La paix ou la guerre, le choix est votre.
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Une conclusion amère

Aller en bas 
AuteurMessage
Iris
Mercenaire
Mercenaire
avatar

Messages : 25
Date d'inscription : 01/09/2016

MessageSujet: Une conclusion amère   Dim 18 Mar - 11:51

Après une réponse négative de la part de la mercenaire, quant à son allégeance à l'armée lunaire, un nouvel affrontement semblait se préparer. Malgré des paroles vénéneuses et menaçantes, Iris n'était guère effrayée, ce n'était pas son genre. Et la mort, lui était préférable, à choisir, que de servir une reine pour qui elle est totalement indifférente. Ou alors, la mort lui garantissait peut-être de se libérer de cette chose qui l'effraie ? Ce qui expliquerait la raison pour laquelle la mercenaire risque sa vie sans hésitation, et n'hésite pas à s'engager même dans une guerre, ou un combat, qui ne la concerne pas. La mort était peut-être une solution, quand elle y pense réellement. Après tout, peut-être que son envie de tuer ce dragon n'était qu'un reflet de ce qu'elle pense réellement comme une solution pour se libérer. Ce qui était clair, c'était que la mort ne semblait pas déranger Iris. Cependant, l'affrontement allait devoir attendre, visiblement. La reine lunaire fut interrompue par Scylla, qui semblait contre toute attente encore consciente. La première chose qu'elle fit, c'est de se relever, tant bien que mal, tout en essayant de défendre sa partenaire. Iris comprit rapidement que les paroles de la valkyrie étaient fausses en ce qui concerne son intérêt pour cette dernière, mais que le bluff était une solution. Bien que cela tomba à l'eau, quand cette reine cita la lame qu'Iris avait utilisée en substitution de la sienne, pendant le combat contre le dragon. Pour dire vrai, Iris ne comprenait toujours pas ce qu'elle aurait dû ressentir de spéciale, en utilisant cette lame. Il était clair que cela avait étonné le dragon et maintenant cette reine, alors que du côté de la mercenaire, elle n'avait rien senti de spéciale. Quoi qu'il en soit, la valkyrie continuait de tenter de sauver la situation, cette fois en menaçant directement la reine de lui faire vivre un enfer, si elle continuait son massacre de ce soir. Et, contre toute attente, cela porta ces fruits. Iris ne comprenait pas vraiment comment des menaces aussi peu réalistes pouvaient effrayer, mais visiblement, la réponse ne tarda pas à arriver. Ce n'était pas par crainte, mais par intérêt, que cette reine se devait de ne pas se mettre à dos la valkyrie. Cette dernière expliqua simplement qu'elle souhaitait à terme, sauver la valkyrie. C'était étrange à entendre, et surtout, elle avait une drôle de façon de faire, selon la mercenaire, cette Azelia. Mais elle ne chercha pas à comprendre, après tout, il était évident que cette reine était légèrement tordue, à l'image de son lieutenant. Bref, dans tous les cas, la situation était « sauve », pour l'instant. D'ailleurs, cette reine allait jusqu'à accorder un cessé le feu provisoire. Puis, après avoir baissé les armes, elle lança un nouveau sortilège à la valkyrie qui retourna dans les bras de Morphée.

Maintenant que la tension était stable, la reine lunaire profita de ce moment, pour adresser à Iris la parole de nouveau. Cette fois, nulle menace, mais une demande bien particulière. Cela consistait à sortir Scylla de cet enfer, puis, de lui passer un message. Ce message était une date et un lieu. Un lieu où la reine donnait rendez-vous à la valkyrie, qui se nommait le noyau lunaire, et qu'elle trouvera ici, ses réponses. Bien sûr, elle énonça également que la mercenaire était invitée si elle le désirait. Évidemment, bien que la mercenaire n'ait aucune raison de se ramener, la reine lunaire avait vu juste. Iris était consciente qu'avoir cette valkyrie comme guide sur Légendia ne serait pas du luxe, surtout maintenant que cette fille semblait être la fille d'une légende. C'était totalement dans l'intérêt d'Iris de veiller à ce que sa partenaire arrive à destination, afin qu'à son tour, elle-même serve les intérêts de la mercenaire. Puis, après ces ultimes paroles, cette reine se volatilisa comme elle était venu, laissant la mercenaire seule, avec le corps de Scylla. Iris profita de ces quelques minutes pour souffler, et penser surtout comment elle allait sortir sa partenaire de cet enfer. Plusieurs solutions s'offraient à elle, mais toutes demandaient des forces qui manquaient cruellement à la mercenaire, dans son état actuel. Heureusement, une solution montra le bout de son nez. Elle se matérialisa sous la forme d'un cheval, et d'une elfe. Il s'agissait de cette reine elfique, qui chevauchant son destrier, invita la mercenaire à la rejoindre, afin de partir d'ici. Ni une ni deux, Iris monta le cheval à son tour, tandis que la sœur de la reine embarqua le corps de sa partenaire. Rapidement, l'elfe chercha son mari, mais sa sœur lui rappela rapidement que ce pourri n'était pas la priorité. Suite à cela, la reine elfique expliqua que les survivants furent amenés dans un fort, à l'extérieur de la ville. Iris ne cacha pas son soulagement, en entendant cette nouvelle. Cela voulait donc dire que Kula et cette gamine étaient à l'abri. Du moins, c'était ce qui était normalement prévu. Malheureusement, une fois sur place, on pouvait observer une horde de damnés prendre d'assaut le fort en question. C'était une vraie armée qui se trouvait devant le fort, et qui était bien plus nombreuse que les pauvres soldats solaires dépassés. Mais une aide inattendue arriva à point nommé. Il s'agissait des dragons blancs restants, qui firent un peu de ménage dans les rangs des damnés. Bien que cela parût étrange, leur argument était logique. C'est donc ainsi, que les elfes s'aventurèrent dans la mêlée afin de rejoindre le fort.

Finalement, une fois dans le fort, Iris descendit du cheval et se sépara de la reine elfique, afin de partir de son côté. Son objectif était évidemment de retrouver son petit groupe, et cette gamine. Pendant son parcours à travers le fort, Iris pouvait noter l'horreur de la situation qui se tramait de partout actuellement. Cependant, ce n'était pas son problème. Elle se fichait des appels à l'aide ou autres actes de barbarie. Elle pouvait sembler m'enfoutiste, mais c'était plus fort qu'elle, elle n'en avait rien à foutre des humains. Tout ce qu'elle avait en tête, c'était Kula, Law, et cette gamine, le reste pouvait crever. Cependant, cela lui fit se poser une question existentielle : pourquoi cette gamine ? Pourquoi, alors qu'elle a que faire de voir la souffrance autour d'elle, elle s'est arrêtée pour cette fille ? Était-ce par compassion ? Ou simplement parce qu'elle lui ressemble et lui rappel son enfance ? Dans un cas, c'était honorable, dans l'autre, cela était simplement par intérêt, du point de vue d'Iris. Cette gamine n'est peut-être là que pour servir les intérêts de la mercenaire au fond. Après tout, elle ne pense qu'à son passé, quand elle voit cette gamine, et ne semble pas s'être inquiétée de son état mental, en la sauvant.

- Ces gens m'intéressent-ils réellement au fond ? Ce petit groupe et cette gamine, ce que je ressens pour eux, c'est de l'appréciation ? Ou simplement un moyen de me sauver... ? Puis-je réellement savoir ce qu'est l'amour, alors que j'en ai jamais ressenti... ? Peu importe, cela ne change rien à mon objectif. Si je veux des réponses, je dois absolument sauver cette gamine... Inutile de continuer à me torturer l'esprit actuellement, ce n'est pas le moment !

Tandis qu'Iris déambulait dans les couloirs du fort à la recherche de son objectif, elle aperçut finalement quelque chose de familier. Elle reconnut rapidement le projectile de glace mauve, qu'elle venait d'apercevoir. Sans hésitation, elle s'élança vers cette salle. Elle fit rapidement le ménage, après avoir dégainé son arme, afin de sécuriser la pièce. Sa forme étant déjà dans une meilleure condition, grâce à sa récupération encore une fois étonnante. Bref, finalement, elle venait de retrouver Kula et la gamine. Au début inquiète de ne pas voir Law, Kula rassura néanmoins la situation en expliquant où ce dernier avait été emmené. C'est donc sans tarder, qu'Iris prit la gamine sur son dos, afin de sortir de cet enfer plus rapidement. Malheureusement, une fois à l'extérieur, la situation était catastrophique. Les elfes étaient malmenés par les hordes affamées, et la reine elfique était à terre. La fin approchait pour cette dernière. Néanmoins, la reine semblait heureuse qu'Iris avait retrouvé ses compagnons. Elle poursuivit en demandant aux femmes de partir, et de ne pas s'occuper de son état. Cette dernière pensait que c'était une juste fin, pour ce dont elle s'accusait. Puis, elle remercia Iris, pour avoir tenté de raisonner son mari, grâce à son discours. Même si cela n'avait finalement servi à rien, cette reine elfique semblait avoir été touchée par ce dernier. Au moins, il aura servi à quelqu'un. Cependant, bien que les paroles de la reine touchèrent Iris, la situation n'était pas à l'hésitation. Abandonner cette elfe à son sort était une chose qui répugnait Iris sur le moment, qui commençait à grandement apprécier cette jeune elfe. Malheureusement, même si son état était bien meilleur, il était insuffisant pour tenir tête à une centaine de damnés enragés. Surtout avec une gamine sur le dos. Elle pouvait tenter de la poser, et faire le ménage, mais cela risquerait de lui coûter la vie, ainsi qu'à cette Kula, si des renforts enragés arrivent pendant le ménage. Bref, la situation était claire, et seule une solution était possible : la fuite. C'est donc non sans regret, que la mercenaire profita de la dernière action de la reine elfique, pour filer vers la colline avec Kula.

Une fois arrivée sur la colline, la sœur de la reine elfique, paniquée, se précipita sur la mercenaire, avant de partir en direction de sa mort certaine. Iris nota également que cette dragonne tenta de fuir cet enfer à son tour, mais ne s'en préoccupa pas le moins du monde. Finalement, les femmes chevauchèrent de nouveaux chevaux, dont un où Scylla reposait. C'est donc au triple galop, qu'enfin le bateau était visible. Après une dernière foulée, l'accès au bateau était enfin à porter. Un rapide échange se lança entre les gardiens en charge du navire, avant de finalement enfin monter à bord, et fuir le plus loin possible de cet enfer. D'ailleurs, au détour d'une remarque, Kula venait de réagir sur le combat qu'on du livrer les deux femmes face à un dragon à trois têtes. Quand Iris y repense, cette chose était vraiment énorme en effet. Mais elle nota surtout que cette Kula venait de prendre un coup au moral, en réalisant son inutilité. Cependant, ce n'était plus le moment de parler, et c'est donc après avoir pénétré sur le vaisseau, que ce dernier, au bout de quelques minutes, décolla, laissant cet enfer derrière son sillage.



* * *

Plusieurs minutes s'étaient écoulées depuis le décollage à présent, et la mercenaire avait rejoint le pont du bateau. Elle avait déposé la gamine à ses pieds, pour lui permettre de se reposer, tandis que la mercenaire se pencha à tribord, afin d'observer l'horizon. Le calme était de nouveau présent en cette nuit. Aucun bruit ne venait perturber un silence de deuil pour les survivants. La vision de la cité en feu, était silencieuse. Plus aucun cri, ni de folie, juste un paysage en flamme. Iris observa l'horizon et la cité brûler cinq bonnes minutes, pensive, ses pupilles reflétant les flammes de la cité.

- Ce monde ne changera jamais... De partout où je pose mon regard, il n'y a que feu et sang... Cette reine est aussi perdue que les humains qu'elle cherche à purger. Ce monde est rempli d'être pathétique...

Une fois sortie de ses pensées, elle retourna son attention sur la personne qui avait hanté sa nuit, pendant la bataille : la gamine. Tandis qu'elle l'observait du coin de l’œil, elle se demandait toujours « pourquoi » ? Néanmoins, au bout de plusieurs secondes d'observation discrète, elle décida de se positionner devant l'enfant, et de s'abaisser à sa hauteur. Cette dernière était en position assise, les yeux fatigués, et le teint pâle. Iris observait silencieusement la fille dans les yeux, tandis que cette dernière lui rendit également son regard. Finalement, au bout de quelques instants, la mercenaire prit enfin la parole, d'un ton calme et amical, se voulant rassurant.

- … Ça va aller, c'est terminé. Tu n'as plus à t'inquiéter.

La jeune fille ne répondit rien, et continuait d'observer la mercenaire dans le silence, toujours d'un air abattu et fatigué. L'absence de réaction commençait à perturber Iris, qui se demandait si elle avait dit quelque chose qui ne fallait pas. Après tout, elle ne savait pas vraiment comment y faire avec les gens, et encore moins avec un enfant. Après réflexion, elle trouvait finalement que ses premières paroles étaient assez fausses. Cette gamine se foutait certainement royalement que ce soit terminé, après tout, elle venait d'absolument tout perdre. Iris avait presque envie de se gifler, tellement sa phrase était stupide, après réflexion. Comment ça pourrait « aller », alors que tout s'est effondré pour cette fille ? Dans tous les cas, le silence était insoutenable pour Iris, actuellement, et elle décida de lancer la seule chose qu'elle avait vraiment envie de dire à cette fille sur le moment.

- Désolé...

Suite à ces excuses, Iris baissa la tête, dépité. Au fond, elle ne pouvait plus le nier, elle s'en voulait de l'état de ce pays. Mais, était-ce réellement pour ce pays, ou alors pour n'avoir pas su protéger ce qui était cher à cette gamine ? Elle lui avait promis la protection, mais au final, elle a quand même tout perdu. Soudainement, Iris était de nouveau envahie par des souvenirs de son enfance. Une sensation douloureuse commença à s'emparer de la mercenaire. Une sensation qu'elle n'avait pas ressentie depuis longtemps : la tristesse. Maintenant que tout était fini, tout s'enchaîna dans sa tête. Et, elle réalisa finalement un tas de choses, qui lui provoquait ce sentiment qu'elle ne pensait plus ressentir. C'est donc toujours la tête baissée, que la mercenaire se mura dans le silence, les yeux brillants, se retenant tant bien que mal de verser des larmes.

- … Merci...

