Éternia ? Que ce soit en termes de force militaire, ou présence politique, Loxianna est loin devant votre royaume, archange. Le royaume d'Éternia est le symbole de la tour de l'éternité, mais il est loin d'être un royaume influent. Arcadia et Loxianna sont les royaumes dominants de la péninsule, en matière de force militaire et routes commerciales.

L'archange observa dans le silence son interlocuteur, lui énumérer les raisons de son refus quant à une potentielle alliance. Et, bien que les arguments d'Alduin étaient logiques et directs, surtout en ce qui concerne la place d'Éternia sur la péninsule portant son nom, cela ne fit pas changer l'archange d'expression. Asuna semblait toujours aussi calme et attentive, aux paroles de ce bon roi. Finalement, une fois le monarque silencieux, l'archange, toujours droit, les mains croisés derrière le dos, prit la parole, d'une voix calme, mais cette fois, saupoudré d'un ton las.

- Voyons, seigneur Galford, pensez-vous vraiment que je sois ici pour entendre des raisons aussi évidentes ? Pourquoi n'abandonnerions-nous pas les fausses manières, afin d'être un peu plus franc entre nous ? Arrêtons donc, de nous mentir, et de faire bonne figure. Je sais pertinemment que vous ne m'apprécier guère, n'est-ce pas ? Alors, si vous me partagiez réellement vos raisons, seigneur Galford ?

La réponse de l'archange laissa le seigneur d'Hélios silencieux quelques secondes. Des secondes pendant lesquelles il observa à son tour son interlocutrice. Son air accueillant et amical, laissant place à un visage neutre, soudainement sérieux. Et, sa voix lorsqu'il reprit la parole, était à l'image de son nouveau visage.

- Je vois que vous aussi, vous allez droit au but, archange. Cependant, mon appréciation à votre sujet n'a rien à voir avec mon refus. Mais, puisque vous insistez, vous avez raison, il y a plusieurs points qui me laissent perplexes, en commençant par vous-même. Je dois admettre que je n'apprécie guère votre façon de penser, ou, pour être plus franc, votre façon de répandre la justice. Vous l'ignorez peut-être, mais votre exemple de puissance et condamnation sur l'ancienne reine d'Éternia, n'est pas passé inaperçu. Vos paroles, ainsi que votre acte ce jour-là, ont été à l'encontre des principes des principaux dirigeants de la péninsule. Nous sommes une péninsule diplomatique, on n'exécute pas des criminels, sans un jugement préalable. Il y a bien longtemps que nous ne sommes plus des sauvages. Rajoutons à cela, les rumeurs circulantes à votre sujet, quant à votre façon de diriger votre royaume. On dit que vous êtes invisible pour votre peuple, et que même vos conseillers ne vous voient que très rarement. Si vous ne seriez pas un archange, il est clair que votre cote de popularité serait inexistante...

… Mais, le point qui me dérange le plus à votre sujet, c'est le fait qu'Hélios n'est pas le seul royaume que vous ayez approché. Imaginez ma surprise, lorsque j'ai appris que vous aviez déjà entamé des pourparlers, avec les autres royaumes de la péninsule. Excusez-moi du peu, mais le fait que vous mangiez à tous les râteliers, ne joue pas vraiment en votre faveur. Comment puis-je faire confiance, à un royaume qui tente une alliance avec le premier venu ? Cela m'a amené d'ailleurs à me demander, pourquoi une telle entreprise ? Vous deviez vous douter que cela jouerait contre vous, pourtant, vous êtes quand même déterminé à poursuivre votre objectif. Je dois admettre que j'aimerais savoir quel est véritablement votre objectif, archange ?

Le roi Alduin venait de prendre au mot la reine archange, et ne lésinait pas sur la franchise. Il expliqua très clairement que les actions, ainsi que l'esprit de l'archange, ne lui plaisaient guère, ce qui expliquait entre autres, pourquoi il ne l'appréciait pas de masses. Bien que le monarque d'Hélios ait dit tout cela avec diplomatie, cela pouvait être difficile à entendre, pour un dirigeant. Pourtant, l'archange continuait de rester calme et toujours détendu. Asuna observait son interlocuteur l'assaillir d'un air assez serein, voire absent. Tout cela ne l'atteignait-il donc pas ? Ou en avait-elle rien à faire ? C'était difficile à dire, actuellement, mais ce qui était certain, était qu'elle était d'un calme impassible. En ce qui concerne son objectif, ce dernier était un mystère, que même Alduin n'arrivait pas à s'expliquer. Après tout, il n'avait pas tort, l'entreprise d'alliance de l'archange n'avait aucun sens, que ce soit en termes politiques ou militaires. Mais, Alduin pouvait se rassurer, l'archange allait reprendre la parole sous peu, d'un ton cette fois-ci direct.

- Mon objectif est simpliste, lança l'archange tout en haussant les épaules, c'est de rassembler sous une même bannière les royaumes de la péninsule.

La réponse de l'archange laissa Alduin sans voix, dans une surprise soudaine. Il n'arrivait pas à expliquer si son interlocutrice était sérieuse, ou si elle se moquait de lui.

- Vous ne pouvez pas être sérieuse, rassurez-moi ?

- Pourquoi m'amuserais-je à mentir sur mon objectif, seigneur Galford ? Ce dernier vous dérange-t-il ?

La réponse sérieuse et l'air déterminé de l'archange ne trompaient pas, ce dernier était réellement sérieux sur son objectif. Cela laissa encore une fois, le monarque d'Hélios sans voix. À présent, il ne savait plus quoi penser de la personne en face de lui. La raison à cela était simple, un tel souhait était naïf et impossible pour ce dernier. Un objectif comme celui-ci, est généralement un rêve que désirent seulement les enfants avec des rêves naïfs plein la tête. Mais la réalité est bien moins douce, et un tel rêve disparaît rapidement des esprits. Pourtant, cet archange semble sérieux sur cet objectif. Cela était incompréhensible, cette reine était-elle naïve à ce point ?

- Au contraire, cela est un objectif honorable. Mais, pardonnez ma rudesse, cela est également très naïf. J'ose espérer que vous savez que cet objectif est irréel ? Je n'imaginais pas entendre un jour, un monarque lancer un tel vœu. Peut-être, parce qu'aucun monarque sain d'esprit ne poursuivrait un objectif qui se rapproche plus de l'utopie, que du possible. De plus, un tel souhait est de mon point de vue, assez égoïste, en plus d'être une insulte à l'histoire. Le passé est chargé, et vous pensez que chacun peut tirer un trait sur ce dernier ? Pensez-vous réellement que mon royaume, par exemple, accepterait une alliance avec le royaume d'Arcadia, alors qu'il y a encore moins de cinq siècles, nous étions en guerre ? Notre péninsule est chargée de rancœur et d'amertume. C'est la raison pour laquelle je trouve votre entreprise égoïste. Vous poursuivez votre ambition, sans tenir compte du passé, ainsi que notre histoire. Ne serait-ce que pour cette raison, votre objectif n'est qu'une utopie, et n'a aucune chance d'aboutir...

Tandis que le roi Alduin descendait en flèche l'objectif d'Asuna, cette dernière décroisa les bras de derrière le dos, et haussa de nouveau les épaules, tout en répondant d'une voix ennuyée, et d'un ton hautain.

- Bien sûr, que mon objectif est impossible, pour une personne comme vous, seigneur Galford. Je ne peux vous en vouloir, après tout, c'est la signature du faible, d'abandonner ses rêves devant l'impossible.

- Je vous demande pardon ?

- Votre Altesse est-elle vexée ? Pourtant, je ne fais qu'énoncer une réalité. Ce qui pour vous est une utopie, pour moi, c'est l'avenir. Ce qui vous semble impossible, pour moi, ce n'est qu'un obstacle à l'évolution. Quant à l'égoïsme de mon objectif, il est au niveau de votre histoire. N'est-ce pas égoïste, de condamner mon ambition, au service du passé ? Néanmoins, encore une fois, cela ne vous est pas imputable directement. C'est difficile pour un faible, d'ouvrir son esprit à l'évolution. Il est bien plus prudent de rester dans son confort rassurant. Car, l'inconnu effraie le faible, c'est bien connu.

Cette fois-ci, le roi Galford se leva de son trône, et effaça son air neutre, pour laisser place à un visage sévère. Les paroles de l'archange étaient trop vénéneuses et insultantes, pour qu'il reste courtois et passif. On ne pouvait pas dire que l'archange y avait été avec le dos de la cuillère. Sa voix provocatrice et son air hautain avec lesquels elle venait de parler, étaient à eux seuls, une raison valable pour sortir de ses gonds. C'est donc d'une voix agacée et un ton accusateur, que le roi reprit la parole.

- Comment osez-vous traiter ouvertement moi-même et mon royaume de faibles ? Pensez-vous réellement que cette attitude vous aidera dans votre utopie ? Je commence à comprendre les rumeurs à votre sujet, et vous cerner, archange !

- Vraiment ? Qu'avez-vous donc découvert ?

- Là n'est pas la question. Pensez-vous réellement que vous pouvez venir sur mon royaume, et tenir un tel discours devant moi ? Je dois admettre que vous dégagez un certain charisme évident, mais cela cache également une reine prétentieuse et hautaine. Je pense sincèrement que votre nature vous est montée à la tête, archange ! Vous parlez d'évolution, d'avenir, au sujet d'une utopie égoïste et impossible ! D'ailleurs, vous qui citez les faibles, si vous me disiez ce que mon royaume aurait à gagner, à s'allier au vôtre, qui est, comme dit précédemment, un des plus faibles de la péninsule en matière de force militaire ?

- C'est évident, non ? Moi.

La réponse instinctive et directe de l'archange fit presque tomber de surprise, le roi d'Hélios. Comment un être censé pouvait lancer une chose pareil d'un air aussi sérieux et d'une voix si assurée ? Cette reine avait soit un ego démesuré, soit une image d'elle-même décidément prétentieuse.

- Cela suffit ! Votre arrogance est insultante, archange ! Vous n'êtes quand même pas en train de vous comparer à un royaume ? Aussi charismatique et puissante que vous soyez, vous ne pouvez pas vous comparer à la force militaire d'un royaume. Pensez-vous réellement que votre simple présence sur Éternia, fait de ce royaume le plus puissant de la péninsule ? Cessez donc cette arrogance ! Je n'arrive pas à croire que vous osiez venir sur mon royaume, et tenir un tel discours ! Je ne sais vraiment pas ce que vous espériez de notre entrevue, mais je ne veux pas en savoir plus. Je pense qu'il est plus que temps de mettre fin à cette rencontre, nous n'avons plus rien à nous dire. Je vous invite à retourner jouer les prétentieuses dans votre royaume, archange !

La colère du roi Alduin était visible autant sur son visage que sa voix. Il était tellement hors de lui, qu'il décidait de mettre fin à cette audience, en invitant l'archange à partir, d'un ton agressif. À cela, cependant, Asuna, esquissa un sourire satisfait, et reprit la parole d'une voix amusée.

- Voyons, inutile de céder à la gratuité, seigneur Galford. Cette façon de parler ne vous met pas en valeur, si vous voulez mon avis. Vous devenez presque aussi arrogant et insultant que ma personne que vous condamnez. Mais bon, comme il vous plaira, seigneur Galford, mettons fin à notre rencontre. Laissez-moi cependant énoncer ma déception, quant à l'échec de nos négociations, uniquement, car mon objectif utopique vous effraie. Je suis pourtant certaine, que nous aurions faits d'excellents alliés.

- Permettez-moi d'en douter...

L'audience étant close, après ces dernières paroles, l'archange détourna les talons, et se dirigea vers la porte. Cependant, juste avant d'ouvrir cette dernière, et de partir, il glissa de nouveau quelques mots, d'un ton malicieux.

- Adieu, seigneur Galford, espérons que vous n'aurez pas à regretter votre choix...

À ceci, Alduin reprit la parole instinctivement, avec colère.

- Qu'est-ce que cela veut dire, archange ? Est-ce une menace ?

- Une menace ? Bien sûr que non, voyons. Plutôt une mise en garde.

- Vous cherchez la GUERRE ?

Asuna se retourna lentement, et esquissa un sourire amusé, avant de reprendre la parole d'une voix toujours aussi arrogante et malicieuse.

- Une guerre ? Voyons, une guerre entre nous est impossible, seigneur Galford. La définition d'une guerre, c'est quand deux ou plusieurs camps s'affrontent. Lorsqu'une bataille est à sens unique, on appelle plus généralement cela un génocide.

- Ça suffit ! Foutez le camp de mon royaume et ne revenez plus jamais, archange !

