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 Un dragon mourrant

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Scylla
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Messages : 279
Date d'inscription : 29/12/2013

MessageSujet: Un dragon mourrant   Mer 14 Sep - 23:42

Après une enquête au pays de la lune qui ne se solda pas vraiment de ce qu'on peut appeler une réussite, Scylla retourna au pays du feu. Le changement de température absolument extrême commençait à légèrement taper la valkyrie sur le système, et n'espérait qu'une chose, pouvoir respirer un peu. Néanmoins, elle venait d'abandonner son domicile actuel, la guilde de Wyvern Tail. Scylla savait néanmoins ou elle pouvait crécher désormais, tant qu'elle serait forcée de rester sur la Yokume. C'est donc sur la route du temple d'Ignir qu'elle repensa légèrement a ce qui s'est tramé au pays de la lune. D'abord, son combat contre Seto, qui avait prouvé que le capitaine lunaire était effectivement corrompu. Ensuite, cette rencontre assez... étrange avec cette mercenaire. Scylla ne pouvait s'empêcher de penser rapidement à cette femme aux cheveux roses qui semblait un peu trop douée pour une mortelle, mais semblait également pourvue d'un caractère assez... difficile. Elle avait pris les conseils de Scylla sur la défensive, alors qu'elle ne voulait nullement la rabaisser ou la prendre de haut. Il faut croire que Scylla est, encore quelque peu maladroite au niveau du relationnel et de l'attitude à avoir avec les mortels. Mais cela n'avait aucune espèce d'importance. Elle s'était jurée d'abandonner toute idée d'avoir des alliés parmi les mortels, quitte à mettre de côté toute notion de sentimentalisme envers eux. Pour finir, la fin faisait légèrement serrer Scylla des poings. Elle avait fait l'erreur de ne pas prêter attention à la personne qui était gentiment assise dans son coin, alors que Scylla, en vue des quelques phrases qu'elle entendit de sa bouche, comprit qu'il s'agissait probablement justement de Kira. Au moins, elle a vu son visage, cela lui aura au moins donné l'impression de ne pas perdre son temps au pays de la lune. Mais cela n'était pas suffisant si jamais un jour elle aura la permission de remettre les pieds sur Eternia. Elle soupira de fatigue en repensant à tout ça. Elle aussi commençait à ressentir un profond ras le bol. Elle se demandait si elle ne tournait pas un peu trop en rond depuis son retour sur Atrium, et qu'accepter une main tendue serait peut être à envisager, peu importe que Scylla ne désire plus embarquer une vie mortelle dans sa galère.

Elle arriva enfin à destination, le temple d'Ignir était toujours aussi imposant avec son architecture qui suffisait pleinement pour faire comprendre qu'on s'apprête à rentrer dans l'antre d'un roi dragon. Elle y pénétra, marcha lentement vers l'endroit ou Ignir était scellé et prisonnier, puis, lorsqu'elle le vit, elle comprit que quelque chose clochait, tellement il semblait avachi plus faiblement que d'habitude, et que la grandiose énergie qui, habituellement, sommeillait ici, commençait à disparaître. Mais cela n'empêcha pas Ignir de remarquer une présence familière s'approcher de lui.


- Tu es de retour, Erza... Cela fait un bail que tu ne m'as plus payé une petite visite. Mana est une jeune femme très protectrice, et reste constamment aux soins du vieux dragon que je suis, mais elle n'est pas très bavarde. Avec toi au moins, on pouvait maintenir une conversation pendant des heures.

- Navrée de vous décevoir, mais je ne suis pas venue pour ça.

- Je n'en doute pas. Tu sembles sous l'urgence, ma chère Erza... J'ai d'ailleurs reçu une visite de Grey et Kula. Ils semblaient très attristés par ta décision de tout envoyer en l'air, du jour au lendemain. As-tu bien réfléchi avant de tourner le dos aux amis qui comptaient sur toi ?

- Au fond, je n'ai jamais vraiment eu d'amis.

Scylla sortit son épée du fourreau, puis observa son reflet à l'intérieur de la lame qu'elle avait encore brandi il y'a quelques temps.

- Ni maintenant, ni jamais...

Scylla fit exprès de redire exactement ce que Seto avait déclaré lors de cette rencontre. Car au fond, elle savait qu'elle n'était pas si différente. Elle s'efforçait de tourner le dos à Atrium, mais était-ce la meilleure chose à faire ? Limite, au fond, elle aurait bien aimé revoir juste une fois cette Iris qui n'avait pas totalement tort au sujet de Scylla, mais vu la première impression qu'elle avait donné sans le chercher, elle préférait oublier.