Finalement, une petite voix douce et agréable, se fit entendre. C'était bas et presque inaudible si on ne se trouvait pas à côté. Mais, cela signifiait également qu'une chose : que c'était la jeune fille, qui venait de parler. Iris releva la tête, puis croisa de nouveau le regard de la fille, qui cette fois esquissait un sourire discret. Iris venait de comprendre ce que cette gamine était en train de faire. Elle essayait de rassurer sa sauveuse. C'était le monde à l'envers, dans la tête de la mercenaire. Tandis que c'était son rôle, de rassurer, voilà que finalement, cette gamine venait de prendre ce rôle, voyant certainement la mine dépitée de sa sauveuse. Cela provoqua une réaction instantanée, chez la mercenaire, intérieurement. Comment cette gamine pouvait tenir le coup, et ne pas s'effondrer en larmes à l'heure qu'il est ? Était-elle réellement satisfaite et reconnaissante d'être vivante, malgré avoir tout perdu ? Comment pouvait-elle être aussi forte ? Sa vie avant cette nuit était-elle déjà merdique ? Avait-elle déjà souffert ? Tant de questions envahissaient la mercenaire, actuellement. Mais, poser ces questions dans l'immédiat, serait déplacé et complètement hors propos. Pour l'instant, Iris refusait de rester silencieuse plus longtemps, et de laisser cette gamine être forte pour deux. Elle décida de finalement engager la conversation, en commençant par le principal : faire les présentations.

- …Tu dois certainement déjà l'avoir entendu, mais je vais te le dire dans les règles d'usage : je m'appelle Iris.

- … Iris... c'est joli...

- Hum, rougissait la mercenaire, m-merci... E-et toi, c'est quoi ton petit nom... ?

- Julia.

Maintenant que les présentations étaient effectuées, Iris et la jeune fille du nom de Julia, recommencèrent à se fixer, dans le silence. C'était le moment pour Iris de faire attention plus attentivement à cette fille. Surtout niveau physique et style. Déjà, elle pouvait confirmer qu'elle avait l'impression de se revoir étant petite. Sauf que le style vestimentaire était assez différent de ce que portait la mercenaire dans le désert. Quoi qu'il en soit, la jeune fille avait les yeux bleus, ainsi que de courts cheveux mauves. Niveau vestimentaire, la jeune fille portait un style citadin. Pour le haut, elle portait un t-shirt rouge, couvert par une petite veste gilet, noire. Puis, pour le bas, un mini short assez court. Enfin, ses jambes étaient couvertes par des bas tout mignons, et une paire de bottes courtes. C'était un style clairement citadin, il n'y avait aucun doute. Sauf que, c'était loin d'être neuf. Iris pouvait remarquer que la plupart de ce que portait Julia, était froissé et délavé, voire déchiré sur certains endroits. Et, cela ne datait pas de cette nuit. Il était évident que cette fille devait venir des bas quartiers de cette cité. Iris commençait à comprendre un peu mieux pourquoi cette fille était abandonnée à son sort, lors de leur rencontre. Enfin, Iris nota un détail en fin d'observation. Il s'agissait de la poitrine de cette gamine. Étrangement, elle commençait déjà à se former, créant déjà deux petites bosses sous le t-shirt. Cela n'avait évidemment rien de pervers venant de la mercenaire, mais lui servait surtout à deviner l'âge moyen de cette fille. Pour avoir déjà une croissance à cet endroit, elle devait avoir plus de 11 ans. Sa taille globale assez petite trompant certainement le premier coup d’œil. Mais finalement, de plus près, elle faisait clairement dans les 11 ou 12 ans.
Spoiler:
 

Finalement, après cette rapide observation, Iris s'arrêta sur un endroit en particulier. La jambe droite de Julia. Sur cette jambe, le bas collant était clairement déchiré, mais cette fois, c'était réellement à cause de cette nuit. Et, la teinture rouge de ce dernier, venant du sang de la blessure qui avait coagulé depuis. Tellement d'événements s'étaient écoulés, qu'Iris avait presque oublié que la jeune fille était blessée. Rapidement, donc, elle reprit la parole, afin de s'adresser à la jeune fille.

- Ta jambe doit te faire souffrir... on va s'en occuper, d'accord ? Je vais d'abord vérifier si c'est cassé ou non, tu permets ?

- Hum, acquiesça-t-elle, d'accord...

La mercenaire se saisit de la jambe de la jeune fille, afin de vérifier l'état de cette dernière. Elle n'était pas réellement inquiète cependant, étant donné que la douleur ne semblait pas intense déjà, donc, cela pouvait déjà écarter la blessure grave, ou la cassure. Mais il fallait quand même soulager cette jambe. Elle commença donc par retirer la botte, puis le bas déchiré, afin d'avoir une vue plus nette. Dès que la jambe était à nue, elle pouvait déjà confirmer à vu, que rien n'était cassé. Cela ressemblait plus à une blessure tranchante. Peut-être avait-elle reçu un coup perdu ou autre, dans tout ce grabuge ? Ou alors, avoir trébuché sur un objet tranchant, ou une des nombreuses lames des soldats tombés au combat. Quoi qu'il en soit, il fallait soigner tout ça. L'entaille était quand même assez grande, mais heureusement, peu profonde. Iris trouva rapidement un kit médical sur le navire, puis revint vers Julia. Puis, elle s'occupa de tout désinfecter, pour finir par bander la blessure.

- Merci, Iris...

- De rien...

Iris était soudainement pensive, après avoir terminé son travail. Elle restait assez calme, immobile, massant délicatement le pied de son interlocutrice. Cependant, c'était comme si elle ne s'en rendait pas compte, et que c'était un automatisme, tellement la mercenaire semblait ailleurs, sur le moment. En vérité, Iris n'avait pas touché quelqu'un comme cela depuis bien longtemps, voire trop loin, pour s'en souvenir. Cette peau douce, cette sensation au toucher, c'était comme magique pour Iris. Néanmoins, bien que Julia ne dût pas trouver ce massage désagréable, c'était également intrigant, voire inquiétant, ce silence soudain, et ce massage passionné sur son pied.

- U-un problème... ?

Finalement, cela fit enfin réagir Iris, qui arrêta immédiatement son automatisme, et reposa délicatement la jambe de Julia. Puis, reprit la parole.

- D-désolé, j'étais... perdu dans mes pensées... Hum, repris Iris, on changera le pansement régulièrement, et tu devrais pouvoir courir de nouveau dans quelques jours, la blessure n'était pas trop grave.

Maintenant que ce souci était réglé, comme d'habitude, le silence repris son droit. C'était évident que les deux filles mourraient d'envie d'échanger, mais aucune ne semblait prendre les devants. Du coup, le silence était le seul à s'exprimer. Iris s'était depuis adossée à son tour aux côtés de Julia. Cependant, la mercenaire avait les jambes croisées, tandis que Julia les jambes tendues. Mais, le silence allait finalement être brisé par la jeune fille, qui s'exprima soudainement, comme si elle voulait poser cette question depuis le début à sa sauveuse.

- ...Iris... ?

- Hum ?

- J-je peux.. rester avec toi... ?

Ce que redoutait Iris venait d'arriver. Ou plutôt, la question qu'elle savait obligatoire, venait d'être posée. Elle se doutait, que si elle s'attache à cette fille, cette dernière allait s'attacher à son tour à sa sauveuse. Après tout, c'est un sentiment normal, de se sentir en sécurité avec la personne qui nous a sauvés, et pour qui nos yeux brillent d'un millier d'étoiles. Iris a été la seule après tout, au commencement, à avoir tendu sa main à travers les ténèbres que traversait cette jeune fille. Et, maintenant qu'elle était sortie de cet enfer, la mercenaire redoutait, mais se doutait en même temps, de l'évolution logique de la situation. Cette jeune fille n'avait plus rien à quoi s'accrocher, ou à aimer. Il y avait donc de grandes chances, qu'Iris devienne par la suite, la seule chose à laquelle cette fille peut s'attacher. Cependant, Iris ne savait pas quoi répondre. Elle se mura dans le silence quelques secondes, presque tétanisée intérieurement par cette question. Bien qu'elle s'en doute comme dit précédemment, elle n'avait pas eu le temps de s'y préparer. Pourtant, la réponse était toute simple. Il lui suffisait de lui dire la vérité, et de lui expliquer que leur relation ne sera jamais possible. Mais, évidemment, c'était absolument impossible, de lancer cela à une jeune fille comme Julia, qui perdrait sa dernière source d'espoir. C'est ainsi que, bien qu'Iris savait que cette fois, elle n'allait pas pouvoir tenir parole, elle répondit à son interlocutrice par la positive. Après tout, rien ne l'empêchait de veiller sur elle le temps qu'elle soit ici. Le moment venu, elle avisera. Mais sur le moment, elle était incapable de briser l'espoir de cette gamine.

- … Si tu veux...

Cette simple réponse venait d'illuminer le visage de Julia. Iris pourrait presque jurer que cette fille venait de reprendre des couleurs, rien qu'avec cette réponse positive. C'était trop tard à présent, la mercenaire le savait, elle ne pouvait plus reculer. Elle se contenta donc de rendre le sourire à la jeune fille, qui fixait sa sauveuse, les yeux pleins d'étoiles.

- Qu'est-ce que je viens de faire... ?

Finalement, le silence reprit son droit, mais cette fois, ce n'était pas réellement étonnant. Julia était exténuée, et commençait à somnoler, toujours adossée à ce rebord. Sans prévenir, elle profita de la position d'Iris, pour poser soudainement sa tête sur ses jambes croisées. Maintenant que la mercenaire servait de coussin bien agréable, Julia s'endormit presque instantanément. Cela laissait Iris dans une position assez étonnante, elle qui n'a jamais connu ça de son existence. Maintenant, elle se retrouvait avec une enfant sur les bras, et n'allait certainement pas pouvoir s'en débarrasser de sitôt. Puis, de toute façon, au fond d'elle, elle n'en avait aucune envie, de s'en débarrasser...

* * *

Cela faisait plusieurs minutes à présent que Julia dormait paisiblement, la tête délicatement posée sur les jambes d'Iris. On pourrait presque croire d'extérieur, vu la ressemblance, qu'il s'agissait d'une mère et d'une fille. D'ailleurs, Iris aussi, somnolait, et avait presque perdu connaissance à son tour. Maintenant que tout était calme, la fatigue fit acte de présence, l'adrénaline étant totalement retombée. Immortelle ou non, la fatigue reste la même, après tout. Quand on pousse trop, il faut se reposer. Et cette nuit, Iris avait poussé loin, trop loin. Le sommeil n'était pas la seule chose qui commençait à se manifester en passant, il y avait aussi une petite faim. Cela lui fit penser que si elle-même ressent ce besoin, alors que d'habitude elle peut tenir des semaines entières sans manger ou boire, Julia devait mourir de faim. Mais vu qu'elle dormait, cela ne semblait actuellement pas sa priorité, donc inutile de s'en faire pour l'instant. Cependant, elle refusait de s'endormir, comme si elle continuait de veiller sur sa protégée, pendant qu'elle se repose. Pour se réveiller, donc, elle remarqua sur le pont du bateau, Kula. Ça tombait bien, elle voulait lui parler depuis le début de la croisade, mais n'avait pas eu le temps, trop occupé avec Julia. Elle prit donc soin de retirer son écharpe, et de s'en servir comme coussin, pour Julia. Afin de remplacer les jambes de la mercenaire. Une fois Julia installée, Iris se dirigea vers Kula, puis lui adressa la parole.

- Comment vas-tu... ? Tu as l'air en forme physiquement, étonnement, mais mentalement... tu vas bien... ? Tu sais, je tiens à te remercier d'avoir tenu ta promesse de protéger cet enfant. J'ai eu raison de te faire confiance... Quant à ton utilité de cette nuit, tu ne devrais pas t'en vouloir, d'avoir perdu connaissance. Ce que tu as accomplis, est déjà suffisant, tu ne crois pas ? Tu n'es pas Scylla, ni moi, ce dragon à trois têtes, c'était à nous de nous en occuper. C'est comme ça, que ça fonctionne, tu comprends où je veux en venir ? Tu n'as rien à te reprocher, je tenais à te le dire...

… Ce n'est pas facile pour moi, de faire confiance... Mais cette nuit, comme je te l'ai dit, je te l'ai accordée. Et sache, que tu l'as pour de bon, actuellement... Tu es quelqu'un sur qui on peut compter, comme ton ami... Du coup... j-je... j'espère qu'on pourra partir sur de meilleures bases, vous et moi...

Iris semblait prendre sur elle, pour sortir ces derniers mots. Elle avait vraiment envie, cette fois, de se faire apprécier, mais évidemment, c'était difficile, quand on a vécu dans la solitude et le déni toute sa vie. Cependant, Law et Kula, ainsi que Julia, étaient peut-être les déclencheurs à ne pas manquer, afin de sortir enfin de sa spirale. Même si cela n'est que provisoire, ça ne peut pas faire de mal, après tout...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Law
Mercenaire
Mercenaire
avatar

Messages : 10
Date d'inscription : 31/01/2016

MessageSujet: Re: Une conclusion amère   Jeu 22 Mar - 0:19

Après une longue traversée à travers des cieux écarlates, le Storm Eagle commença à quitter les frontières solaires. Selon les soldats solaires qui pilotaient l'embarcadère, le pays de la forêt serait le prochain arrêt. Il fallut une dizaine de minutes, une fois les frontières traversées, pour que le ciel retrouve un teint azur. Le ciel clair donnait enfin une impression que le chaos venait de toucher à sa fin. Du moins, en théorie. Kula, qui était penchée au bord du navire pour contempler les nuages, ne considérait clairement pas la conclusion de cette guère comme une victoire. C'était même probablement l'introduction à une nouvelle série de galères. Entre Law et Scylla qui étaient vaincus et gravement blessés, et cette maladie étrange qui a soudainement corrompu la cité solaire toute entière. De plus, Kula n'avait toujours pas pris son courage à deux mains pour expliquer aux elfes le destin qu'avait probablement connu Eloraell. Une tâche délicate et ardue que la kunoichi allait probablement devoir affronter, ses deux alliés dans l'incapacité de parler, et de plus, Kula ne pensait pas vraiment à Iris pour tout avouer aux elfes. C'est elle qui devait donc trouver le moment et le tact nécessaire pour tout révéler. Kula continuait d'observer la voie céleste en remuant les doigts entre eux, un signe distinctif qui caractérisait son éternelle timidité. Et puis, Kula avait un cœur en or. Voir les elfes sombrer dans le chagrin était un spectacle qu'elle avait déjà d'avance du mal à supporter. Mais il fallait se lancer tôt ou tard.

- Peuple elfique... Votre reine... elle a... Non, ca va pas. Amis... elfes, Eloraell s'est sacrifié pour.... Noooooon, trop classique. Euuuh, nous n'avons pas pu sauver votre reine qui a probablement dû se faire.... Non, leçon numéro un, ne jamais parler comme Law ou Scylla... Alors, comment...