- À votre convenance, votre majesté, s'inclina l'archange, toujours souriante, je vous souhaite une bonne journée.

Finalement, après cette ultime révérence, l'archange Asuna se retira. Mais, malgré le départ de cette dernière, le roi Alduin était toujours aussi abasourdi par ce qu'il venait de se passer, et sa colère, toujours présente. Il décida de se rasseoir sur son trône afin de réfléchir quelques minutes. Il fut cependant, rapidement rejoint par son frère et conseiller, Lucius, qui, voyant l'audience terminée, vint prendre des nouvelles de cette dernière. Bien que, dès son arrivée, il fût vite alarmé par l'état pensif et inquiet de son frère.

- Un souci, mon frère ?

- Cet archange, répondit le roi, semblant inquiet, j'ai un mauvais pressentiment...

- Il s'est passé quelque chose ?

- Rien de grave, rassura le roi, disons simplement que je suis certain que nous entendrons de nouveau parler de cet archange...

Bien sûr, le roi Alduin savait pourquoi l'archange avait été aussi franc. C'était évident que cet échange ne sortirait jamais d'ici. Asuna se doutait et avait profité de sa notoriété d'archange, pour humilier ce roi. Et bien que le roi enrageait d'un tel comportement, il était obligé d'avouer qu'il n'avait aucun intérêt à ce qu'un tel échange soit rendu public. Cela ne tarirait pas que l'image de l'archange, mais également celle du roi. Néanmoins, Alduin était loin d'être rassuré, et se demandait au final, pourquoi cet archange a provoqué cette audience ? Après tout, elle n'a rien fait d'autre que provoquer, et dévoiler son objectif utopique. Quoi qu'il en soit, il était certain que cette reine n'abandonnera pas son utopie, et qu'Hélios risquerait d'en entendre parler de nouveau un jour...
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Asuna
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MessageSujet: Re: Hélios, le royaume indomptable   Sam 9 Juin - 23:08

Plusieurs semaines s'étaient écoulées sur Hélios, depuis l'entrevue entre le souverain du royaume, Aldwin, et l'archange d'Éternia. Des semaines, qui firent rapidement oublier le mauvais souvenir de cet échange. Le roi Galford a bien trop de priorités à gérer, pour s'autoriser d'occuper son esprit avec un archange utopiste. Bien sûr, le fait que l'archange semble peu actif ces temps-ci, selon les rumeurs, aide à l'oubli. Car en effet, il semblerait que la reine d'Éternia ait cessé ses tentatives d'alliances, même en ce qui concerne les autres royaumes. Cela poussait donc à penser, logiquement, pour le souverain d'Hélios, que cette femme a dû réaliser que son ambition était inatteignable. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, le roi, accompagné de ses généraux, discutaient autour d'une table, observant diverses cartes et autres rapports. Il s'agissait ni plus ni moins que d'une banale réunion de routine, afin de s'assurer que tout est en ordre. Cependant, le roi Aldwin, était de son côté, légèrement en retrait depuis quelques minutes, pensif, observant la cité en contrebas, sur laquelle il avait une vue magnifique, du balcon où il se tenait. Il fut néanmoins rejoint par son conseiller, et frère, Lucius, au bout de plusieurs minutes, qui le sortit de ses pensées, en lui adressant la parole.

- Tu sembles préoccuper depuis ce matin, mon frère. Quelque chose te tracasse ?

Le roi, sortit de ses pensées, se retourna vers son frère, tout en lui souriant d'un air se voulant rassurant.

- Inquiet pour ton vieux frère ?

- Mon frère, ainsi que mon roi.

- Hum hum, souffla du nez le roi, ce n'est rien, rassure-toi, Lucius. J'ai simplement une drôle de sensation depuis ce matin. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais c'est comme si quelque chose me dérangeait. Mais cela n'est point inquiétant. Cela doit venir de la fatigue et de la tension cumulées ces derniers temps. Après tout, on est à quelques cycles, de la fin d'un long combat politique, au sujet de l'ouverture d'une route commerciale, entre Arcadia et Hélios.

- Il est vrai que c'est une réussite non-négligeable, cette route commerciale. Cela renforce davantage notre traité de paix avec Arcadia.

- Certes, mais tu sais bien que les avis ne sont pas tous en faveur de cette décision. Il faut déjà qu'on se prépare à faire face à la vague de mécontentement, qui va en découdre. Cette route est une aubaine, mais pour certains, c'est surtout une alliance avec nos anciens ennemis. Ouvrir nos frontières à Arcadia a été une lourde décision, aussi bien politique, que spirituelle.

- Tu as raison, mon frère, tu es bien trop en stress. Il est vrai que le peuple n'est pas en faveur d'une telle décision, mais cela ne les empêche pas de croire en toi. Je suis certains qu'au fond, tout se passera bien. Hélios a confiance en toi, tout comme tes conseillers, dont moi-même.

Lucius se rapprocha de son frère, et lui lança une tape amicale sur l'épaule, tout en reprenant la parole d'une voix amusée.

- Tu devrais songer à prendre quelques cycles de repos, mon frère. Cela fait bien longtemps que tu ne prends plus de temps pour toi. Tu as bien le droit de te détendre parfois, tu ne crois pas ? Je suis certain qu'Hélios ne chutera pas, parce que son roi s'occupe un peu de lui-même.

Le roi semblait amusé, et soudainement pensif, tout en fermant les yeux, après les paroles de son frère. Il prit ensuite à son tour la parole, tout en esquissant un sourire, mais d'où une pointe de mélancolie pouvait être ressentie, à travers la voix.

- Tu as sûrement raison, Lucius, cela ne me ferait certainement pas de mal. J'y songerais lorsque la pression actuelle retombera... Haaaw, soupira le roi, que l'époque où nous nous amusions toi et moi dans la cour du château me semble lointaine. Je regrette parfois notre innocence de cette époque.

- Huuuum, réfléchissait rapidement Lucius, je me souviens surtout de père nous réprimandant, à cause de nos nombreuses stupidités d'adolescent.

Suite à cette réponse, le roi et son frère riaient de bon cœur, à l'énonciation d'un passé lointain, mais loin d'être oublié.

- Bon, histoire de t'enlever un peu de stress, sache que nous avons reçu il y a quelques minutes des nouvelles de la garnison de l'Est. Il semblerait que leur absence de rapports fût due à un dysfonctionnement des cristaux de communications. Selon les premiers éléments de l'enquête de la guilde des mages, une perturbation dans l'Eldrit serait à l'origine de cet incident.

- L'eldrit soit loué, mon frère. Cette nouvelle est rassurante, bien que cette perturbation m'inquiète un peu. Mais si cela c'est rétabli, je doute qu'il soit utile que je m'en inquiète davantage. Laissons les mages de la guilde s'occuper de nous donner plus d'informations, lorsque leur enquête aura avancé.

- Oui, et puis ce n'est pas la première fois que des cristaux de résonances se retrouvent perturbés par des interférences dans l'Eldrit.

- En effet.

Le conseiller Lucius n'avait pas forcément tort, et le roi le savait. Les cristaux de communications sont utiles, mais tout ce qui est de nature magique, peut parfois être perturbé. En particulier les cristaux de résonances. Un cristal de résonance est un artefact magique, assez courant sur la création, car en abondance dans les zones à haut taux d'Eldrit. Ils sont généralement en présence abondante, près des sources d'eau, ou les forêts. Une fois ramassé, on peut en faire un peu tout ce que l'on désire, grâce à sa nature, qui le relie directement à l'Eldrit. On peut très bien en faire un cristal de portail, ou encore dans le cas présent, un cristal de communication, qui permet de pouvoir communiquer à distance, de cristaux à cristaux. Ce procédé est utilisé depuis des millénaires, que ce soit sur un champ de bataille, ou pour pouvoir échanger à distance. Bien sûr, cela fonctionne uniquement grâce au réseau de l'Eldrit qui s'écoule dans la création. Mais étant donné la nature changeante de ce dernier, la portée de ces communications se limite en général à un royaume de distance. Les cristaux de téléportations fonctionnant de façon similaire, le même défaut s'applique à ces derniers. On peut rarement changer de péninsule, ou même traverser plusieurs royaumes, grâce à un cristal de téléportation. Bien sûr, il existe des cristaux de résonances bien plus performants, mais bien plus rare également. Il paraîtrait cependant que certains cristaux, permettraient, grâce à leur niveau d'Eldrit, de palier au défaut de la distance, voire même, de passer à travers les barrières magiques entre les frontières. Ils seraient connus sous le nom de cristaux noirs, mais pour créer un cristal noir, il faut avoir une connaissance de la magie noire, ainsi qu'une maîtrise alchimique absolument titanesque. Car, c'est avant tout un procédé magique alchimique, qui permet de créer un cristal de téléportation, communication, ou autres fonctions utiles d'un cristal de résonance. Sinon, ce n'est rien d'autre qu'un beau caillou.

- Sinon, poursuivit le conseiller, dans un tout autre sujet, le commandant de la garnison du pont de l'Ouest nous a envoyé un rapport au sujet de l'enquête que tu avais ordonnée.

- Ha, oui, l'enquête au sujet d'une activité magique étrange ressentie dans la cité de l'Ouest, par les habitants. Et donc ?

- Rien d'inquiétant. Le rapport indique qu'il s'agissait d'une expérience menée par la guilde des mages.

- La guilde des mages ? Étrange, leurs expériences sont rarement effectuées dans le secret. Je m'entretiendrais avec l'archimage Darius à ce sujet, afin qu'il me fournisse des explications sur l'agissement de sa guilde.

- Tu veux que je le convoque ?

- Pas dans l'immédiat. Je dois en premier lieu me concentrer sur ma rencontre à l'aube avec le prince d'Arcadia.

- Espérons qu'Arcadia ne soit pas trop gourmand dans leurs conditions.

- Ça ira. Ils ont plus besoin de cette route commerciale que nous. Je pense qu'ils en sont conscients. Cela ne devrait pas être un problème. Et puis, il est évident qu'il...

Tandis que le roi parlait, il s'arrêta soudainement, ainsi que les autres hauts gradés dans la salle, qui stoppèrent leur occupation. La raison à cela était que la pièce entière était entièrement dans l'obscurité subitement. Tous observèrent à gauche et à droite, se posant des questions sur la raison de cette soudaine disparition de la luminosité. Bien sûr, le roi étant déjà sur le balcon avec son frère, il avait déjà levé la tête au ciel, afin d'apercevoir des étoiles. Il fut rejoint dans son observation par le reste des lieutenants dans la pièce, qui pour la totalité, étaient sous l'effet de l'étonnement. Il faisait nuit sur Hélios, ce qui était impossible sur la péninsule. Tandis qu'il y a encore quelques secondes, le soleil du crépuscule baignait le royaume de sa douce lumière orangée, actuellement, il laissa place à un ciel bleu nuit, peuplé d'étoiles. La nuit ne tombant jamais sur la péninsule, actuellement, lorsque le roi observa la cité en contrebas, tout était plongé dans l'obscurité. Les réactions sur le balcon ne tardèrent pas à émerger, tandis qu'on pouvait observer une agitation dans la capitale en contrebas.

- Comment c'est possible qu'il fasse nuit ?

- Où sont nos soleils ?

Seul Aldwin restait silencieux toujours en observant la cité, ainsi que le ciel à tour de rôle, d'un air calme, mais inquiet.

- … Lucius.

- Mon frère ?

- Convoque immédiatement l'archimage Darius, afin qu'il me fasse un rapport sur l'état du voile éternel.

- Tout de suite.

- Commandant, contactez la guilde des mages, afin qu'ils allument les lumières du royaume.

- À vos ordres !

Le roi savait évidemment la raison de l'apparition soudaine de la nuit. Si la péninsule d'Éternia ne connaît pas de périodes nocturnes, c'est uniquement grâce à ce qu'on appelle le « voile éternel ». Ce voile forme comme un dôme de protection autour de chaque royaume de la péninsule. Son existence n'est possible que grâce à la tour de l'éternité et son cristal. Cette protection a été mise au point par l'archange Tyrael à l'époque de la première guerre, afin de permettre à la péninsule de se protéger des portails clandestins et autres magies extérieures. Bien sûr, ce voile empêche la nuit de tomber, étant une barrière formée surtout d'Eldrit divin, donc une magie de lumière. Chaque royaume de la péninsule s'est donc vu confier un cristal de résonance connecté à celui de la tour de l'éternité, afin de faire profiter de sa protection à toute la péninsule. Bien que chaque cristal soit indépendant en termes d'activités, ils restent liés via leur résonance à la tour. Cela voulait donc dire qu'actuellement, le cristal ne résonnait plus avec la tour de l'éternité, ce qui conduit donc fatalement à la disparition du voile éternel. Cependant, le seul moyen que le cristal cesse son activité, c'est qu'il soit désactivé manuellement sur le royaume d'où il émet. Ce qui dérangeait Aldwin néanmoins, était que personne dans toute la création ne savait la formule pour désactiver les cristaux d'éternité. Tyrael avait lui-même rendu cela impossible, pour éviter justement que ces derniers soient un jour désactivés, comme aujourd'hui. La seule option qui restait, était que le cristal soit détruit, mais étant donné la résonance de ces derniers, si le cristal sur Hélios avait été détruit, il y a fort à parier que la capitale tout entière aurait été déjà emportée dans l'explosion. Car le cristal est évidemment protégé par la guilde des mages et des gardiens, ainsi qu'enterrer dans une salle secrète située profondément sous le palais.

