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 Bataille écarlate

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Scylla
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MessageSujet: Bataille écarlate   Sam 15 Juil - 3:20

Pendant que la cité était toujours la proie des flammes et des cris d'agonie, le ciel était également la scène d'une bataille explosive. Mais cette fois, les acteurs de cette scène n'étaient pas deux armées, mais une seule personne qui luttait contre une flotte aérienne toute entière. Cette seule et unique personne parvenait, malgré tout, à mettre à mal les navires de guerre de l'armée lunaire. Tel un phénix, la valkyrie rebelle nommée Scylla pourfendait à coups de faisceaux de lumière les bateaux volants qui ne parvenaient pas à l'atteindre avec leurs armements composés de canons d'énergie pure. En parallèle, elle parvenait également à protéger le navire de son allié, le Storm Eagle, grâce à son champ de force constitué d'épées de lumière, qui virevoltaient tout autour du bateau du capitaine Law. Malgré la force indomptable de l'armée lunaire, le doute commençait à s'installer dans la tête des commandants de l'armada, peinant à réaliser qu'ils ne parvenaient pas à faire tomber une seule et unique femme. Un air satisfait pouvait se lire sur le visage de la valkyrie écarlate, toujours équipée de son armure céleste, marquant clairement l'avantage qu'elle possédait sur de simples engins volants.

- C'est... c'est pas possible. Cette femme est un véritable monstre...

La moitié des navires furent déjà éradiqués. Et ce n'était que le commencement. Scylla leva son épée tenue par la main droite. Elle éclaira le ciel nocturne de sa rayonnante lumière, et en l'espace de quelques secondes, de multiples épées de lumière tombèrent du ciel, telle une pluie d'étoiles filantes. Impitoyablement, sans manquer la moindre cible, les épées détruisirent chaque navire ennemi, sauf un, qui était le navire le plus imposant, sans aucun doute le navire qui commandait la flotte. Ce dernier était protégé par un champ de force invisible. Law, depuis son propre navire, observait un spectacle qui ne l'enchantait guère, malgré que l'avantage était clairement entre les mains de sa patronne.

- Est-ce vraiment celle que je nommais aveuglement Erza qui se trouve devant moi ? C'est une plaisanterie. Elle n'a rien à voir avec la personne avenante que j'ai connu. J'ai plutôt l'impression d'observer un ange... mais un ange de la destruction...

- Hey, Scylla ! Ne va pas trop fort ! Tu pourrais tuer des innocents avec tes...

- Law...

- Quoi ?

- Ne reste pas planté là. Tu es sous ma protection, certes, mais ici, c'est un champ de bataille. Trouve un endroit sûr pour atterrir, puis retrouvons nous sur la place centrale de la capitale pour la suite de notre plan. Exécution...

Non sans ronchonner, Law fit demi-tour, toujours sous la protection de sa commandante. Pendant ce temps, Scylla visionnait avec une passion brûlante le dernier navire qui avait survécu à son courroux.

- Cette capitale est devenue le théâtre d'une guerre qui doit cesser. Je ne suis pas une justicière qui a le temps de protéger chaque être dont l'infortune s'est abattu. Je dois simplement exterminer toute menace pour que cette conflagration qui fait bouillir mon sang arrive à son terme.

Une nouvelle fois, Scylla leva son épée droite qui illumina le ciel.

- Scélérats lunaires ! Permettez moi de vous montrer la colère d'une Kresnik ! Et repentez vous dans l'au-delà !

Scylla invoqua une nouvelle épée de lumière, sauf que cette fois, elle était imposante, un peu trop imposante pour un simple navire de guerre. Ce bateau commandant allait être pourfendu en l'espace de quelques secondes, néanmoins, le champ de force qui entourait le navire parvenait à bloquer la pointe de la lame de l'épée, qui tentait irrémédiablement de tomber comme une épée de Damoclès sur lui. Scylla vit que le bouclier transparent tenait bon. Ainsi, elle décida de voler en piqué vers le navire, les deux épées brandies devant elle.

- Nova Strike !

Les deux lames cognèrent ardemment le champ de force, pendant que Scylla provoquait une pression intense sur sa cible. Bien que l'épée géante se désagrégea, probablement parce que l'invocatrice ne pouvait la faire apparaître bien longtemps, elle avait suffisamment fait son travail. Le champ de force étant déjà bien affaibli, Scylla parvint à briser la protection, et donc, d'atteindre le pont du bateau. Mais alors que son Nova Strike avait pour but évident de tout détruire, elle fut projetée au loin, comme si une nouvelle force la bloqua dans sa course. Une fois à terre, elle se releva très rapidement, la garde bien fermée.

- Hum, un nouveau champ de force, mais qui doit sans doute parcourir la coque dans les moindres recoins. Avec ça, même le bois le plus fragile devient le plus indestructible des métaux. Il doit probablement y avoir un noyau d'énergie au sein de la cale. Je ne pourrais pas brûler ce navire comme un certain navire pirate que j'ai carbonisé il y'a quelques temps. Ce serait trop... gros pour moi.

Scylla n'eut guère le temps de réfléchir à une solution, que les soldats lunaires se ruèrent sur elle. Mais elle n'eut pas besoin de son armure valkyrie pour sceller le destin de ces pauvres guerriers anonymes. Avec sa simple tenue basique, et une épée totalement banale, elle régla le compte de tous les assaillants qui tentèrent de la jeter par dessus-bord. Ceci fait, elle accourut vers le passage qui lui permit de descendre à l'intérieur du navire, tout en éliminant chaque obstacle sur son chemin. Une fois qu'elle atteignit la cale, son épée entachée par le sang putride des soldats lunaire, elle vit un long tapis rouge placé parfaitement au milieu de cette cale. Elle marcha le long de ce tapis, avec à sa gauche comme à sa droite, une lignée de torches qui illuminèrent son chemin.

- Haha, bienvenue, brave chevalière !

La voix était grave, et provenait du bout du chemin que Scylla suivait courageusement. Au bout de sa route vers le noir, elle vit un démon assis sur un trône, tenant un crâne sur sa main droite, qui servait de récipient pour le sang dont il se délectait, pendant que ses hommes combattaient corps et âme en son nom. Le démon n'était pas aussi imposant que le démon cliché qui règne sur n'importe quel royaume outre-monde. Il mesurait environ deux mètres, mais restait un tas de muscle, à la peau bronzée, et aux longs cheveux blancs qui descendaient le long de sa peau dure comme la pierre. Il était d'une parfaite laideur, tout du barbare sanguinaire, alors qu'une hache aussi grande que lui était attaché au mur, et que deux femmes légèrement vêtue, tenaient un éventail chacun dans le but de rafraîchir ce démon en question.

- Et vous êtes ?

- Ne me dis pas qu'une guerrière de ton genre s'en va sur un champ de bataille sans se renseigner un minimum sur la personne qu'elle cherche à pourfendre. Mon nom est Slysheen, roi absolu du pays lunaire.

- Connais pas... J'ai toujours pensé qu'Azelia gouvernait seule sur ses terres. Qui-êtes vous donc, pour vous improviser "roi" soudainement ?

- Hum, il faut croire que mes nombreuses batailles en dehors des frontières de la Yokume, ont amincis ma réputation ici. Mais cela va être corrigé dès ce soir, car je peux enfin savourer une bataille sur les terres que je domine. Après tout, quel intérêt de conquérir un continent déjà conquis rien que par la propagande et la terreur ? Mon épouse a fait un excellent travail, le temps que je marque le reste d'Atrium sous le signe du pays lunaire.

- Donc vous êtes celui qui est la cause de l'agrandissement foudroyant de l'armée lunaire, en plus d'être l'époux d'Azelia ? Franchement, j'aurais quelques fois aimé ne pas avoir une imagination débordante...

- Hahahahahaha ! Ceci est l'apparence que je prends lorsque je suis en pleine conquête. Mais, pour Azelia, comme pour toutes les jeunes filles qui se prosternent devant moi, je préfère cette apparence...

Un nuage de fumée entoura le corps du roi des démons. Une fois dissipé, Scylla pouvait voir une toute nouvelle silhouette apparaître. La silhouette s'était lourdement aminci. Cette fois, c'était un bel étalon, mais avec l'apparence toujours aussi démoniaque, qui se présenta devant elle.

Spoiler:
 

- Je pense que cette apparence convient mieux pour une invitée de marque comme toi, belle valkyrie.

Le nouveau démon se téléporta directement derrière Scylla, qui ne bougea pas d'un poil. Il se mit à s'emparer d'une légère mèche de cheveux de cette dernière, puis la renifla comme un vulgaire agriculteur qui venait de récolter du blé.

- Huum, quelle pure beauté. Quelle présence flamboyante. Dis moi, que dirais-tu d'être raisonnable comme toutes les "héroïnes" qui ont tentés de me pourfendre et qui ont succombés à la tentation en rejoignant mon harem ? Une femme de ton gabarit mérite d'être traitée avec respect. N'es tu pas de mon avis ?

- Vous voulez dire que ces deux putains qui sont à vos pieds étaient, autrefois, des guerrières qui ont tentés de vous éliminer ?

- Oui, tout à fait. Elles ont vite compris où était leur place. Mais toi, ma belle, tu seras celle dont je prendrais le plus soin. Tu n'as rien à voir avec ces pseudos chevalières qui s'épuisent au bout de la cinquième nuit en ma compagnie. Toi, tu sembles avoir du cran, de l'ardeur et de l'endurance, je me trompe ?

- Vous voulez que je vous montre ça de plus près ? Cette idée vous excite, pas vrai ? Alors soit...

Alors que depuis le début, Scylla ne prit même pas la peine de se retourner pour faire face à ce démon pervers, elle finit par tourner les talons en un éclair. Elle frappa du poing le visage du bellâtre qui pensait profiter de son corps. Ce dernier fut propulsé suffisamment loin pour que les deux esclaves de Slysheen puissent témoigner de la force de cette nouvelle guerrière. Elle fixa le démon d'un œil sombre, tandis que l'autre était caché par sa longue mèche de cheveux.

- Ne me comparez pas avec ces péronnelles qui ont perdus toute dignité devant vous. Et si vous vous voulez vraiment m'offrir du plaisir, alors laissez moi planter mon épée bien profondément au sein de votre immonde chaire de démon ! Pour vous, ce sera tolérance zéro ! Et au passage, ce qui me différencie surtout de vos esclaves, c'est que je me fiche de vous. Je ne suis pas venue pour vous. C'est Seto qui m'intéresse !