Perdue dans ses pensées, elle ne s'attendit pas du tout à ce que quelqu'un l'interpelle pour causer avec elle. Ainsi, lorsqu'elle entendit une voix féminine dans ses oreilles, elle sursauta soudainement, les cheveux se hérissant automatiquement, les yeux et la bouche grands ouverts.

- Yaaaaaaaaaaah !

Kula se retourna et vit Iris qui l'observait. Elle reprit son sérieux et son calme pour pouvoir l'écouter. Cette dernière souhaitait savoir comment se sentait Kula après toutes ces terribles épreuves qu'elle a dû endurer. D'ailleurs, Iris semblait tout autant étonnée que Kula au sujet de son rétablissement exceptionnel. Il fallait effectivement avouer que Kula se portait comme un gant. Etrange, après avoir été rouée de coups par cet enfoiré de dragon blanc. Kula songeait que les elfes avaient pris bien soin d'elle pendant son sommeil, une fois installée au sein de ce refuge pour les victimes de la capitale. Mais à ce stade, c'était presque miraculeux. C'était bien elle qui était la plus chanceuse parmi les quatre de la bande, alors qu'elle fut la première à devoir quitter le champ de bataille. Elle observa Iris avec son éternel air timide.

- Ce serait te mentir... de te dire que tout va bien. Mais je m'y suis préparée. Nous sommes tous les quatre en vie. C'est l'essentiel. Mais, à quel prix avons-nous risqué nos vies ? Nous n'avons rien pu empêcher... Quel dommage...

Par la suite, Iris remercia Kula pour avoir tenu sa promesse et protégée la gamine qu'elle avait tout d'abord abandonnée à son triste sort. Kula remarqua d'ailleurs que la jeune fille se reposait. Elle trouvera sans doute un autre moment pour communiquer avec elle, et faire sa connaissance. Par ailleurs, Iris chercha à rassurer Kula sur son utilité. Au fond, Kula n'était pas totalement gênée pour avoir été absente lorsque la bataille avait atteint son apogée. C'est juste qu'elle imaginait difficilement les épreuves qu'ont du endurer ses deux partenaires immortelles.

- Oui, je sais que je ne suis pas "vous"... Mais... Je ne voue envie pas forcément. Enfin, si... un tout petit peu... J'aurai aimé pouvoir me rendre utile pour ceux qui sont important à mes yeux. Alors, si j'ai pu aider, ne serait-ce qu'un peu, cette enfant à fuir cet enfer, j'en suis déjà satisfaite...

Enfin, Iris rappela qu'elle avait du mal à accorder sa confiance à autrui, et pourtant, c'était le cas pour Kula. Elle proposa ainsi à Kula de repartir sur de meilleures bases avec elle et Law. Devant la gêne appartenant à Iris cette fois-ci, et ce souhait de faire l'effort pour s'entendre avec les deux mortels, Kula regagna le sourire. C'était comme si elle était heureuse de voir Iris chercher à s'ouvrir de sa coquille, un peu comme Scylla à l'époque, même si la valkyrie avait, selon Kula, un drôle de comportement depuis son retour de Legendia. Kula fixa donc Iris avec joie en s'appuyant sur le rebord du navire. Son apparence à cet instant donnait une image chaleureuse et plaisante, loin des horreurs de la guerre. Elle avait un visage magnifique lorsqu'elle ressentait du bonheur, et la nouvelle tenue qu'elle avait enfilée, s'étant débarrassée de l'ancienne toute déchirée et délabrée, confirmait à sa façon que la kunoichi était actuellement une très belle femme, et qu'il était compliqué de ne pas vouloir se rapprocher d'elle si on faisait partie de ses alliés.

Spoiler:
 

- Je... je suis contente que tu sembles t'ouvrir à nous... Au moins, la guerre a un avantage, elle renforce les liens entre alliés, tu ne crois pas ? Il est vrai qu'au début, je ne savais pas comment me comporter avec toi... Mais... je pense que ça viendra naturellement avec le temps... Enfin, si le temps nous le permet...

Kula savait très bien qu'il y'avait peu de chances qu'Iris poursuive son périple avec la bande. Comme Scylla, elle allait probablement un jour rejoindre son monde natal. Mais, elle voulait profiter du temps présent. Kula ne savait pas à quel moment la vie allait à nouveau chambouler son quotidien. Donc si elle pouvait revivre paisiblement quelques jours ou quelques semaines en compagnie de ses amis, Iris incluse, elle en serait ravie, peu importe qu'un jour, sa route se sépare de celle de ces deux immortelles. Maintenant, malgré que Kula souriait de joie, cela ne dura pas. En repensant aux jours heureux qu'elle aurait pu revivre avec ses proches, une profonde anxiété lui serra le cœur. Le sourire disparue, elle posa ses deux mains sur le cœur, et baissa la tête. Son visage était attristé.

- Est-ce que... Scylla va s'en sortir ? Elle semblait étrange avec ces... marques noires sur le corps... Elle n'a pas l'air d'être elle-même... Toi qui sembles aussi forte et courageuse qu'elle, penses-tu... qu'elle va s'en tirer ? Je ne cache pas que j'aies peur pour l'avenir...

- Ohlà, un joli minois féminin noyé par le chagrin. Le gentilhomme que je suis ne peut endurer ce spectacle plus longtemps !

Kula leva la tête par reflexe. Elle vit une vision rassurante, et en même temps, horrible. Law était là, mais assis sur un fauteuil roulant, poussé par une membre du peuple elfique.

- J'aurais soulevé mon chapeau pour vous saluer, demoiselles, mais... Je crois que je ne sens plus mon corps. Je ne peux même plus lever le moindre bras.

- Law, ne me dis pas que tu...

- Et ouais, je suis un légume. Triste destin... J'aurais nettement préféré que mes aventures prennent fin sur le sol de mon navire, lors d'une guerre marine ou aérienne, mais... tant pis. Je compte sur toi pour me nourrir comme un gros bébé, matin, midi et soir, Kula. Au moins, mon rêve de passer mes journées avec toi va se réaliser...

- Espèce... d'idiot !

L'humour de Law ne semblait fonctionner avec Kula qui était horrifiée en voyant l'état de santé de son ami. A ce point, elle maudissait presque que ce soit elle qui soit au meilleur de sa forme actuellement, et non l'homme dont elle était le plus attachée. Bref, il ne manquait plus qu'on lui apprenne que Scylla ne se réveillera plus pour que Kula fonde en larmes, effondrée.

- Je ne veux pas ruiner vos fantasmes, pirate, mais... c'est purement un miracle que vous ayez survécu. Vous m'aviez bien dit avoir subi une attaque provenant d'un dragon géant, pas vrai ? Et bien, je me répète mais vous êtes un pur miraculé. Quoiqu'il en soit, vous avez les côtes brisés, et tout votre corps a subi un choc paralysant. Estimez vous heureux que le cerveau ou le cœur ont été épargnés.

- Vous ne pouvez rien faire ? Moi aussi, j'ai été gravement blessé. Mon agresseur m'a frappé violemment au visage, pourtant, j'ai le sentiment que rien ne s'est déroulé, comme si j'avais fais un mauvais rêve. Vous m'avez sauvé, elfes... Alors, je vous en prie, faites de même avec mon ami, il est... il est ce qui compte le plus à mes yeux...

- Je ne vais rien vous cacher, jeune femme, mais nous ne sommes aucunement responsable de votre guérison. Lorsque j'ai utilisé le terme "miracle" pour décrire le cas de votre ami, il s'applique surtout pour vous. C'est presque comme si une âme charitable avait pris soin de vous en quelques heures. Nous sommes les maîtres de la guérison, et pourtant, nous n'avons rien vu de tel jusqu'à présent. Où avez vous grandi, si ce n'est pas indiscret ?

- Je n'ai aucun souvenir de mon enfance... Tout ce que je me rappelle, était que je servais d'expérience pour Azelia et ses chercheurs. Mais je ne me souviens pas qu'ils ont cherchés à effectuer des tests de régénération sur mon organisme. Et puis, c'est la première fois que je suis blessée à un tel stade. Jusqu'à présent, Law s'est toujours très bien occupé de moi et m'a protégé jusqu'au bout. Je suis donc aussi surprise que vous... Mais assez parlé de moi, que va devenir Law à présent ?

- Il va devoir rester chez nous pendant de nombreuses semaines. Il va suivre un traitement de choc devant l'arbre sacré de notre forêt ancestrale. Des druides elfiques vont le prendre en charge, et faire appel au pouvoir mystique de notre arbre. Régulièrement, des perles de lumière provenant des feuilles de l'arbre vont tomber sur votre corps. Elles ont le pouvoir de ressourcer l'organisme et de réparer les os brisés, favoriser la circulation du sang, guérir les maladies même les plus incurables, et j'en passe et des meilleurs. C'est un cadeau divin qu'a laissé un ancien empereur dragon blanc qui avait régné sur la Yokume. Nous chérissons cet arbre jusqu'à la fin de nos jours.

- C'est formidable !

- Une minute ! Il va falloir que votre ami s'habitue à la vie de tétraplégique. Car rien ne garantit le succès de l'opération. Tout dépend de l'organisme du receveur. Le traitement est plus efficace sur un sujet dont l'organisme est déjà résistant, endurant et plein de vitalité. Par exemple, à l'époque où Seto vivait parmi nous, il a déjà bénéficié de la magie de notre arbre et il a toujours pu se rétablir car c'est un dragon blanc. Mais chez un sujet lambda comme le vôtre, monsieur Law, et en vue de votre état actuel, on va dire que tout dépendra de la clémence des esprits de la forêt. Le taux de chance que vous puissiez remarcher doit bien être inférieur aux 5%.

A cet instant, Kula écarquilla des yeux. Voir Law dans cet état était presque comme si son univers venait de s'effondrer. Lui qui a été l'homme qui a aidé Kula à vivre malgré son amnésie, c'était un réel drame sous ses yeux. Et vu le taux de chance qu'il puisse bouger comme un homme normal, Kula ne se faisait pas d'illusions. Elle ne pourrait plus partir à l'aventure avec lui, piller les riches pour aider les pauvres, faire un tour de chameau avec lui dans le vaste et étendu désert, naviguer sur le Storm Eagle.

- Je... vois...

- Navré de réduire vos espoirs à néant, mais nous ne sommes pas faiseurs de miracle. Il faut savoir que notre magie reste bien limité comparé à celui de nos ancêtres qui étaient de purs guerriers de sang et qui utilisaient leurs pouvoirs de guérison sur un champ de bataille. Mais depuis que nous, elfes, suivons une voie pacifique, on fait appel à nous seulement pour guérir des maladies ou de vulgaires bobos. Et chaque fois que nous utilisons notre magie, nous sommes relativement épuisés et notre forme physique revient très lentement. Voilà pourquoi il faut éviter d'utiliser notre magie à tort et à travers. Mais nous seuls, nous ne pouvons aider votre ami par nous-même.

L'elfe tourna la tête vers la gamine qui se reposait par terre.

- Par exemple, c'est une bonne chose que l'on utilise des remèdes classiques pour de simples blessures, comme c'est le cas avec cette petite fille.

Un long silence s'ensuivit. Law stoppa son sourire à son tour. A cet instant, Kula, proche de l'effondrement, se pencha pour serrer contre ses bras Law. Mais ce dernier ne changea pas d'expression du visage.

- Comment va Scylla ?

- Vous vous inquiétez davantage du sort de cette femme aux cheveux rouges plutôt que de votre propre état ? J'avoue que j'ai rarement vu d'être humain aussi curieux et aussi intéressant que vous. Néanmoins... Je ne pense pas que l'ambiance se réchauffera si j'en parle.

- S'il vous plaît...

- Elle est toujours plongée dans un long sommeil. De plus, ces marques en forme de vignes ne disparaissent pas du côté gauche de son corps. On l'a surveillé sans arrêt, et au bout d'un moment... elle a commencé à gigoter, puis à délirer. Elle remuait de gauche à droite, puis parla pendant son sommeil. J'ai cru entendre le nom Leonis pendant qu'elle était la proie de ce qui semblerait être un cauchemar sans fin. Ce n'était pas très beau à voir, je l'avoue...

- Ce n'est pas vrai...

- Nous avons quitté le champ de bataille plus tôt que nos camarades, et surtout, notre reine est resté sur le terrain. Qu'est t'elle devenue... ?

- Elle... Elle...

Kula balbutiait sans arrêt, car elle pensait au sort de cette pauvre elfe qui doit probablement être dramatique, voire mortel. Mais rien ne confirmait réellement qu'elle était morte. Alors, Kula refusait de se montrer fataliste.

- Elle nous as ouvert la voie pour fuir l'ennemi avec cette pauvre petite fille. Je n'en sais pas plus. Mais... tout devrait bien se passer, n'est ce pas ? Sa sœur était présente pour l'aider à fuir à son tour. Alors...

- Si Feriel était aux côtés de notre jeune reine, je peux espérer que le destin sera favorable pour elle. Mais j'espère que nous recevrons des nouvelles le plus tôt possible. Pour être tout à fait franche, je me sens coupable, tout comme pour mes partenaires, d'avoir quitté le champ de bataille sans être parti aider notre souveraine. Mais, nous sommes toujours prêts pour aider notre prochain dans l'urgence. Je pense qu'Eloraell, ou même sa défunte mère, aurait apprécié notre choix. Feriel est forte... Elle devrait pouvoir aider notre reine, où qu'elles soient... Bon, je vais vous laisser. Je dois discuter avec les autres elfes sur la marche à suivre, maintenant que nous avons traversés les frontières du pays. Nous retournerons plus tard vérifier l'état de votre amie Scylla. Sur ce...

L'elfe quitta le pont du navire, laissant Law, Kula et Iris ensemble. Kula semblait toujours dépitée sur le coup, et après un court silence, prit la parole.

- Tout va bien se passer, aies-je dis... Tu parles. Elle était la proie d'une armée de damnés. Elle a probablement été dévorée, ou pire...

- Tu es la joie de vivre incarnée, Kula. Etre fataliste et honnête au sujet d'un drame ne fait pas vraiment partie de tes habitudes.

- Et si on allait voir Scylla ? J'ai besoin d'être à ses côtés.

- Vas-y sans moi. J'ai envie de voir la course des nuages pour ce qui pourrait être la dernière fois, si jamais je ne peux plus naviguer mon bijou.

- Bon...

Kula poussa légèrement le fauteuil pour que Law puisse observer le ciel en paix. Puis, non sans un dernier regard attristé, s'en alla pour rejoindre son amie valkyrie. Law fixa le ciel pendant quelques secondes, puis, soudainement, décida de parler avec Iris.