- Et par preuve que mon passé ici n'est qu'un amas de souvenirs qui me ralentissent perpétuellement, j'aimerai retrouver mon véritable compagnon, avec qui j'ai partagé les moments les plus sanglants de ma vie. Je suis donc venue récupérer mon amie la plus fidèle: Gram.

- Ah oui, cette épée. Tu voulais la ranger pour toujours, signe que tu enterrais ton passé de criminelle. Elle est bien au chaud, plantée sur le même rocher, et dans la même salle. Elle t'attend si tu souhaites la décrocher. Bien que te rendre le jouet qui aurait pu mettre fin à mes jours n'est peut-être pas ma décision la plus intelligente, héhéhé.

Devant le rire assez étouffé du vieux dragon, la valkyrie ne put s'empêcher de lui adresser un sourire assez charmant. Elle prit même la peine de s'asseoir près de son museau, pour poursuivre la conversation.

- J'apprécie de voir que vous prenez encore avec humour ce jour-là. Le fameux jour de notre première rencontre. Je voulais tester cette arme, car, à l'époque ou j'étais encore une banale valkyrie, on me racontait sans cesse que cette épée pouvait trancher net les écailles d'un dragon. Mais cela était purement inutile. On ne m'a jamais envoyé en mission pour terrasser un dragon. Je n'avais pas ce mérite, visiblement. Alors, quand j'ai atterri ici, sur les terres désolées de la Yokume, pauvres en adversaires de qualité, et que j'ai su que le pays du feu était gardé par un dragon, l'occasion était trop bonne pour la laisser filer. Gram avait besoin d'être baigné dans la chaire d'un authentique dragon pour une fois. Le sang des victimes était trop impur pour son goût. Alors je vous ai attaqué... Mais je me suis résigné.

- Oui... C'était amusant, et désolant en même temps à observer. On aurait dit que tu étais revenue d'un naufrage, que tu n'avais pas ingurgité le moindre mets depuis des lunes et des lunes. Tes vêtements étaient en lambeaux. On aurait dit que la peste avait grimpé jusqu'à ton cou. J'avais presque juré voir un soupçon de bave sur tes lèvres. Il fallait mieux que je garde cette histoire pour moi, les membres de ta guilde auraient été perplexes, en sachant que la chef avait été une vraie sauvageonne il fut un temps.

- Raaah, ça va, ça va. Si l'être humain n'avait pas quelques faiblesses, il serait inintéressant à suivre. Personne n'est parfait !

Scylla calma son léger sourire gêné. Elle croisa les deux mains et les posa sur son front, tandis que les coudes étaient posés sur ses genoux.

- Ignir, parler de cela avec vous me fait presque douter de mes actes. Reprendre Gram à mes côtés me permettrait enfin de revenir sur mes pas, et de faire la paix avec moi-même. Je sens que cela est une nécessité primordiale. Si je ne suis pas capable de remporter cette bataille, je ne pourrai plus rejoindre les cieux. Mais si j'y parviens, je devrai dire adieu au monde qui m'a accueilli. Et je ne sais comment dire "adieu". C'est simple, je n'ai jamais eu le temps pour ça. Soit ils sont morts, soit ils m'ont été retirés, sans que j'aies mon mot à dire. Aucun ouvrage ne m'aidera à appréhender la notion des adieux.

- Tu es encore attachée à ce monde, voilà tout. Tu ne sais pas encore ce que tu veux...

- Quand je regarde vers les cieux, je vois un espace infini, que je ne pourrai jamais atteindre, à condition que je me débarrasse de cette armure qui me colle à la peau: la culpabilité. Battre des ailes le coeur léger, avoir le sentiment de toucher, caresser l'inatteignable. C'est une idée qui ne me quitte pas. Mais en retour, quand je vois le sol sous mes pieds, je vois une terre qui grandit, qui suit son cours. Et comme les fourmis ouvrières, les mortels travaillent dur pour cela. Au fond, je ne peux me détacher de cette philosophie qui les caractérise. Ils croient éperdument qu'ils peuvent construire de grandes choses, malgré leurs vies éphémères. Peut-on les blâmer d'agir ainsi ? Surement pas. Ma fierté m'empêche de l'admettre, mais j'ai un profond respect pour la race mortelle. Ils m'ont appris beaucoup. Néanmoins, je ne peux continuer ainsi. Mon nom représente l'absolu sur Atrium, mais mon sang comporte également les mêmes gênes qu'une personne que je veux voir du plus profond de mon être. Selon mon choix, je devrai dire "adieu", c'est obligatoire... Et même si pour certains, le dire à haute voix ne produit qu'une douleur très passagère, moi, c'est l'effet inconnu de ce mot qui me fait hésiter... Est-ce cela, d'être une semi-légendienne ? J'aurai aimé en rencontrer au moins un, peut-être je me sentirai plus à l'aise...