- Ooooh, vraiment !

Ni une, ni deux, le bellâtre reprit son apparence de démon monstrueux, preuve qu'il souhaitait en découdre.

- Quelle pitié ! Il va falloir que j'abîme ton frêle corps de femme, puis te traîner jusqu'à Azelia qui s'intéresse également à toi. J'espère qu'elle trouvera quelque chose de bon en toi, quand tu deviendras son esclave. Skarlet, au pied !

- Oui, mon seigneur ?

- Assiste-moi, pour obliger cette femme à se mettre à genoux devant moi.

- Bien, mon seigneur !

Scylla n'avait pas encore remarqué cette Skarlet, qui tapissait dans l'ombre depuis le début. Avec également une chevelure écarlate, elle portait une tenue semblable aux assassins féminins du pays de la montagne. Rien à voir avec les deux esclaves assises devant le trône de Slysheen. Bref, Scylla devait se préparer à combattre seule contre deux adversaires de taille. Néanmoins, un acte soudain survint devant elle et l'obligea à revoir son jugement. Cette Skarlet enfonça sa main gauche dans le dos de Slysheen. Cette même main traversa le corps du démon. Etait-ce une trahison ?

- Sk...arlet... Qu'est ce que... tu fous, sale putain ?

- Vous êtes devenus une gêne pour ma reine, Slysheen. Votre attitude machiste, ainsi que votre aveuglement pour l'évolution, font que vous ne pouvez participer à la venue de la nouvelle ère d'Azelia. Vous préférez la destruction, alors que nous, nous visons la reconstruction, la renaissance, la régénération. Azelia souhaitait se débarrasser de vous, espérant que vous crèveriez lamentablement lors de cette guerre, mais, j'avoue être de nature impatiente. Je ne peux plus vous supporter pour ma part. Alors je vais faire le travail ingrat moi-même. Ne suis-je pas docile ?

- Quoi ? Salope ! Tu me le... ARGH !

Mais alors que Skarlet avait toujours le bras enfoncé dans sa victime, ses vaisseaux sanguins se dessinèrent tout le long du corps, et étaient parfaitement visibles pour Scylla. C'était comme si cette femme avait littéralement affecté le sang de ce démon.

- Vous pouvez m'insulter si ça vous chante. Seule l'opinion de ma reine importe. Le seul objectif de ma vie, est de servir corps et âme la sauveuse de ce monde, Azelia ! Et personne d'autre ! Mourrez, Slysheen !

Le corps du démon se mit à enfler, petit à petit, avant d'éclater en plusieurs morceaux de viande, avec un magnifique coulis rouge qui jonchait le sol. Scylla n'était pas impressionnée par la violence de la scène. Par contre, elle se demandait comment était ce possible qu'une simple subordonnée d'Azelia puisse rayer ce roi démon de l'existence aussi facilement. Elle allait peut-être savoir très vite si c'était ce démon qui n'était qu'une gueule trop grande ouverte, ou cette mystérieuse femme qui était surpuissante. Elle secoua sa main ensanglanté, avant de poser son attention sur Scylla.

- Pardonne moi pour cette petite scénette. Mais mes yeux et mes oreilles étaient à deux doigts de vomir. Donc tu es cette fameuse Scylla qui a vaincu Ayako, ma petite protégée, et qui semble attirer l'attention de ma reine. Enchantée, je me nomme Skarlet. J'ai cru entendre qu'il fut un temps où tu te faisais passer pour une mortelle nommée Erza Scarlet. Hum, joli nom. Avons-nous quelque chose en commun ? Je l'espère...

- J'en sais rien, mais je peux te dire exactement ce que nous n'avons pas en commun ! Je ne suis la brebis de personne. Tu es encore une pauvre poupée qui suit aveuglément la première main tendue. J'ai de la peine pour toi, sache le ! Je sais, malgré tout, ce que c'est d'être toi. Et c'est triste...

- Garde ta compassion sarcastique pour toi. Et réponds à quelques questions. Dis moi, Scylla, que représente le rouge pour toi ? La couleur du sang ? Ou autre chose ?

- La passion, la détermination, et surtout, l'aube d'une nouvelle ère. Une ère sans monarque qui joue sur la faiblesse des autres. Une ère sans guerre, sans violence. Je sais que c'est naïf de ma part de penser ainsi, mais l'espoir fait vivre...

- Merveilleux, et maintenant, la dernière question. N'as tu pas seulement songé, l'espace d'un instant, qu'Azelia représentait le bon côté lors de cette guerre ? Ne penses tu pas qu'Azelia pourrait être une bonne personne finalement ?

- Cette question est absurde. Nous sommes en guerre. Et lors d'une guerre, il n'y a ni bon côté, ni mauvais côté. Uniquement des opinions divergentes, qui s'opposent et s'opposeront éternellement. Il n'y a pas de place pour un débat sur le bien et le mal lors d'une guerre, étant donné que les paroles ont déjà été épuisées lorsque survient la violence et le chaos. Seulement, pour ma part, je ne combats pas Azelia parce que je m'oppose à ses idéaux. Mais j'ai un objectif bien précis, et je dois passer par elle pour ça. Maintenant, je te prierai de stopper tes interrogations, et de me laisser passer. J'ai un navire à détruire et un bombardement aérien à stopper.

- Oh, c'est intéressant. Alors tu ne verras aucun inconvénient à ce qu'ils participent à cette bataille également, non ?

Soudain, de nouvelles torches s'allumèrent depuis les murs, permettant aux dernières zones d'ombres dans la cale, de disparaître. Et Scylla put voir une vingtaine de silhouettes apparaître tout autour d'elle, pointant leurs arcs en sa direction. Mais en dehors de ça, un détail perturba le calme naturel de la valkyrie, et ce détail était la race de ces êtres humains qui visaient Scylla. Elles reconnut très vite les elfes du pays de la forêt par leurs oreilles pointues et leurs tenues couleur verte dominante.

- Les elfes de la reine Eloraell ? Qu'est ce qu'ils font ici ? Pourquoi me visent-ils ? Explique-toi, Skarlet !

Devant l'étonnement de Scylla, Skarlet laissa échapper un fort rictus derrière son masque facial.
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Scylla
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MessageSujet: Re: Bataille écarlate   Lun 17 Juil - 0:37

Scylla se retrouva, de manière inattendue, dans une situation quelque peu épineuse. Les elfes de la Yokume, réputés pour être pacifiques, étaient impliqués dans cet enfer. Chose que Scylla pouvait comprendre dans un sens, vu l'esprit vengeur qui tourmentait Eloraell, mais ce qu'elle ne comprenait moins, c'était pourquoi semblaient-ils être aux cotés de l'ennemi ? A vu d'œil, aucun d'entre eux ne semblaient corrompus. Scylla comprit assez vite qu'ils étaient victime d'une combine qu'elle connaissait que trop bien: la manipulation.

- Qu'as tu faussement promis à ces pauvres elfes pour qu'ils participent à quelque chose qui les répugne, Azelia ?

- Ils sont venus nous donner un petit coup de main. Quoi de plus normal, Scylla. Utilise un peu tes méninges. On a cruellement assassiné leur reine il y'a peu. Ils sont en quête de justice, de vérité. Et il est évident que c'est cette guerre qui permettra d'éclairer la lanterne de ces pauvres pacifistes qui n'ont rien demandés à personne. Après tout, tu devrais savoir mieux que quiconque, valkyrie, que le conflit et la violence sont deux choses absolument inévitables dans ce monde.

- Parce que vous songez réellement que cette bataille permettra à ce peuple d'obtenir la réponse qu'il désire ? Comment osez-vous embarquer dans ce chaos l'une des seuls races qui prônaient la paix depuis des générations et des générations ?

- Attends, n'est ce pas toi qui disait qu'il n'y a ni bon, ni mauvais côté lors d'une guerre ? Alors arrête d'adresser ce regard condamnateur en ma direction.

- Ce n'est pas la même chose, figure toi ! En dehors du bien et du mal, il y'a un troisième point à retenir, la neutralité ! Les elfes se sont toujours abstenus d'emmètre un avis qui pourrait les enfoncer dans les sentiers perdus de la guerre ! Ce sont ceux-là, qui doivent être préservés en priorité ! Ils n'ont pas leur place sur un champ de bataille ! Et d'ailleurs, c'est à mon tour de te poser une question, Skarlet ! Est-ce que d'autres elfes se trouvaient au sein des navires qui vous accompagnaient ?

Mais il suffit à Skarlet d'adresser un léger sourire derrière son masque facial, pour que Scylla comprenne la réponse.

- Mes félicitations, Scylla ! Tu as massacré la moitié du peuple elfique à toi toute seule ! Je me demande comment va réagir sa majesté, la reine Eloraell. Tu deviendras très vite une cible à abattre pour... je crois deviner, le troisième pays consécutif. Tu dois avoir l'habitude d'être une renégate depuis le temps, non ?

- Je ne suis pas responsable de la destruction de ce peuple. C'est vous, les responsables, à partir du moment où vous avez cherché à les manipuler. Il n'y a aucune raison à ce qu'ils trouvent ce qu'ils recherchent dans cet enfer !

- C'est l'art de la guerre, Scylla. Tu devrais savoir que sur un plateau d'échec, l'un des meilleurs atouts qu'on a dans la manche pour écraser l'adversaire, c'est de savoir comment le surprendre. Et vu ton regard, je pense que nous avons réussi. Bien, il est temps que tu redises ta rhétorique de justicière à nos amis les elfes, juste pour voir si elle fonctionne vraiment.

Skarlet fit un geste du bras, derrière les elfes, pour leur donner le signal de faire feu.

- Ne songe même pas à m'apprendre l'art de la guerre, tu es en retard d'un siècle pour ça, Skarlet !

D'un simple geste du bras, Scylla invoqua tout autour d'elle une multitude d'épées de lumière, toujours dans le but de se protéger. Puis, elle tendit la main en direction des elfes, qui étaient près à fuir, tout en ne quittant pas des yeux la valkyrie. Néanmoins, ce n'était qu'une feinte. Ses épées disparurent, et l'invocatrice aussi. Tout ce qu'on pouvait observer par la suite, était un éclair rouge qui traversa l'ensemble des elfes. Telle une lignée de dominos, ils tombèrent au sol comme des mouches, les uns après les autres. Scylla réapparut juste devant Skarlet, dont les pupilles se mouvaient de gauche à droite, toujours les bras croisés.