Plusieurs minutes venaient de passer depuis la tombée de la nuit sur le royaume à présent. Cependant, le royaume était moins sombre depuis grâce aux éclairages magiques installés un peu partout sur le royaume. Si la situation n'était pas si préoccupante, on pourrait noter la beauté de la capitale baignée par la nuit. Bien sûr, ni Aldwin, ni le peuple détestait la nuit, c'était simplement une question d'habitude, de vivre sous le voile. Mais actuellement, bien que la nuit pouvait rendre magnifiques certains paysages, sur la péninsule, c'était clairement une mauvaise nouvelle l'apparition de cette dernière. Quoi qu'il en soit, maintenant que la capitale est hors de l'obscurité, on pouvait observer l'agitation dans la ville. Sur le balcon, le roi fut rejoint par l'archimage Darius, qui apparut en toute hâte d'un cercle d'invocation. Rapidement, il s'agenouilla par respect, tout en s'adressant à son roi d'une voix paniquée.

- Archimage, faite moi immédiatement un rapport au sujet de la situation.

- C'est terrible, mon seigneur ! Le cristal de résonance éternelle du royaume a cessé de fonctionner ! Il s'est soudainement éteint, et a perdu toutes traces de résonances ! Mes mages et moi-même sommes actuellement incapables d'expliquer comment cela a pu se produire !

- Quoi ? s'exclama Lucius, comment ça le cristal est éteint ?!

Sans répondre ni à l'archimage ni à son frère, le roi s'adressa en toute hâte à son général.

- Général ! Contactez immédiatement les garnisons du royaume, ainsi que les autres cités. Et déclenchez le niveau d'alerte maximale sur Hélios. Le voile éternel n'est plus actif, nous sommes vulnérables !

- B-bien reçu, mon seigneur ! Je m'en occupe sur...

Tandis que le général répondait à son roi, il fut à son tour stoppé subitement par un bruit assourdissant d'une ampleur à faire frémir un mort. Ce son strident venait du ciel nocturne. C'est donc dans un mouvement commun avec la capitale, que les citoyens, ainsi que le palais levait les yeux au ciel, observant un spectacle terrifiant. Au-dessus de la cité, le ciel se déchirait. Une fissure béante commençait à se former. Dans le même temps, les étoiles disparurent, pour laisser place à un ciel rougeâtre. Puis, finalement, une pluie commençait à tomber sur la capitale. Le roi concentra son attention rapidement sur cette pluie, et en observant sa main, il pouvait très clairement voir que l'eau était de même couleur que le ciel. Ce n'était pas du sang, mais cette pluie n'avait rien de naturelle. Cependant, il n'eut pas le temps de s'inquiéter davantage d'une pluie rougeâtre, que le commandant revînt en toute hâte, et prit la parole d'une voix stressée.

- Mon seigneur ! Mon seigneur ! Nous sommes attaqués ! Des portails s'ouvrent partout dans la capitale ! De ces portails sortent des créatures terrifiantes qui s'en prennent aux citoyens !

La nouvelle fit l'effet d'une bombe pour le roi et ceux présent à ses côtés. Il était clair cependant pour Aldwin à présent, que ce n'était pas une coïncidence l'extinction du cristal, et cette attaque. Cependant, avec cette fissure dans le ciel, cette pluie, et maintenant cette invasion de créatures de l'ombre, la situation était critique, et surtout incompréhensible. Mais en roi compétent et réactif, il gardait son calme, et commença à réagir, en donnant des ordres immédiats.

- Commandant, déployé immédiatement toute la garde de la capitale à la protection du peuple ! Sergent, prenez une unité avec vous et tenter de localiser l'invocateur responsable de ces portails ! Il me paraît évident qu'on a un puissant mage dans nos murs qui est responsable de tout cela ! Quant à vous, Darius, occupez-vous de rétablir le cristal éternel, et envoyez le reste de vos mages en soutien à la garde !

Dès les directives du roi énoncées, tous s'exécutèrent à leur tâche. Sur le balcon, il ne restait que le roi, son frère, ainsi que le capitaine de la garde. Rapidement, Aldwin tourna son attention sur la cité en contrebas d'un air inquiet. Au bout de plusieurs secondes, il s'adressa finalement à son frère, d'une voix calme et toujours aussi maîtrisée.

- Lucius...

- J'écoute mon frère.

- Je veux que tu te rendes sur Loxianna via le portail privé du palais, et que tu demandes du renfort immédiat.

Lucius restait plusieurs seconde silencieux suite à la demande de son frère, et semblait comme stupéfait d'une telle demande. Puis, au bout d'un moment, il reprit la parole d'une voix indignée, avec une pointe de rébellion.

- Tu rigoles, n'est-ce pas ?! Tu veux m'envoyer sur un autre royaume, alors que Hélios est attaqué ? Je refuse de te laisser tomber toi et notre peuple, mon frère ! Tu cherches à me protéger, c'est ça ?

- Ce n'est pas du tout cela, mon frère, et je sais que c'est une tâche ingrate. Mais... tu es le seul à qui je peux confier cela...

- Pour quelle raison ?!

- Lucius, tu dois t'en douter, n'est-ce pas ? Cette attaque et la désactivation du cristal ne sont pas dues au hasard... C'est clairement un enchaînement provoqué. Cependant, nous savons toi et moi, que le seul moyen de désactiver le cristal, est de connaître la formule, mais surtout, d'être à côté. Ce qui veut dire...

- … Qu'il y a un traître... parmi nous ?

- Exact, capitaine. J'en suis certain, il y a un traître dans mes conseillers, ce sont les seuls qui ont accès aux étages inférieurs du palais. Tu comprends à présent pourquoi je te demande une telle mission, Lucius, n'est-ce pas ? Toi et Bertz, vous êtes les seuls en qui je peux avoir confiance.

Comme avoué par le roi, il y aurait donc un traître dans les rangs d'Hélios. Bien qu'il était dans l'incapacité actuellement, de déterminer qui dans ses conseillers était prêt à vendre son royaume, il ne comptait pas en rester là, une fois qu'il sera démasqué. En attendant, il n'a confiance qu'en deux personnes. Son frère, ainsi que le capitaine Bertz. Ce dernier étant dans la garde royale depuis longtemps, remontant au règne du père d'Aldwin, il est comme un membre de la famille. Il est très concerné par le roi et son frère. C'est donc en toute logique, et sans une once de suspicion, que le roi accordait sa confiance à ce dernier. Quoi qu'il en soit, du côté de Lucius, après les explications de son frère, il ne pouvait lui en vouloir de lui ordonner une telle mission d'émissaire.

- … Très bien, mon frère, je me rends immédiatement sur Loxianna...

- Merci Lucius. Hâte-toi, malheureusement, je doute que nous puissions venir à bout de cette situation sans nos alliés...

- Kh, bordel ! Tu n'as pas intérêt à mourir pendant mon absence, mon frère...

- Héhé, souriait amicalement le roi, ton vieux frère ne tombera pas si facilement, Lucius. Ce sont ces créatures qui devraient s'inquiéter.

- Je reviens vite !

Finalement, c'était au tour de Lucius de partir. Il ne restait à présent plus que le capitaine et Aldwin, dans la salle de guerre. Et c'est sans attendre, qu'il s'adressa cette fois à son capitaine et ami.

- Bertz.

- Mon seigneur ?

- Je veux que vous redirigiez absolument tous les soldats du palais, à la défense de la capitale. Quant à moi, je vais prendre un groupe de chevalier royal, et tenter une percer dans l'attaque ennemie.

- V-vous plaisanté... ? C'est de la folie ! Le palais sera vulnérable si nous faisons cela ! Sans parler de vous !? Vous êtes tombé sur la tête ?

- Bertz, vous me connaissez depuis que je suis tout petit... Vous pensez réellement que je vais rester les fesses bien au chaud dans mon palais, alors que mon peuple souffre ? Ils sont sans défense face à des créatures qui les terrifient. Je refuse de rester sans rien faire, tandis que mon peuple sombre dans un cauchemar ! Je suis avant tout un chevalier, avant d'être roi, Bertz. Mon devoir est de protéger mon peuple, même si pour cela, je dois mourir. La mort m'effraie moins que voir une famille brisée à cause de ces créatures...

- Héhé, je m'en doutais de toute façon, vous êtes comme votre père...

- Hum, souriait le roi, désolé capitaine...

- Non, ne le soyez pas, votre père serait fier de vous, mon seigneur. Je vais immédiatement ordonner à la garde du palais de se déployer dans la capitale, et assigné des chevaliers sous votre commandement, afin de vous couvrir sur le champ de bataille.

- Merci Bertz... J'aimerais d'ailleurs que vous restiez ici, et que vous me teniez au courant des rapports du front chaque minute, une fois que je serais dans la capitale. Nous resterons en contact via mon cristal de résonance.

- Bien mon seigneur. Je vous en conjure... faite attention à vous...

- Je vous le promets, Bertz. Tizona et Tiona vont montrer à ces créatures ce qu'il en coûte de s'attaquer à mon peuple.

Finalement, Aldwin prit congé de son ami et capitaine, et se dirigea en direction de la capitale. Il refusait catégoriquement de rester bien au chaud dans son temple, tandis que son peuple est menacé. Son sens du devoir et son attachement pour son peuple étaient assez suffisants, pour que la peur de la mort elle-même ne soit pas un obstacle à son courage. C'est donc une fois arrivé aux portes de son palais, accompagné par un groupe de chevalier, qu'il dégaina ses lames, Tizona et Tiona. Puis, il s'élança, sans hésitation dans la ville qui s'étendait sous ses yeux, que les flammes commençaient à recouvrir de leur chaleur...
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Asuna
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MessageSujet: Re: Hélios, le royaume indomptable   Ven 10 Aoû - 18:41

Une bonne heure s'était écoulée à présent pour la défense de la capitale d'Hélios. Malheureusement, malgré les efforts combinés de la guilde des mages, ainsi que de la garde, les assaillants étaient toujours plus nombreux. Les nombreux portails qui s'ouvraient un peu partout dans la cité étaient un vrai calvaire. Ces derniers déversaient des gerbes de créatures monstrueuses. C'était difficile à décrire, mais si on devait les désigner, on les montrerait comme des sortes de spectres. C'était comme si ces créatures venaient du plus profond des ténèbres. La bonne nouvelle, c'est qu'elles étaient plutôt fragiles ainsi que faibles physiquement. Le souci, c'était qu'elles étaient en nombre absolument démentielles. Et si seules elles étaient peu dangereuses, en groupe, c'était une autre paire de manches.
Spoiler:
 


C'est donc sous une pluie battante rouge sang que le roi Alduin continuait, accompagné de sa garde, à farouchement lutter contre ces créatures des ténèbres. Le roi, sans hésitation, avait foncé dans la mêlée, afin de protéger son peuple. Le général des armées en personne qui allait au front, n'était pas un acte anodin. Cela n'était d'ailleurs pas seulement utile en termes militaires, mais aussi spirituel. Depuis que le roi se battait au côté du peuple, c'était comme s'il était pris d'une fureur intérieure, permettant de reprendre l'avantage. Bien que le roi Alduin lui-même était à la hauteur de sa légende et surtout son titre qui le nommait « le lion enragé ». C'était un véritable lion enragé sur le champ de bataille. Il oscillait, armé de ses lames Tiona et Tizona, les troupes ennemies avec fureur et puissance. Même si encore une fois, cela semblait inutile, au vu de vagues incessantes d'ennemis qui réapparaissaient.

- Seigneur Galford, lança un soldat de sa garde, il en arrive encore d'autres par le Nord !

- Bon sang, s'exclama un autre soldat, ça ne finit donc jamais ?