- A ce sujet... On peut peut-être s'arranger. Car en réalité, tu en connais un.

- Vraiment ?

- Bien, Erza... Je vais bientôt mourir en réalité. J'ai offert mes dernières forces à ce "semi-legendien" comme tu l'appelles si bien. Car je comptais sur lui comme mon fils.

- Shuujaku ? Je vous écoute...

- Il y'a 22 ans de cela, j'ai reçu la visite de deux dragons noirs. Un homme et une femme. Ils semblaient pressés. L'homme avait un accoutrement de shinobi, tandis que la mère... dégageait quelque chose d'absolument magnifique. Aussi sombre était-elle, elle débordait d'amour pour son nourrisson. Ils m'expliquèrent que le destin de cet enfant serait scellé si il restait en leurs compagnies. Alors ils m'ont chargés de m'en occuper, de l'élever. Ils souhaitaient sans doute que ce soit un dragon de mon envergure qui puisse élever leur enfant. Tout ce que j'ai entendu, c'est que quelqu'un voulait la mort de ce bébé. Et enfin, que la mère... provenait de Legendia, le monde dont tu es originaire.

- Attendez, elle devait être extrêmement puissante si elle était une véritable dragon divine. Pourquoi alors avoir passé la protection de son fils à un dragon d'Atrium ?

- Il y'a une explication toute simple. La mère n'osait pas me l'avouer. Elle se contentait de partir. Mais le père me prit à part. Il me raconta le drame qui eut lieu entre sa femme... et leur premier enfant, une fille du nom de Seirah.

- Donc Shuujaku a une soeur ? J'imagine qu'il n'est pas conscient de son existence.

- Non. Car cette jeune fille a fugué et a abandonné tout lien familial avec ses parents. Peut-on la blâmer ? Non, car elle prit cette décision après un terrible conflit avec sa génitrice. Le père prit bien le temps de tout m'expliquer, ne m'épargnant aucun détail. Pour faire court, la mère de Shuujaku avait abandonné son ancienne vie. C'était comme si elle s'était habituée à l'atmosphère de la Yokume. Elle en avait presque oubliée son ancienne vie parmi les dragons noirs sur Legendia. Comme quoi, tu n'es pas la seule qui a vécu, ce sentiment de complaisance parmi des races inférieures. Néanmoins, on ne pouvait considérer les choses comme réciproques au sujet de Seirah. Très jeune, elle réalisa que son sang n'était pas ordinaire. La fierté des dragons, considérant que ses gênes sont signes d'une suprématie absolue, a pris le dessus sur elle. Elle n'appréciait pas sa vie ici. Pour comparer, elle aurait préféré que le nom des dragons écrase les autres races peuplant les terres mortelles, un peu comme ce Seto Yagami. Néanmoins, elle n'éprouvait aucune estime envers le clan des dragons noirs qui suivaient un culte "pathétique" selon elle. Tout ce qu'elle souhaitait, c'est rejoindre Legendia. Et c'est ce désir incontrôlable qui fit que ce fameux conflit débuta. Et sous la colère, la mère de Seirah frappa à mort sa fille.

- C'est pas vrai...

- Seirah a survécu, mais la violence du conflit fit que Seirah fit une croix définitive à la vie de famille. Elle s'émancipa au sommet du "rocher de la tortue", là ou la brume est noire comme du mauvais charbon. Quand à la mère de Shuujaku, c'est ce drame, qui fit que son coeur de mère fut bafoué à jamais. Elle ne se sentait pas à la hauteur pour veiller sur Shuujaku. Elle était effrayée à la seule idée de reproduire son acte avec son fils. Et sous la pression que tout un clan cherchait à assassiner le nouveau né, elle craqua et donc, fit appel à moi...

- Vous semblez en savoir beaucoup sur cette Seirah. Son père vous as vraiment tout expliqué dans les détails ?

- En réalité, j'ai déjà vu cette Seirah. Elle est venue une fois me rendre visite. Peu de temps après le départ de Shuujaku pour être précis. Elle me promit un jour qu'elle retrouverait Shuujaku, et qu'elle tenterait de l'influencer pour qu'il devienne un pur dragon noir comme elle. Cette jeune fille va bientôt atteindre son trentième anniversaire, mais elle a l'apparence d'une jeune femme de 20 ans. Elle a parfaitement réalisée son appartenance parmi les immortels, et souhaite sûrement partager ce sentiment avec son frère.

- Pourtant, à entendre Shuujaku, il ne sait rien actuellement.

- Au début, je refusais que cette rencontre ait lieu. Shuujaku développait le même amour que sa mère, envers cette terre mortelle. En faire un dragon sujet à la violence et à la rage serait gâcher une personnalité qui se fait rare de nos jours. Mais au fond... après réflexion, il serait peut-être préférable que le frère et la soeur se réunissent.