- Au moins, cela confirme ce que je pensais. Ils ne sont pas blindés au sang noir, il m'était facile de les assommer.

- Oh, tu les as juste assommé. J'ai entendu de nombreuses rumeurs à ton sujet. Que tu étais impitoyable et cruelle. Mais tu sembles trop douce, finalement. Tu sais, tu n'étais pas à quelques elfes près, avec le massacre que tu as commis il y'a quelque minutes.

- Je n'ai pas l'intention d'écouter des paroles supplémentaires de ta part, Skarlet. Je ne suis pas la seule qui va avoir des ennuis bientôt. Tu as trahi le roi du pays lunaire. Qu'est ce qu'Azelia a à gagner en voulant la mort de son époux ?

- Oh, ce démon de pacotille ? Ne me dis pas que tu ressens également de la peine pour ce barbare au QI d'huître ? Il était simplement chargé de l'expansion de notre armée par l'intermédiaire de forces extérieures à la Yokume, et également pour que la hiérarchie lunaire conserve une certaine crédibilité. Et tout cela, pour cet instant présent. Maintenant que cela est fait, il ne nous est plus d'aucune utilité. Et puis, son heure était venue de toute manière. Il ne fait aucun doute que tu l'aurais éliminé sans te salir, je me trompe ?

- Cela n'a aucun sens. Ils cherchent à recruter du monde pour cette guerre, soit. Mais alors, pourquoi frapper ce roi démon dans le dos, et conserver les elfes dans le but d'augmenter les chances de réussite ? Ce Slysheen valait une bonne centaine d'elfes à lui tout seul. Et il était une véritable machine de guerre, comparé à ces pauvres elfes, qui tremblaient devant moi. Alors, pourquoi cette Skarlet a poignardé ce démon sans lui laisser réellement le temps de poser sa pierre à l'édifice lors de ce conflit ? A moins que...

Une terrible pensée traversa l'esprit de Scylla. Elle priait pour que la raison de cette trahison ne soit pas ce qu'elle pense.

- Grand dieux, je souhaite que la réponse à tout ça ne soit pas l'hypothèse qui traverse soudainement mon esprit. Sinon, cela signifie qu'Azelia est encore plus désespérée que je le pensais.

- Halte ! Pas un geste !

Sans se retourner, histoire de garder un œil sur Skarlet, Scylla comprit que de nouveaux soldats lunaires, qu'elle n'avait pas croisé sur le chemin, venaient en renfort pour arrêter l'intrus aux cheveux rouges. Néanmoins, leur attention se centra sur les morceaux de Slysheen qui jonchaient le sol.

- Sei... Seigneur Slysheen ?

- Ah, vous tombez bien ! Pouvez-vous nettoyer le sol de ces immondices qui trainent ? Cela gâche cet endroit qui sera bientôt le théâtre d'un combat entre "vraies" guerrières.

Devant l'air hautain de Skarlet, les soldats lunaires, loin d'être stupides malgré tout, comprirent que quelque chose ne tournait pas rond.

- Lieutenante Skarlet, est-ce vous qui avez retirés la vie de notre roi ?

- Oui, c'est elle ! C'est cette traitresse qui a massacré notre roi sans aucun remords !

Il s'agissait de l'une des deux esclaves à moitié dévêtue qui rapporta la trahison de Skarlet. L'autre esclave s'apprêtait à en rapporter davantage, comme le fait qu'Azelia soit la première responsable de l'assassinat de ce démon, mais Skarlet dévisagea ces traînées, dans le but de leur faire comprendre que le moindre mot supplémentaire signera leur arrêt de mort. Scylla resta neutre devant cette scène, et commençait même à y voir une opportunité pour avancer un peu.

- Vous deux, les prostituées ! Fichez le camp d'ici ! Lieutenante Skarlet ! Rendez vous sans histoire ! Vous êtes en état d'arrestation pour haute trahison envers la personne de notre roi bien-aimé !

- Tiens donc, cette phrase sonne très nostalgique à mes oreilles. J'en verserais presque une larme.

Skarlet n'attendit pas une seconde pour se ruer sur les soldats. Scylla ne chercha pas à comprendre plus longtemps la raison de cette mascarade. Elle y voyait là la parfaite opportunité pour éviter un combat périlleux, même si ce n'était pas dans ses gênes de fuir le combat comme ça. Elle brûlait surtout d'impatience d'en finir avec cette armada céleste, et de retrouver Iris et les autres.

- Un conflit interne. Parfait, c'est le moment pour se faire la malle et détruire ce noyau d'énergie.

- Reste là, Scylla !

Même si Skarlet affrontait les soldats lunaires sans aucun trouble, et avec la seule aide de sa dague de combat, elle trouva également la force de stopper Scylla qui tentait de s'en aller, en tirant une aiguille de sang, à grande vitesse, vers la jambe droite de la valkyrie, ce qui la fit trébucher sur le coup. Une fois ceci fait, Skarlet, de son agilité digne d'une mercenaire d'élite, pourfendit sans trop tarder la dizaine de soldats lunaires qui s'en prirent à elle. Enfin, elle accourut vers Scylla pour l'attaquer. La valkyrie venait tout de juste de remettre les deux pieds sur le sol, et donc, bloqua le coup de dague grâce à sa propre épée. Mais les réflexes de Scylla n'allaient pas suffire, car aussitôt le choc des deux lames engagé, Skarlet modifia la structure et la forme de son corps. Tout son corps était devenu liquide et de couleur rouge. Puis elle s'empara de Scylla, qui fut emprisonnée dans une bulle rouge sang. Une partie de la bulle se disloqua, faisant ressortir le corps de Skarlet qui reprit son apparence normale. Elle observait Scylla qui subit l'effet escompté. Son armure commença à se détériorer, comme si elle était plongée dans de l'acide. Sous l'étonnement, Scylla changea de tenue pour se rééquiper avec son armure céleste, mais très vite, le métal de cette armure, qui était pourtant sa plus puissante, commença également à rouiller. Comme si ça ne suffisait pas, Scylla était constamment attirée au centre de la sphère de sang, avec donc l'impossibilité de se mouvoir, et par conséquent, de fuir.

- J'ai suffisamment d'informations à ton sujet pour que tu sois à ma merci. Tout ton pouvoir est centralisé au creux de tes armures. Si je les détruis une après les autres, tu deviendras automatiquement ma proie.

Effectivement, maintenant que même l'armure céleste de Scylla venait de déguster, et que seule une longue jupe bleue couvrait le corps de la valkyrie, le combat semblait déjà s'être décidé. Néanmoins, Scylla, sans avoir l'air inquiète pour autant, leva avec force son bras droit malgré la pression que subissait son corps. Une lumière se dégagea depuis le symbole tatoué sur sa main droite.

- Hum ?

Soudain, le sang qui emprisonnait Scylla fut aspiré par le tatouage en question, libérant ainsi la valkyrie de son emprise, et par dessus le marché, démarra une nouvelle métamorphose. Si Skarlet était suffisamment observatrice, elle pouvait remarquer que l'armure que venait d'enfiler Scylla, était la même que son armure basique, à quelques détails près. Le plastron était rouge sang, sa jupette était noire, et les gantelets, également écarlates, n'allait pas plus loin que l'avant bras. Pour finir, une fine écharpe noire entourait le col de la valkyrie, et camouflait sa mâchoire. Son épée également changea. Elle était également rouge, avec une barre métallique noire au milieu, dont était inscrit plusieurs symboles inconnus à l'œil nu. Probablement du nirvit. Scylla se reluqua de la tête aux pieds, tout en laissant transparaître aucune émotion derrière son écharpe.

- C'est donc ça la polymérisation ? Shanoa m'en a suffisamment appris sur le sujet, mais je ne pensais pas pouvoir utiliser de ce pouvoir si tôt. Néanmoins, ce n'est pas de ce pouvoir-ci que j'aies besoin. Je dois rester fidèle à mes principes pour vaincre Azelia et retrouver ma terre natale. Mais pour toi, Skarlet, cette tenue fera l'affaire.

- Tu sembles te découvrir, Scylla. Tu sembles ne pas connaître totalement ton propre pouvoir. Pourtant, Azelia serait la mieux placée, avec son expérience et son ancienneté, pour t'aider à te comprendre. Et dois-je ajouter que cette tenue te sied à merveille. Parfait pour représenter la meurtrière sanglante que tu es, n'est ce pas ? Nous aurions pu nous entendre, si tu n'étais pas aussi bornée.

- Hum, c'est justement parce que je souhaite me rapprocher d'Azelia que j'ai posé le pied sur ce champ de bataille. Mais ne crois pas que tu dois me considérer comme une future amie. Car...

Scylla ouvrit avec sa main gauche la mèche de cheveux qui dissimule assez souvent son œil gauche. Désormais, cet œil était tout aussi écarlate que pratiquement toute sa tenue.

- ... je n'ai pas de temps à perdre avec toi. Je t'élimine vite fait, bien fait, et pour cela, je te laisse l'honneur de voir ma "cruauté" de très près, comme tu le souhaitais.

Skarlet se mit en garde, prête à en découdre avec la valkyrie plus... écarlate que jamais.
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Scylla
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MessageSujet: Re: Bataille écarlate   Jeu 20 Juil - 2:19

Le combat entre les deux femmes aux cheveux flamboyants s'engagea, et très vite, l'agilité, la puissance, et l'expérience de la valkyrie prenait le dessus. Et de toute manière, entre une lame forgée par la magie du Nirvana, et une simple dague de kunoichi, l'avantage était déjà décidé bien avant les premiers cognements entre les deux armes. Skarlet était plutôt douée pour les sorts d'enchantements, mais le gros souci était que cela s'avérait être parfaitement inefficace contre cette valkyrie qui possède un absorbeur d'énergie. Skarlet voyait difficilement comment s'en sortir pour l'heure. Elle encaissa quelques coups d'épées à divers endroits du corps. Une fois bien blessée, elle tenta de créer la distance avec son ennemie, qui, par chance, s'arrêta net, comme si un détail l'intriguait.