- On ne se relâche pas mes frères, on continuera même s'il faut en tuer encore un million !

Malgré le moral en baisse, à la vue des vagues incessantes, le roi savait remotiver ses troupes. Dans ces situations, il ne fallait surtout pas baisser les bras, et Alduin le savait bien. Lui qui a écumé de nombreux champs de bataille, dont la Grande Guerre qui opposa Arcadia à Hélios il y a de cela plusieurs siècles. Ce jour n'était pas différent des autres. C'était un champ de bataille comme un autre, et à la fin, un seul restera debout. Actuellement, pour le roi, sa stratégie était surtout de repousser au maximum les unités ennemies, en attendant que la guilde des mages trouve un moyen pour fermer les portails. Car le roi était loin d'être une brute sans cervelle, il avait déjà facilement deviné, un peu comme toute personne sensée, que fermer ces portails était une priorité. Le souci, cependant, c'était donc de savoir comment les fermer, et surtout veiller à ce qu'il ne s'ouvre plus. C'était également le deuxième souci à régler, ce détail. Il y avait forcément un invocateur quelque part, ou quelque chose qui était à l'origine de ces portails. Il fallait donc le trouver pour arrêter tout ça. Cependant, c'était plus facile à dire qu'à faire. La cité était gigantesque, et avec toutes ces créatures, c'était difficile de mener à bien des opérations de reconnaissance et de recherches. Mais le roi avait confiance en la guilde des mages ainsi qu'à l'archimage Darius, qui avait prouvé depuis longtemps son efficacité.

- Mon seigneur, résonna la voix du capitaine Bertz, à travers le cristal de communication du roi, je viens de recevoir un rapport du général. Il demande du soutien immédiat. Son unité a presque été entièrement anéantie par une femme en armure sombre, selon son rapport. Lui et le reste de son unité sont encore en train de lutter contre cet ennemi.

- Une femme en armure sombre ? songea le roi. Pourrait-il s'agir du responsable ? Soldat, en avant, direction la position du général !

C'est donc en toute hâte que le roi, accompagné par sa garde, prirent la direction de l'Est de la cité. Une fois arrivés sur le lieu du rapport, le roi et la garde pouvaient observer des flammes intenses, envahir la zone. Les bâtisses étaient pour la plupart rongées par les flammes, tandis que des corps jonchaient au sol, sans vie. L'état des corps permit sans trop de mal de deviner qu'il s'agissait des soldats de la capitale. Le roi comprit rapidement qu'il était arrivé trop tard. Et cette pensée se confirma, lorsqu'il aperçut le fameux général, adossé, en piteux état, à une ruine d'un ancien bâtiment. Il ordonna à sa garde de parcourir la zone à la recherche de l'ennemi, tandis que de son côté, il s'abaissa afin de vérifier l'état de son général. Malheureusement, son état était peu encourageant. Fuir la réalité était impossible, à la vue de l'entaille béante qu'il avait au milieu du thorax.

- M-mon... seigneur...

- Silence, général, ne parler pas, cela va empirer votre état...

- … J-je suis désolé... n-nous a-avons... échouez... L-l'ennemi... il.. i-il était trop...

Malheureusement pour le général, ces paroles furent les dernières qu'il prononça, avant de s'éteindre définitivement, et que la vie quitte son corps. C'est donc la mine grave, et le cœur lourd, que le roi ferma les paupières de son général.

- Reposez en paix, mon ami, votre courage ne sera pas oublié...

Tandis que le roi était toujours accroupi devant le corps inerte de son général, il fut interpellé par un cri tout proche. Sans perdre de temps, le roi se releva et se tourna instinctivement vers la direction du cri. Il venait de la place, située derrière la ruelle adjacente. C'est donc sans attendre qu'il se rendît sur les lieux. Rapidement, Alduin et sa garde arrivèrent sur une grande place où trônait une statue de l'ancien roi. Même si à l'heure actuelle, il ne restait qu'une ruine, de cette œuvre d'art. Cependant, ce qui intéressait le roi n'était pas la sculpture détruite, mais ce qui se trouvait à son pied : le cadavre d'un soldat de sa garde, qui était parti en éclaireur. Ce devait être ce pauvre soldat, qui dans un dernier râle, avait poussé ce cri. Cette fois, néanmoins, chercher l'ennemi n'était plus nécessaire. Alduin et sa garde ne pouvaient absolument pas rater la silhouette qui les observait, au sommet de la sculpture. Il suffisait simplement de lever la tête, pour observer le fameux ennemi en armure sombre. Pour le coup, jamais une description ne pouvait être aussi exacte. L'ennemi portait une armure d'un noir intense, décoré de rouge par endroits. Une fourrure venait orner le plastron, tandis qu'un masque effrayant couvrait les yeux de cette femme. Un masque duquel brillait des yeux d'un rouge de l'enfer. Néanmoins, la simple vision de ce masque changea instantanément le visage du roi, qui semblait avoir reconnu la silhouette.
Spoiler:
 


- Ce masque, cette armure, tu es Mordred la sanguinaire.

Lorsque le roi prononça ce nom, la garde l'entourant commençait à réagir. Certains balbutièrent entre eux, tandis que d'autres avaient reculé de quelques pas sans réellement le contrôler. Quant à la concernée, après la découverte de son identité, elle esquissa un sourire satisfait, puis pris enfin la parole. La voix de la silhouette était assez sèche dans le ton, accompagné par un soupçon de provocation.

- Je suis honoré que le grand Alduin Galford connaisse mon nom, héhé.

- Difficile de ne pas connaître Mordred, le mercenaire sanglant, vu les faits d'armes méprisables dont ce nom est responsable... Cependant, je suis curieux de savoir ce que ce nom peut bien vouloir à Hélios ? Il est rare que les mercenaires se mêlent des conflits, et encore plus rare qu'ils soient mêlés à l'assaut d'une cité...

- Cela est vrai pour un mercenaire, pas pour un chevalier !

Sans avertissement, l'ennemi invoqua ses deux lames, et avait lancé un assaut éclair sur le roi. Aucun soldat de sa garde ne put réagir, mais par chance, ce ne fut pas le cas du monarque d'Hélios. Il contra sans trop de mal l'assaut, tandis que le fameux Mordred était à présent debout, face à son adversaire.

- Un chevalier ? Un être aussi méprisable ne mérite pas le titre de chevalier...

- C'est marrant d'entendre ça de la bouche de celui qui est responsable de la naissance de Mordred la sanguinaire. Haha.

Suite à ces mots, Alduin resta silencieux, assez décontenancé par les paroles de son interlocutrice. Que voulait dire cette femme, en parlant de création ? Le seigneur d'Hélios était incapable de deviner actuellement, ce qu'il a bien pu faire, pour être responsable de la naissance d'un tel être sanguinaire. Mais le temps n'était pas à la réflexion, car Mordred repassa à l'assaut sans prévenir de nouveau. Cette fois, un combat au corps-à-corps eut lieu entre le « chevalier » et le roi. Rien que cet échange classique était assez féroce pour forcer à reculer les soldats de la garde. Non pas par peur, mais par logique. Il était évident qu'ils n'étaient pas capables d'affronter un tel ennemi. Cependant, Alduin lui ne semblait pas rougir de la férocité de son adversaire. Il répondait d'une même fureur, et pouvait même se vanter d'avoir le dessus, dans cet échange, qui prit fin lorsque le chevalier ténébreux s'extirpa de la mêlée, d'un salto arrière agile.

- Hahaha ! Vous êtes à la hauteur de mes espérances seigneur Galford ! Vous êtes aussi fort que dans mes souvenirs...

- Qu'est-ce que c'est que cette puissance ? Cette intensité dans l'Eldrit, cela n'a rien de normal. Il y a quelque chose qui cloche dans cette femme, quelque chose de malsain... Ses marques sur son visage, sont-elles un indice ?

- Ha ! On reste silencieux, mon bon seigneur ? Allez, on se réveille !

De nouveau, le chevalier sanguinaire relança un assaut sur le roi. Sauf que cette fois, il envoya une sorte de vague d'une de ses lames, qui ravagea le sol sur son passage. Alduin n'eut d'autres choix que d'esquiver l'attaque, afin d'ensuite contrer à son tour en prenant cette fois l'initiative de foncer sur son adversaire. Il arriva avec fureur au contact, et provoqua un choc assez puissant de ses deux lames, qu'il abattit au sol, provoquant une secousse sismique qui força Mordred à esquiver à son tour. Il était clair que si le chevalier ténébreux avait tenté de contrer une telle force de la nature, il aurait payé cela très cher.

- C'était quoi ça ? C'est ça la fureur du lion d'Hélios ?

À ces mots, le chevalier Mordred relança à son tour un assaut, afin de démarrer un nouvel échange avec le roi. Néanmoins, cette fois, il attaqua avec bien plus de fureur et de violence. La cadence venait de surprendre le seigneur d'Hélios, au point que sa garde se brisa, ce qui profita au chevalier ténébreux qui lui envoya un violent coup du plat de sa lame. Alduin essuya le coup sans rien pouvoir faire, et fut envoyer s'écraser avec force sur un des bâtiments en ruine adjacents. Le souffle coupé, surpris, il se releva des débris, en restant néanmoins quelques secondes un genou au sol.

- Où est donc passée la fureur que j'ai observée ce jour-là ? Ce fameux jour, où vous avez mis un terme à la vie d'innombrables soldats, ainsi qu'à mon rêve naïf ?

Suite à ces mots, celle qui se faisait appeler la sanguinaire retira son masque. Dès que le visage de cette dernière pouvait être observé par le roi, il écarquilla les yeux de surprise. Soudainement, Alduin savait d'où lui venait cette impression précédente. Il connaissait cette femme, ou plutôt cette jeune fille, à l'époque. Il s'agissait d'une jeune valkyrie, qu'il avait rencontrée pendant la guerre qui opposa Arcadia à Hélios, il y a de cela plusieurs siècles comme cité précédemment. À l'époque, elle était capitaine dans la garde d'Arcadia. Bien qu'il ne la connaisse pas plus que cela, il se souvient de cette dernière, car sur le champ de bataille, ce fut le roi Alduin, qui terrassa la jeune valkyrie capitaine, avant de lui laisser la vie sauve.

- Toi...

- On dirait que vos souvenirs reviennent enfin, seigneur Galford, hum ?

- Tu es cette valkyrie que j'ai épargnée, lorsque la guerre toucha à sa fin, dans la capitale d'Arcadia...

- Quelle mémoire, impressionnant. Je ne pensais pas que vous vous rappelleriez d'une pauvre valkyrie faiblarde et naïve, après tant de temps. Félicitations !

La valkyrie remit son masque, puis se mise à applaudir de façon sarcastique, suite à ses paroles félicitant le roi d'Hélios. Ce dernier était cependant loin d'être réactif. Il était comme perdu dans ses pensées, tout en continuant d'observer cette femme sans répit. Finalement, au bout de plusieurs secondes, il prit la parole d'une voix étrangement calme, voire légèrement déçue.

- Alors, c'est pour cela, que tu t'en prends à Hélios aujourd'hui ? Tu veux te venger de cette bataille... ? Tu veux me faire payer de ne pas t'avoir tuée ce jour-là, j'imagine... ? Ou alors c'est parce que j'ai épargné ta vie et porté atteinte à ta fierté  ? Sache que mon but n'était pas de te manquer de respect ou te déshonorer en faisant cela...

- Vous savez pourtant que laisser en vie un adversaire dans une guerre, engendre souvent la vengeance, non ?

- Si tu veux réellement savoir la raison, c'était simplement que tu méritais un autre destin. Tu es une valkyrie, une race légendaire pour qui j'ai énormément de respect... Mais la vérité était que ma femme était une valkyrie... Après sa mort, je ne pouvais me résigner à te tuer, toi, une valkyrie, ce jour-là...

Finalement, la survie de la valkyrie était due à la femme du roi. Néanmoins, la pointe de mélancolie était saupoudrée de déception, tandis qu'Alduin s'exprimait. Il était évident qu'aujourd'hui, il regrettait d'avoir épargné cette femme, vu le destin qu'elle a choisi par la suite. Qui sait, peut-être espérait-il qu'après la défaite d'Arcadia, elle rejoigne le clan des valkyries d'Alleria ? À la place de cela, cette valkyrie est devenue la mercenaire sanguinaire répondant au nom de Mordred. Cette même Mordred qui aujourd'hui, est dans les rangs ennemis qui s'en prennent à Hélios. Cependant, le roi ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir au fond de lui. Il ne pouvait qu'accuser sa faiblesse d'esprit ce jour-là, pour avoir laissé son ennemi en vie...