- Qu'est ce qui vous fait changer d'avis subitement ?

- Les événements récents, la course du temps, le fait que Shuujaku est un grand garçon, et que je ne pourrai plus le protéger éternellement. Un jour ou l'autre, il deviendra comme Seirah... c'est inévitable. Il sera en quête de vérité, et tourner en rond à chercher un sens à notre existence représente une peine qu'on doit éviter le plus tôt possible. Ainsi, je pense que Shuujaku et Seirah doivent se rencontrer.

- Et que sont devenus les parents ? Ne serait-il pas préférable que Shuujaku rencontre sa mère ?

- Ils ne donnent plus de signe de vie... J'ai bien peur qu'ils ne soient plus..

- Huuum... Pourquoi vous me racontez tout cela ?

- Tu ne pourrai aider Shuujaku à éveiller son pouvoir caché. Seirah le pourrait. Mais pour conserver sa morale, j'ai besoin que Shuujaku soit dirigé par un être qui sait lutter contre ses pulsions, contre sa seconde nature qui brûle d'envie d'être relâchée. Et qui as déjà un pied sur le territoire des immortels. Je veux que cette personne, se soit toi. Je te confie la protection de Shuujaku, Erza.

Scylla posa sa main sur la poitrine. Même si c'était prévisible, elle ne comprenait pas trop pourquoi Ignir confiait son fils à quelqu'un dont les jours ici sont comptés. Mais la réflexion ne demeura pas si longtemps. Scylla comprit ce que le dragon de Susanoo avait derrière la tête, et elle ne voulait y répondre qu'une chose, c'était que l'idée était purement folle.

- Entre autre, vous voulez que je sois le guide de Shuujaku si il décide de partir sur les terres natales de sa génitrice ? Sauf votre respect, nous ne sommes pas pareils, Shuujaku et moi. Lui, personne ne l'attend sur Legendia, alors qu'ici, il possède un village qui compte sur lui.

- Je ne désire qu'une chose, Erza, c'est que Shuujaku vive. Et même ici, ses jours sont menacés. J'ai beau être prisonnier de ce temple, je ressens très facilement qu'Atrium est devenu le terrain de jeux de forces supérieures qui se manifestent sans arrêt, et qui perturbent l'équilibre et l'avenir de la race mortelle. Shuujaku doit se libérer de ces chaînes qui le retiennent. Il doit évoluer, sinon, il mourra. Et devant les sacrifices qu'il devra forcément subir, "il" peut resurgir en une fraction de secondes. Seirah sera la clé qui ouvrira la porte de la vérité pour lui, mais toi, tu seras chargé de veiller sur lui, pour qu'il demeure l'enfant sage qui m'admirait tout petit... Mais, Erza, je te mets une dernière fois en garde. Je veux que Shuujaku connaisse l'existence de sa soeur, seulement si elle est prête à le rencontrer.

- En gros, vous souhaitez que j'aille voir cette Seirah ? Bon, si cela vous chante, je le ferai. Vous avez ma parole. Par contre, je n'émettrai aucun argument pour influencer son choix. Shuujaku doit décider à lui tout seul, si il veut me suivre sur Legendia. Et puis, vous avez sûrement compris que même moi, je n'ai pas encore un avenir certain là-haut. Alors, je ne vous promets rien.

- Merci, ma tendre Erza...

Scylla comprit qu'Ignir était de plus en plus essoufflé en parlant. Elle n'oublia pas que ce dernier cita un avenir incertain. Mais le dragon poursuivit sans arrêter sur son futur décès.

- Mais parlons d'autre chose. J'ai bien entendue, avez vous dit que vous allez bientôt mourir ?

- Susanoo avait tout prévu...

- Susanoo ?

- M'enfermer dans ce temple a vidé mon énergie. Les six sphères qui me protégeaient étaient également mon régulateur cardiaque, et me nourrissaient jour après jour. Sans eux, je meurs petit à petit.

- Hélas, deux utilisateurs sont décédés, et l'un est devenu un dragon enragé, violent et orgueilleux, victime de la manipulation perverse d'Azelia. Triste destin...

- Tout repose sur Shuujaku, désormais... voilà pourquoi... je compte sur toi. Il me reste trois jours, tout au plus... D'ici là, je ne serai plus que poussière...

- Arrêtez de parler. Ne gaspillez pas l'énergie qui vous reste. Ecoutez, je vais rester ici pour veiller sur vous. Je vous dois bien ça... Et de toute manière, ce palais est l'endroit parfait pour que je m’exerce avec Gram.

- Merci, Erza... Maintenant, va. Ton amie t'attend.... Héhéhé...