- Hum, c'est du sang rouge qui coule le long de tes plaies. Tu es pourtant une lieutenante de l'armée lunaire, au même titre qu'Ayako, n'est ce pas ? Alors pourquoi n'avoir pas choisi d'opter pour la facilité, et de t'être droguée au sang noir comme le reste de tes petits camarades ? Tu avais peur ? Tu doutais de l'efficacité des paroles de ta reine ? Ou alors, tu es incompatible ? Ou est-ce peut-être un mélange de tout ça, hum ?

- Je ne pense pas être tenue de te fournir la moindre explication, Scylla.

Toujours aussi mystérieuse derrière l'écharpe qui cachait la moitié de son visage, Scylla fit apparaître deux nouvelles épées, mais cette fois-ci, elles étaient noires. Elle les envoya en direction de Skarlet qui les esquiva. Les deux épées s'enfoncèrent dans le mur de bois derrière elle, parfaitement alignées côte à côté. Mais alors que Scylla semblait avoir la garde ouverte, elle tendit sa main en direction des épées. Une sphère noire se forma entre les deux épées. Skarlet fut aussitôt attirée vers le mur, pile entre les deux épées. Elle ne parvenait pas à sortir de ce pétrin, et donc, la valkyrie s'avança petit à petit, le regard toujours aussi "prédateur".

- Décevant. Tu es déjà morte avant même que le combat ait commencé, au fond. Bien, j'ai quand même quelques questions pour toi. Explique-moi exactement pourquoi Azelia souhaitait la mort de ce roi démon ? Et pourquoi elle te laisserait carte blanche pour aller jusqu'à te retourner contre tes propres hommes ? Je ne pense pas que l'utilité de ces hommes, ou même de ce roi démon, touchait à sa fin. J'oserais même prétendre que c'est tout l'inverse. Il y'a forcément une utilité réelle à cette trahison, sinon, cela n'aurait aucun sens. Que représente réellement cette invasion pour Azelia, mise à part la vengeance ? Quel est le véritable rôle de Seto ? Parle !

- Tu perds ton temps. Je suis une ancienne kunoichi. Je sais rester muette comme une tombe, en ce qui concerne les informations capitales.

- Si tu parles, tu auras une mort rapide, sinon, je me ferais une joie de te broyer le corps petit à petit.

Scylla continua d'exercer une pression monstrueuse dans le corps de Skarlet, toujours prisonnière. Mais malgré les perles de sueurs qui coulaient le long de son front, un rictus satisfait se dessina sur la lieutenante lunaire. Soudain, Scylla s'arrêta net.

- Qu'est ce que... mon corps, j'ai mal... Qu'as-tu fait ?

Skarlet profita du moment de faiblesse de la valkyrie pour se libérer de son emprise. Elle s'empara d'elle par le cou, et la leva légèrement au dessus d'elle.

- Oh moi ? Trois fois rien. Mon sort de tout à l'heure ne servait pas seulement à abîmer tes jolies tenues de combat, mais le sang que j'ai utilisé s'est déjà infiltré dans ton corps, ou plus précisément, dans tes vaisseaux sanguins. Et devine quoi ? Ce sang est infecté par un enchantement basé sur la destruction, comme pour une sepsis, mais en pire. Ton sang ne sera pas noir, je te rassure, mais il va petit à petit contribuer à ta mort. Tes muscles, tes vaisseaux sanguins, vont te faire progressivement souffrir, et bientôt, ton cœur ne subira plus le choc. Je ne suis pas vraiment une adepte des longs combats, voilà pourquoi je m'arrange toujours pour sceller l'avenir de mon adversaire en une seule technique.

En effet, Scylla sentait que son corps se retournait contre elle, complètement infectée par ce maudit sort. Il semblerait que malgré l'intérêt qu'Azelia portait pour Scylla, la kunoichi sanguinaire voulait bel et bien la détruire. Néanmoins...

- Haaa... Haaaaaa... KOF ! KOF !

Skarlet relâcha soudainement Scylla au sol, qui ne perdit pas de temps pour se relever, s'emparer de son arme, et trancha net la main droite de la mercenaire. Mais elle s'arrêta là, sur le plan de l'offensive. Elle posa ses deux genoux sur le sol, illumina une dernière fois son Glyph, puis posa deux doigts sur plusieurs zones de son corps. D'abord le bras gauche, ensuite les épaules, sans oublier la poitrine, les jambes et les pieds.

- Ouranos...

Malgré que Skarlet perdit sa main gauche, sa plus grande surprise fut lorsqu'elle vit que Scylla était à nouveau sur ses deux pieds. Mais son état n'était pas parfait. Elle retira son écharpe pour respirer légèrement, tandis que quelques gouttes de sueur continuaient de couler le long de son visage. Skarlet en fit de même, en retirant son masque facial, montrant qu'elle avait recraché une gerbe de sang il y'a quelques secondes.

- Tsss, ne me dis pas que cette marque qui brille depuis ton gantelet a pu également te soigner de mon infection sanguinaire ?

- Tout juste, c'est un Glyph Astral. Il est nettement plus évolué que celui d'un nirvit standard. Il absorbe toute forme d'énergie, incluant ton sang, puisque celui-ci est né d'un enchantement avant tout. Puis, une fois scellée, cette énergie retourne à son état d'origine. Elle est donc devenue inoffensive pour mon organisme.

- Je vois, je comprends mieux pourquoi ma reine a autant d'intérêt pour toi.

Skarlet posa soudainement son unique main sur le cœur, puis recracha une nouvelle germe de sang, tout en toussant sans s'arrêter.

- Visiblement, toi aussi, tu possèdes quelque chose de spécial, mais qui se retourne contre toi.

- Il me reste plus que quelques heures à vivre...

- Comment ça ?

***

En dehors de la Yokume, un autre pays était également sous la coupe d'une guerre incessante entre divers clan shinobis. En fait, la Yokume n'était qu'un terrain de jeu entre ninjas, pendant que sur un autre continent nommé Dokuyaku, les effusions de sang se perpétuaient absolument tous les jours. Dokuyaku était également connu pour sa météo diluvienne, mais le plus gros déluge, était tout simplement le nombre de mercenaires ninjas qui périssaient sous la violence et la haine. Trois clans régnaient sur cette terre inondée abondamment par la pluie. Les Uchiwa, et leurs fantastiques pupilles, les Lin Kuei, et leur ninjutsu basé sur le contrôle du flux sanguin, et les Mizaki, possédant des vertus de guérisseurs hors pairs.

Bien que les paysages trempés du continent étaient tout sauf surs, trois jeunes enfants s'amusaient, dans les bois en pleine nuit, au jeu des fléchettes, sauf que le but était de toucher une cible avec des kunais. Donc il était facile d'imaginer que les trois enfants appartenaient au monde shinobi. Il y'avait deux filles et un garçon. L'une d'entre elle avait des cheveux noirs mi-longs, attachés par un mignon petit ruban rouge. Elle n'avait pas plus que douze ans à tout casser, et se nommait Haruka Mizaki. L'autre jeune fille avait des cheveux bien plus longs, attachés en queue de cheval, et semblait avoir le même âge. Son nom était Akatsuki Lin Kuei. Quand au jeune garçon, malgré que ses yeux semblaient parfaitement normaux, c'était un pur Uchiwa, âgé de seulement huit ans. Son prénom était Itachi.


Spoiler:
 

- Et bah alors, Harumerde ? Tu es fatiguée ce soir ! Ou alors, tu as encore sauté l'entraînement de ton papounet ?

- Tais toi un peu, et joue ! Il se fait tard, et la pluie n'est pas prête de s'arrêter, alors j'aimerais rentrer au plus vite et savourer les délicieux mochi de mon papounet ! Au moins, on ne se nourrit pas de gâteaux secs chez nous, Akatsuki !

- Normal, ton clan nous a volé toutes nos provisions !

Non sans ronchonner, Akatsuki visa la cible située à cinq à six mètres d'elle et balança son outil ninja, pour au final, ne pas faire mouche.

- BORDEL ! Je suis sûr que là-haut, y'a un foutu dieu de mes deux qui a décidé de ruiner ma journée, à défaut de ruiner ma vie, et de me pisser dessus le seul moment où j'peux enfin prouver mon talent à ces deux crétins qui me collent le cul sans arrêt ! Genre, il doit être en train de penser "C'est ton destin, petite conne !"

- Déjà, il pleut sans arrêt, Akatsuki. Et ensuite, moi, je ne dirais pas que la pluie correspond à dieu qui fait ses besoins, si il existe. Je pense plutôt qu'il pleure sans arrêt notre misère, à nous, shinobis. Après tout, les autres continents ont cessés toute hostilité, grâce aux douze gardiens du Nirvana. Mais ici, chez nous, les conflits ne cessent de s'amplifier. Nous ne pouvons espérer rien d'autre que le ciel ne nous tombe plus sur la tête. Au fait, Itachi, crois-tu qu'il existe des dieux qui nous observent depuis le ciel ?

- Cela ne m'importe que trop peu, Haruka. Car qu'ils existent ou non, ils seront comme les nirvits. Ils n'interviendront pas dans nos conflits, car ce n'est pas leur rôle à la base. C'est à nous, ninjas humains, de prendre notre propre destin en main.

- Ouais ouais, de belles paroles provenant d'un gamin qui vit dans un clan de barbares ! Allez, l'intellectuel, c'est à ton tour !

Avant de jouer, Itachi sortit de sa poche un bandeau frontal qu'il utilisa pour se boucher la vue. Une fois les yeux bandés, il tira son propre kunai au beau milieu de la cible, avec un tir parfaitement ajusté, mettant à mal les deux jeunes filles plus âgées que lui.

- Putain de tricheur à la noix ! Je suis sûre que tu as activé tes sharingans derrière ton bandeau ! Allez, crache le morceau !

- Ce n'est pas grave si il a triché ! Activer ses pupilles à cet âge-là tient déjà du prodige, tu ne crois pas, Akatsuki ? Bon, c'est pas tout ça, mais l'orage commence à faire un sacré boucan. Et rester près d'un arbre augmente les chances de finir foudroyé !

- Oui, je dois rentrer au plus vite. Je dois participer au prochain conseil de guerre avec les commandants du clan.

- A son âge, notre Itachi national participe déjà aux rapports de missions dirigés par des adultes, hum ? C'est bien ce que je pensais, un parfait intellectuel. Tu devrais porter des lunettes, ça t'irait comme un gant, et surtout, peut-être, je dis bien PEUT-ETRE, ça perturberait ta vue de sale tricheur !

- Sois prudent sur la route, Itachi. A demain !

Le petit Itachi fit un signe de la main à ses deux amies, qui accoururent dans le sens opposé pour trouver un abri. Akatsuki prit la main d'Haruka pour qu'elle suive la course, étant de toute évidence une bien meilleure coureuse qu'elle. Cette posture semblait gênée la concernée, qui était tiré à toute vitesse par son amie.

- Akatsuki. Tu sais, si nos familles respectives nous voient dans cette posture, je pense que nous accourons vers de graves ennuis.

- Oups, tu as raison !

D'un geste franc, Akatsuki lâcha la main de son amie, qui malgré tout, parvenait à suivre le rythme.

- Haruka...

- Oui, Akatsuki ?

- Crois-tu que nous pourrons éternellement nous retrouver, tous les trois, chaque nuit en cachette, pour jouer ensemble, discuter, rigoler ou partager nos peines ?

- Je ne crois pas, Akatsuki. Mon frère jumeau en a déjà payé le prix fort. Il n'est plus de ce monde, dois-je te le rappeler ?

En pleine course, les deux gamines entendirent un retentissement assourdissant qui prouvaient qu'elles n'étaient pas du tout en sécurité désormais.

- Merde, un kunai explosif ! Alors même à cette heure-ci, nos familles s'entredéchirent ? C'est de pire en pire ! Si seulement on pouvait mettre un terme à ces conflits qui ont trop durés !

- Mais que pouvons nous y faire ? Nous ne sommes que des enfants. A part subir, et accepter la cruelle réalité, nous n'avons pas vraiment d'autres options entre les mains, Akatsuki !

- Alors fuyons ! Quittons ce pays de malheur, sans arrêt inondé par la flotte, la boue et le sang. Avec Itachi, partons tous les trois vers un continent où nous arrêterons sans arrêt de nous triturer l'esprit pour notre avenir !

- Pour aller où ? Nous n'avons pas d'argent, et surtout, chaque déplacement vers l'étranger, chaque traversée de frontières sont hautement surveillés par les douze gardiens !

- Merde ! Il faudrait presque aller jusqu'à postuler pour le titre de gardien pour avoir la paix dans ce monde de merde !

- Tu sais parfaitement que c'est impossible ! Arrête de délirer !

- Au point où nous en sommes, délirer un bon coup permet de remettre de l'ordre dans nos idées noires ! Et je sais très bien que malgré la stupidité de mes paroles, s'est dessiné un joli petit sourire sur ton visage de tête de linotte, Haru-merde !

- Hihihi, tu me connais par cœur, Akatsuki !

Mais alors que les rires venaient de faire place à la peur et a l'anxiété, cela allait être de courte durée. Un nouveau bombardement éclata juste devant leurs yeux. Lorsque le nuage de fumée s'écarta du chemin, les deux gamines purent voir un groupe de ninjas. Ils arboraient une tenue traditionnelle rouge, prouvant leur appartenance au clan Lin Kuei, pendant que les Mizaki représentaient le blanc, et les Uchiwa le noir. Le plus grand d'entre eux, sans doute le chef, regarda de haut Akatsuki, comme un père le ferait envers sa fille.

- Akatsuki ! Ma fille ! Que fais-tu aux côtés de cette gamine Mizaki ? Tu sais pourtant que je t'ai interdit de t'approcher du moindre moucheron qui plane autour de notre clan, enfant ou pas.

Après un long échange de regard, la jeune fille, qui semblait tout d'abord défier son père, pouvait faire croire qu'elle allait annoncer la vérité à ses proches, qu'elle voyait toutes les nuits deux enfants provenant des deux clans ennemis. Pourtant, elle sortit rapidement un nouveau kunai et, tout en se positionnant derrière Haruka, la prit comme otage en plaçant la lame de son outil derrière sa gorge.

- A... Akatsuki... Pourquoi ?

- C'est évident, non ? Tu es une ennemie. Et comme tous les Mizaki, ta gentillesse naturelle est le point faible parfait que je devais frapper. C'est ma spécialité, frapper quelqu'un dans le dos, après avoir bien abusé de sa confiance. Tu es notre prisonnière, Haruka. Bien, père, je vous ramène un cœur tout frais et tout neuf.

Un cœur tout frais ? Haruka ne comprenait pas ce qu'Akatsuki tentait de sous-entendre, mais elle était désormais à la merci de son amie, celle qui était presque comme sa nouvelle sœur jumelle, lui permettant de dompter son chagrin après avoir perdu son frère. Mais elle ne tremblait pas et ne paraissait pas triste une seule seconde. Elle se contenta de penser:

- Je comprends, Akatsuki. Je comprends tout à fait. Merci pour ces moments passés ensemble, mon amie...
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MessageSujet: Re: Bataille écarlate   Dim 6 Aoû - 2:35

L'averse qui dominait sur le pays s'était enfin calmé, laissant place à un champ d'étoile qui pourrait servir de décor à une nuit tout ce qu'il y'a de plus paisible. Néanmoins, ce qui allait se produire sur les terres trempées de Dokuyaku était assez déroutant. Au beau milieu du village Lin Kuei, la petite Haruka était attachée, pieds et poings liés, sur ce qui ressemblait à une table d'opérations. Avec ce qui était posé près d'elle, elle pouvait aisément songer être entre les mains d'un savant fou, plutôt que celles d'un clan shinobi, vu qu'elle vit des ustensiles qui ressemblaient fortement à des pinces médicales ou des bacs de trempage. Mais elle se sentait trop dans les vapes pour comprendre la situation, comme si on avait injecté une drogue dans ses veines pour l'endormir. Tout ce qu'elle parvenait à se souvenir, c'était d'avoir entendu quelque chose au sujet d'un nouveau cœur tout neuf pour le clan Lin Kuei, après avoir été trahie par sa meilleure amie, Akatsuki. Au fond, elle refusait d'en vouloir à Akatsuki, ou plutôt, elle s'en voulait à elle-même, pour avoir oublié la dure réalité du monde shinobi. Si cela se trouve, elle-même aurait poignardé Itachi dans le dos pour s'emparer de ses gracieuses pupilles, qui sait ? Elle ne pouvait que s'en prendre à elle-même pour avoir écouté son cœur plutôt que les sages conseils de sa famille.

Alors que sa conscience commençait à se dissiper, elle ne parvenait pas à entendre convenablement le bruit cinglant des armes qui se cognaient entre elles, ou même les cris d'agonis qui s'ensuivaient. Etait-ce la famille Mizaki qui avait pris d'assaut les Lin Kuei pour la sauver ? Probablement... Par la suite, elle se réveilla sans savoir pendant combien de temps elle avait rejoint le pays des songes. Elle mit du temps à réaliser la sensation de la paille qui se frottait contre son dos se remuant dans tous les sens. Puis elle écouta doucement le bruit de l'eau qui coulait avec fracas. Elle réalisa qu'elle était à l'intérieur d'une caverne ou plutôt derrière une large cascade. Mais ce qu'elle avait le plus de mal à réaliser, c'était que la personne qui l'avait sauvé s'avérait être la même que celle qui l'avait justement foutu dans le pétrin.


- Akatsuki...Est-ce toi ?

Si Haruka hésitait tant que ça sur l'identité de sa sauveuse, c'était tout simplement parce que sa chevelure avait à moitié changé de couleur. Le côté gauche de sa chevelure était rouge. Le milieu du crâne séparait la zone noire de ses cheveux de l'écarlate du côté gauche. De plus, son œil gauche était rouge sang. Et puis, pourquoi aurait-elle fait ça ? Elle venait de trahir son propre clan pour le sort d'une ennemie.

- Tu vas bien, Haruka ?

- J'ai mai à la tête... Akatsuki... Peux-tu m'expliquer ce qui s'est passé ? Je me souviens de très peu de détails... Et puis, pourquoi tes cheveux sont scindés en deux couleurs distinctes ?

- Ah ça, je...

Soudain, Akatsuki recracha du sang, puis toussa sans arrêt. Haruka, malgré son épuisement, se rua vers son amie.

- Akatsuki... Parle moi ! Que se passe t'il ? Tu es blessée ?

- Touss, touss... Haaa... Toujours aussi adorable, Haruka. A s'inquiéter de l'état de la personne qui a failli t'envoyer six pieds sous terre. Ecoute moi, Haruka. Je sais que tu as la larme facile, mais j'aimerais que tu m'écoutes jusqu'au bout, sans m'interrompre... Je vais t'expliquer très clairement pourquoi je t'ai capturée. C'était pour subir une greffe du cœur, et tu étais la personne qui était censée m'offrir ton organe vital, afin de m'aider à vivre plus longtemps.

- Une greffe du cœur ? Tu es atteinte d'une maladie cardiaque ?

- C'est le cas de l'intégralité de ma famille, pour tout te dire. Nous autres, Lin Kuei, nous sommes maudites des dieux. Je ne passais pas mon temps à me plaindre pour rien, tu sais. Je suis maudite dès la naissance. Nous souffrons depuis notre plus jeune âge d'une forte douleur cardiaque. Quelques fois, nous parvenons à nous habituer, et d'autres fois, la souffrance est tellement prononcé que nous nous écroulons au sol, à vomir notre fluide vital. Et généralement, notre espérance de vie ne dépasse pas la quarantaine. Notre clan tombe comme un château de cartes, car les membres ne vivent pas suffisamment longtemps pour donner vie à la nouvelle génération, ou même à aider leurs progénitures à s'épanouir. Seuls ceux ou celles qui épousent un pur Lin Kuei peut supporter l'avenir de notre clan, mais même ça, c'est devenu très difficile, puisque notre cas n'est plus un secret, et personne, aujourd'hui, ne s'amuse à s'accoupler avec un Lin Kuei, de peur de voir son enfant périr très jeune.

- Je ne savais pas tout cela...

- Normal, nous sommes tes ennemis. Tes parents n'ont pas du te raconter la vérité à notre sujet, de peur que tu te prennes d'affection pour nous. En revanche, vous, Mizaki, êtes des guérisseurs hors pairs, et malgré cela, aucune collaboration n'a eu lieu entre nos familles. Quel gâchis. Je commence à comprendre pourquoi il y'a un tel déchirement entre nos familles.

- Donc tu penses que nous sommes les mauvais dans cette histoire ?