- Je suis désolé... À cause de mon incertitude, ce jour-là, tu as sombré dans les ténèbres de la vengeance...

À ces paroles, la valkyrie du nom de Mordred se contenta d'esquisser un sourire, avant de commencer à rire aux éclats. Cela rendit confus le roi, ainsi que les soldats, qui ne savaient pas réellement la raison de cette soudaine hilarité. Alduin et sa garde allaient cependant avoir rapidement la réponse, lorsque la valkyrie calma son hilarité, et reprit la parole d'un ton amusé.

- La vengeance ? Pourquoi je voudrais la vengeance ? Au contraire, ce jour-là, grâce à vous, j'ai enfin observé la réalité de ce monde ! Tandis que depuis mon enfance, je rêvais d'être un chevalier intègre, pensant que mes rêves et mes ambitions naïves allaient s'accomplir avec un peu d'effort et de volonté ! Mais ce jour-là, j'ai vu la noirceur de la réalité ! La cruelle réalité de la guerre, du monde, de l'humanité ! Ma faiblesse d'esprit, ma naïveté m'a amené à la défaite, au précipice de la mort ! C'est là que j'ai réalisé, lorsque vous m'avez épargnée, que je devais moi aussi agir comme le reste de la création... Depuis, je ne me suis jamais aussi bien sentie ! Je me sens libre, forte, en phase avec la réalité de ce monde ! Mes actes méprisables ne sont que le reflet de la réalité, seigneur Galford ! Seuls les forts survivent ! Les faibles, ne sont bons qu'à souffrir et mourir !

Après ces mots sombres, la valkyrie retourna à l'assaut du roi, en augmentant encore la cadence. Cette fois, une fine aura rougeâtre entouraient ses lames. Bien qu'Alduin tînt bon, il n'avait pas l'avantage du positionnement, et bientôt, si l'échange continue, il sera acculé contre le mur derrière lui. D'une furtive esquive, il réussit cependant à se sortir de l'assaut et reprendre un positionnement avantageux. Même si actuellement, aucun des deux n'arrivait à concrétiser l'échange qui avait lieu. Des étincelles s'échappaient des impacts entre les lames à chaque croisement, prouvant la puissance monstrueuse dont faisaient preuve les deux adversaires.

- Hahahahaha ! Qu'est-ce qu'il y a ? C'est tout ce que le lion d'Hélios peut faire ?!

- Sa puissance n'a rien à voir avec la valkyrie que j'ai combattue à l'époque. C'est bien ce que je pensais, sa force n'a rien de normale. Cette intensité malsaine émanant de chacun de ses coups, et cette aura qui l'entoure... Je n'ai jamais ressenti de telles émanations par le passé. Je suis incapable de reconnaître la signature de cette magie qui l'habite aujourd'hui... Mais peu importe la nature de cette magie, elle est absolument terrifiante...

- Allez, on se réveille !

Soudainement, tandis que l'échange continuait, la valkyrie esquiva en arrière, afin de s'écarter légèrement, et commença à pointer le ciel avec une de ses lames. Puis, après un court instant, cette dernière s'enflamma d'un feu rougeoyant, tandis que dans le même temps, la valkyrie prononça une incantation, en esquissant un sourire sadique.

- Arondight : Heavenly Demon Rain !

Suite à cette incantation, la lame pointée vers le ciel tira un énorme faisceau d'énergie, en provoquant également une explosion autour de la valkyrie. Suite au tir, l'énergie envoyée vers le ciel retomba sur la zone telle une pluie meurtrière. Les projectiles ravagèrent sans distinction ce qu'ils touchaient, que ce soient les bâtiments, le sol, ou encore les âmes vivantes, tandis que la valkyrie riait aux éclats. La pluie couvrait une bonne trentaine de mètres autour de la valkyrie, mais heureusement, ne dura que quelques secondes. Cependant, cela fut suffisant pour ruiner absolument toute la zone touchée. Des cratères dans le sol, ainsi que des bâtiments totalement pulvérisés servaient de décoration à présent. Mais le plus choquant, était les nombreux corps au sol, sans vie, qui se rajoutèrent aux anciens. Il s'agissait évidemment des soldats d'élite qui accompagnaient le roi. Sur la vingtaine qui composait son unité, à peine une dizaine avaient survécu à ce carnage. Heureusement, le roi Alduin semblait également avoir survécu. Encore mieux, il semblait carrément avoir encaissé l'attaque en protégeant quelques-uns de ses soldats. Cela semblait lui avoir coûté une blessure à l'épaule, mais rien qui ne semblait le mettre en danger dans l'immédiat. La valkyrie remarqua rapidement que plusieurs soldats avaient été couverts par des sortes de roches. C'était évidemment le roi, qui avait invoqué plusieurs boucliers telluriques, afin de se protéger et également le maximum de soldats qu'il pouvait. Maintenant que l'assaut était terminé, les boucliers s'effondrèrent, et retournèrent à l'état de poussière.

- Hahahaha ! Qu'en dites-vous ? C'est ça la puissance ! C'est ça la réalité ! Cruelle et sans pitié !

- … Tu as gagné... Je vais réparer mon erreur d'il y a plusieurs siècles en te libérant de la folie qui t'habite !

C'était au tour du roi d'Hélios de riposter à présent après ces mots lancés d'un regard brûlant. Il commença par lever ses lames, avant de les planter avec rage au sol. Suite à cela, depuis le sol sous les pieds de la valkyrie, sans prévenir, un cercle s'était dessiné, et de ce cercle sortit quelque chose qui faillit toucher cette dernière. Elle esquiva de justesse la chose qui venait de sortir du sol, mais fut soudainement attaquée par Alduin, qui profita de cette diversion pour attaquer à son tour. Mais encore une fois, la valkyrie réussit à contrer, mais tandis qu'elle repoussa l'assaut du roi, elle reçut un énorme coup dans le dos. Elle fut propulsée au sol avec violence, et roula sur quelques mètres, avant de se rétablir.

- Qu'est-ce que...

Tandis qu'elle venait tout juste de reprendre ses appuis, à peine la tête relevée, elle pouvait voir un lion à corne foncer sur cette dernière avec fureur. La vitesse de la bête était bien trop rapide, pour qu'elle puisse avoir le temps d'esquiver après avoir tout juste récupéré ses appuis. Elle croisa donc ses lames devant elle, afin de subir l'impact. Une fois le coup délivré, la force du lion qui avait heurté de plein fouet les lames de la valkyrie, la fit reculer de plusieurs mètres. Mais tandis qu'elle allait tenter une contre-attaque, elle fut de nouveau surprise par un nouvel assaut, du lion, dans son dos. Sauf que sur le lion, trônait Alduin, préparant à attaquer en commun avec sa monture la valkyrie.

- RAAAAAAAH !

Le roi lança un cri de rage, faisant passer ce dernier pour un rugissement d'un lion enragé. La vitesse de sa monture, ainsi que la surprise de son adversaire, rendait impossible pour cette dernière d'éviter le coup titanesque que s'apprêtait à délivrer le roi. Le monarque lança donc sa frappe, accompagné par la force et la vitesse de sa monture, en plein sur la valkyrie. Cette dernière fut littéralement balayée comme une poussière, et voltigea sur bien 20 mètres, avant de s'écraser sur une façade d'un bâtiment en ruine. Mais la valkyrie se redressa une nouvelle fois assez vite, comme si l'impact ne lui avait rien fait. Cependant, le roi n'avait visiblement pas dit son dernier mot non plus. Une fois que Mordred redirigea son regard sur le roi, ce que la mercenaire vit était stupéfiant. Il n'y avait pas un lion, mais deux, qui étaient en formation, tandis qu'Alduin en chevauchait un des deux. C'est d'ailleurs celui que le roi chevauchait qui ouvrait soudainement la gueule, alors que le cavalier royal cita à son tour une incantation.

- Soul of Tiona : Fury roar !

Soudainement, le lion expira d'un seul coup l'énergie qu'il semblait avoir accumulée dans sa gueule. De son rugissement à faire trembler un défunt, une énorme vague de foudre fut propulsée. Le rayon foudroyant était inévitable pour la valkyrie, qui le reçut de plein fouet. Une explosion électrique titanesque se produisit au lieu de l'impact. Cela souffla le reste des bâtiments qui se trouvait dans le périmètre du chevalier Mordred. Finalement, une fois le calme revenu, le roi descendit de sa monture, observant la situation, attendant de voir si son adversaire avait rendu l'âme ou non. On pouvait noter d'ailleurs que les deux lions pendant ce temps, rôdaient autour de leur maître, comme des gardiens aux aguets. Malheureusement, le chevalier sanguinaire se releva, non sans mal, mais il se redressa tout de même, encore une fois. Cela surprit le monarque d'Hélios, de voir l'état plutôt stable de son adversaire. Ce dernier avait reçu un enchaînement titanesque, suivi d'une vague foudroyante de plein fouet. Pourtant, la valkyrie venait quand même de se relever, repoussant les gravas sur elle, semblant essoufflée tout au plus. Elle prit par ailleurs de nouveau la parole, toujours d'une voix amusée, mais légèrement essoufflée.

- Héhé, vous avez enfin décidé de montrer les crocs, on dirait... C'est donc cela les fameuses lames légendaires Tiona et Tizona ? Ces lions, ce sont les esprits de vos lames, n'est-ce pas ? C'est donc vrai ce qu'on dit... Vous avez réussi à soumettre les lames de la fureur.

Le roi ne répondit rien, et se contenta d'observer, mais la valkyrie avait effectivement raison. Les deux lions qui entouraient le monarque étaient bien les esprits des lames. Le détenteur de ces deux lames jumelles pouvait invoquer spirituellement les esprits de fureur qui les habitaient. Mais fallait-il encore qu'il arrive à dompter la fureur des deux esprits. Il semblerait que ce fût cependant le cas du roi Alduin Galford. Il vient de prouver sa maîtrise et son contrôle sur ses deux gardiens bestiaux. Cela prouvait une fois de plus que le monarque d'Hélios n'avait pas volé sa légende, et qu'il n'était pas aussi redouté pour rien. Néanmoins, cela ne semblait pas plus impressionner que ça la valkyrie, qui continuait d'esquisser un sourire assuré.

- Hahaha ! Je crois qu'à mon tour, je vais vous montrer ma vraie puissance !

Juste après avoir prononcé ces paroles, une aura commença à brûler autour du corps de la valkyrie. Ce qui fit réagir le roi cependant, c'était la sensation que dégageait soudainement le chevalier sanguinaire. C'était malsain. L'insanité qui se dégageait de cette énergie était effrayante. Cela donna néanmoins à Alduin une théorie qui lui semblait plus que plausible actuellement. La seule fois où il a déjà ressenti quelque chose d'aussi malsain, c'était le jour où il a affronté des créatures qui étaient habitées par ce qu'on nomme L'Eldrit noir. Il y avait néanmoins un détail qui rendait cette théorie improbable : c'était l'état de la valkyrie. Du peu qu'en sait Alduin, on ne peut espérer vivre longtemps, une fois contaminé par cet Eldrit. Pire, de ce qu'il a pu observer de lui-même, les êtres contaminés n'ont plus rien d'humanoïde. Ils perdent toutes traces de raisons, de sens, et seule la rage et la folie leur sert d'essence.

- Est-ce réellement cet Eldrit néfaste qui l'habite ? Pourtant, selon mes informations et expériences, elle ne serait pas dans un état aussi stable, si c'était le cas... Bon sang, qu'est-ce qui se passe cette nuit ? Entre ces portails, cette pluie, la fissure dans ce ciel rougeâtre, et maintenant cette valkyrie habitée par une force terrifiante...

Le roi commença cependant à se mettre en garde, maintenant que son adversaire était entouré d'une aura bien plus intense. Cette dernière brûlait d'un rouge sang terrifiant. Quant à la silhouette de Mordred, sa peau était soudainement bien plus sombre, et les marques sur son visage s'étaient amplifiées. Enfin, la fourrure qui ornait l'armure de la valkyrie s'enflamma à son tour. Cela était impressionnant à observer, cependant le roi n'était guère impressionné, il resta droit et sur ses gardes, prêt à recevoir son adversaire. Ses esprits de lames, également, se préparaient à l'assaut, dès que l'ennemi lancera son assaut. Mais pour l'instant, les deux adversaires se contentaient de s'observer, attendant certainement le bon moment pour attaquer. Il était évident que chacun attendait que l'autre attaque. Le roi comptait sur la témérité de la valkyrie, pour qu'elle lance le premier assaut. Si c'était le cas, il serait prêt à la recevoir comme il se doit avec ses gardiens. Alduin n'a pas encore montré tout ce qu'il peut faire avec ces derniers, et ça risquerait de surprendre la valkyrie, si elle est trop prétentieuse.