- Je sais ce que tu penses... Que j'ai merdé, que j'aurais du me mêler de ce qui me regarde, et que je n'aurais pas du m'interposer dans ton combat, car tu n'avais pas besoin de mon aide. Mais que veux-tu, mon corps a bougé tout seul, je n'ai pas d'autres explications ou d'arguments. Il ne m'a jamais fallu une raison pour donner mon être afin d'aider ceux qui sont dans le besoin. Tu sais, j'en ai parcouru des mers et des continents à bord de ce navire... dans le seul but de foutre le bordel chez les bourges, les riches, les macs, et même quelques fois les rois et reines. J'étais conscient que j'allais avoir ce monde au cul, mais j'ai agi seulement par l'instinct, en faisant ce qui me semblait le plus raisonnable: Détrousser les riches pour aider les pauvres et les plus démunis. L'instinct est mon moteur, et même en chaise roulante, cet instinct me quittera pas... Il est plus mon fidèle ami, même si aujourd'hui, il m'a trahi. Au moins, tu es en vie, cela me rassure... Tu as beau m'avoir donné l'impression d'être une tête de mule au caractère bien trempé, je ne peux souhaiter le malheur de quelqu'un qui a donné tout son être pour son objectif... Ces gens ont mon respect...

... dis-moi, tu peux me rendre un service ? Dans ma poche, il y'a un paquet de cigarettes et une boite d'allumettes. Tu peux m'en griller une ? De base, je me suis mis au tabac pour imiter mon héros: mon frère. J'ai repris son navire, son rêve de conquérir le monde une fois qu'il a passé l'arme à gauche, et j'ai promis de continuer à fumer en souvenir de lui jusqu'à ce que je survole le ciel du Nirvana. Mais comme je ne vais pas pouvoir respecter mes engagements, j'aimerais m'en fumer une dernière. Tu peux bien faire ça pour moi, Iris ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iris
Mercenaire
Mercenaire
avatar

Messages : 25
Date d'inscription : 01/09/2016

MessageSujet: Re: Une conclusion amère   Mer 4 Avr - 17:23

Après s'être occupée de Julia, Iris avait décidé d'aller parler à Kula, afin de voir comment elle se portait en premier lieu. La première réaction fut la surprise, pour cette dernière, à l'entente d'une voix. Elle devait certainement être perdue dans ses pensées. Néanmoins, la surprise passée, elle répondit finalement à la question sur sa forme. Comme prévu, si physiquement elle allait étonnamment bien, mentalement, ce n'était pas la joie. La faute au fait que finalement, rien n'a pu être empêché en cette nuit. Iris ne pouvait pas vraiment réconforter la jeune femme à ce sujet, car elle-même est devant le fait accompli et pense pareil. Ensuite, elle avouait qu'elle ressentait un peu d'envie, d'être comme Scylla ou la mercenaire, mais seulement pour pouvoir protéger ceux qui comptent à ses yeux. Même si, le fait d'avoir déjà pu aider Julia à fuir, la satisfait déjà bien assez. Enfin, à la tentative de rapprochement d'Iris, la jeune femme semblait contente, et stipulait par la suite, que malgré tout, la guerre permet de renforcer les liens entre alliés. Iris n'était une nouvelle fois pas vraiment en mesure de répondre concrètement. Elle se serait bien passé de cette bataille, et n'ayant jamais réellement connue l'amitié ou d'alliés, elle préféra rester silencieuse. Ce n'était pas vraiment que Kula avait tort à ses yeux, mais surtout qu'Iris ne savait pas encore, si c'était réellement une chance, et une bonne chose, ce rapprochement. N'ayant jamais connu réellement cela, l'essai actuel était surtout là, pour confirmer ce fait, justement. En attendant, seul l'avenir lui dira si cette gamine, et ses nouveaux alliés sont une bonne chose ou pas. En parlant d'alliés, d'ailleurs, Kula cita son inquiétude au sujet de Scylla, et son état actuel. Cette dernière, ayant peur pour l'avenir, demanda à la mercenaire si la valkyrie allait s'en sortir. La réponse était difficile, et ne pouvait être que subjective, mais pour la mercenaire, il ne fallait pas s'inquiéter, il était certain que cette femme allait s'en remettre, ne serait-ce que suite à son entrevue avec Azelia. Elle décida donc de répondre positivement à la question de la jeune femme.

- Je ne m'inquiète pas pour cette valkyrie. Rassure-toi, elle ira très bien, j'en ai aucun doute.

Tandis que les femmes parlaient, une voix familière s'invita à la fête. Il s'agissait de Law. Mais, tout n'allait visiblement pas pour le mieux pour ce dernier. L'homme était en fauteuil roulant, et selon ses dires, sans pouvoir ne serait-ce que bouger le petit doigt. Par la suite, l'elfe qui s'occupait de ce dernier confirma l'état grave, de ce pauvre homme. Et, bien que ce dernier jouât les comiques afin de rassurer cette Kula, Iris savait qu'au fond, cet homme devait réellement être abattu. Ce qui perturbait réellement Iris, c'était le fait que ce dernier soit dans cet état suite à son acte héroïque de protéger la mercenaire. Si seulement ce dernier s'était mêlé de ses fesses, il serait en forme actuellement. Évidemment, ce n'était pas une accusation de sa part, mais plus une incompréhension. Elle ne s'expliquait toujours pas pourquoi ce type avait ça pour elle, une inconnue qui à ce moment n'avait rien fait pour mériter un tel sacrifice. Quoi qu'il en soit, son état était ce qu'il était, et il y avait peu d'espoir pour un rétablissement. D'ailleurs, la conversation concernait actuellement cette Kula, qui était en forme et pensait que c'était les elfes qui l'avaient soignée. Mais la réponse fut négative, et l'elfe confirmait qu'aucune intervention n'avait été pratiquée sur la jeune femme. Sur le moment, Iris se sentait presque proche de cette dernière, et comprenait son étonnement sur son état. Après tout, la mercenaire aussi était déjà complètement soignée à présent, et même son Eldrit était remonté à un état normal. Sauf que, comparée à cette fille, cette dernière avait une idée d'où venait sa capacité de guérison hallucinante.

- J'imagine que ce doit être lié aux expériences que cette cinglée de reine à menée sur cette dernière, si j'en crois ce qu'avait dit cette Eltia...

Par la suite, l'elfe expliquait que l'état de Law avait une faible chance de s'améliorer tout de même, grâce à un arbre au pays de la forêt. Bien que l'elfe semblât pessimiste, pour Iris, même une chance sur cent restait une chance. Malheureusement, l'optimiste avait quitté également Kula, au vu de son visage résigné. La suite des paroles de l'elfe enfonçaient encore un peu plus le couteau dans une plaie déjà bien ouverte. Si Iris n'était pas douée pour rassurer, cette elfe était carrément pire, de son point de vue. Encore une fois, 5 % de chance, Iris trouvait ça bien assez haut, pour céder directement au désespoir. Puis, de toute façon, pour la mercenaire, ce n'est qu'une fois face au verdict, qu'il faut céder à ce dernier. Finalement, ce fut Law, qui changea de sujet, tandis que Kula le serrait dans ses bras. Il continua malgré tout, et demanda des informations sur l'état de Scylla. D'abord surprise que l'homme paralysé s'inquiète pour son amie, plutôt que pour lui-même, elle répondit par la suite, que parler de ce sujet n'allait pas améliorer l'ambiance. À présent, Iris se doutait que vu le talent de cette elfe pour expliquer les choses, elle ne doutait pas une seconde, qu'elle allait encore une fois réussir à vendre du désespoir. Quoi qu'il en soit, après une insistance de la part de Law, l'elfe se lança dans l'explication. Visiblement, aucune évolution notable, hormis un cauchemar, puis des paroles délirantes. Bien que le nom Leonis n'était plus mystérieux pour la mercenaire, grâce à cette soirée, et l'échange avec la reine lunaire. Mais sur le moment, elle préféra garder le silence, et ne rien dire sur ce qu'elle a entendu. De toute façon, elle estimait que c'était à Scylla de décider d'en parler avec ses amis ou non. Ce n'étaient pas les affaires de la mercenaire.

Pour finir, Kula avoua finalement ce qui était advenu des elfes et surtout de la reine elfique, en cette nuit. Bien qu'elle essaya de rassurer son interlocutrice en lui vendant la présence de cette Feriel au secours de leur reine, Iris doutait fortement que l'espoir soit possible, cette fois. Mais contre toute attente, l'elfe semblait plutôt confiante et optimiste. Iris trouvait que cette elfe avait une drôle façon d'interpréter les choses. Elle inversait littéralement les choses. Elle semblait avoir de l'espoir quand il n'y en a plus, et complètement défaitiste, quand il reste de l'espoir. La mercenaire était contente pour le coup, que cette elfe n'a pas adressé la parole à Julia. Comme le stipula par la suite ce Law, être fataliste et honnête au sujet d'un drame ou d'une situation critique, n'est pas forcément toujours une bonne chose. Bien que pour ce dernier, cela concernait Kula. Mais Iris pensait réellement que cette elfe aurait dû être un peu moins directe. Bref, dans tous les cas, l'elfe prit congé, tandis que Kula proposait à son ami d'aller voir Scylla. Law décida cependant de laisser la jeune femme y aller toute seule, préférant rester encore un peu sur le pont de son navire. C'est donc après avoir positionné le fauteuil de son ami face aux nuages, que Kula laissa ce dernier seul avec la mercenaire.

Quelques secondes s'écoulèrent, et tandis qu'Iris allait s'en aller, afin de retourner auprès de Julia, l'homme prit la parole. Il commença directement par parler de son action, et qu'il savait que la mercenaire devait certainement trouver cela stupide, et qu'elle aurait pu s'en sortir toute seule. Mais voilà, visiblement, cet homme lui-même ne savait pas expliquer son geste, hormis qu'il a fait ça par réflexe. Pour Iris qui se demandait depuis ce moment, pourquoi une telle action, la réponse était réellement inexistante finalement. La seule explication donc, était que son esprit chevaleresque, et son instinct, le poussait constamment à aider les autres, qui à avoir le monde sur le dos. Il semblait fier de cet instinct, bien qu'aujourd'hui, il avoua qu'il l'a trahi. Puis, il conclut en se rassurant de voir que la mercenaire allait bien. Qui, bien qu'elle soit une tête de mule et difficile à approcher, elle avait tout de même le respect de ce type. Du côté d'Iris, elle restait toujours silencieuse, à l'écoute. Au bout d'un moment, finalement, Law demanda si son interlocutrice pouvait lui griller une cigarette, étant donné qu'il est incapable de le faire lui-même. Tout en racontant une petite histoire sur son frère, sa promesse, et le fait qu'il ne pourra plus jamais survoler les nuages et tenir sa promesse. Sur le moment, Iris ne répondit une fois de plus rien, et laissa le silence se poursuivre. Ce n'est qu'après une bonne dizaine de secondes, qu'elle prit la parole, d'une voix agacée.

- Tss, imbécile...

Évidemment, Iris avait dit cela d'un ton agacé, mais c'était plus amical que gratuit. Elle faisait mine d'être en colère, mais ce n'était clairement pas le cas. La mercenaire rougissait et fit la moue quelques secondes, tout en croisant les bras. Après une rapide observation des nuages, et un nouveau silence bref, elle se retourna de nouveau, et décida d'allumer la cigarette de ce type. Elle prit de nouveau la parole dans le même temps.

- La prochaine, tu te la grilleras tout seul, pfeuh...

Sa voix était encore agacée, et donnait l'impression qu'elle réprimandait presque ce dernier. Mais encore une fois, c'était qu'une image. Au fond, elle avait envie de dire merci, mais sa timidité et son air fier, lui fit préférer la voie du serment. Bien que, c'était évident, que c'était sa façon de dire merci.

- N-ne t'attend pas à ce que je te dise merci ! Ce que tu as fait était totalement stupide, je confirme ! Non mais franchement, tu as pensé aux conséquences d'un tel acte, avant de jouer les héros ? Imbécile ! Maintenant, cette pauvre fille est complètement abattue ! Et cette elfe complètement stupide, là, qui n'arrange rien avec son défaitisme ! Tss, tu m'énerves, à te donner cet air ! C-c'est quoi ton problème, sérieux ?... Qu'est-ce que vous avez à vous attacher à moi, comme ça ?! Je n'ai rien fait qui mérite autant d'intérêt. Que ce soit toi, ta copine, ou cette Julia, vous m'énervez ! Tous !

Tandis qu'elle continuait « d'engueuler » son interlocuteur, elle lui retira soudainement sa cigarette de la bouche, puis reprit de nouveau la parole.

- Fumé ne t'aideras pas à aller mieux, abruti ! Si tu veux fumer de nouveau un jour, tu t'allumeras toi-même ta clope. Au lieu de faire le type cool, et observer le ciel comme un demeuré, tu vas me faire le plaisir d'être optimiste, ta compris ? Franchement, tu m'énerves, le héros ! Fais-moi le plaisir de guérir et d'honorer ta promesse envers ton frère ! C'est important, de tenir ses promesses... Humpf..

Iris se retourna en direction du ciel, toujours agacée par l'attitude de ce Law. Puis, tout en évitant de croiser son regard, elle se retourna et commença à partir rejoindre Julia. Elle était évidemment gênée d'avoir dit cela, et montrer cette facette d'elle, vue son teint rougeâtre, ce qui expliquait son empressement à s'en aller. Cependant, tandis qu'elle était dos à ce dernier, elle lui adressa de nouveau un mot amical, cette fois, c'était d'une voix gênée.

- Imbécile !

Peut-être que la mercenaire n'avait pas pu dire merci, mais il était évident que ses paroles étaient là pour motiver et encourager cet homme. Au fond, elle espérait réellement qu'il guérisse, même si elle l'avouera pas à voix haute. Sa fierté et sa peur de se montrer vulnérable, étant toujours d'actualité. Cependant, que ce soit Julia, ou encore ce Law, ces deux-là avaient déjà aperçu cette facette de la mercenaire, qu'elle s'efforce de cacher. Il est encore trop tôt, pour qu'elle puisse faire confiance, ou qu'elle se montre vulnérable. Malheureusement, elle était consciente que cette Julia avait déjà eu un impact sur cette dernière, et qu'elle ne pouvait plus reculer. Si pour ce Law et cette Kula, elle allait pouvoir faire les choses à son rythme, pour Julia ça allait être plus compliqué. Après tout, elle venait de lui promettre de s'occuper d'elle, et de la laisser l'accompagner, au moins le temps qu'elle sera sur Atrium. Encore une fois, Iris ne comprenait pas pourquoi elle n'a pas dit non. C'était improbable pour cette dernière, qu'elle ait accepté cela. Comme c'était incroyable, qu'elle venait d'agir comme cela devant ce type. C'est donc assise de nouveau à sa place d'origine, aux côtés de Julia, toujours endormie, qu'elle se perdit dans ses pensées.