- Non, pas le moins du monde... Et tu sais pourquoi ? Parce que je pense qu'il faut faire abstraction du concept de bien ou de mal lorsque l'on est en guerre. Les batailles n'auraient jamais du se produire, et si le bien existait vraiment, nous n'aurions probablement pas traversé une période de conflit aussi interminable. Enfin, appelle-moi gamine, ou naïve, mais c'est comme cela que je conçois les choses.

- Donc une greffe du cœur pourrait te sauver selon ton clan ? Mais alors dans ce cas, pourquoi avoir tout annulé ? Pourquoi m'as tu sauvé alors que tu avais une occasion de te sauver toi-même ? Et ne me dis pas que tu as attaqué ta propre famille uniquement pour me libérer ?

- Si...

Les paroles d'Akatsuki ne laissaient transparaître aucune trace de regrets. Comme si elle s'était préparée à cette éventualité.

- Je déteste mon clan. Vraiment. Au final, j'ai un peu de rancœur contre les Mizaki pour ne pas vouloir nous aider, mais j'en ai encore plus pour ma famille qui est suffisamment désespérée pour atteindre à la vie des autres pour son propre salut. Je ne veux pas que l'on retire l'organe vital d'une gamine qui est complètement hors de portée du désir de combattre pour ma survie. Ce que je souhaite, c'est d'être traitée par une véritable médecin, un véritable guérisseur, mais ma famille est bien trop bornée pour demander les services de guérisseurs, malgré que cela court les rues dans d'autres royaumes, comme celui de Lanayru. Et puis, on s'est forgés une réputation de barbares, donc personne ne veut s'arrêter sur notre cas. Pas étonnant que les gardiens de ce monde ont décidés de clôturer chaque frontière entre chaque royaume...

- Akatsuki, je te suis reconnaissante, mais... que vas-tu devenir ? Et puis, tu vas te faire tuer bien avant de mourir de ta maladie du cœur, après ce que tu as fais.

- En fait, il se trouve qu'il y'a bien une personne qui accepte de traiter le cas des Lin Kuei. Mais encore une fois, ils refusent d'accepter la proposition d'un pays extérieur. Personnellement, je suis prête à tenter l'expérience.

- Une aide extérieure ?

- Il y'a une semaine de cela, nous avons reçu une visite des hautes instances de Dokuyaku. Le seigneur était accompagné de la reine d'un autre pays. Tu as déjà entendu parler du pays de la lune, qui se situe au centre même de la Yokume ? Et bien, la reine de ce pays a proposé à notre gouverneur de prendre quelques personnes de notre clan pour effectuer des expériences visant à guérir notre fameuse maladie cardiaque. Bien sûr, les adultes de mon clan ont rejetés en boucle la proposition de cette reine, mais moi, je pense que je vais accepter son offre.

- Tu devrais réfléchir, Akatsuki. Je ne trouve pas cela très étonnant, cette apostasie concernant cette reine qui doit probablement être Azelia Karnstein. Généralement, ses affaires qui sont liés à ses expériences ne sentent pas très bon. Elle veut probablement obtenir les secrets de ta patrie. Et puis... Je...

- Non, Haruka, je suis bien décidée. Si c'est le meilleur moyen pour moi d'être guérie, alors, je l'accepte. Je préfère nettement mourir que de survivre en passant par ta mort. Je le refuse. Haruka, tu es très importante pour moi. Je veux que tu aies une belle et longue vie. Et puis, je sais parfaitement qu'Itachi préfère être en ta compagnie que la mienne. Je suis bien trop vulgaire à son goût... Et je sais que tes sentiments sont réciproques. Moi, tant que je suis dans cet état, je ne risque pas vraiment d'avoir un avenir avec qui que ce soit.

- On... On peut peut-être s'arranger, Akatsuki. Maintenant que tu as trahie les tiens, peut-être que ma famille peut faire preuve de clémence envers toi, et t'aider à être soigné.

- Ne sois pas naïve. C'est sans espoir. Je ne serais jamais plus qu'une cible à abattre pour ta famille. Et par ailleurs, tu veux que je te livre ce qui réside au fond de mon esprit ?

Cette fois, Akatsuki prit un ton plus grave. L'empathie d'avant allait probablement disparaître.

- Si la maladie peut contaminer un enfant dès sa naissance, je refuse de penser que la haine qui pousse l'être humain à tuer son prochain l'envahit dès son plus jeune âge. Nous sommes jeunes, Haruka, nous sommes encore innocents et rêveurs. Mais une fois adulte, qui te dis que nous resterons les mêmes ? L'amitié, c'est sacré pour des enfants comme nous, mais plus tard, est-ce que ce sera toujours le cas ? Tu vis encore sur un petit nuage, mais auras-tu toujours les mêmes convictions avec les années ? Qui te dit que tu ne seras jamais tenté, par la suite, de t'emparer des pupilles d'Itachi, par exemple ?

Akatsuki venait de poser le doigt sur quelque chose que redoutait Haruka elle-même. Elle-même doutait qu'elle allait résister éternellement à la tentation, concernant les Sharingans. Elle ne pouvait le nier. Et puis, autre chose perturbait la gamine, quelque chose qui la tétanisait. De lourdes larmes coulèrent le long de ses joues, alors qu'elle avait toujours les genoux posés sur le tas de paille.

- En vue de tes larmes, Haruka, j'en déduis que tu as compris que c'est un adieu que je t'adresse. Nous ne nous reverrons plus jamais. Moi-même, je doute que je resterais la même timbrée qui plaisante à longueur de journée lorsque j'aurais rejoint cette Azelia. Mais c'est l'unique moyen que j'ai trouvé pour que tu survives, de mon clan, comme de moi-même... Et je ne sais encore combien de temps je vais survivre. La coloration rougeâtre de la moitié de ma chevelure est, il semblerait, un symptôme de la malédiction qui est en moi. Je serais bientôt méconnaissable... Dès que nous aurons traversé cette chute d'eau, nos chemins se sépareront... à tout jamais, Haruka...

Une fois que l'amère séparation s'effectua, Haruka erra seule sous la pluie, le chemin qui ne se traçait pas, trop aveuglé par les souvenirs d'Akatsuki qui bousculaient l'esprit de la jeune fille. Trop jeune pour être privée d'une amie qui est chère, d'une confidente en or et d'une compagnie amusante, elle se sentait brisée par la vérité sur cette maladie et sur cette réalité. Cette même réalité qui la rendait presque haineuse. Soudain, elle croisa une silhouette qui se rua vers elle, mais nulle intention meurtrière. Elle la prit dans ses bras, semblant inquiète.

- Princesse ! Je vous ai retrouvé !

- Suzune...

La silhouette encapuchonnée enlaça avec affection la "princesse" en question. On pouvait difficilement apercevoir son visage, à part quelques mèches mauves, et une monture rouge devant ses yeux. Elle paraissait avoir le même âge qu'Haruka.

- Racontez moi ce qui s'est passé. Vos yeux semblent être emplies d'une profonde tristesse...

- Akatsuki... Elle...

Haruka prit le temps de tout raconter à sa confidente de l'instant qui semblait connaître quelques secrets sur elle, au point de la nommer princesse. Elle continua de l'enlacer affectueusement, comme si l'aider à essuyer son chagrin était une mission.

- C'est pour ça que je vous ai dis de ne pas trop vous attacher à quelqu'un pendant cette mission... Nous avons comme objectif d'espionner les shinobis, notamment les Uchiwa, pour éviter que ce soit vous qui devenez la nouvelle gardienne. Ne l'oubliez pas. Vous ne devez vous attacher à aucun shinobi. Mais bon, je ne peux vous reprocher une telle vertu. C'est ce cœur pur qui vous caractérise depuis longtemps qui fait que vous pouvez rendre à Dokuyaku sa lumière.

- De la vertu, tu parles, je n'ai même pas osé avouer la vérité sur mon appartenance au sein d'une famille royale. J'aurais pu lui donner une lueur d'espoir, mais j'ai préféré suivre ma mission. Ou plutôt, j'avais peur qu'elle m'évite aussitôt...

- Rentrons à la maison, princesse. J'estime que vous ne devez plus vous imposer ce que vos servantes peuvent effectuer à votre place. Vous êtes encore trop innocente pour accepter la réalité de ce monde...

Et de l'autre côté, pendant ce temps, Akatsuki avait atteint une large colline, ou toute une garnison de soldats lunaires l'attendait, comme si un rendez-vous avait été fixé. Et sur le front, Akatsuki vit une silhouette assise sur un trône, resplendissante, les jambes croisées, à siroter un verre de vin. Son sourire était ensorcelant, et stressait Akatsuki, au point que de larges gouttes de sueurs coulaient le long de son visage et que ses jambes jouaient aux castagnettes sans qu'elle puisse y remédier. Malgré le sourire de la dame qui était tranquillement installée, avec sa tenue d'une classe remarquable, elle semblait irritée.

- Une seule gamine ? Quelle déception. Je vais finir par croire que ces voyous auraient préféré que je leur annonce d'emblée que je souhaite les éradiquer de la surface de ce monde. Ils auraient connu une fin plus douce et plus honorable, si ils souhaitent tellement disparaître comme des cafards. Quel ennui...

Akatsuki vit que les regards des soldats lunaires qui lui étaient adressés étaient mauvais. Elle comprit très vite qu'elle avait oublié l'essentiel devant une reine: le respect. Elle s'agenouilla aussitôt, attendant la suite.

- Petite, ton nom...

- Akatsuki, votre sainteté !

- J'espère que tes proches possèdent suffisamment de tripes pour envoyer une frêle gamine afin de justifier ce cruel manque d'effectif sous mes yeux.

- Je les ai tué...

- Que dis-tu ? Sache que je suis une reine à la placidité des plus limitées. Ne joue pas avec moi et réponds à ma demande sans faire de détour ou sans te payer ma tête.

- C'est la stricte vérité, reine Azelia. Voyez la teinture de ma chevelure qui s'est modifié à l'instant même où j'ai éliminé mes parents. Aucun d'entre eux réalisaient la chance unique que vous nous offrez. En revanche, moi, je suis prête à vous suivre, votre majesté. Je veux vivre, je veux un avenir. Je ne veux plus ressentir mon cœur me trahir chaque jour, ou compter le nombre de jours qui me restent. Je suis prête à tout pour guérir !

- Prête à tout ? Fort bien. Tu es déterminée, je l'admets. J'aime ça. Il est loin derrière nous, le temps où les enfants savaient ce qui était indispensable pour eux. Maintenant, ils préfèrent oublier ce qui compte vraiment, pour préserver ce qu'ils nomment aveuglément l'innocence. Il reste encore quelques gamins qui ont du mérite à ce que je vois. Très bien, je me contenterais de ton unique participation, Akatsuki. En revanche, je n'offre mes soins et ma bonté que pour ceux qui acceptent de faire partie d'une toute nouvelle famille. Tu devras donc adopter une nouvelle identité, une nouvelle vie et de nouvelles habitudes. Ne t'en fais pas, je prendrais soin de toi, jusqu'au bout. Cela ne te devrait te poser aucun souci, vu que tu t'es délecté de l'âme de ta famille, pas vrai ?

- Aucun, votre altesse !

- Parfait ! Dorénavant, te voici officiellement ma fille ! Je vais donc te rebaptiser. Huuum... Ton nom de code sera désormais Skarlet ! Est-ce que ce nom te plaît ?

- Il me va à merveille ! Merci, ma reine ! Ou plutôt, mère...

- Tu apprends vite ! Viens, Skarlet... Viens avec moi !

Au fond, Akatsuki haïssait ce nom. Il reflétait également la couleur rouge, celle du sang. Mais elle décida de l'adopter, pour son bien-être. Pour satisfaire l'unique personne qui avait décidé de sauver la vie du clan Lin Kuei. Et surtout, pour sauver Haruka...

***

Scylla avait tout écouté du récit de Skarlet, et comprenait mieux pourquoi elle avait déclaré être aux verges de la mort. Sur le coup, elle ne savait plus quoi penser de son adversaire, notamment sur la raison qui la poussait à lui en dire autant, elle qui est une ennemie. Scylla souhaitait surtout en finir pour rejoindre Iris et les autres, mais une partie d'elle la poussait à s'intéresser à l'ennemi, pour mieux comprendre les raisons de tout ce chaos qui n'aurait jamais du arriver. De plus, elle avait remarqué que depuis la mort de Slysheen, le bombardement avait cessé. Elle n'entendait plus le moindre bruit assourdissant depuis les canons du navire. Comme si lui-même avait ordonné l'interruption immédiate des tirs le temps qu'il s'exprime avec la valkyrie. Ce qui arrangeait donc les affaires de Scylla qui pouvait se détendre un peu, et donc, qui lui permettait également de mieux comprendre cette Skarlet.

- Si j'ai bien suivi ton récit, tu as rejoins les troupes d'Azelia UNIQUEMENT pour être guérie, et pour que tu évites d'être tentée de dérober le cœur de ton amie, c'est ça ?

- C'est exact. Les Mizuki avaient des organes vitaux très précieux, ainsi que des gênes guérisseurs aussi efficaces que ceux des elfes. La solution était bien sous mes yeux, à l'intérieur du corps d'Haruka. Mais je refusais d'en arriver là. Haruka était si gentille, si adorable, si calme malgré la crise qui nous foudroyait sans cesse. A l'époque, je considérais encore que gâcher une telle existence n'était pas permise. Mais j'avais besoin que l'on effectue une transplantation cardiaque. Je sentais que j'étais proche de l'insuffisance cardiaque terminale. Je voulais vivre à tout prix. Néanmoins, il y'avait un terrible hic dans cette histoire. Vois-tu, la raison première qui faisait que nous étions dans l'incapacité d'être traités par des médecins était le manque d'argent avant la fierté ! La guerre nous amenuisait financièrement. Nous avions quelques médecins dans le clan, mais ils restaient de piètres amateurs, qui créaient des médicaments inefficaces. Nous avions tout essayé, et nous étions tellement persuadés que la base de la maladie était logée au sein de notre cœur, et que c'était seulement cet organe qui faisait mal son travail. De plus, Azelia elle-même n'avait jamais étudié l'organisme d'un Lin Kuei avant moi. Elle n'avait donc aucune réelle information sur nous. Elle a malgré tout fait son maximum pour effectuer cette greffe en moi. Mais hélas, très vite, je réalisa que mon tout nouveau cœur souffrait des mêmes problèmes que celui que je possédais à la naissance. Azelia m'étudia de fond en comble, pour découvrir quelque chose d'abominable en moi.

- Qu'est ce donc ?

- Ce que nous appelions une malédiction en était réellement une. Ce n'est pas notre cœur, le problème principal. L'énergie en nous a infecté notre sang. C'est lorsque nous utilisons notre pouvoir, que nous nous affaiblissons sans arrêt ! Si nous combattons, nous subissons de lourds dégâts au sein de notre organisme. Voilà le véritable maux que nous souffrons.

- Alors pourquoi rester sous les ordres d'Azelia pour participer à cette satanée guerre si c'est l'utilisation de tes pouvoirs qui infectent ton sang ?

- Scylla, toi qui as vécu sur un champ de bataille, tu sais mieux que quiconque. Que rien ne peut nous sauver des sentiers de la guerre ! Saisis-tu le paradoxe ?
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Scylla
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MessageSujet: Re: Bataille écarlate   Mer 9 Aoû - 0:32

Alors que le calme régnait enfin pour Scylla, elle prit le temps d'écouter le récit de Skarlet, de son véritable nom Akatsuki, sur ses raisons qui la poussaient à rejoindre l'armée lunaire. Et tout ce que la valkyrie retint, était que le cas semblait plutôt similaire à celui d'Ayako, voire de celui de Seto. Cela confirma toujours plus à Scylla que les lieutenants d'élite de la reine lunaire étaient tous complètement désespérés et prirent donc l'unique voie restante pour trouver une solution à leurs tourments. Solitude, maladie, haine, disgrâce. Autant de maux chez l'être humain qu'Azelia recherche à exploiter en se servant de ceux qui sont dans l'infortune la plus totale. Au fond, Scylla aurait pu finir comme eux. Dans un sens, elle avait également connue le désespoir, dans sa quête d'identité. Après son bannissement de l'ordre des valkyries, elle cherchait une voie de secours pour lutter contre ce sentiment honteux qui la poursuivait, d'avoir fini parmi les mortels et d'avoir perdu le moindre de ses prestiges de valkyrie, quitte à passer pour ce qu'elle n'était pas. Mais si aujourd'hui, elle était parvenue à espérer quelque chose de la vie, c'était depuis qu'elle avait vu le visage d'Alleria, et cela, depuis l'événement au pays du feu. Depuis ce jour, elle avait un but dans la vie, ce qui lui manquait cruellement avant ça. Et sa détermination s'amplifia quand elle vit que malgré son comportement honteux, Law et Kula souhaitaient l'aider jusqu'au bout, sans compter également sa rencontre avec Shanoa et Iris. Et elle n'oubliait pas non plus un certain nirvit aux cheveux azurs qui semblaient en savoir pas mal sur elle. Toutes ces rencontres permettaient à Scylla de lui donner une raison de combattre. Mais les lieutenants d'Azelia, eux, n'ont rien de tout cela. Ils n'attendent plus rien de la vie, et laissent Azelia dicter leurs moindre faits et gestes. Etre privés de liberté à ce point attristait Scylla, qui connaissait que trop bien ce sentiment, voilà pourquoi elle voulait absolument rencontrer Azelia, afin de mettre les choses au clair, ou même, faire ce qu'elle n'a pas pu faire avec Sinae.

- J'ai du mal à mettre le doigt sur les raisons qui te pousseraient à me raconter tout cela. Attends-tu quelque chose de ma part ? De la pitié ? De la compréhension ? De l'empathie ?

- Rien de tout cela. Mais j'osais espérer qu'une valkyrie déchue qui n'avait rien d'autre comme but que de perpétuer des massacres au nom de sa reine comprenne mon point de vue. Comme je t'ai expliqué, dans ce monde, si tu n'as pas la force de combattre, tu n'es rien, puisque chaque être qui s'est vu hériter d'un pouvoir hors du commun, est tristement destiné à risquer sa vie chaque jour et chaque nuit. Tu n'es pas la seule à avoir connu ce rythme infernal. Alors tu te doutes bien que quelqu'un comme moi qui épuises sa force vitale à chaque fois que je combats, devrait être abandonnée sur le champ par ceux qui remarqueront très vite mon inutilité. Pourquoi utiliser une épée qui est vouée à se briser dès les premières batailles ? Cela n'aurait aucun sens. Et pourtant, malgré qu'Azelia avait découvert que ma vie ne tenait qu'à un fil, elle m'a gardé auprès d'elle, et a pris soin de moi comme elle l'avait promis. Elle me prépare encore aujourd'hui divers traitements qui permettent de retarder mon trépas, et persiste à trouver une solution pour que je puisse m'en sortir. Comprends-tu ce que j'essaye de t'expliquer, Scylla ? Tous ces crétins qui ont défiés le pays lunaire, sous nos pieds, jouissent d'une paix et d'une tranquillité non méritée. Ils profitent d'un soutien des autres nations uniquement parce qu'ils ne sont que de simples humains dont l'existence n'a rien d'exceptionnel ! Pendant que ceux qui sortent du lot et qui vivent avec un sang maudit, subissent les préjudices de leurs propres identités. Aucune personne dans ce pays ne connaît réellement Azelia ! C'est une figure maternelle qui m'a permis d'exister. Elle n'est en aucun cas le monstre au cœur de pierre que la propagande de ce pays cherche tant bien que mal de démontrer. L'existence de ces êtres nous est totalement insupportable !

- Et c'est pour cela que, bêtement, vous donnez raison au peuple solaire en agissant de la sorte ! Tu as beau avoir une conscience et des paroles similaires à celles d'Ayako, je ne serais jamais convaincue par ta reine ! Et je stopperais chaque ennemi de la création, incluant Azelia, sois en certaine ! D'ailleurs, ne t'es tu jamais posé la question sur la raison qui pousse Azelia à te maintenir en vie avec ce traitement qu'elle t'administre ? Tu as un pouvoir exceptionnel, et aujourd'hui, ce pouvoir t'a permis de faire de lourds dégâts sur un champ de bataille, une place où quelqu'un comme toi ne devrait pas poser les pieds, pour ton propre bien ! Et c'est parce que ton bien est passé au second plan, que tu vas bientôt mourir !

- Détrompe-toi, Scylla ! Ce n'est pas parce que j'ai utilisé mes pouvoirs pour t'affronter que je vais bientôt trépasser. Mais uniquement parce que j'ai stoppé la prise de médicaments depuis quelques semaines.

- Pardon ?

- Si j'avais poursuivi mon traitement, j'aurais pu maintenir ma vie pendant encore cinq ou six ans. Mais j'ai, de ma propre initiative, arrêté d'ingurgiter cette substance qui m'éloigne de la mort. De sorte que je puisse mourir ce soir, pour être plus précise...

- Mais pourquoi ? Pourquoi souhaites-tu mourir ?

- Bientôt, le monde connaîtra un profond bouleversement. Seuls ceux qui ont un potentiel illimité survivront... Cela inclut ceux qui ont résistés au sang noir. Chez nous, ils sont tels des élus, qui détiennent les clés pour l'évolution. Or, moi, les tests sont formels, je ne suis pas apte pour posséder le sang noir au sein de mon organisme déjà endommagé par mon propre sang. Plus le temps passe, plus je ressens que mon inutilité ne fait que s'accentuer. Même avec mon traitement, mon corps me fait beaucoup trop souffrir pour que je puisse avoir mon rôle lors de cette guerre trop importante pour ma reine. Je me considère comme indigne pour servir ma reine, et donc, ma vie n'a plus d'importance. Tu le sais, Scylla, qu'ici, l'handicap n'est pas très bien considéré par les puissants de ce monde...

En entendant ces paroles, un léger frisson parcourut le corps de Scylla. Pas parce qu'elle se sentait désolée devant les paroles sombres de Skarlet, mais parce que ces paroles lui rappelèrent quelque chose. C'était simple, elle avait, une fois, alors qu'elle avait besoin de ressortir de son esprit tout ce qu'elle avait pensé tout bas, déclaré qu'elle se sentait indigne de servir une archange aux côtés des valkyrie d'élite qui la suivaient. Et que la mort était peut-être la meilleure option pour elle. A ce moment, elle n'avait pas réalisé que revoir sa mère pouvait la libérer de ce fort doute qui la rongeait. Elle se demandait en quoi une valkyrie déchue, qui a appris à communiquer et à se battre sur Atrium, aurait une utilité en tant que capitaine dans un monde blindé d'authentiques valkyries. Là, le tableau en face d'elle était le même. Cette Skarlet se sentait indigne de combattre aux côtés d'êtres "évolués" que sont soi-disant les êtres qui sont compatibles au sang noir et qui peuvent probablement vivre plus facilement qu'une Lin Kuei dont le corps et le sang sont contaminés par un virus dès la naissance. Et pour couronner le tout, cette mercenaire avait avant tout ce que Scylla aime appeler un esprit chevaleresque. Un esprit que possède elle-même la valkyrie et qui considère que si tu es indigne de servir ton roi ou ta reine et de l'aider à faire prospérer son royaume, ta vie n'a plus la moindre importance. Mais son point de vue fut légèrement modifiée depuis son retour sur Atrium.

- Je n'ai pas vraiment l'envie de dire que tes pensées sont stupides. Tu as foi en ta reine, et tu sembles posséder un esprit chevaleresque que je respecte. Néanmoins, j'aimerais que tu ne reproduises pas la même erreur que j'ai commise il y'a quelques temps, et que tu décides toute seule si tu es digne ou non de combattre pour ta souveraine. Tu dois forger cette opinion en passant par les autres, et non uniquement par ton propre désespoir. Tes compagnons, et même ta reine n'aimeraient clairement pas entendre que tu es prête à disparaître parce que tu te sens indigne. Si ta reine se préoccupe réellement de toi, elle refuserait que tu penses ainsi...

- C'est la vérité. Cela fait un bail qu'Azelia semble obsédée par tout ce qui touche l'évolution du monde. Elle souhaite d'ailleurs ton aide, Scylla. Tu devrais aller à sa rencontre, tôt ou tard. Si je t'ai combattu, c'est uniquement pour vérifier si ton potentiel est aussi élevé que ma reine le prétend. Mais je sais, à présent, que c'est d'une personne comme toi qu'elle a besoin, et non de moi...

- C'est bien ce que je pensais... Cela me confirme deux choses. Et l'une de ces choses, c'est qu'en retour, la reine que tu suis est indigne que tu te sacrifies pour elle. Si elle était réellement cette figure maternelle selon toi, elle n'aurait pas attaqué le peuple solaire, et surtout, elle n'aurait pas commandité la capture d'une princesse du pays de l'eau, l'éloignant de sa génitrice ! C'est de la pure et simple logique ! Pour finir, n'espère pas que je te remplace, Skarlet ! J'ai déjà scellé mon corps et mon âme au service d'une autre reine, et cela ne changera pas...

Cependant, la dernière phrase de Scylla manquait encore de convictions. Une partie d'elle continuait à douter si elle ne commettait pas la même erreur, en se fiant trop en sa propre foi et en ses propres sentiments, avant de réfléchir. Elle était très loin de comparer Asuna avec Azelia, mais dans un sens, son acte quelque peu barbare envers Kasumi et les révolutionnaires qui la suivaient, et son comportement quelque peu arrogant, ne sortaient toujours pas de sa tête. Néanmoins, elle s'était jurée de ne penser qu'à sa gueule après être retournée sur Atrium, afin de pouvoir avancer dans sa quête d'identité, et d'être en mesure d'avoir la tête sur les épaules lorsqu'elle se retrouvera face à la personne avec qui elle rêvait de pouvoir parler: sa mère, et c'est probablement en restant à ses côtés, qu'elle prendra la bonne décision concernant la femme qui fut sa sœur lors d'une brève période de sa vie. Maintenant, ce n'était ni le moment, ni l'endroit pour penser à tout ça. Elle devait en finir avec cette Skarlet d'une manière ou d'une autre. Elle avait perdu suffisamment de temps comme ça, alors que ses trois compagnons se battaient sûrement de leurs côtés.

- Ce que tu as dis, Scylla, est assez décevant...

- Bien, Skarlet, ou plutôt, Akatsuki... Je ne vais pas perdre davantage de temps avec toi. Et je n'ai plus l'intention de t'achever. Ce n'est pas mon genre de retirer la vie de quelqu'un qui n'a plus que quelques heures à vivre. Question d'honneur. Et toi aussi, tu peux faire preuve, une dernière fois, d'honneur, en agissant pour le bien de tous. Si j'étais toi, j'utiliserais mes dernières forces qui me restent pour changer le cap de ce navire hors de la capitale, et d'ordonner à tes troupes de se retirer immédiatement. Je t'en serais reconnaissante...

- Navrée, mais tu l'as dis, j'ai un esprit chevaleresque. Jusqu'à mon dernier souffle, je me rendrais encore utile...

Skarlet se releva tout doucement. Ensuite, une déflagration énergétique retentit depuis la salle derrière elle. Scylla vit un brouillard d'énergie se dissiper petit à petit des murs, comme si le bouclier qui protégeait la coque en bois du navire disparaissait. Le noyau d'énergie du navire venait d'être brutalement détruit, d'une manière ou d'une autre par Skarlet.

- Si ton potentiel est si illimité que ça, alors, tu survivras à ceci...

Skarlet utilisa sa dernière main valide pour s'emparer de sa dague, puis, sous la surprise de la valkyrie, s'éventra sur le champ. Et en plus d'une forte effusion de sang qui s'ensuivit, une énergie écarlate se forma juste devant elle. Elle était profondément corrompue. Scylla pouvait le ressentir par son Glyph. Il s'agissait probablement de l'énergie en question qui pourrissait l'organisme de cette pauvre femme.

- C'est fini, Haruka... Je m'en vais... J'espère que tu vas bien, peu importe l'endroit où tu te trouves...

Avec un léger sourire aux lèvres, Skarlet réunit toute l'énergie qui sortait de son corps pourfendu, et l'envoya directement sur Scylla, sous la forme d'un rayon d'énergie écarlate. Le rayon n'était pas très large, mais Scylla savait que si elle allait être touchée, cela allait faire de lourds dégâts. Mais elle n'eut pas le temps d'esquiver et dut encaisser. Par ailleurs, le rayon détruisit la coque du navire, en laissant un large trou à l'arrière du navire. Bien entendu, le navire commença à chavirer, et s'apprêtait à se crasher au beau milieu de la capitale. Et vu la taille de l'engin qui était le bateau mère de la flotte, beaucoup d'habitations allaient en payer le prix fort, et de nombreuses vies malchanceuses allaient s'éteindre. Scylla avait comprit qu'il s'agissait d'une tentative suicidaire, dans le but d'emporter un maximum de vies avec elle. Mais pourquoi ?

Une fois le navire écrasé, le spectacle était évidemment celui escompté. Beaucoup de citoyens, comme de soldats, alliés ou ennemis, furent morts lors de l'écrasement du bateau volant. Scylla, elle, s'en sortit de justesse. Après avoir encaissé l'attaque de Skarlet sans trop en avoir souffert, grâce à sa résistance naturelle de valkyrie surentraînée, elle utilisa furtivement son armure BlackWing pour s'enfuir depuis l'issue crée par la même technique. Elle observa le champ de ruines sous ses yeux, non sans penser à son adversaire morte sur le champ.


- J'aurai pu perdre ce combat, si Akatsuki n'était pas atteinte par ce virus mortel. Suis-je encore trop faible ? Non, la race mortelle a également un potentiel à ne pas sous-estimer. Ce monde est riche en guerriers exceptionnels.

Maintenant, elle s'interrogea sur la raison qui poussa Akatsuki à se suicider. Cette manœuvre kamikaze avait le même but que ce qu'elle effectua au tout début de leur rencontre, à retirer la vie d'un maximum de gens. Une petite perle de sueur coula le long de son front. Soudain, elle s'envola vers les cieux, se laissant emporter par le vent, puis observa la capitale qui était toujours le théâtre d'une lutte sans merci. Sa terrible hypothèse se transforma aussitôt en certitude.

- Le doute n'est plus permis. Cette grande ville... est devenu une zone de rituel gigantesque ! Je dois arrêter Seto ! Lui aussi est en danger !

Maintenant qu'elle pensait avoir compris ce que manigançait Azelia, elle se laissa tomber en piqué vers les rues de la capitale. Maintenant que le dernier navire de guerre fut anéanti, et que le ciel était sécurisé, Scylla n'avait qu'une idée en tête: Rejoindre Law, Kula et Iris, en espérant qu'ils allaient bien.
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