Les pas lents et encombrés, la valkyrie écarlate traversa un long couloir aux murs rougeâtres. La marche semblait une éternité. Cela laissa largement le temps à Scylla le temps de se remémorer sa première rencontre avec Ignir. En effet, une brûlante envie de le pourfendre était apparue, sans raison apparente. Elle avait vu un dragon pour la première fois sur Atrium. Il était tellement affaibli, qu'au final, sa pressante envie de tester Gram sur la peau dure d'un dragon s'évapora. C'était un signe, pour elle, qu'elle faisait enfin preuve de pitié, et ainsi, elle déposa Gram dans ce palais.

[ Musique d'ambiance: https://www.youtube.com/watch?v=jW4h5K3ttNY ]

La salle visée par Scylla était une gigantesque pièce, avec un fossé rempli de lave en fusion. Au centre, un îlot était fixé par quatre statues de dragons, pour chaque côté de la salle. Un pont suspendu au dessus du magma pouvait permettre à Scylla d'accéder au sommet de cet îlot, ou se trouvait le saint-Graal. Une épée planté au beau milieu, prête à être retirée. Mais aussi simple cela pouvait paraître, peu de monde pouvait la déplanter. Il était nécessaire de posséder une forte aura, mentale comme physique. Cette arme était conçue, après tout, pour une valkyrie de la trempe de "Titania", et elle était son arme fétiche, pour causer larcins sur larcins. Aujourd'hui, Scylla était prête à faire la paix avec cette épée. Alors elle s'avança lentement, l'air neutre, vers son épée. Arrivé à destination, elle posa ses deux mains sur la poignée en or massif. Elle ferma les yeux.

- Bon retour au bercail, ma tendre alliée...

D'un coup sec, elle retira l'épée qui n'avait pas rouillée depuis tout ce temps, et avait gardé tout son éclat. Au début, elle pesait lourd pour Scylla qui n'avait plus l'habitude de manier un tel outil. Mais après quelques mouvements dans les airs, elle reprit l'habitude. Un entraînement régulier est à prévoir avant que cette arme pénètre la chaire d'un dragon en particulier: Seto Yagami.

***

Trois jours se sont écoulés, et la prévision fut correcte. Scylla se retrouva en face d'Ignir dont le coeur avait cessé de battre. Les sphères alimentaient son coeur et son corps qui avaient tout perdus avant d'être scellé par Susanoo. Il avait tout offert à son fils adoptif, ainsi qu'a cet homme qui avait oublié cette générosité, et qui était devenu trop dangereux.

La valkyrie avait déposé devant le corps du dragon plusieurs magnolias embrasés. Ce sont des fleurs qui ont la même consistance que des magnolias standards, mais la teinture écarlate de ces fleurs donnent l'impression que l'on cueille des flammes qui ne s'éteignent jamais. Il s'agissait même des rares spécimens floraux que l'ont peut trouver sur les terres poussiéreuses du pays du feu. Le parfum était agréable tout en étant épicé. Quoiqu'il en soit, Scylla posa la pointe de Gram sur le sol, posa les deux mains sur la poignée, puis posa ses genoux, comme une chevalière qui était adoubée. Après avoir effectué une minute de silence comme tant d'autres, elle ressentit un fort soulagement que ce dragon soit mort de la manière la plus paisible possible. Dans son esprit, elle remercia également ce dragon de l'avoir offert ses précieux conseils pour mieux vivre parmi les mortels.
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Law
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Messages : 5
Date d'inscription : 31/01/2016

MessageSujet: Re: Un dragon mourrant   Dim 25 Sep - 23:04

Quelques jours après le décès d'Ignir survinrent très rapidement. La nouvelle fut répandue partout dans la Yokume, puisque le dragon du guerrier millénaire Susanoo était vu comme le gardien des terres volcaniques du pays du feu. Néanmoins, personne ne put réellement voir le corps du dragon une dernière fois. La prêtresse du temple, Mana, avec l'accord de Scylla, avait scellé la chambre où sommeillait le vieux dragon, considérant que cette salle était son tombeau, et que connaissant les esprits malsains du continent, la dépouille du dragon allait vite devenir un phénomène de foire. Après tout, seuls les proches d'Ignir avaient la possibilité de pénétrer dans la chambre du dragon.

Étonnamment, malgré la nouvelle vivement répandue, il n'y eut qu'une seule personne parmi la guilde de Wyvern Tail qui fit le déplacement pour se recueillir devant la "tombe" du dragon. Le mercenaire du désert, Trafalgar Law. Pourtant, le jeune homme était pourtant le plus "abonné absent" de la guilde dissoute. Cela signifiait qu'il était également assez distant envers le dragon de son vivant. Mais toutefois, il était bel et bien présent, dans le sanctuaire. Espérait-il réellement se recueillir devant la tombe d'Ignir, ou une autre raison justifierait sa présence ici, en ces lieux sacrés ? Bref, après une longue montée d'escaliers interminables, Law atteignit la salle d'Ignir, fermée, avec multiples parchemins collés sur les murs de la porte. La prêtresse Mana était assise devant la porte, et semblait méditer.