- Qu'est-ce qui m'arrive ? Je suis ridicule... Me préoccuper à ce point de ce type, ou encore cette gamine... Pourquoi ? Bientôt, ils ne seront tous qu'un souvenir... Pourquoi cette soudaine envie de me rapprocher des gens ? Je ne suis qu'une égoïste... Je laisse ces gens, ou encore cette gamine s'attacher à moi, alors que je vais disparaître, quand j'aurai terminé ici... Ma peur, serait-ce cette dernière qui me pousse à me lier avec les autres ? Ce dragon blanc, quand je l'ai vu, seul, perdu, j'ai réalisé que je voulais moi aussi être appréciée, avoir quelqu'un qui se souvient de moi... qui s'inquiète pour moi... qui me respecte...

Ce sentiment que j'ai ressenti à l'instant avec les paroles de ce type, c'était si agréable... Ou encore la douceur et la chaleur de Julia... Pourquoi n'y aurais-je pas droit moi aussi ? Parce que je suis puissante, comme le pense ce dragon ? Non ! C'est faux ! Il a tort, ce n'est pas une question de puissance. Même sur ce monde, ces gens sont la preuve qu'on peut être accepté... Et vous, mère, m'accepterez-vous... ? Pourquoi m'avoir abandonnée si jeune ? J'ai tellement de questions à vous poser... Et cette chose en moi... qu'est-ce que c'est ? Est-ce vraiment mon subconscient ? Ai-je réellement envie de voir cette valkyrie mourir, et le monde brûlé, comme le souhaite mon alter ego... ? Malgré toutes ces décennies, je ne sais toujours pas qui tu es... Mais, je sais que je ne souhaite pas voir cette valkyrie mourir, ni voir le monde brûler ! C'est impossible, je ne peux pas souhaiter cela... Je ne suis pas comme ça...

Tandis qu'Iris était perdue dans ses pensées, elle fut soudainement interrompue par Julia qui venait visiblement de terminer sa sieste. Iris songea que cette gamine avait à peine dormi une vingtaine de minutes, mais ce n'était guère étonnant. Dans des conditions mentales pareilles, trouver le sommeil était très difficile. Quoi qu'il en soit, Julia ouvrit les yeux difficilement, mais sa première réaction dès qu'elle fut consciente, fut de relever la tête, presque paniquée. Elle était évidemment à la recherche de sa nouvelle amie, Iris.

- Ça va, ne t'inquiète pas, je ne compte pas partir, du moins pas sans mon écharpe.

Le soulagement était visible sur le visage de Julia, en plus d'un sourire amusé, suite à la réflexion d'Iris sur son écharpe. Cependant, la mercenaire pouvait noter que cette gamine était réaliste et loin d'être naïve. Elle avait très bien conscience que sa nouvelle protectrice avait très bien pu lui mentir, pour lui faire plaisir. Maintenant qu'elle y pense, cette gamine donnait l'impression d'être distante, et silencieuse avec tout le monde. Après tout, elle n'avait parlé à absolument personne, ni de son état, ni de sa santé. Elle n'avait même pas lancé une seule plainte sur sa jambe ou autres. Pour Iris, c'était évident que c'était le signe d'une personne méfiante de nature, qui a certainement du mal à faire confiance ou parler aux autres. Les points communs avec la mercenaire commençaient presque à lui faire peur. Cependant, il y avait une chose qui effrayait Iris, une chose qu'elle ne voulait absolument pas que cette gamine développe. Cette chose, c'était la haine et la vengeance. Elle donnerait cher pour savoir ce que ressent actuellement cette Julia, à l'heure qu'il est, à ce sujet. Mais, évidemment, lui demander ça maintenant, ce serait cruel. Néanmoins, s'il y a une chose qu'elle voulait enfin savoir, c'était son âge.

- Dis-moi, tu as quel âge, Julia ?

- … 12 ans.. Et toi... ?

Évidemment, cette gamine allait à son tour poser cette question en retour, elle aurait dû s'en douter. En attendant, Iris n'était guère étonnée de l'âge de Julia, elle avait pratiquement deviné précédemment. Pour ce qui est de l'âge de la mercenaire cependant, c'était compliqué pour cette dernière de répondre. Si elle disait la vérité, cette gamine la prendrait sûrement pour une menteuse. Après tout, elle dépasse déjà la soixantaine, alors qu'elle en fait à peine 25. Et, lui expliquer maintenant qu'elle est immortelle et toutes ses histoires, serait bien trop long et ennuyant. Elle décida donc de mentir, afin de satisfaire tout de même la curiosité de Julia.

- La vingtaine.

- … D'accord..

La mercenaire avait une sale impression soudainement. Comme l'impression que cette gamine n'en croyait pas un mot. Cependant, la suite allait perturber légèrement Iris, lorsque Julia reprit la parole, et lui posa une question assez simple, mais qui pour la mercenaire, n'augurait rien de bon.

- … Comment on devient aussi forte... que toi... ?

- … Pourquoi tu veux devenir aussi forte ?

- Pour pouvoir moi aussi... tuer plein de dragons...

Au moins, Iris avait la réponse à sa question en ce qui concerne le ressentiment de cette gamine. Elle avait clairement l'esprit de vengeance à l'heure qu'il est. Même si finalement, était-ce si étonnant ? Dans n'importe quelle guerre, le perdant développe un désir de vengeance contre l'assaillant. Cependant, cet esprit était mauvais, et la vengeance n'amène jamais loin. La mercenaire a beaucoup de défauts, mais elle sait que la vengeance est le pire des sentiments qui existent pour avancer. La haine qui accompagne ce sentiment, n'est jamais une bonne chose.

- Oublie ça, je les ai déjà tous tués, tu n'as plus besoin d'y penser. C'est inutile de devenir forte pour une telle raison, Julia... Si tu veux devenir forte, alors, avance, et ne regardes plus en arrière...

-

- … Si tu veux continuer dans cette voie... ce sera sans moi, Julia. Tu veux que je reste avec toi ? Alors, oublie ça, et laisse-moi être celle qui tue les dragons... Crois-moi, être forte comme moi, ce n'est pas du tout ce que tu veux...

- … Désolé...

C'était peut-être cruel de l'avis de la mercenaire, de jouer sur l'attachement de cette fille à son égard, afin de la menacer d'oublier sa vengeance. Mais, c'était sur le moment la seule solution radicale qu'il lui passait par la tête. Si cette fille désirait quelque chose actuellement, c'était être avec sa sauveuse, loin devant son envie de vengeance. Donc, c'était certes froid, envoyé comme cela, mais au moins, cela écrasera momentanément son envie de vengeance. Le souci, était ce que deviendrait cette fille, une fois que la mercenaire sera plus à ses côtés ? C'était ce qui l'effrayait, sur le moment. Car, la solution actuelle, n'était que temporaire, et uniquement tant qu'elle serait là pour cette dernière. Encore une fois, elle ne comprenait pas pourquoi cela l'inquiétait autant, mais la situation était ce qu'elle était, et elle refusait que cette gamine sombre dans une spirale infernale. D'ici à ce qu'elle parte, peut-être, songea-t-elle, qu'elle réussira à faire oublier cet esprit de vengeance à cette Julia. Quoi qu'il en soit, le silence était revenu entre les deux. Chacune étant assise à côté de l'autre, toutes les deux perdues dans leurs pensées...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Scylla
Capitaine
Capitaine
avatar

Messages : 292
Date d'inscription : 29/12/2013

MessageSujet: Re: Une conclusion amère   Ven 6 Avr - 2:07

Maintenant que Kula savait pour l'état critique de Law, elle décida d'en savoir plus sur Scylla en allant tout simplement vérifier par elle-même. Elle s'introduisit dans la chambre de cette dernière, remarquant que les elfes qui la prenaient en charge ont du s'éclipser, car la pièce était vide. En voyant Scylla allongée sur le lit, Kula prit une expression assez dépitée. En la voyant là, les vêtements déchirés et pleins de tâches de sang, et ce tatouage noir qui parasitait le côté gauche de son corps, elle avait de quoi perdre le moral. Le premier reflexe de Kula était de toucher le front de sa partenaire.

- Elle est brûlante, et en sueur.

En premier lieu, Kula commença par retirer cette robe déchirée et ensanglantée pour voir les plaies sur le corps de la valkyrie. Maintenant qu'elle était en sous-vêtements, Kula l'observa de la tête aux pieds. Et quelque chose paraissait étrange pour la kunoichi. Il n'y avait aucune plaie, aucune blessure. C'était comme si Scylla n'avait pas du tout combattu et que seuls ses vêtements avaient dégustés. Par contre, Kula put avoir une magnifique vue sur le tatouage représentant des vignes qui parasitait le côté gauche du corps de la valkyrie. Kula ne pouvait évidemment expliquer ce que ça signifiait. Elle était absente lorsque la guerre s'approchait de sa conclusion et donc, n'avait pas observé Scylla renaître de ses cendres avant d'achever Seto en compagnie d'Iris. Donc sa régénération était autant un mystère que pour elle-même. Elle fixa les tatouages, comme si elle était hypnotisée par ce symbole qui serpentait les contours de son corps. Et au bout d'un moment, le verbe "hypnotiser" était le meilleur terme. Les pupilles de Kula devinrent bleu ciel. Elle se tenait droite comme un garde royal, et n'avait plus aucune expression sur son visage.

- Je dois... protéger... la famille qui m'a crée. Tel... est le but... de mon existence.

La voix de Kula n'avait pas changé. Par contre, elle venait de déballer cette phrase comme un robot. Elle avança le bras en direction de Scylla. Une aura mauve parcourut le corps de Kula, tandis qu'elle fit glisser la paume de sa main droite le long du corps de Scylla, à chaque endroit où elle était marquée. Le tatouage commença à clignoter, passant de la couleur noire à la bleue, et vice et versa. Lorsque Kula termina son acte inconscient, le tatouage était toujours là. Mais Kula, elle, reprit ses esprits. Etonnée qu'elle s'était rapprochée de Scylla d'un ou deux mètres, elle se posa la main sur le crâne, sans pouvoir expliquer la raison de cette absence soudaine.

- Ouhlà, je plane à quinze milles là... J'ai l'impression de m'être endormie debout. Je crois que je vais faire une bonne sieste à mon tour...

Kula se dirigea vers la pièce à côté de la chambre de Scylla. Elle y trouva du matériel pour se nourrir, pour se laver, et pour nettoyer. Elle prit un torchon qu'elle trempa dans un tonneau d'eau. Elle essora le torchon avant de retourner dans la chambre et poser ce même torchon sur le front de Scylla. Elle jeta un dernier coup d'œil à son amie, avant de sortir de la chambre, probablement pour se reposer. Deux bonnes minutes s'écoulèrent et quelque chose d'étrange se produisit. Le tatouage commença à disparaître petit à petit. Etait-ce lié à la magie de Kula ? Cela était pourtant improbable. Kula était une mortelle, et elle ne connaissait strictement rien aux secrets du Nirvana. Mais pourtant, il n'y avait qu'elle qui venait de tenter quelque chose contre la malédiction de Scylla, même si inconsciemment. Qui était réellement Kula, cette mortelle capable d'une telle prouesse, en plus de pouvoir se soigner elle-même ?

Malgré que la malédiction semblait levée, cela ne changea pas un petit détail. Scylla dormait toujours, et était encore plongée sous un cauchemar sans fin. La valkyrie se voyait encore au beau milieu de la capitale solaire, en ruines, à courir sans arrêt pour échapper à quelque chose d'invisible. Le ciel était rouge, comme dans la réalité. Pour l'instant, le rêve était d'un réalisme à couper le souffle. Bref, Scylla continuait de courir, respirant difficilement, incapable de trouver la sortie à cette satanée ville qui avait bien souffert de la guerre.


- Mais où est la sortie de cette fichue capitale ? Et pourquoi je ne peux plus invoquer la moindre armure pour m'envoler d'ici ? On dirait que mon pouvoir s'est volatilisé !

Scylla continuait de courir, mais elle avait l'impression de faire du surplace. Depuis un bon quart d'heure, elle croisait les mêmes maisons en feu, les mêmes habitations, les mêmes rues et les mêmes carrefours. Et puis, au bout d'un moment, un large groupe d'humains encerclèrent la valkyrie. Ils provenaient des différents chemins qui se multipliaient autour de Scylla, tandis qu'elle cherchait une issue à cet enfer. Vu qu'elle ne pouvait prendre son envol mystérieusement, le combat allait être inévitable. Car en observant de plus en plus près ces humains, ils semblaient maudits. Ils marchaient comme des morts vivants, et fixaient Scylla avec une féroce envie de la brutaliser ou de boire son sang.

- Approchez, manants. Venez goûter de ma lame !

Scylla tenta d'invoquer une épée par magie, mais, le résultat fut absent. Aucune épée ne se forma, pendant que la horde ennemie s'approcha de plus belle.

- Que... je ne peux pas combattre ? J'ai l'impression... d'être retournée à la case départ, ou pire... d'être comme les mortels, victimes de cette guerre... impuissante.

Désormais, il était trop tard. Les premières mains empoignèrent la valkyrie. Elle fut touchée par tous les damnés qui étaient autour d'elle. Elle ne parvenait pas à compter le nombre de paire de mains qui lui tenaient les bras et les jambes. Elle n'avait plus d'échappatoire.

- Non... à l'aide... Que quelqu'un...

Elle sentit même l'un des damnés lécher sa joue gauche sans arrêt. Le spectacle était répugnant. Mais ce qui commença à réellement provoquer la panique chez Scylla, c'est qu'elle parvenait, depuis le sol, à fixer très légèrement le ciel. Elle vit la lune s'approcher de plus en plus du sol, comme si elle allait s'écraser. Puis, alors que l'astre continuait de descendre, un œil rouge se forma en son sein.

- Hahahahahahahahaha..... HAHAHAHAHAHAHAHAHA !

Scylla entendit la voix provenir de la lune. La voix dégageait un puissant écho. Et la voix pouvait être reconnue par Scylla. C'était Azelia, évidemment.

- Bientôt, la race humaine va disparaître. Il ne restera plus rien. Tous tes amis... vont mourir. Observe, tous ces mortels qui veulent ta peau. C'es TOI qui a programmé tout ceci, toi, Athéna ! Tu ne mérites pas de vivre...

- Non..... Non......

La lune s'approchait à une vitesse folle. Elle venait de toucher la plus haute tour du château royal. Scylla continuait à fixer la lune, impuissante, alors qu'elle allait bientôt tout détruire sur son passage. Elle semblait paniquée, seule, perdue. D'ici quelques secondes maintenant, tout allait périr. Le ciel n'était plus perceptible pour la valkyrie.