- Allez, approche, qu'on en finisse...

Mais tandis que la tension était à son paroxysme, la valkyrie relâcha soudainement toute sa concentration. L'aura, ainsi que l'intensité malsaine qui l'entourait disparue instantanément. Cela fut assez surprenant pour que le roi perde lui-même sa concentration. La valkyrie venait tout simplement de se relâcher, comme si elle abandonnait le combat. Cependant, la question était : pourquoi ? Alduin se doutait que ce n'était pas le doute ou la raison qui étaient responsables de cela, mais autre chose. Il pouvait peut-être avoir un début de réponse, lorsqu'il vit arriver sur la place, le commandant et son unité. Les renforts venaient d'arriver. C'était certainement le capitaine Bertz, qui avait averti de la position du roi d'Hélios. Quelques mages de la guilde étaient également arrivés en renfort. Cela ne semblait néanmoins pas inquiéter Mordred, qui se contentait d'observer la place se remplir, et les soldats commençant à se positionner pour la piéger en tenaille.

- Mon seigneur, nous sommes ici pour vous couvrir ! Le capitaine Bertz nous a indiqué votre position !

- Commandant, content de vous voir. Dites à votre unité de garder position jusqu'à mon ordre, notre ennemi est loin d'être à prendre à la légère...

Tandis que le roi continuait de rester sur ses gardes, tout en donnant ses ordres, la valkyrie commença à rire de façon amusé, tout en prenant la parole.

- Héhéhé, on dirait que la cavalerie est arrivée.

- Tu es surprise ? Je ne me bats pas seul, comparé à toi. J'ai tout un peuple pour me soutenir...

- Je vois ça, héhé...

Soudainement, la valkyrie sanguinaire prit appui sur ses jambes, puis effectua un saut acrobatique arrière d'une hauteur impressionnante, pour finalement atterrir sur un toit d'un bâtiment encore debout. Suite à cela, elle rangea ses lames, et reprit la parole.

- Je crois qu'il est temps que je tire ma révérence, haha !

- Tu fuis, telle une lâche devant l'adversité ?

- Fuir ? Loin de là. Je n'ai tout simplement plus aucune raison de vous combattre. Je vais même vous offrir un renseignement, pour m'avoir autant diverti !

- Pourquoi croirait-on l'information de l'ennemi ?

- Je ne force personne à me croire, mais sachez simplement que si vous cherchez le responsable des portails et de cette pluie, vous le trouverez sur la place de la cathédrale... Héhé, vous ne pourrez pas le rater... Sur ce, bye ~

Suite à cette information donnée étrangement facilement à l'armée du roi et lui-même, le chevalier du nom de Mordred s'éclipsa. Son départ laissa le roi assez pensif, tandis que son armée commençait à souffler un peu. Cependant, rapidement, il s'adressa à son commandant.

- Commandant.

- Oui, mon seigneur ?

- Vous et votre unité, continuer à sécuriser cette zone. Moi et le reste de mon unité nous allons nous diriger à la localisation indiquée par notre amie la déjantée. Même s'il s'agit d'un piège, nous n'avons aucun autre indice à l'heure actuelle. C'est la raison pour laquelle nous allons quand même nous y rendre.

- À vos ordres, mon seigneur ! Faites attention à vous !

- Vous de même commandant. Allez, en avant soldat, direction la place de la cathédrale. Je vais partir devant, afin de sécuriser la marche.

Finalement, le roi décida de suivre l'indication de cette valkyrie. Bien qu'il s'agît certainement d'un piège, il n'avait pas réellement d'autres options, comme il venait de l'expliquer à ses hommes. C'est donc d'un bond qu'il chevaucha de nouveau un de ses deux lions spirituelles, et s'élança à toute allure en direction de la place de la cathédrale. L'endroit où il pourra peut-être enfin mettre la main sur le responsable de tout cela...
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Asuna
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MessageSujet: Re: Hélios, le royaume indomptable   Lun 5 Nov - 23:23

Après un affrontement face un terrifiant ennemi, le roi Alduin avait réussi à obtenir une information sur la localisation du responsable de cette attaque. Bien que ce dernier se doutait d'un piège, il n'avait d'autres choix que de suivre cette piste. C'est donc ainsi qu'avec sa garde restante, il chevaucha à toute allure son tigre spectral, en direction du lieu indiqué : la cathédrale. La traversée de la cité était cependant assez compliquée, avec toutes ces créatures dans tous les coins de rue. Bien que le roi arrivait à faucher ceux sur son chemin, il devait en laisser un grand nombre aux prises avec les soldats de la cité. Il aimerait s'arrêter et se battre avec son peuple, mais il ne pouvait pas s'arrêter. Il avait peut-être une chance de mettre un terme à tout cela, il devait donc saisir cette opportunité, et faire confiance à son peuple pour la lutte contre ces créatures. Bien que le temps joue contre le roi et la cité. La fissure dans le ciel devenait de plus en plus béante, et la pluie rougeâtre devenait torrentielle. À l'heure actuelle, tandis qu'il parcourait la cité, il ne pouvait s'empêcher de se demander d'où pouvait provenir une telle magie ? Il n'avait jamais vu cela. Il avait du mal à croire, sans prétention, que son royaume, le puissant Hélios, puisse tomber aux mains de l'ennemi en aussi peu de temps. C'était inconcevable une telle impuissance. Et enfin, la question primordiale : pourquoi attaquer Hélios? Il espérait bien avoir une réponse au fameux point indiqué par cette Mordred.

- Halte, chevaliers, lança le roi, à sa garde à cheval derrière lui, nous sommes presque à destination, commencer à ralentir et rester sur vos gardes !

Après plusieurs minutes de routes, le roi et sa garde étaient effectivement parvenus à la place de la cathédrale. C'est donc avec prudence à partir de ce point, que le roi s'avança en direction de la cathédrale. Cependant, une fois arrivé sur la place, avec en fond, la gigantesque cathédrale, une vision d'horreur frappa le roi et ses chevaliers. La place de la cathédrale était entièrement recouverte de cadavres de chevaliers. Une bataille meurtrière avait eu lieu ici, à n'en pas douter. Une bataille qui coûta cependant la vie à une centaine de chevaliers. Tous, gisaient sans vie, au sol, devant la cathédrale. C'est donc frappé par l'horreur, que le roi continuait d'avancer à travers ce champ de cadavres. Pour l'occasion, lui et sa garde avaient décidé de continuer à pied, pour éviter de piétiner par inadvertance ces pauvres victimes. Alduin, malgré être heurté par le dégoût, continua son chemin en direction de la cathédrale. Il savait, que l'ennemi devait se trouver à l'intérieur. Mais si le roi arrivait à tenir le choc, c'était plus compliqué pour sa garde, qui pour certains, avait du mal à maintenir leur calme, à la vue d'autant de cadavres de frères d'armes...

- Nom de l'Eldrit, que s'est-il passé ici... ?

- C-c'est horrible...

Le roi voyant sa garde commencer à se distraire, prit la parole, et tenta de les rappeler à l'ordre, d'une voix cependant fatalement grave.

- Mes frères, rester concentrer... Nous pleurerons nos frères d'armes une fois tout ceci terminé... Continuons à être fort, pour faire honneur à leur sacrifice... Libérons notre belle cité, pour honorer leur mémoire.

- O-oui, mon seigneur...

Les chevaliers de la garde reprirent une formation assez militaire, après le discours de leur roi. Bien que la tristesse et le dégoût frappaient ces derniers, une once de courage et de détermination habitait désormais les chevaliers. C'est donc après une marche à travers un champ de morts, que le chemin du roi s'arrêta brusquement, quelques mètres devant la cathédrale. Mais nulle hésitation responsable de cet arrêt, non, le responsable, ou plutôt les responsables, étaient deux silhouettes situées au sommet des escaliers menant à la cathédrale. Ces dernières surplombaient le roi et sa garde, toujours en bas des escaliers. C'est de cette position, que le seigneur d'Hélios prit enfin conscience, que la pluie qui tombait sur la cité, ne semblait plus effective dans cette zone. Maintenant qu'il faisait attention, il est vrai que depuis son arrivée sur cette place, la pluie avait cessé mystérieusement. Mais actuellement, la pluie était le dernier centre de son intérêt. Car pour l'instant, c'étaient les deux silhouettes qui représentaient un danger. La première d'entre elles, avait les cheveux courts, une armure semblant tout droit venir des ténèbres, ainsi que de visiblement posséder deux lames. La deuxième silhouette elle, était similaire, niveau armure, mais possédait une longue chevelure, ainsi qu'une longue lame en main droite, et le fourreau en main gauche. Mais si quelque chose ressortait de ces deux silhouettes, c'était leur prestance. Elles étaient imposantes, ne serait-ce que par leur présence, et ce qu'elles semblaient dégager. Un sentiment de danger, c'était l'impression que ces deux silhouettes féminines dégageaient.
Spoiler:
 


- Ho, regarde Aselica, s'exclama la silhouette de gauche, d'une voix étonnamment agréable, mais d'un ton provocateur, d'autres bousiers viennent d'arriver !

- Voyons Ruby, ce ne sont pas n'importe quels bousiers, répondit la silhouette de droite, d'une voix bien plus malsaine, mais toujours d'un air provocateur, il semblerait que l'un d'entre eux soit le grand seigneur de ce royaume, Alduin Galford.

Sans prendre de risques, le roi ordonna à sa garde de garder la position, tandis que de son côté, ce dernier prit la parole, voyant que ces deux femmes semblaient savoir qui se trouvait face à elles.

- Vous deux, lança le roi en direction des silhouettes, d'un ton calme, mais sec, c'est donc vous les responsables du massacre de ces valeureux chevaliers, je présume...

À cela, la silhouette de gauche, qui semblait répondre au nom de Ruby, prit de nouveau la parole de sa voix habituelle.

- Des chevaliers ? Tu as vu des chevaliers toi, Aselica ?

- Il doit y avoir une erreur, il me semblait que c'était des insectes un peu trop bruyants. C'était donc des soldats ? Toutes nos excuses dans ce cas, messire Galford...

- Ho, c'est pour cela que mes lames étaient pleines de sang ? Moi qui pensais que c'était dû à cette pluie, héhé...

Le doute n'était donc plus d'actualité, c'était bel et bien ces deux femmes, qui avaient massacré la totalité des chevaliers en ces lieux. À la réalisation de ce fait, plusieurs soldats de la garde du roi commencèrent à douter, tandis que certains n'arrivaient pas à y croire. Cependant, cela n'était guère de la peur gratuite, loin de là. Cette crainte soudaine était surtout due à la dangerosité que représentaient ces deux femmes. Si les cadavres au sol gisants par centaines étaient que de simples chevaliers, cela ne serait pas si effrayant. Mais ici, sur la centaine de chevaliers, il s'agissait de plusieurs escouades des plus puissants chevaliers d'Hélios. Plusieurs unités de chevaliers d'élites, de la même trempe que celle accompagnant le roi. Pourtant, à l'heure actuelle, ils gisaient tous sur le sol, sans vie, tandis que leurs assassins, semblaient en pleine forme. Déjà que ces deux femmes donnaient une impression malsaine de base. Là, aux yeux des chevaliers du roi, elles donnaient une impression de crainte. Tandis que le désespoir commençait donc à s'emparer de la garde du roi, ce dernier reprit la parole, toujours aussi déterminé, mais cette fois d'une voix colérique et inquisitrice.

- Ces « insectes » étaient de valeureux chevaliers avec des familles et des ambitions, démons ! J'ignore qui vous êtes, ni pourquoi vous attaquez mon royaume, mais faites preuve au moins d'un peu d'honneur, en respectant des âmes valeureuses tombées sur le champ de bataille !

Alduin serrait le manche de sa lame droite tellement fort de haine, qu'il en saignait presque. Cela dit, la silhouette de droite, Aselica, répondit à son tour au roi.

- Du respect ? Pourquoi devrais-je offrir mon respect à de lamentables échecs ? Le respect ça se mérite, mon bon roi. Et pour moi, ces pathétiques insectes insignifiants ne méritent aucunement du respect.

- J'admets que je n'ai pas vu où était la « valeur » dans ces bousiers. Je crois en fait que j'ai plus de respect pour leur sang, que pour eux. Le sang lui, a réussi à me toucher, héhé...