- Bonjour, Mana.

Les yeux d'abord clos, la prêtresse les rouvrit tout doucement, puis observa un homme avec un long manteau noir ouvert, dévoilant donc un torse bourré de tatouages, avec la capuche bien placé sur la tête. La main droite était enfoncé dans la poche de son pantalon, tandis que la main gauche tenait un long katana qui était tendu jusqu'à l'épaule.

- Hum... A qui aies-je l'honneur ? Attends... je te reconnais, tu t'appelles... hum... Traffy, Traffalo, Tref...

- C'est Trafalgar... Bon, j'ai appris qu'Erza crèche ici depuis quelques jours. Je peux la voir ? J'ai à lui parler.

- Hum, je vais t'y amener, comme ça, je pourrai garder un oeil sur toi. Ta tenue est louche.

- On s'en fout...

Se relevant tout aussi lentement, comme si elle émergeait d'un long sommeil réparateur, elle fit signe à Law de la suivre. Après une longue marche, Law dut rentrer dans une salle dont il ignorait l'existence. Il siffla devant ce qu'il observait. La salle faisait plutôt penser à une large caverne au sein d'un volcan. Un long pont suspendu reliait la terre ferme à un îlot gigantesque encerclé par la lave. En tout cas, la salle était parfaitement à l'esprit de ce pays. Puis, au centre, une figure familière était immobile, tout en demeurant de dos. Law reconnut son ancienne patronne, portant sa fameuse tenue d'entraînement, les cheveux détachés, au beau milieu de ce qui s'apparentait à un cimetière d'épées, tellement il y'avait des lames de toutes sortes plantés au sol, comme des pierres tombales. Bien qu'elle sentait deux présences derrière son dos, elle ne prit pas la peine de se retourner. Elle semblait concentrée sur quelque chose.

- Maître Erza, vous avez de la visite...

- M-Maître ? Hein ???

Enfin, la valkyrie se retourna, et fixa l'homme en question qui souhaitait lui parler. Elle ne montra aucune réaction, pas la moindre. Les retrouvailles allaient être complexes, même si cela ne remonte pas à si longtemps la dernière fois que Law vit en face à face son ex-patronne.

- Mana, tu peux nous laisser seuls à seuls, s'il te plaît ?

- Bien...

La prêtresse ne se fit pas prier pour laisser les deux personnages ensemble, puis quitta la large caverne. Et Scylla se contenta encore une fois d'observer Law, sans bouger, sans dire le moindre mot. Il comprit qu'elle ne savait pas vraiment comme réagir devant cette venue un peu surprenante. Ainsi, le mercenaire tenta de briser la glace en souriant à la valkyrie, d'une manière cool et décontracté.

- Yo, ça gaze ? Tu n'as pas changée... Encore et toujours en train d'effectuer quelques... étranges exercices pour t'endurcir. Comme si tu n'étais déjà pas un véritable monstre en soi.

- Je croyais avoir été claire, Law. Je ne veux plus rien avoir à faire avec...

- Héhohohohohohooo, du calme ! Déjà, de base, je suis venue me recueillir devant la tombe du roi Ignir. N'oublie pas que j'étais un membre de Wyvern Tail, même si c'était de l'intérim. J'avais quelques affinités avec lui... enfin... assez vague, mais bon. Puis pour ta gouverne, sachant que tu es là, j'allais pas non plus t'ignorer complètement, et donc, j'ai voulu en profiter pour m'assurer que tu te sentes bien.

- Dommage pour toi, mais Mana a scellé la chambre où repose le seigneur dragon. Bon, je ne suis pas vache au point de te laisser faire un voyage dans le vent. Assieds-toi, si tu veux... causer, on va dire.

- Et bah, ça promet...

Law se posa comme un sac sur le sol, les jambes recroquevillés, pendant que Scylla s'appuya sur un rocher. Law remarqua une certaine fatigue en elle, ce qui n'était pas très fréquent à observer chez cette... force de la nature. De toute manière, Law avait comprit depuis un bail que devant cette coquille d'acier, se cache une âme fragile qui peut éclater à tout moment, et Law commença à se demander si le point d'éclatement n'était pas tout proche par ailleurs. Une distance assez comique a observer séparait les deux anciens partenaires. Mais Law, sans monter la voix, reprit vite la parole.

- Déjà, tu m'expliques ce délire de te nommer "maître" maintenant ?