- Maintenant, c'est à ton tour de payer.... MEURS !

- NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !

Scylla était plongée dans le noir. Mais elle sentait encore son corps qui gigotait par la terreur. Pire, étrangement, elle sentait encore une langue visqueuse lui lécher la joue. Lorsque la sensation humide et baveuse s'arrêta, Scylla se mit à ouvrir les yeux. Et tout ce qu'elle vit était un étrange visage. Celui d'un animal, un chien pour être plus précis.

- Un... chien ?

Alors que quelques centimètres la séparait de la gueule de l'animal qui tirait la langue en haletant, la valkyrie fit apparaître une grimace très intriguée, ne quittant pas du regard l'animal qui montrait sa joie de voir la valkyrie éveillée. La scène était assez comique sur le coup. Il fallut au moins dix secondes où Scylla continua de fixer vers la gauche, la tête allongée, avant que le canidé se mit à aboyer, surprenant la valkyrie qui tirait toujours une grimace assez drôle.

- Waaaaah !

La surprise était telle qu'elle tomba du lit qui était, en même temps, prévue pour une seule personne. Elle se retrouva donc le cul sur le sol, se penchant vers l'avant pour se relever.

- Hey, qui a laissé ce chien pénétrer dans la chambe ? Je...

Kula, qui était rentré brusquement dans la chambre pour voir si l'animal n'était pas en train de perturber son amie, vit quelque chose de plutôt inattendu. Elle vit Scylla au sol, à côté du lit, se tenir sur les fesses et sur les deux mains en arrière, les jambes légèrement écartée, et en petite tenue. Kula fut émerveillée en quelques secondes. Pas seulement de voir que la valkyrie avait des goûts raffinés en soutien-gorge et en string, mais aussi de la voir en forme et éveillée.

- SCYLLA ! Enfin, tu as repris connaissance !

- Hého, attends !

Alors que Scylla avait peur d'être écrasée par la lune il y'a quelques secondes de ça, là, elle n'eut pas le temps de réagir, que son visage fut enseveli entre deux gros melons, ceux de Kula, qui tenait avec amour son amie dans les bras, réjouie.

- Si tu savais comme j'ai été inquiète. Je pensais que ton âme avait été aspiré par Azelia, et que tu deviendrais une de ses créatures démoniaques, et...

- Kula... J'étouffe...

- Oups, désolée...

Kula se retira, pour laisser le temps à Scylla de se remettre de ses émotions et de se relever. Mais une fois qu'elle posa les deux pieds sur le sol et qu'elle se mit debout, elle sentit une série de vertiges prendre le dessus. Avant de s'écrouler une seconde fois, elle prit le temps de s'asseoir sur le côté du lit, et de respirer un bon coup.

- Je remarque que tes immondes marques sur le corps ont disparu. C'est bon signe...

- Oui, maintenant que tu en parles, elles ont disparu. Et toi, je constate que tu pètes la forme...

- Ah ça, j'avoue que j'aies du mal à mettre le doigt sur l'explication la plus pertinente. On dirait qu'on a bénéficié d'un don du ciel, toi et moi. Enfin, si seulement Law pouvait avoir la même chance que nous...

- Law ? Quelque chose lui est arrivé ?

- Il semblerait qu'il ait subi les prémices de la guerre. Il ne peut plus bouger, il est assis sur un fauteuil roulant, incapable de mouvoir le moindre membre. Fort heureusement, ses organes vitaux ont été épargnés, et il peut encore nous voir et parler. Les elfes ont parlé d'une méthode radicale pour le sauver de sa paralysie. Mais... les chances qu'il s'en sorte sont très maigres.

- J'ai mon idée de ce qui a pu provoquer cette paralysie. Effectivement, c'est déjà une chance qu'il ait survécu. Mais je ne me fais aucun souci. Les elfes ont déjà réussi un miracle, me guérir alors que j'étais sur le point de quitter ce monde. Et puis, on parle de Law là. C'est quand même le seul type qui est capable de flinguer deux paquets de cigarettes par jour, et qui a encore les poumons intacts.

Scylla fixa Kula avec un sourire vite partagé. Bien sûr, elle n'était pas médecin. Et elle savait bien que les elfes n'étaient pas les seuls responsables de sa guérison lorsqu'elle sentait son corps la quitter. Cette entité qu'elle avait rencontré dans cette dimension nommée le Valhalla devait probablement être pour quelque chose, quand à la survie de la valkyrie sur le champ de bataille. Mais après les horreurs que le groupe dut endurer en cette soirée, un peu de positif ne faisait pas de mal.

- Kula, peux-tu me rendre, juste, deux petits services ?

***

En même temps, peu après le départ de Kula, Law avait entamé une courte conversation avec Iris. Ce dernier n'avait pas vraiment perdu espoir au fond, mais il était prêt à accepter la fatalité si jamais l'opération des elfes ne se couronne pas par un succès. Alors, par précaution, il demanda à cette dernière de lui allumer une cigarette. De base, Law ne s'attendait pas vraiment à avoir une conversation amicale avec cette femme au tempérament assez compliqué et difficile à supporter, mais il ne lui avait pas demandé la lune. Au début, il cru néanmoins que même ça, c'était trop lui demander, car il fallut quand même un temps avant qu'elle ne se décide à lui rendre ce service, sans oublier bien sûr de prendre son ton agacé et ronchonne et de le traiter d'imbécile. Iris devait bien être la seconde femme après Scylla qui avait cette fichue habitude de montrer une image de femme forte, au point d'en devenir presque désagréable. Il était évident pour lui que ce n'était qu'un masque qu'elle montrait. D'ailleurs, elle enchaîna encore sur des paroles bien agressives, et sur un questionnement qui, sur le coup, étonnait Law. Il avait du mal à piger pourquoi cette Iris avait tant de mal à comprendre que des alliés puissent se rapprocher après être ressortis vivant d'une guerre aussi infernale. Lui et cette femme ne vivaient absolument pas sur la même planète. Mais cette fois, au lieu de chercher à débattre avec Iris, il se contenta de l'écouter, et plus il constatait la gêne monter en elle, avec ses joues qui s'empourpraient, plus un sourire se dessina sur son visage. Le genre de sourire qui montrait que Law trouvait une certaine satisfaction à voir Iris réagir ainsi. Il la trouvait tellement ridicule sur le coup qu'il se retenait même de rigoler. La seule chose qui ne le faisait pas trop marrer, était qu'elle aille même jusqu'à lancer des piques vers cette elfe qui n'avait rien fait de mal, à part dire la vérité, pour éviter que Kula se fasse de faux espoirs au sujet de l'opération. Après tout, Kula avait un air assez naïf, et l'elfe avait du le remarquer. Trop de naïveté n'est jamais une bonne chose, car lorsque les choses ne tournent pas dans le bon sens, la déception n'en est que plus forte.

Malgré tout, Law n'était pas stupide, et n'avait retenu que le plus important de ces paroles. Iris souhaitait au fond que Law s'en sorte, en lui disant que la prochaine cigarette sera allumé par lui-même. Elle avait une drôle de façon de se comporter, mais il était clair qu'elle n'était pas aussi hargneuse qu'elle le prétendait. Ainsi, lorsqu'elle lui retira la cigarette de la bouche, il l'observa toujours avec un sourire malicieux avant de lui répondre par pure provocation.


- Merci beaucoup, môman ! Maintenant, si tu allais un peu sermonner quelqu'un d'autre, hum ? Il y'a sans doute d'autres choses agaçantes dans ce navire qui t'attendent, la tendue du string...

C'est non sans gêne, et non sans le traiter une dernière fois d'imbécile, qu'Iris s'en alla. Maintenant que Law avait la paix, il continua d'observer le ciel, juste pour se remémorer le bon vieux temps où il était le second d'un capitaine pirate qui le baptisa "frère". Ce navire, c'était tout ce qui lui restait de son passé qui était un passé heureux, comparé à celui de ses alliés. Il naviguait dans le but d'obtenir de nouvelles richesses, d'observer de nouveaux territoires, de nouvelles contrées. Son quotidien, c'était l'or, l'alcool, le tabac, les filles. L'indépendance total. Donc, même si certaines personnes à bord ne semblaient pas être en mesure de comprendre le charme qu'il y'avait à fixer la course des nuages quand on est pirate, se remémorer ce temps-là, sans guerre ou reine lunaire pour foutre le bordel était d'un pur réconfort. Mais quelque chose attristait légèrement le pirate. C'était qu'actuellement, ce n'était ni lui, ni son frère de cœur qui tenaient le gouvernail, mais un parfait étranger, venant d'une armée que Law a cherché à fuir toute sa vie.

- Bordel, si mon frère était encore en vie, il m'arracherait les ongles des doigts, et m'obligerait à les avaler. Notre Storm Eagle doit être bien triste également, en voyant qu'un ennemi de notre équipage est en train de le piloter.

Law resta concentré sur ce qu'il voyait. Après tout, il ne pouvait rien faire d'autre de ses dix doigts. Il entendit soudainement des bruits de pas se hâter. Il ne pouvait se retourner pour voir que c'était Kula qui courait à toute allure vers Iris, qui était restée aux côtés de cette gamine solaire.

- Iris ! Iris ! C'est bon ! Scylla vient de se réveiller ! Et elle...

Mais Kula s'arrêta net lorsqu'elle vit qu'à côté d'elle, il y'avait cette gamine qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau.

- Oh bonjour toi... ! Comment vas-tu ?

Une fois que Kula posa cette question qu'elle jugea très vite de stupide, car il était évident pour elle que cette enfant doit être effondrée, elle reposa son attention sur Iris.

- Bref, Scylla a retrouvé ses esprits, et elle souhaiterait s'entretenir avec toi, en privé. Ne t'en fais pas, je peux rester aux côtés de cette jeune fille, le temps que tu t'absentes.

Kula laissa donc Iris se diriger vers la chambre de Scylla. Désormais, c'est Kula qui se retrouva seule à seule avec la jeune fille dont elle ignorait toujours le nom.

- Ahem... Je...

Au début, Kula, très timide, ne savait pas comment aborder cette petite qu'elle avait d'abord ignoré lorsqu'elle avait demandé de l'aide. Et jusqu'à présent, elle n'eut pas vraiment le temps de communiquer avec elle, la situation étant en pleine urgence. C'était la première fois que Kula pouvait avoir l'occasion de causer avec cette jeune fille, et donc, elle essaye tant bien que mal de mettre sa timidité et sa culpabilité de côté.

- ... Je suis désolée si je n'ai pas répondu à ton appel à l'aide lorsque je t'ai aperçu. Je ne suis pas aussi forte qu'Iris, ni aussi courageuse qu'elle. La guerre, je n'ai jamais vraiment connu ça. Sous le stress et l'émotion, j'étais démunie. Je ne cherche pas à me justifier au fond. Mais si tu m'en veux pour t'avoir ignoré, alors, je l'accepterais. Mais bon, si je peux faire quoi que ce soit pour me racheter, n'hésite pas à me le dire. Maintenant, si on faisait tout d'abord les présentations comme il se doit ? Mon nom, c'est Kula. Je suis une kunoichi du pays de la montagne. Et toi, quel est ton nom ?

Kula posa son doigt sous le menton, pour faire mine de réfléchir, avant de poursuivre.

- J'ai une idée pour me faire pardonner d'avoir été une lâche. Tu as faim ? Que dirais-tu que je te prépare un bon repas lorsqu'il sera midi ? Nous avons toute une cargaison de vivres dans la cale du navire. As-tu un plat ou une recette qui te ferait plaisir ?

Du côté de Scylla, elle prit la peine de demander également à Kula de l'aider à enfiler une chemise blanche, histoire d'être un minimum présentable devant Iris. Elle patienta donc dans son lit, le haut du corps redressé, qu'Iris apparaisse. Une fois ceci fait, elle accueillit la mercenaire avec un regard amical.

- Bonjour, Iris. Ravie de voir que tu sembles être en forme. Navrée de n'avoir pas pu venir à ta rencontre par moi-même, mais je me sens encore bien faible, suite à mon coma. Assieds-toi, j'ai à te parler.

Scylla fit un signe à Iris en direction d'une chaise libre près du lit.

- Bien, je dois avouer que je n'ai pas réellement tiré un bilan positif de cette guerre. Mais nous sommes en vie tous les quatre. Je compte mettre en place une contre-attaque pour faire payer à Azelia ses crimes. Au moins, j'ose espérer que les dragons blancs en moins, l'armée lunaire perdra sa ressource la plus fiable et qu'elle sera en pleine débandade. Mais je ne souhaitais pas parler de cela avec toi en particulier...

... comme tu le sais, de base, je souhaitais simplement que tu m'aides à atteindre Seto. Mais, tu as fais bien plus que ce que j'attendais de toi. Tu m'as sauvé la vie. Je n'ai aucun doute que tu as fait tout ton possible pour aider les elfes à me soigner. J'ai encore du mal à expliquer mon rétablissement éclair, mais les faits sont là. Je suis vivante, et j'ai une dette envers toi. Il est donc temps pour moi d'honorer ma part du marché...

... une fois accostés, et que j'aurais pris un repos nécessaire, nous partirons toi et moi pour Legendia. Normalement, je ne suis pas censé remettre les pieds jusqu'à nouvel ordre. Mais cela ne change pas le fait que j'ai la confiance de la reine que je suis censée servir, et que si je lui explique que tu m'as sauvée la vie, tout devrait se dérouler convenablement. Bon, c'est sûr qu'elle va penser toujours plus que je ne suis pas digne de rejoindre son armée de valkyries, si elle apprend que j'ai failli clamser face à un mortel, mais... dans ce cas, il sera question que de toi. Je m'arrangerais pour que tu sois accueillie au sein d'Eternia comme il se doit, que tu aies une place convenable et que tu puisses démarrer ta nouvelle vie dans ton monde natal sans embûche...

... Après ça, nos routes se sépareront. Comme tu t'en doutes, j'ai encore beaucoup à faire sur Atrium. Je n'ai pas l'intention de fuir face à Azelia. Pas après ce qu'elle a déclenché en moi. Mon ennemi actuel m'a utilisé comme sujet d'expérience à des fins que je ne tolère pas. Azelia ne sera pas une exception. Je compte bien mettre un terme à sa folie. Une valkyrie comme moi ne devrait pas se préoccuper de ce genre d'histoire, mais là, c'est personnel...