À ces paroles, le roi Alduin lança un assaut frontal sans réfléchir sur ses interlocutrices. Il s'élança comme un lion enragé, sans pouvoir se contrôler, comme si la haine elle-même le manipulait. Il s'était élancé avec fureur et vitesse les deux lames en avant vers la silhouette de droite, celle qui répondait au nom d'Aselica. Sa vitesse était impressionnante. Tellement, que les silhouettes n'esquivèrent pas. La silhouette de droite allait donc subir de plein fouet la fureur du roi enragé. Cependant, alors que l'impact était imminent, le seigneur d'Hélios fut repoussé comme un moucheron d'un seul coup de lame de la silhouette. Cette dernière avait contré l'assaut du roi, sans se fatiguer, en le renvoyant en bas des escaliers.

- Ho ? Je crois que nous l'avons vexé, Ruby.

- On dit qu'il n'y a que la vérité qui fâche, non ?

- Il semblerait.

Le roi, repoussé, reprit son équilibre et ses appuis, et fixa avec fureur les deux silhouettes à leur position dominante. Cependant, il était comme soudainement calme, comme si son intention de lancer un prochain assaut était allé aux oubliettes. À la place, il observait les silhouettes, pensif, silencieux. En vérité, il était en plein échange spirituel avec Tizona et Tiona, avec qui il était visiblement capable de communiquer.

- Maître, prenez garde à cette femme.

- Que se passe-t-il Tiona ? Que veux-tu dire ?

- Lors du choc, j'ai ressenti une force terrifiante émanant de la lame de cette femme. Ce n'est pas quelque chose que je peux expliquer, mais cela m'a fait ressentir une terrible douleur.

- Mon frère est clairvoyant de vous mettre en garde, maître, cette femme contrôle un pouvoir que nous n'avons jamais vu...

- Se pourrait-il qu'il s'agisse de ce fameux Eldrit négatif... ?

- Négatif, maître. Nous avons déjà été en contact avec des âmes utilisant cette magie. Cette femme, c'est quelque chose de bien plus terrifiant...

- Vous aviez ressenti la même chose avec Mordred, mes amis ?

- Affirmatif, maître. Mais c'était bien inférieur à cette femme...

- Nous n'avons pas le choix cependant, si je veux protéger mon royaume, nous allons devoir affronter ces deux femmes. Je ne reculerais devant rien, et vous le savez, mes amis...

- Notre fureur te suivra où tu iras, Alduin, mais prends garde lors de notre prochain affrontement avec cette femme...

- J'y veillerais mes amis, merci...

Tandis que le roi observait toujours dans le silence ses adversaires, sa garde elle, devant l'échec de l'assaut de leur seigneur, commençait à reculer, de crainte. Tout comme avec Mordred, ils se sentaient impuissants. C'était incroyable, que cette femme arrive à repousser d'un mouvement aussi facile, leur puissant roi. Mais pourtant, la vérité était bel et bien là. La silhouette à la lame menaçante et qui semblait celle qui dominait dans le duo, avait repoussé le lion d'Hélios sans même se fatiguer. Cependant, cela n'empêcha pas le valeureux Alduin de finalement redonner signe, en reprenant sa garde.

- En garde, chevaliers ! Nos ennemis n'enterreront pas notre courage et notre fureur !

Ces simples mots suffirent à redonner du courage à la garde du roi, qui se ressaisirent tous instantanément. Leur roi avait raison, la crainte et le doute n'étaient pas dignes d'un chevalier. Devant ce nouvel élan combatif et valeureux, les deux silhouettes prirent de nouveau la parole, mais sans véritablement prendre la situation en urgence.

- Regarde, Aselica, je crois qu'ils veulent rejoindre leurs défunts amis bousiers !

- Je vois cela, Ruby. Visiblement, ils n'ont pas conscience que le courage n'est que l'apanage du faible et de l'ignorant...

Sans perdre une seconde de plus, le roi s'apprêtait à charger, mais cette fois, accompagner par sa garde. Il était décidé, malgré le danger, à mettre fin à cette farce. À présent, il était clair que ces deux-là étaient responsables de tout ce qui se passait dans la cité. Et c'est une fois l'ennemi vaincu, qu'il exigera des réponses. Alduin ne pouvait réellement dire pourquoi, mais quelque chose lui confirmait, que cette femme à la lame était celle qui contrôlait tout ce qui se passait en ville. Cependant, tout juste avant l'assaut, la fameuse Aselica reprit une nouvelle fois la parole, toujours d'un ton calme et tranquille.

- Je n'ai aucun doute que vous feriez un adversaire intéressant, seigneur Galford, mais moi et ma sœur avons terminé ce que nous avions à faire, ici. Nous n'avons donc aucune raison de vous affronter, mon bon roi.

- Il suffit ! Cette fois vous n'irez nulle part, démons !

Sans attendre, Alduin chargea avec sa garde, encore une fois, il prit les devants, afin d'ouvrir la voie à ses chevaliers. Mais cette fois, tandis qu'il était en pleine charge, il s'arrêta net, lorsque d'un geste de la main, Aselica invoqua un mur de flammes bleues qui stoppa net toute l'unité du roi, ainsi que ce dernier.

- Qu'est-ce que... !?

- On se calme, lamentables vermines. J'adorerais m'amuser avec vous, mais comme je l'ai dit, nous n'avons plus rien à faire ici. Cependant, ne vous inquiétez pas, nous n'allons pas vous laisser seuls. Je vais vous offrir une « valeureuse » compagnie...

- Héhé...

Suite à ces paroles, Aselica commença à lever sa lame, et la pointer vers le sol, en bas des escaliers, plus précisément en direction du roi et son unité. Par réflexe, ce dernier, ainsi que sa garde s'écartèrent, au cas ou cette dernière se prépare à lancer une attaque. Mais rien de tout cela se produisit. Cependant, la lame de cette dernière commençait à s'entourer de flammes bleues, de même nature que le mur précédent. Puis, au bout d'un court instant, les flammes s'échappèrent de la pointe de la lame, en direction de la place. Mais cette fois, cela semblait être des flammes spirituelles, car elles traversèrent sans problème, ni blesser, la garde du roi, ainsi que ce dernier. Les flammes en question se dirigèrent donc sur la place derrière le seigneur d'Hélios. Elles terminèrent leur chemin sur chaque cadavre décorant la grande place de la cathédrale. C'est comme si ces flammes pénétraient à l'intérieur des corps sans vies des chevaliers. Mais le roi et sa garde n'allaient pas être au bout de leur surprise actuelle, car le pire restait à venir. Car soudainement, les chevaliers décédés commencèrent à se relever. Tous, les uns après les autres reprirent vie, sous les yeux terrifiés de la garde du roi, et de ce dernier. Tous, se relevèrent sans exception et dressèrent face au roi. Tous les chevaliers à présent debout ne dégageaient que vide. Ils se tenaient de façon décadente, tandis que leurs yeux brûlaient d'un feu de même nature que les flammes qui venaient de les pénétrer. Il n'y avait plus aucun doute, cette femme venait de pratiquer un rituel de nécromancie. La panique s'empara rapidement de la garde du roi, tandis que ce dernier n'en croyait pas ses yeux.

- Hum hum, ria satisfait la silhouette, à présent, ils vont pouvoir prouver leur véritable valeur...

- Q-q-qu'est-ce que c-c'est que ce délire ?

- P-pourquoi nos frères d'armes s-se sont relevés ?!

- Vils démons, vous n'avez donc aucun honneur pour les âmes... La nécromancie... Un tel acte est méprisable... Tout comme cette magie...

- Mon pouvoir n'a de limite qu'au commencement de celui de ma reine... Ceci n'est qu'un aperçu de notre grandeur et celle de notre déesse... Le monde s'agenouillera bientôt devant le nouvel ordre des Angelys. Le jugement dernier arrive, et avec lui, la fin du règne hypocrite qui régit la création... Tremblez, car les lames funestes du jugement n'épargneront personne dans leur sillage...

Après ce discours, Aselica leva sa lame au ciel, et reprit la parole d'une voix forte.

- Obéissez à présent, chevaliers ! Répondez à l'appel de votre reine, et combattez pour la gloire de cette dernière ! Montrez-moi que vous êtes digne de ma considération, en éliminant mes ennemis...

Sans aucune once d'hésitation, les soldats morts-vivants se lancèrent soudainement sur leur ancien roi et frères d'armes. Ils étaient comme animés d'une fureur à toute épreuve. Sans avoir le choix, Alduin fut donc le premier à montrer la seule action à faire : tuer une nouvelle fois ces âmes en peine. Cependant, voir ces derniers obéir à cette sorcière l’écœurait au plus haut point. Alors qu'il y a encore quelques heures, ces derniers combattaient fièrement pour leur roi, leur famille, ainsi que leur royaume. Voilà qu'actuellement, ils luttent contre leur gré, contre ce même royaume qu'ils ont juré de défendre. Mais nulle possibilité de faire payer cet acte à cette femme, car l'assaut des chevaliers zombie était absolument terrifiant. C'est une centaine de chevaliers qui fondirent littéralement sur l'unité du roi et ce dernier.

- Je les trouve bien plus valeureux, là, qu'en penses-tu, Ruby ?

- J'en pense que je suis jalouse que tu peux faire un truc aussi cool !

- Ne t'inquiète donc pas, petite sœur, nous avons toutes deux un destin grandiose à accomplir, après tout, nous avons la même mère...

- Ouais, mais c'est long, d'attendre !

- Hum hum, viens, on s'en va, la suite de cette nuit appartient à notre déesse...

C'est donc sans attendre davantage, que les deux sœurs quittèrent la zone de la cathédrale, laissant le roi et sa garde affronter la horde ressuscitée. Et bien que le roi aurait aimé en découdre avec ces femmes, actuellement, c'était impossible. Si ces dernières avaient réussi à venir à bout de ces chevaliers de leur vivant, ce n'était pas aussi simple pour le roi et sa garde. Ils étaient si nombreux et féroces dans leurs assauts, que bientôt, même Alduin succombera à cette horde enragée. Même avec l'aide de Tiona et Tizona qu'il venait d'invoquer de nouveau, ce n'était pas suffisant pour repousser une armée de plus de cent morts-vivants. Il lui paraissait évident qu'il fallait rapidement effectuer un repli, et de fuir ces chevaliers zombies.

- Chevaliers, lança avec force le roi, dans la cathédrale, vite !

C'est donc sans trop de choix, qu'il ordonna un repli dans la cathédrale, afin de se protéger à l'intérieur. Alduin et sa garde effectuèrent donc un repli en direction de cette dernière, en veillant à repousser le maximum de ces zombies. Finalement, une fois les portes ouvertes, la garde pénétrait à l'intérieur en premier, comme ordonné par Alduin. Le roi ferma donc la marche, ainsi que l'imposante porte de la cathédrale. Elle était assez massive, pour tenir quelques minutes l'assaut de chevaliers enragés. Surtout, que le roi et sa garde s'empressèrent de renforcer cette dernière en déposant devant tout ce qu'il pouvait, afin de retarder le moment fatidique. Une fois ceci fait, tous pouvaient enfin souffler et profiter d'un peu de répit, même si le cœur n'était vraiment pas au soulagement. Lorsque le roi se retourna vers ses chevaliers, il pouvait observer des mines graves, allant de la tristesse, à l'incompréhension. Alduin maudissait son impuissance. Il commençait quelque peu à réaliser la situation, et douter d'un dénouement heureux pour lui et ses soldats. Cependant, il se reprit vite en main et chassa cette néfaste pensée pessimiste de son esprit. Il n'avait pas le droit d'abandonner, pas le droit de laisser le désespoir l'envahir. Peu importe son destin en cette nuit, il protégera son peuple même s'il devait en mourir. Il n'oublia pas non plus que son frère, Lucius, était certainement déjà en train de revenir avec les renforts de Loxianna. Il s'empressa donc de se ressaisir, puis prit la parole pour s'adresser à ses soldats.

- Chevaliers, en cette nuit, nous avons perdu nombre de valeureux amis, des frères pour certains... Mais nous avons le devoir de continuer à nous battre, tant qu'il nous reste un souffle de vie ! Je suis avant tout chevalier avant d'être roi, et tout comme vous, j'ai juré sur le code du chevalier de me battre pour protéger mon royaume. Cette nuit, il n'y a plus de rois, plus de rangs, juste des chevaliers qui ont pour mission de protéger ceux qui ne peuvent le faire eux-mêmes. Notre peuple, notre royaume compte sur nous, alors reprenez-vous, et continuez de lever votre lame pour la fierté de notre royaume !

Suite à ce petit discours, les chevaliers restants reprirent des couleurs, ainsi que leur motivation, avant de tous lever leur arme en l'air, en signe de combativité.

- Cette nuit ne sera pas la dernière, mes frères. Hélios a déjà surmonté de bien nombreuses guerres, de bien nombreux malheurs, et jamais il n'a plié. Alors peu importe notre ennemi, notre royaume ne pliera pas aujourd'hui !

Une ovation s'éleva dans la cathédrale, suite à cette fin de discours. Le roi avait réussi à redonner l'espoir à ses chevaliers. Mais au fond, lui-même en avait besoin, de ce discours. C'était la raison pour laquelle il devait réveiller ses chevaliers, car il devait lui-même se réveiller.

- Bravo, merveilleux discours.

Soudainement, une voix, ainsi que des applaudissements réveillèrent d'une autre manière le roi et ses chevaliers. Tous dirigèrent leur attention sur l'endroit d'où provenaient la voix et les applaudissements. Le bruit venait d'une silhouette assise tranquillement les jambes croisées, sur l'autel situé au milieu de la cathédrale. La silhouette était celle d'une femme à l'apparence enivrante. Elle était d'une grande beauté et d'un style raffiné. Cependant, si les chevaliers étaient pour la plupart complètement sous le charme de cette bombe mystérieuse, le roi, lui, ne semblait pas se laisser prendre au piège. Il savait en vérité que cette femme devait sa beauté enivrante à sa race. Au vu de sa tenue, ainsi que son physique, il s'agissait sans aucun doute d'une Lyn. Une race réputée pour leur grande beauté, à l'image des valkyries. Mais à l'instar des valkyries, les Lyn étaient souvent de viles tentatrices, profitants de leurs charmes, pour manipuler les hommes comme les femmes. Même si cela, c'était plus de la discrimination qu'autre chose. Bien qu'il n'en existe quasiment pas hors péninsule Extérieure, les Lyn qui vivent sur les péninsules dans la lumière sont rangées pour la plupart. Cependant, pour Alduin, il était évident et clair, que cette Lyn était loin d'être normale. En fait, il ne savait pas comment l'expliquer, mais une pression terrifiante émanait de cette femme. Une présence presque insoutenable, rien que de l'observer dans les yeux. Ce n'était pas la première fois qu'il voyait une Lyn, et pourtant, elle-ci le paralysait presque...
Spoiler:
 


- … Une Lyn, s'exclama le roi, d'une voix méfiante, j'imagine que tu n'es pas sortie de ta péninsule sombre pour visiter mon royaume... C'est donc bien un des royaumes Extérieur, qui est responsable de tout cela...

- Vous tirer bien vite des conclusions mon mignon, répondit la Lyn, d'une voix douce et agréable, mais d'un ton incroyablement sensuel, je trouve ce royaume absolument charmant. Une petite visite de ce dernier en votre compagnie ne me déplairait guère, ma foi...

- Assez... Je n'ai pas le temps de jouer avec toi, Lyn ! Réponds ! Pourquoi un des royaumes de la péninsule Extérieure vient se mêler et provoquer une guerre avec un royaume de la péninsule Intérieure ? Au nom de quel seigneur Extérieur agis-tu, Lyn ?

Si les questions du roi étaient légitimes, la Lyn ne semblait pas impatiente de lui répondre. Elle se contenta d'observer ce dernier, comme si elle le jaugeait du regard, puis elle décroisa soudainement ses jambes, d'une façon sensuelle, pour finalement se lever de l'autel. Une fois debout, elle s'inclina respectueusement, et reprit la parole, d'une voix toujours aussi calme.

- J'agis en mon propre nom, mon beau. Je suis mon propre seigneur. Je me nomme Lilith, plus connue sous le titre de reine de la nuit...

Si les soldats ne semblaient pas réagir à la présentation de cette femme, le roi lui, ouvrait des yeux au niveau de sa surprise. C'était comme s'il venait d'entendre la pire nouvelle de sa vie. Il n'allait pas jusqu'à reculer ou trembler, mais il n'était clairement pas à l'aise soudainement. Et quand il reprit la parole, c'était d'une voix encore plus méfiante, mais surtout sérieuse.

- Lilith... Ce nom est celui d'un des seigneurs qui régit la péninsule Extérieure... Surnommé chez nous : les seigneurs du crépuscule...

- Quel manque d'imagination, ce surnom pour nous désigner. Vraiment, je trouve cela insultant. L'absence de lumière ne fait pas de nous des êtres nécessairement ténébreux ou décadents, mon beau. Vous seriez étonné de voir la beauté nocturne de mon royaume ! Il est d'une beauté nocturne enivrante, à l'image de sa reine.

- … Qu'est-ce qu'un seigneur crépusculaire peut bien gagner à attaquer un royaume de la péninsule d'Éternia ? Que gagnes-tu, Lyn, à attaquer mon royaume ? J'ai cru comprendre que vous passez déjà votre temps à vous affronter entre seigneurs, dans votre péninsule, alors pourquoi venir vous mêler de nos affaires ?

La silhouette qui répondait au nom de Lilith, et qui n'était autre que la reine des Lyn tout simplement, prit soudainement une expression pensive, tout en mettant un doigt sur sa bouche, faisant mine de réfléchir. Puis, au bout d'un court instant, elle reprit la parole, tout en reprenant une position assise sur l'autel.

- Je ne pense pas que ce soit vraiment la question que vous avez envie de poser, n'est-ce pas ? Car la réponse à cette question vous sera d'aucune utilité, et vous le savez. Il y a toujours des milliers de raisons pour déclencher une guerre. Après tout, c'est le principe d'une guerre, d'avoir une raison, et la plupart du temps hypocrite. Je ne sais pas, je pourrais avoir envie par exemple, d'étendre ma domination sur ce royaume, ou encore d'augmenter le nombre de mes sujets. Ou tout simplement pour m'amuser ? Vous savez, c'est d'un ennui mortel de régner sur un endroit qui ne vous résiste plus depuis des millénaires... J'ai tellement de fidèles à mes pieds qu'en trouver des nouveaux, serait une bonne raison, non ? Qu'en dites-vous ? N'est-ce pas une raison suffisante ? Bien que je serais légèrement déçue dans ce cas, si je cherchais de la résistance, car j'ai l'impression que beaucoup de vos chevaliers seraient déjà prêts à me lécher les pieds avec passion... Awn, soupira la Lyn, quel ennui...

Tandis que l'attitude et les paroles de cette Lyn commençaient à agacer le roi, ce dernier prit quand même le temps de se retourner afin d'observer rapidement ses chevaliers. Et la surprise fut de taille. Tous les chevaliers de sa garde étaient comme envoûtés par la Lyn. Ils avaient tous des sourires béats, et semblaient carrément absents. Alduin put d'ailleurs s'apercevoir que la salle de la cathédrale était soudainement recouverte d'une sorte de parfum. Cette fois, il en était certain, cette sorcière venait d'envoûter ses chevaliers.

- Sorcière... Il semblerait que ton petit tour de magie ne fonctionne pas sur moi... Laisse donc mes chevaliers en dehors de cela, et réglons ça comme de vrais monarques !

- Navré, mais nous ne jouons pas dans la même cour, mon beau. Un petit monarque d'un ridicule royaume, n'a rien qui mérite que je me fatigue, et que je risque de casser un ongle, pour lui. Mais je dois reconnaître que vous en avez sous votre armure, pour oser défier un seigneur du « crépuscule » en sachant pertinemment que vous n'êtes pas de taille. Cependant, vos parents auraient dû vous enseigner qu'il ne faut pas confondre courage, et inconscience.

- Quant à vos parents, ils ont oublié de vous enseigner la modestie, et que la prétention peut coûter cher...

- Hahahahahaha, s'esclaffait soudainement la Lyn, j'adore ! Ho, oui, j'adore cet esprit ! Quel dommage, que votre destin ne dépende pas de moi. J'aurais pris tellement de plaisir, à vous briser, et vous voir ramper à mes pieds, après un tel esprit combatif ! Mais malheureusement, encore une fois, cela restera un fantasme, car votre destin vous attend ailleurs, Alduin Galford...

- Qu... ?

Suite à ces mots, la Lyn claqua des doigts. De ce simple claquement, un cercle d'invocation apparut sous les pieds du roi. Cela le paralysa sans qu'il ne puisse réagir.

- Ne vous inquiétez pas pour vos chevaliers, je vais m'occuper d'eux. Quant à vous, vous avez rendez-vous ailleurs, adieu. Bisous.

- Attends ! Espèce de...

Sans avoir le temps de finir sa phrase, le cercle runique sous les pieds du roi s'illumina. Dès cet instant, il disparut instantanément de la cathédrale, pour se retrouver soudainement dans une cour qu'il lui était familier. Pour cause, il était dans la cour de son château. Cette dernière était cependant loin d'être calme comme lors de son départ. À présent, les créatures qui attaquaient la cité étaient également dans l'enceinte du château. D'ailleurs, sans vraiment avoir le temps de se remettre de sa surprise, il aperçut son capitaine, Bertz, en train de lutter corps et âme contre un bon nombre de ces créatures. Sans perdre davantage de temps à réfléchir, il sortit ses lames et fonça aider son ami.

- Bertz !

- S-seigneur Alduin ?

- Tenez bon, j'arrive !

C'est donc accompagné à présent de son seigneur, que le capitaine combattait les créatures. Ce n'est qu'une fois la dernière créature oscille, qu'il prit la parole.

- Mon seigneur, comment êtes-vous arrivé ici ?

- C'est une longue histoire, mon ami... Mais plus important, vous n'avez rien ? Où est la garde censée protégé le château et vous-même ?

- … Ils sont tous morts, mon seigneur... Ces créatures sont arrivées de partout soudainement. Des portails sont apparus dans l'enceinte du château, nous n'avons rien pu faire. J'ai réussi à fuir avec un petit groupe, et à atteindre la cour, mais comme vous pouvez le voir, je suis le dernier debout. Et sans votre arrivée miraculeuse, je serais aussi plus de ce monde...

- Bon sang ! Mais comment tout cela a pu arriver !? Vous avez des nouvelles de la cité ? Comment se passe la défense ?

- Désolé, mon seigneur, mais les cristaux de résonances ne fonctionnent plus depuis plusieurs minutes... J'ai essayé de vous contacter via votre Linkperle, mais impossible d'entrer en résonance...

Suite à cette annonce, le roi venait de réaliser que cela faisait effectivement un moment que sa linkperle de résonance ne recevait plus de rapport. La linkperle était d'ailleurs la seconde appellation du cristal de communication. C'était simplement plus rapide à prononcer. Puis le nom correspondait plutôt bien à la forme qu'avait le cristal de résonance qui servait à communiquer. Comme son nom l'indique, il s'agissait d'un petit cristal de résonance réduit à la taille d'une perle, qu'on mettait dans l'oreille. Cela permettait de rester en contact via les cristaux sans encombrer. C'était évidemment d'une utilité ainsi que d'un indispensable sur un champ de bataille de nos jours. Bien qu'il existe d'autres moyens de pouvoir communiquer, évidemment, mais c'étaient plutôt des technologies appartenant à d'autres races, comme les elfes, qui avaient leurs propres moyens de communication entre eux sur un champ de bataille. La technologie du cristal était surtout utilisée par les royaumes et zones possédants des avancées techno-magiques et alchimiques convaincantes.

- Si notre ennemi a réussi à bloquer toutes nos résonances magiques, on peut déjà dire au revoir aux renforts de Loxianna avant un moment... Cela explique pourquoi mon frère n'est toujours pas revenu...

- J'en ai bien peur mon seigneur...

Cette fatalité était malheureusement vraie. L'ennemi avait réussi à priver le royaume d'Hélios de ses défenses, en plus de sa résonance magique. Alduin ne s'expliquait toujours pas comment une telle chose a pu arriver. Hélios n'a jamais été vaincu depuis des millénaires, et jamais été envahi. Mais en ce jour, en moins d'une nuit, le royaume compte des pertes et des dégâts terrifiants. Bien qu'en parlant de royaume, le roi ne savait toujours pas si l'attaque était centrée sur la capitale, ou si le royaume tout entier était en état de siège. Mais quoi qu'il en soit, à l'heure qu'il est, la capitale était bel et bien en état de siège. L'ennemi avait réduit toutes les défenses à néant, ainsi que d'humilier les chevaliers qui la protégeait. Mais Alduin n'allait pas sombrer dans la fatalité. Tout n'était pas encore perdu. Encore une fois, tant qu'il aura un souffle de vie, il se battra pour son royaume. Même si actuellement, dans la cour de son château, accompagné de son capitaine, il se demandait bien quoi faire pour son prochain mouvement...
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Hélios, le royaume indomptable
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