- C'est rien, c'est juste Mana qui a un peu perdu les pédales après avoir perdu son seigneur. Elle refuse l'idée d'être une prêtresse unique, et de ne servir aucun gardien du pays du feu. Et elle s'est mise en tête que je devais succéder à Ignir, juste parce que j'étais la plus fidèle guerrière à son service, et limite son amie la plus proche. Pourtant, elle devrait savoir que le fils adoptif d'Ignir est toujours vivant. Mais bon, il est le chef de son propre clan, donc voilà, tout est pour ma poire. Et remarque, les habitants de la capitale se sont mis en tête la même chose. Je réside ici parce que j'ai plus aucun autre toit pour dormir, mais c'est tout. Franchement, j'aimerai qu'on arrête de me casser les pieds.

- En même temps, peut-on reprocher aux habitants de ce pays de te désirer comme nouvelle gardienne du pays ? Voilà ce qui se passe quand on veut trop jouer aux héros.

- Ce que je me demande, c'est si on ne peut pas plutôt leur reprocher d'ignorer qu'en temps de guerre, il n'y a aucun héros. Juste des soldats qui défendent la cause qui leur semble le plus juste. Héros, reine, princesse... ce ne sont que des conneries pour moi. Bon, voilà la folle histoire de ma vie depuis notre séparation. Et toi, quoi de neuf ?

- Les affaires reprennent plutôt bien, figure toi. Etre mercenaire, c'est la garantie de jamais s'emmerder. Et puis, le pays du désert est un vrai nid à contrats de premier choix, et les étrangers ont tendance à l'oublier. Bref, j'avoue que j'ai jamais autant été occupé quand j'étais chez Wyvern Tail. Mais bon, en parlant de ton ancienne guilde, devine qui j'a vu dans une taverne de Dressrosa ? Un homme en capuche dont la voix m'était parfaitement familière, accompagnée d'une femme qui ressemblait étrangement à Ayane, mais avec les cheveux noirs. Cette femme avait probablement donné rendez-vous à ce fameux bonhomme dont la voix résonnait vraiment trop familière pour moi. Mais bon, vu que j'ai déjà fréquenté cet homme, j'avais peur d'être découvert. J'ai discrètement donné l'ordre à l'un de mes hommes de bousculer l'homme à la capuche pour tenter de voir très rapidement son visage. Et il m'a confirmé qu'il vit des mèches bleues, et ce qui s'apparentait à un tatouage particulier à l'oeil. Tu saisis de qui je parle ?

Soudainement, le visage de Scylla se referma. Ses sourcils se froncèrent très vite, comme si entendre les termes "cheveux bleus" et "tatouage à l'oeil" suffisait pour rendre la valkyrie méfiante. Et tout à coup, elle semblait parfaitement à l'écoute en un seul instant.

- Gerald...

- Dis donc, pour quelqu'un qui prétend en avoir plus rien à foutre des mortels, tu sembles être assez amère quand tu cites ce nom.

Scylla resta de marbre. De base, oui, elle était censée oublier cet homme qui fut le seul à avoir réussi le miracle de décrocher quelques sentiments assez intimes chez la valkyrie. Mais depuis qu'elle avait conversé avec Ilia, reine elfique sur Legendia, qui avait citée qu'Elesis était en contact avec un Nirvit aux cheveux bleus, Scylla commença à voir plus clair sur la courte présence de ce Gerald dans la guilde de Wyvern Tail. Elle se demanda effectivement, si le tatouage sur son visage n'était pas un authentique Glyph, maintenant qu'elle en sait plus sur cette marque magique. Et donc, que cet homme est également celui dont parlait très rapidement Ilia. Vu que sa curiosité ne l'a encore jamais tué, elle avait besoin d'en savoir plus sur cet homme, beaucoup plus.

- Tu l'aimais, je me trompe ?

- Qu'est ce que ça peut te foutre ? Et de toute manière, tu sais très bien que je me fiche pas mal de ce que l'on nomme "l'amour", si ce n'est envers ma famille. Et toi, t'en es ou avec Kula ?

- On s'est séparés. Elle supportait plus le climat du désert, donc elle en a profité pour retourner dans les hautes cimes glacées du pays de la montagne, avec l'autre... nudiste...

- Mon pauvre, c'est pas de chance.

- En parlant de Kula, es-tu consciente que cette fille te considérait comme une grande soeur ? Je connais très bien Kula, et on peut pas vraiment dire qu'elle a eu une vie très joyeuse. Donc se sentir auprès d'une femme de caractère comme toi, mais à l'esprit protecteur, cela l'aidait à revivre.

- Grande... soeur.