Lorsque Scylla parla d'Azelia, son sourire disparut, afin qu'elle reprenne son sérieux naturel qui la caractérise la moitié du temps. En ce qui concerne Iris, Scylla considérait que l'accord avait été respecté par la mercenaire, qui a été très utile lors de cette bataille. Et surtout, Scylla a pu l'observer, et constater qu'elle était digne de confiance. Bien qu'elle soit déjà tombée dans le panneau plus d'une fois, comme avec Thanathos et Aidan, elle n'était pas parano au point de se méfier encore d'Iris. Voilà pourquoi elle avait l'intention d'aller jusqu'au bout de son marché, et d'aider Iris à s'intégrer sur Eternia, quitte à aller à l'encontre de la demande d'Asuna, qui l'avait renvoyé ici, sur Atrium. De toute manière, la valkyrie songeait qu'Iris allait lui demander son dû très prochainement. Scylla avait encore en tête l'image d'Iris, où elle n'était là que pour son propre intérêt, et qu'elle n'avait aucune attache à ce monde. Donc la pousser à rester plus longtemps ici était inutile, et elle ne se voyait pas trop lui demander de combattre à ses côtés face à Azelia.

- Hum, d'ailleurs, j'ai du mal à croire qu'Azelia m'ait obéi à ton sujet. Je ne sais pas ce qu'elle manigance pour avoir accepté de te laisser en vie. C'est pas très net, tout ça. Pendant que je me suis évanouie, comment notre entretien avec elle s'est terminée ? Est ce qu'elle t'a dit quelque chose de particulier ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Iris
Mercenaire
Mercenaire
avatar

Messages : 25
Date d'inscription : 01/09/2016

MessageSujet: Re: Une conclusion amère   Dim 15 Avr - 7:21

Tandis qu'Iris et Julia étaient silencieuses, pensives, elles furent soudainement sorties du calme, par Kula, qui arrivait à toute allure. Rapidement, elle annonça avec vigueur que Scylla venait de se réveiller. Au moins, elle semblait avoir retrouvé un peu de joie. D'ailleurs, elle était tellement contente, qu'elle n'avait pas tout de suite remarqué la présence de Julia, aux côtés de la mercenaire. Elle rattrapa son erreur, en la saluant, tout en lui demandant si ça allait. Bien sûr, aucune réponse ne fut donnée, Julia était encore perdue dans ses pensées, à l'instar d'Iris qui en était sortie pour écouter Kula. La jeune femme expliqua d'ailleurs à la mercenaire que la valkyrie souhaitait lui parler en privé. C'est donc ainsi, qu'Iris se leva, et se dirigea vers la cabine de Scylla. Pendant ce temps, c'est donc Kula, qui se proposait à passer du temps avec Julia. Maintenant qu'elle était face à cette dernière, elle hésita plusieurs secondes à parler. Ou plutôt, elle ne savait pas comment aborder cette jeune fille silencieuse, et mystérieuse encore, pour cette dernière. Finalement, au bout d'un moment, elle décida de se lancer, et commença par s'excuser d'avoir ignoré l'appel à l'aide de Julia. Elle expliqua qu'elle n'était pas aussi forte qu'Iris, ni aussi courageuse. L'émotion et la peur de l'inconnu l'ayant démunie. Puis, après avoir proposé de se racheter si elle pouvait, elle fit les présentations. Comme avec Iris, Julia n'était pas très bavarde, et commença par observer son interlocutrice. Elle la fixa quelques secondes, silencieusement, ne dégageant aucune émotion dans son regard. C'était impossible de savoir ce qu'elle pouvait bien penser. Finalement, elle prit enfin la parole de sa voix douce et timide.

- C'est pas grave... j'ai l'habitude qu'on m'ignore... et d'avoir mal... je ne t'en veux pas...

Bien sûr, cette fille venant de la misère, ce n'était pas étonnant qu'elle soit de nature méfiante, timide. Mais, on pouvait également se douter que ces gens des bas-quartiers soient complètement ignorés, et au vu des paroles de Julia, elle devait certainement avoir déjà reçu des coups par les plus riches. Il n'était pas rare que les soldats royaux traitent les habitants de ces zones comme des chiens, enfant ou adulte. Iris l'avait bien compris, ayant vécu dans une enfance similaire. D'ailleurs, ces gens-là ne se plaignent que très rarement, et sont habitués à la douleur. C'était sûrement pour ça, avait pensé Iris, que Julia n'a pas une seule fois parlé de sa jambe blessée, avant qu'elle la soigne. Bref, finalement, cette jeune fille appelait à l'aide sans doute sans y croire, comme un dernier espoir. Ce qui expliquait peut-être au final, pourquoi elle était si attachée à sa sauveuse. Quoi qu'il en soit, elle ne semblait pas en vouloir à cette Kula, et après sa première réponse, elle reprit la parole.

- Mon nom c'est Julia...

Après avoir finalement donné son nom à son tour, elle retourna rapidement dans le silence, avant de reprendre la parole. Comme pour Iris, elle voyait très bien que cette Kula ne cherchait qu'à sympathiser, et qu'elle voulait réellement se racheter de l'avoir ignorée. C'était rare qu'on s'intéresse à cette dernière, ou à ce qu'elle pense, là où elle vivait. C'était donc déjà un point qui poussait Julia à parler avec cette Kula. Car, au fond, elle lui était reconnaissante. Puis, elle avait aussi risqué sa vie pour elle, et ça, elle ne l'a pas oublié.

- ... Une kunoichi.. c'est comme un ninja... c'est ça... ? J'en ai jamais vu...

Finalement, Kula proposa pour se faire pardonner, de préparer un bon repas à son interlocutrice. Et, comme deviné par Iris précédemment, Julia mourrait de faim, mais n'osait encore une fois pas se plaindre. Sauf que cette fois, c'était son ventre qui la trahissait, maintenant que Kula lui avait parlé de nourriture. Elle lui proposa de choisir un plat qui lui ferait plaisir, le navire ayant pas mal de stocks. Julia ne répondit cependant pas immédiatement, car, elle ne savait pas réellement quoi répondre. Le choix n'était pas vraiment une chose qui existe dans les bas-quartiers. La plupart du temps, ça mange le strict minimum, et très souvent dégueulasse. Donc elle se mit à réfléchir quelques secondes, puis finalement trouva quelque chose qui lui avait toujours fait envie, depuis qu'elle avait vu l'image dans un livre. Elle hésita cependant quelques secondes, car cela pouvait paraître stupide, d'avoir envie d'une chose aussi basique, mais elle, elle n'avait jamais goûté cette nourriture. Donc, c'est après une courte hésitation, qu'elle répondit d'une voix timide, voire gênée, ce dont elle avait envie.

- Je... j'aimerais manger du poisson... du saumon ça s'appelle... je crois... J-je l'ai vu dans un livre une fois... Mais... j'ai jamais pu en goûter... c'était trop cher pour moi...

Julia était presque gênée de demander cela. Non pas parce que c'était un mets plutôt courant normalement, mais plutôt car demander quelque chose n'était pas dans ses habitudes. Après avoir donc partager son envie, elle retourna dans le silence, tout en baissant les yeux, afin de regarder ailleurs, par timidité et gêne...


* * *

Pendant ce temps du côté d'Iris, elle arriva finalement dans la cabine où se reposait Scylla. Lorsqu'elle pénétra à l'intérieur, cette dernière était effectivement réveillée, bien qu'encore assez fatiguée, comme énoncée par elle-même.

- Contente que tu ailles bien aussi, visiblement.

Puis, après avoir pris un siège, afin de pouvoir discuter convenablement, la valkyrie commença à parler. Elle expliqua qu'elle trouvait la finalité de cette guerre assez négative. Bien que, d'avoir tout son groupe de vivant, était déjà une bonne chose. Elle poursuivit en parlant de mettre en place une contre-attaque, en espérant que l'armée lunaire soit plus faible, maintenant qu'elle a perdu les dragons blancs. De ce côté, Iris en doutait fortement, malheureusement. Cependant, ce n'était pas ce sujet, dont voulait discuter la valkyrie, mais du fameux contrat qu'elle avait avec la mercenaire. Maintenant qu'elle en parlait, Iris venait de s'en souvenir. Il fallait dire qu'elle avait la tête complètement ailleurs, actuellement, ou plutôt sur une personne en particulier. Bref, Scylla commença par avouer qu'elle n'espérait pas tant de la mercenaire, qui a fait beaucoup plus que ce qui était prévu. Finalement, elle estimait que c'était le moment pour cette dernière d'honorer à son tour sa part du marché, et de libérer Iris de son contrat provisoire. C'est ainsi, qu'elle proposa qu'après avoir accosté, elle accompagne sa camarade en Légendia. Plus précisément, sur le royaume d'Eternia. Néanmoins, elle prenait visiblement un risque, en remettant le pied sur cette zone à l'heure actuelle. Iris ne comprenait pas tout, mais de ce que lui avait expliqué Scylla au tout début, il était clair qu'elle avait quelques soucis avec la reine de ce royaume. Mais, après ce que venait de faire Iris, la valkyrie estimait que c'était la moindre des choses. Puis, elle conclut sur le fait que cette dernière retournera ensuite sur la Yokume, afin d'en finir avec cette Azelia.

À tout cela, Iris ne répondit rien sur le moment. Elle était silencieuse, perdue dans ses pensées. Maintenant qu'elle était en fin de contrat, elle n'avait qu'à accepter la proposition de Scylla, et tout serait fini. Mais, c'était bien plus facile à dire qu'à faire. Car, actuellement, elle n'arrivait absolument pas à se décider à partir dans l'immédiat. C'est maintenant, qu'elle a son objectif presque au bout des doigts, qu'il semble encore plus éloigné. Et ceci, à cause d'une seule personne : cette Julia. Bien qu'elle ne devait rien, à cette mortelle, elle ne pouvait l'abandonner, surtout pas après la promesse qu'elle venait de lui faire. Mais, bien plus que cette promesse, c'est son envie d'éviter à Julia de chuter dans la haine. Rien ne lui garantit qu'elle réussira à faire oublier cette vengeance, d'ici à ce qu'elle parte vraiment. Mais, ce dont elle était sûre, c'était que dans l'immédiat, si elle l'abandonnait maintenant, c'était une chute inévitable. D'ailleurs, finalement, Scylla, en parlant de la reine lunaire, se demandait ce qu'elle manigançait, pour avoir laissé la mercenaire en vie, ainsi que se demander si elle avait dit quelque chose en particulier. Cette dernière interrogation mettait fin à son flot de paroles, et réveilla la mercenaire, de qui une réponse était attendue. C'est donc sortie de ses pensées, qu'elle répondit à son interlocutrice, mais d'une voix presque désintéressée.

- Après que tu te sois évanouie, elle m'a demandé de te sortir vivante de la cité... je crois... je ne me souviens plus trop... Ce dont je me souviens, c'est qu'elle m'a dit de te donner un message. Ce message, c'était que si tu veux des réponses, tu devras aller les chercher au pays de la lune, dans un endroit appelé le noyau. Plus exactement le 31 décembre. C'est tout...

Iris raconta donc dans les grandes lignes le message que voulait faire passer cette reine lunaire, une fois Scylla évanouie. Elle sauta la partie qui la concernait, car ce n'était guère pertinent dans les faits. De plus, elle était assez ailleurs, tout en répondant à son interlocutrice. En vérité, elle pensait surtout à sa situation actuelle, et la réponse qu'elle allait donner à la valkyrie. Tout était chamboulé dans sa tête. Entre Julia, les paroles de cette reine lunaire, l'avenir de ce groupe, tout cela qui de base, ne l'intéresserait jamais, la perturbait cette fois au plus haut point. C'était inexplicable pour cette dernière, son esprit actuel. Pourquoi était-ce si compliqué de simplement partir vers son objectif, en laissant tout en plan ? Après tout, elle devait rien à cet endroit, bien au contraire. Les paroles de la reine lunaire étaient loin d'être fausses au sujet du ressenti d'Iris, et la mercenaire le savait. Quoi qu'il en soit, son choix était fait, et il était hors de question qu'elle quitte cet endroit maintenant qu'elle se sentait si impliquée.

- Sinon, en ce qui concerne notre accord, je te remercie d'honorer ta promesse... Mais, je ne désire pas partir dans l'immédiat... Il s'est passé beaucoup de choses cette nuit, et j'ai compris certaines choses, qu'il faut que je vérifie... J'ai encore des réponses à trouver ici, avant de m'en aller... De plus... je ne peux pas partir, maintenant que j'ai vu cette reine... Pour la simple raison que tu m'as sauvée la vie cette nuit, et que j'ai encore une dette envers toi. Je ne peux m'en aller sur Légendia en te laissant aller te suicider, et laisser ce monde en proie à cette cinglée. Ce n'est pas que je m'inquiète pour les mortels, mon avis sur le sujet n'a pas changé. C'est juste... que je désire protéger quelque chose de cette reine...

… Ahem... enfin, ce que je veux dire c'est que son monde utopique qu'elle souhaite créer sera bien pire que celui actuel. Je ne suis pas d'accord sur sa vision des choses. Je hais les mortels, mais qu'on soit faible ou fort, cela ne devrait pas jouer sur notre droit de vivre... Je déteste les puissants qui pensent avoir le droit de vie ou de mort sur les autres... Je méprise ces gens bien plus que les mortels... C'est pourquoi, aujourd'hui, j'ai décidé de rester encore un peu ici, et que je compte t'aider dans ton objectif, Scylla... Pour avoir vu cette reine comme je le disais, je pense que sans mon aide, tu n'as aucune chance de survivre à une rencontre en face-à-face... Et, je refuse d'abandonner une personne à qui je dois la vie. Je ne suis peut-être qu'une mercenaire froide et distante, mais j'ai un sens de l'honneur prononcé qui me vient de ma famille... Je tiens toujours mes promesses, quoi qu'il puisse arriver, c'est important pour moi...