- Tu sais, moi aussi, il y'avait un type que je voyais comme mon frère, il m'a été arraché très vite, ou plutôt, la mort s'est occupé de son cas. J'étais bouleversé, et pendant un long moment, je refusais de revivre ces adieux déchirants. Alors, je me suis isolé, je refusais de me faire de nouveaux alliés. Je voulais gérer ma vie solo, tu piges où je veux en venir ? C'est que malgré tout, je me suis engagé pour ta cause, pour ton joli petit cul, Scylla. Ah oui, je peux t'appeler Scylla désormais ?

- Si tu le souhaites, oui, tu peux.

- Bref Scylla, au début, c'était par esprit de vengeance que j'ai accepté de te suivre. Mais mine de rien, malgré que mes alliés sont tous des demeurés, et bien, je ressentais un profond respect pour toi. Et si tu mourrais devant moi comme lui l'a fait, alors j'aurai à nouveau dit "adieu". Ce mot est lourd, difficile à digérer, mais il fait partie de la vie. On ne peut y couper, c'est obligé. Toi, tu es un véritable livre ouvert, lorsque tu as dissous la guilde, tu l'a fait car tu veux retourner chez toi, chez les valkyries. Cela se voit, mais tu as préféré dégager tous tes proches dans ta vie, car tu as peur de souffrir davantage le jour où tu diras "adieu". Pourtant, un jour ou l'autre, tu devras trouver le courage de dire ce mot. Je ne sais pas si dans ton avenir, tu seras encore amenée à diriger une troupe, mais si tu n'as pas la force de leur dire "adieu" si le destin te retire ce que tu diriges, alors, tu n'es pas digne d'être une chef, clairement. Tu dois accepter ce mot, Scylla ! Ou alors, si tu as fait cela parce que nous sommes de "pitoyables mortels", alors, sache que moi, j'en avais rien à foutre que tu sois d'une race supérieure. Si je t'ai suivi, c'est pas parce que t'es une valkyrie, ma chère, ni parce que je trouve ta petite gueule bien charmante. Mais parce que tu n'étais pas une lâche quand je t'ai rencontré ! Je pense aussi que la guilde n'avait aucune chance contre Azelia, mais après réflexions, après m'être rappelé que l'homme que j'admirais a tout fait pour que je sois à sa hauteur, tu aurai du choisir un autre moment pour nous dire "adieu"...

Un long silence s'ensuivit. Mais ce long silence s'acheva par un sourire chez Scylla que Law parvint à décrocher.

- Hum, un livre ouvert. Quelqu'un m'avait dit la même chose à mon sujet, il y'a peu.

- Et bien, cette personne a probablement raison. Et ou est donc passé la "Erza" complètement dégénérée qui jouait avec le feu ? J'ai envie de voir cette flamme brûler dans tes yeux encore une dernière fois. Alors, tentée de partir avec moi en savoir plus sur la présence de Gerald au pays du désert ? Tu le sais, au fond de toi, que t'as envie d'en savoir davantage. D'ailleurs, j'ai cru entendre de sa bouche, dans la taverne, qu'il souhaitait se rendre avec cette femme pour Kaluzo, ou plutôt, le "désert du diamant".

- C'est bizarre que tu aies pu en savoir autant. Il n'a pas du être bien discret pour que tu entendes tout et pour que ton collègue arrive à voir son visage. C'est peut-être un piège, bien que je ne vois pas pourquoi il ferait ça. Mais bon, il a sans doute du te voir.

- Et alors ? C'est ça, l'aventure ! Bon, je ne préconise pas qu'on saute sur l'occasion sans nous préparer, mais je t'avoue que moi aussi, j'aimerai en savoir plus sur ce type que j'ai toujours trouvé louche. Bon, Scylla, je sais pas ce qui s'est passé dans ton monde là, Mythologia.

- Legendia, imbécile !

- Ouais, bref. Je me doute bien que tu as vu, ou entendu quelque chose là-bas qui t'a poussé à devenir ainsi, et à virer tous tes compagnons, mais il faut te ressaisir. Alors, est-ce que oui ou non, tu acceptes qu'on fasse encore équipe toi et moi ? Arrête de tourner le dos au monde, car si toi, ta vie va changer d'ici peu, la nôtre ne bougera pas, et nous aurons toujours ce vide qui se nomme "Erza" et qui nous hantera. Ne l'oublie pas.

Law tendit la main vers Scylla, et sans trop longtemps hésiter, tout en repensant aux paroles de cette Iris qu'elle avait croisée au pays lunaire, la valkyrie se saisit de cette main fermement, avec un sourire bien plus motivé que le précédent. Et si ses déductions s'avéraient correctes, elle pourrait peut-être se rapprocher d'une certaine vérité, ou reprendre contact avec le peuple Nirvit d'ici peu.

- Ok, j'accepte ! Allons ensemble au pays du désert !

- Niquel !
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Un dragon mourrant
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