Tandis qu'elle disait ces paroles, la mercenaire semblait comme incertaine. Du moins, dans sa façon d'expliquer ses ambitions, on pouvait sentir qu'elle ne disait pas tout. Sa vraie raison était-elle vraiment d'honorer sa promesse envers Scylla, ou plutôt envers ce « quelque chose » ? La réponse était évidente. Encore une fois, Iris ne se l'expliquait pas, mais c'était pour protéger Julia, qu'elle souhaitait à présent voir disparaître cette reine lunaire. Il était évident, que si elle atteint son objectif, cette gamine finira dans le camp des faibles. Cependant comme dit par la mercenaire, son aversion pour les gens qui ont un complexe de supériorité, dépasse de loin sa haine des mortels. Elle n'a jamais supporté les puissants qui se prennent pour la justice, ou qui s'en prennent aux faibles. Aussi forte sois la mercenaire, elle n'a jamais levé la main sur un mortel, refusant catégoriquement de s'en prendre à plus faible, et profiter de sa supériorité. Elle s'est toujours contenté d'ignorer et de rester dans son coin, afin d'éviter tout contact. Néanmoins, jamais elle n'aurait imaginé qu'un jour, elle irait jusqu'à abandonner provisoirement son objectif, pour protéger un de ces mortels. Mais, les événements de cette nuit ont changé beaucoup de choses chez la mercenaire, et lui on fait connaître ce qu'elle n'avait jamais connu. Le fait de compter pour quelqu'un. Iris savait qu'elle comptait pour cette gamine, et qu'actuellement, elle était sûrement la seule chose qui la rassure. Ce sentiment d'être respecté, aimé, la mercenaire ne pouvait nier, que c'était une expérience qu'elle appréciait. Finalement, il était inutile qu'elle se mente davantage, c'était pour cette raison, qu'aujourd'hui, elle allait jusqu'à risquer sa vie et son avenir pour cette gamine. Julia lui a offert, ce qu'elle a toujours perdu, le jour ou sa mère est partie. C'est cette chose, dont avait besoin la mercenaire, à cette époque. C'était de ressentir un sentiment d'importance, de compter pour quelqu'un, pour autre chose que sa force...

* * *

À cette époque, Iris vivait dans un village reculé du pays du soleil, avec son père, chef du clan. Il faisait partie de la faction qu'on nomme Shinobi. Iris de son côté, était encore jeune, et avait à peine atteint la douzaine d'années, tout comme Julia. Sa mère était déjà partie depuis bien longtemps. Déjà à cette époque, la mercenaire était très seule, et distante avec son village. Mais la cause ne venait pas d'elle-même, mais de ce même village. La condition de la petite Iris était connue de tous, du moins, dans les grandes lignes. Cette dernière faisait simplement preuve de capacités dépassant tout ce qui était imaginable, même pour un adulte. Depuis le départ de sa mère, tout avait changé. Le village la fuyait, et son père ne s'en occupait que très peu, voire pas du tout. Elle n'a en vérité, jamais trouvé que ce père la considérait comme sa fille. Il surveillait simplement qu'elle reste à sa place, et respect les règles du village. Puis, plus elle grandissait, plus son père l'utilisait pour des missions, ou encore des corvées qu'une gamine de 12 ans ne devraient pas avoir à faire. Malgré ça, Iris ne manquait de rien, et son père savait la récompenser, c'est la raison pour laquelle elle obéissait, afin de le satisfaire. Après tout, c'était son père.

Mais, aujourd'hui, c'était un jour spécial. C'était l'anniversaire de la jeune fille. Et, bien qu'elle eût l'habitude que tout le monde s'en foutait, aujourd'hui, c'était différent. C'était l'âge de ses 13 ans. Et, depuis que sa mère était partie, Iris a retenu qu'une seule chose, la lame qu'elle lui a laissée. Avant son départ, elle avait expressément demandé au père d'Iris, de lui offrir pour son treizième anniversaire. La jeune fille n'avait jamais compris pourquoi cet âge forcément, mais c'était ainsi. En vérité, Iris sen foutait que ce soit une arme. C'était surtout un autre souvenir de sa mère. Actuellement, elle n'avait que le pendentif, qu'elle lui a offert, avant de partir, et qui portait le sceau des Testarossa. Bien sûr, Iris n'a jamais accusé sa mère de l'avoir abandonnée réellement. Avant de partir, elle lui avait expliqué qu'elle n'avait pas le choix, et que c'était pour son bien, si elle devait partir. C'était difficile à cinq ans de comprendre une telle chose, mais actuellement, à son âge, elle comprenait un peu mieux. Elle savait au fond que sa mère l'aimait, et qu'elle la reverrait un jour, elle lui avait promis après tout. Quoi qu'il en soit, c'est donc décidé à réclamer son dû, qu'elle rejoignit la demeure de son père. Elle savait qu'il n'aimait pas être dérangé, mais aujourd'hui, il allait faire un effort. Après tout, c'était l'anniversaire de sa fille. Et, ça tombait bien, actuellement, il était tout seul, occupé à rédiger certainement des plans, assis à son bureau. Mais à peine Iris passa la porte, qu'il prit la parole, d'une voix agacée.

- Iris ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas te voir traîner dans le coin.

- J-je sais, désolé, papa. Mais, aujourd'hui, c'est mon anniversaire...

- … Depuis quand cela t'importe ? On est des Shinobi, je t'ai déjà expliqué que ces futilités sont inutiles.

- Je le sais... mais aujourd'hui j'ai 13 ans, et maman a dit qu'à cet âge, je pourrais avoir la lame qu'elle m'a laissée...

Le père d'Iris stoppa son action, et leva la tête vers sa fille. Il était assez étonné dans son regard, et l'observait comme si elle venait de le surprendre. Il était facile de deviner qu'il avait sûrement oublié que c'était l'anniversaire de sa fille, voire peut-être même l'âge qu'elle avait. Mais, le regard surpris se transforma vite en regard sévère, accompagné par une reprise de parole agressive.

- Tu es venue me déranger pour ça ? Tu sais très bien que je suis quelqu'un d'occuper ! Et, je ne vois pas pourquoi je donnerais une lame comme celle-ci, à une gamine de ton âge. Allez, maintenant retourne à tes occupations Iris, et ne me dérange plus !

L'agressivité de son père surprit Iris sur le moment, mais cette dernière n'était pas en reste non plus, et ne lâcha pas son intention d'obtenir son dû.

- M-mais, c'est la lame de maman ! Elle est à moi ! Elle me l'a offerte ! De toute façon, vous ne vous en servez même pas ! Vous n'arrivez même pas à la soulever...

- Kh.. Ça suffit maintenant Iris ! Depuis quand tu réponds à ton père ? Je t'ai dit que je ne te donnerais pas cette lame, un point c'est tout. Maintenant dégage d'ici, j'ai une réunion entre chefs de clans dans pas longtemps !

- Mais maman a dit...

- Ta mère est partie, Iris ! Elle est partie pour toujours et ne reviendra jamais ! Ses consignes, j'en ai rien à foutre. Elle n'est pas là, donc c'est moi qui décide. Non mais sans déconner, qu'est-ce qui te prend aujourd'hui ?

- C'est pas vrai ! Maman m'a dit qu'elle reviendrait me chercher...

- Ta mère t'a abandonné, Iris. Tu veux la vérité ? La voilà. Elle est partie en me laissant une gamine démoniaque dans les pattes ! Ta mère m'avait pas prévenu ce qu'elle était, ni ce que toi, tu étais. Cette salope s'est bien caché de me dire la vérité à ton sujet. Alors, je n'ai aucunement l'intention de respecter son vœu, pourquoi je le ferais ? Elle m'a laissé dans la merde avec un monstre comme toi.

- P-pourquoi vous me dites ça... ? Je ne suis pas un monstre... Je demande jamais rien, et ne vous crée jamais d'histoire. J'obéis à tous vos ordres, même quand je dois tuer des personnes pour vous... Alors, aujourd'hui, je mérite cette lame ! Vous allez me la donner, maintenant ! Maintenant !

Après ces mots, le père d'Iris se leva, puis se dirigea vers cette dernière. Une fois à sa hauteur, il la gifla avec colère.

- Ça suffit Iris ! Qu'est-ce qui te prend ? Je t'interdis de me parler sur ce ton ! Tu me dois le respect !

Iris, la main sur sa joue, avec les larmes aux yeux, répondit encore et toujours, malgré la colère de son père.

- J'en ai assez de respecter des gens qui me crachent dessus ! Pourquoi je devrais respecter les gens d'ici, alors que personne me respecte, moi ? Pourquoi personne ne me parle et ne me respecte ?! Pourquoi ?!

- Parce que tu n'es qu'un putain de monstre !

Ces derniers mots étaient forts et violents. Assez pour faire taire la jeune fille, qui était comme tétanisée. Elle ne comprenait pas pourquoi son père lui disait toutes ces horreurs. Elle qui avait toujours été une bonne fille, et obéissante, aujourd'hui, alors qu'elle demande juste son dû, elle se fait engueuler et traiter comme de la merde. Et, qu'est-ce que c'était cette histoire de monstre ? Pourquoi serait-elle un monstre ? Dans quel sens ? C'était ça, la raison pour laquelle on lui crachait dessus dans le village ? Iris ne comprenait rien, mais une chose était certaine, un mal de tête horrible commençait à s'emparer de cette dernière. Sa respiration s'accélérait, en même temps qu'elle pouvait sentir sa tristesse se transformer en colère. Elle enleva sa main de sa joue, pour la glisser sur sa tête, comme si elle souffrait. Quand elle reprit la parole, sa voix était plus calme, mais d'un ton souffrant, à l'image de son état psychologique.

- J-je ne suis pas un monstre... C'est faux, c'est faux... Je ne suis pas un monstre... P-pourquoi vous me dites de telles horreurs... ? Pourquoi ? Je n'ai rien fait de mal... je n'ai rien fait...

Tandis qu'elle parlait, le père d'Iris ne répondit plus rien. Il commençait même à reculer légèrement. Ce n'étaient bien sûr pas les questions de sa fille qui le perturbait, mais surtout l'espèce d'aura rougeâtre qui commençait à entourer Iris. Puis, finalement, lorsque la jeune fille reprit de nouveau la parole, toujours en se tenant la tête, sa voix était comme résonnante, partagé entre deux tons. Mais surtout, ses paroles étaient accusatrices, et lancées d'un ton malsain.

- J'en ai assez.... j'en ai assez qu'on m'utilise ! Vous ne m'avez jamais aimé, n'est-ce pas ? Je ne suis bonne qu'à servir vos intérêts... Je vous déteste... Je vous déteste ! Je vous déteste ! JE VOUS DÉTESTE TOUS ! Je vous hais ! Je vous hais, vous et tout ce village ! J-je, continua la jeune fille tout en semblant souffrir, je veux que vous disparaissiez, tous, TOUS ! TOUS !

Après ces derniers mots, l'aura qui entourait la jeune fille devenait de plus en plus intense, jusqu'à ressembler à des flammes rougeoyantes, teintées d'un noir chaotique. Pendant ce temps, Iris pouvait sentir la haine, la colère, ainsi que le mépris l'envahir. Et, plus les secondes passèrent, plus la souffrance était insoutenable, jusqu'au moment où elle perdit définitivement le contrôle. À ce moment-là, contrôlée par sa haine, son aura explosa... Suite à cela, la jeune fille ouvrit les yeux. Lorsqu'elle se releva légèrement, afin d'observer où elle se trouvait, elle pouvait observer une véritable vision d'horreur. Tout le village était en feu, et des corps démembrés ou carbonisés pour certains jonchaient le sol. Iris n'arrivait pas à s'expliquer comment un tel massacre a pu avoir lieu ici. Qui avait bien pu faire un truc pareil ? Puis, après plusieurs minutes à réfléchir, marcher à travers le village en flamme, pour en sortir, l'évidence la frappa. Elle remarqua soudainement, quelque chose à sa taille. C'était une lame dans son fourreau. Elle l'a reconnu immédiatement, c'était la lame de sa mère, qu'elle était venue chercher chez son père. Son père ? Soudainement, tout lui revint en mémoire. Ne voulant pas y croire sur le moment, elle se décida quand même à en avoir le cœur net, et dégaina la lame dans son fourreau. À ce moment-là, elle put apercevoir des traces de sang sur cette dernière. La conclusion était évidente. Après tout, sa lame était ensanglantée, et c'était la seule survivante d'un massacre total.

- C-c'est moi qui ai fait ça... ? Non... Pourquoi ? Pourquoi ? … J-je voulais que papa arrête de dire des méchancetés, c'est tout... jamais je...

- Bien sûr, que tu le voulais, Iris...

- Hein ? Q-qui es-tu ? Tu es... dans ma tête... ?

- Tu sais très bien qui je suis.

- … Toi, tu es celle que je ressens chaque fois que j'ai peur ou que je suis en colère...

- Je ne suis que l'expression de ce que tu désires vraiment, Iris. Tu voulais tout cela. Et tu l'as fait.

- C'est faux... jamais je...

- Crois-moi, je n'ai aucun pouvoir sur toi. Je ne suis là que lorsque tu éveilles enfin tes vraies pulsions... Je suis l'expression de ton subconscient. Après tout, c'est toi qui souhaitais que ces gens disparaissent...

- J-j'ai vraiment fait ça... ? J'ai vraiment voulu ça... ? Je suis... réellement un monstre... ?

Suite à cet événement, la jeune fille décida de s'exiler, et de rester seule. Après tout, c'était son désir d'être aimé et respecté, qui l'ont amené à effectuer l'horreur dont elle était coupable. Ces gens l'avaient poussé à la colère et la haine. Et, visiblement, la colère et la peur étaient une mauvaise chose pour cette dernière. C'est ainsi, qu'éviter tout contact avec les gens normaux étaient la meilleure des solutions. Et, la suite de l'existence de la mercenaire, n'était qu'un océan de solitude, pour éviter de souffrir de nouveau. Si c'était un monstre, alors elle s'était fait une raison. Jamais personne ne la respecterait, ni ne l'aimera. Car, les gens ont peur des monstres, et de ce qu'il ne comprenne pas...

* * *

De retour dans le présent, Iris, venant de confier à Scylla de la suivre au bout de cette histoire, reprit la parole, d'un air déterminé cette fois.

- Ne cherche pas à me comprendre, Scylla, sache juste que tu peux compter sur moi, pour la suite...

Finalement, c'était peut-être pour se prouver qu'elle n'était pas un monstre, qu'elle souhaitait protéger cette gamine, et s'ouvrir à son groupe. Quant à cette reine lunaire, la combattre pourrait lui offrir les réponses sur elle-même, et sa position actuelle sur les sentiments. Il était clair que cette Azelia était comme la mercenaire, et avait abandonné tout espoir au sujet des mortels, et des gens en général. Son vœu de protéger Julia, ainsi que de comprendre cette reine lunaire, sont d'autant de raisons valables pour la mercenaire, de voir le fin mot de toute cette histoire. Au fond d'elle, elle sait que cette femme sera la réponse à ses questions qu'elles se posent depuis ce tragique événement...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Une conclusion amère   

Revenir en haut Aller en bas
 
Une conclusion amère
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Amère solitude [LIBRE]
» [TERMINÉ] Discorde. Nocturne. Mickey. [Eris]
» [Terminé] Une nostalgie amère. [Pv : Elyin]
» La solitude est la punition amère que certains s'affligent dans l'ombre. » • Alejandro H. Sullivan
» passion amère, timae

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Yokume Peace :: Territoires :: Pays du soleil :: La prairie-
Sauter vers: