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 Un hiver bien agité

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Scylla
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Messages : 283
Date d'inscription : 29/12/2013

MessageSujet: Un hiver bien agité   Dim 14 Aoû - 17:49

Pays de la lune. Cela fait un bon moment que la capitale lunaire, ainsi qu'une grande partie assez dense du pays, voient le ciel laisser tomber de la neige en quantité assez abondante. Mais cela ne gâchait rien à la beauté des étoiles, ni à l'ambiance illuminée de cette cité. Notamment dans une petite auberge tranquille, dont l'heure était aux festivités. Il n'y avait rien à célébrer en particulier, c'était chose commune pour les habitants de ce pays, qu'ils soient des hommes-loups, des orques, des barbares, des cyclopes, des nekogirls, ou des incubes comme des succubes, à s'amuser en buvant et en chantant. Le pays de la reine Azelia était bien plus animé que les esprits étrangers pouvaient penser.

Au beau milieu de la foule, une jeune fille, d'à peine une douzaine d'années, était assise, les jambes en tailleurs, sur une des tables, et dégustait une tranche de gigot qui pouvait faire frémir n'importe quel estomac sur pattes.


Spoiler:
 

Néanmoins, cet air insouciant et presque niais d'adolescente de son âge, ne semblait pas plaire à tout le monde. En effet, l'aubergiste, un homme à forte corpulence d'une quarantaine d'années, au crâne chauve et à la moustache bien peignée, observait la jeune gamine d'un air renfermé. Il était le seul à ne pas sourire au beau milieu de cette ambiance endiablée.

- Hey dis donc, Camille ! J'espère que ton porte monnaie n'est pas aussi vide que ta cervelle ce soir. Tu crois que j'ai oublié la nuit dernière ? Tu me dois cinq cervoises, deux assiettes de sanglier à la menthe, un plat de spaghettis, et une glace au caramel ! Et là, ce soir, tu dois en être à ta troisième tranche de gigot ! Si tu me roules cette fois, je te préviens, ça va pas être la joie pour toi !

- Oups, j'ai encore oublié mon sac de pièces d'or. Mais ne vous en faites pas, dès que j'ai fini, je cours chez moi, et je vous ramène l'argent que vous convoitez, en intégrale !

- Non ! Je ne te laisserai pas filer une seconde fois ! Tu crois que j'ai que ça à faire de marchander avec Dame Esbahn éternellement ? Tu t'en sortiras pas cette fois ! Si tu me payes pas ce soir, je ferai en sorte que tu travailles pour moi, afin de rembourser tes dettes !

- Heiiiiiiiin ? Non ! Nononononononooooon ! Je veux pas ! Je veux pas ! Pitié ! Ne m'obligez pas à nettoyer les crottins d'orques et le vomi des ivrognes ! Pitiééééééé ! Je ferai ce que vous voudrez, mais pas ça ! Regardez ! Mon corps commence à devenir plus adulte ! J'ai les lolos qui ont poussés, et c'pas fini ! Avouez que vous mourrez d'envie d'en voir plus, vieux dégoûtant !

- Comment oses-tu parler ainsi à ton âge, sale petite catin ! Je te promets que si tu ne payes pas ce soir...

L'homme sortit un fouet, puis devint rouge tomate au visage.

- Je t'attache au plafond par les pieds, et je m'en vais te tanner le cuir, moi !

- Aaaaaaaaaaaaaaah ! Non ! Je déteste avoir la tête à l'envers !

A cet instant, une silhouette se leva de sa chaise. Elle portait une longue tunique noire avec une capuche. Tout son corps était à couvert, tandis que quelques flocons de neiges repeignaient sa tenue sombre en blanc. Elle s'approcha du comptoir, enfonça sa main à l'intérieur de la tunique, puis en ressortit un sac rempli de pièces d'or. Le tavernier pouvait remarquer que la main était protégé par un gantelet argenté, tandis que le bas du visage était quelque peu apparent. Il vit ainsi de délicieuses lèvres féminines, qui n'étaient absolument pas gercées par le froid infernal qui sévissait en cette saison. Enfin, quelques mèches rouges dépassaient la zone d'ombre qui l'empêchait de voir ses yeux noisettes. La seule chose qui collait parfaitement à cette saison, était le son de sa voix glacial.

- Cela devrait suffire pour payer les dettes de cette gamine, non ? Maintenant, rangez moi ce fouet. Vous pourriez vous faire mal avec...

- Qu-qu... QUOIIIIII ? Oui, bien sûr ! Merci beaucoup ! Mais dites moi... l'aubergiste se rapprocha de la silhouette encapuchonnée, afin de chuchoter. Vous feriez mieux de ne pas traîner dans le coin avec une telle bourse en votre possession, surtout dans une auberge fréquentée par les basses classes de ce pays. C'est dangereux...

La jeune femme sortit en un éclair une dague qui vola derrière lui, pour s'implanter dans la chaire d'un délicieux poulet aux amandes, sur un plateau accompagné d'une chope de bière.

- C'est avec ce type de jouet que j'ai récolté tout cet or, si c'est ce que vous voulez savoir. Bref, il me semble que c'est ce que j'ai commandé, n'est ce pas ? Qu'est ce que vous attendez pour me servir ? Et tant que vous y êtes, dites à vos clients de ne pas me regarder de travers trop longtemps, si vous ne voulez pas perdre en chiffre d'affaires.

- O-Oui ! Oh les gars, venez par ici. Rangez vos armes sur le champ, car c'est très rare que quelqu'un d'aussi riche vienne dîner dans une piètre taverne comme la mienne. La dernière fois qu'un pauvre fou s'est aventuré ici, les poches aussi pleines, j'en ai eu pour une semaine à tout réparer. Alors évitez de créer un nouveau carnage, ou alors, je double le prix de vos additions, pigé ?

La jeune femme prit son plateau, et allait pouvoir manger tranquille. Cette femme était bien entendu la valkyrie écarlate, chargée d'une mission sur Atrium, et cette mission démarrait ici, au pays lunaire. Alors qu'elle commença à découper son poulet, quelqu'un décida de la rejoindre.

- Hey, merci beaucoup ! Tu m'as tiré d'un sale pétrin ! Quand je pense que ce type voulait, avec mon corps si frêle, que je serve toutes ces monstruosités. Et puis, il m'aurait sans doute fait travailler au moins douze heures par jour. Tsss... J'ai pas le temps pour être déjà l'esclave des hommes à mon âge ! J'ai des projets, MOI !

- Vu ton comportement indécent d'avant, je veux même pas savoir quels sont tes projets. Et pour les tâches ingrates dont tu parles, tu le méritais. Par contre, je ne tolère pas qu'on fasse acte de violence envers une enfant...

- Avant de juger mon comportement, tu pourrais baisser ta capuche quand tu t'adresses à moi !

Sans répondre, Scylla baissa sa capuche, et laissa apparent son visage entier et sa chevelure écarlate devant la jeune adolescente qui semblait... sur le cul.

- Wow, des cheveux aussi rouges, c'est pas naturel à ce stade ! T'as utilisé quel potion pour avoir un tel résultat ?

- Baka... T'en as encore beaucoup, des questions de qualité, comme ça ? Bref, si c'est pour raconter n'importe quoi, retourne à ta place, et laisse moi manger en paix. Et puis, tu devrai pas plutôt rentrer chez toi ? Ne me dis pas que tes parents te laissent sortir à cette heure en des lieux si mal famés...

- Y'a un souci de taille... C'est que... je suis orpheline. Mes parents sont morts il y'a six ans de cela, en pleine guerre contre le pays solaire...

- Oh... Pardonne moi... Mais... Tu vis dans la rue, ou tu as de quoi te loger ?

- En fait, je vis dans un orphelinat, à une dizaine de minutes à pied d'ici. T'as pas l'air du coin, toi. Il y'a six ans, le village d'Arckenberg a été attaqué et piétiné par les forces de Sairu Jumeis. Tu devrai sans doute t'en souvenir. Et bien, je suis née dans ce village. Les adultes ont réussi à mettre en lieu sur tous les enfants, sans exception, puis à prévenir la reine, avant qu'il ne soit trop tard. De ce fait, notre chère reine, la majestueuse Azelia, a organisé la construction de plusieurs centres pour orphelins. Elle s'est assurée, d'ailleurs, qu'aucun orphelin ne se retrouve sans le moindre toit pour dormir. Les procédures ont vraiment mis très peu de temps. Elle s'est décarcassé pour nous, tu sais. Beaucoup de gens à l'extérieur disent du mal de notre reine, mais elle a tout fait pour préserver notre sécurité ! J'aimerai tellement la rencontrer. Ce projet dont je te parlais, est de rejoindre son armée. Oui ! Je veux rendre fière notre reine lorsque je serai adulte, c'est mon rêve le plus cher.

Cette simple tirade suffit pour que Scylla réfléchisse sur la situation présente. En effet, tout le monde à l'extérieur voit Azelia comme une tyran, assoiffée de sang et de pouvoir. Mais depuis que la valkyrie a mis les pieds dans ce pays, elle n'entendait que du bien d'Azelia. Elle n'avait rien de la monarque sanguinaire et impitoyable, elle semblait même beaucoup aimer son peuple pour agir autant pour sa sécurité et son bien-être. Elle compris un léger instant que, peut-être, c'est encore et toujours la guerre qui détruit l'image d'une haut placée comme Azelia. Elle voulait en savoir plus sur cette femme, mais d'abord, elle avait une autre priorité.

- Sauf que j'imagine que c'est pas dans un orphelinat que tu pourras progresser et devenir plus forte, pour réaliser ce rêve en question...

- Ah, détrompe toi ! Comme nous sommes en temps de guerre, Azelia a décidé, malgré tout, d'envoyer quelques lieutenants de son armée pour nous rendre une visite une fois par semaine. Elle juge nécessaire que nous sachions nous défendre au plus vite. En ce qui nous concerne, c'est mademoiselle Koko qui vient nous apprendre à nous battre, et ça tombe bien, d'ici deux heures, elle doit venir nous faire un cours spécialisé ! Malgré son talent d'assassin, elle est adorable. On n'imaginerait même pas qu'elle combat sans arrêt avec une telle amabilité envers nous. En plus, en temps de pause, elle nous fait quelques cours de danse. Nan vraiment, on a une veine pas possible que ce soit Koko qui nous encadre !

- Mademoiselle Koko... Des cours de danse... Intéressant...

D'ailleurs, Scylla n'avait aucun doute sur l'identité de cette "Koko". Elle avait justement l'intention de la revoir tôt ou tard.

- Bon allez, j'ai fini. J'y retourne justement ! Encore merci pour m'avoir payé mon repas. D'habitude, les gens aussi riches sont de véritables pingres, mais toi, t'es différente.

Scylla n'avait pas réagi face au mot "riche", car dans un sens, ce n'était pas totalement faux. Le plus gros avantage de son ancienne guilde, était que la valkyrie était rémunérée à chaque mission réussie, par ceux qui quémandaient les services de la valkyrie et de son groupe. Et que quelques fois, sous l'importance capitale de certaines missions, elle touchait un pactole assez conséquent. Mais Scylla s'en fichait de l'or. Elle utilisait surtout son argent pour s'acheter de nouvelles armes, ou pour payer les réparations de son armurerie. Quelques fois, elle dépensait en vêtements, pour son plaisir personnel, mais cela s'arrêtait là, et elle n'avait aucun loyer à payer. Mais désormais, elle se demandait ou pouvait elle crécher maintenant que Wyvern Tail n'est plus.

- Cela te dérange si je t'accompagne ? J'aimerai bien rencontrer cette Koko dont tu parles. En fait, tu as raison, je ne suis pas du coin, mais je suis venu participer à la recrudescence de l'armée lunaire. J'ai bien vu les annonces ou le pays lunaire cherchait de nouveaux soldats. Mais je suis complètement paumée, et je ne sais à qui m'adresser. Oui, c'est bizarre, mais bon, je pourrai en profiter pour déposer ma candidature auprès de cette femme.

- Tu peux t'adresser pour cela au camp d'entraînement d'Osternburg. Certains généraux de notre reine reçoivent chaque candidats et les testent pour vérifier si ils sont aptes. C'est la méthode la plus rapide pour te présenter. N'hésite pas !

Soudain, Scylla prit un air gêné et détourna son regard de celui de Camille.

- Oui, mais... je suis très timide, et je peux facilement être impressionnable. Tous ces regards de recruteurs vers ma direction, brrrr... Alors que si ta tutrice est si gentille, cela me permettra de me sentir plus en confiance ! Alleeeeez, sois sympa. Tu me dois bien ça, et puis, je ne me sentirai pas tranquille si je laisse une gamine comme toi marcher seule dans ces rues lugubres...

- Bon, ok, ok. Faisons route ensemble. Mais euh, c'est quoi ton nom ?

- Tu peux m'appeler Scylla !

Scylla savait que le nom d'Erza était connu ici, chez les créatures de la nuit, mais cela l'étonnerait si le nom Scylla résonnerait familier dans la tête d'une gamine comme cette Camille.

- Et bien, ravie de faire ta connaissance, mademoiselle Lala !

- Hého ! Fais gaffe, je peux vite changer d'avis, tu sais ! Et puis, pour toi, ce sera "Madame", pigé ? Au fait, une dernière question me démange. Pourquoi viens-tu ici, te causer des ennuis, si tu vis dans un orphelinat ?

- Parce que ce soir, ils servent de la soupe de citrouille ! Pwaaaaaah, c'est répugnant ! Tu as déjà goûté ? On dirait de la bouillie de crotte de nez ! C'est infect !

Scylla regarde avec intrigue la jeune adolescente, puis finit son repas, avant de sortir de l'auberge en compagnie de la jeune orpheline.
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Ayako
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MessageSujet: Re: Un hiver bien agité   Mer 17 Aoû - 18:24

La neige continuait de tomber discrètement dans les rues de la capitale lunaire, tandis que Scylla continuait de marcher avec Camille, une orpheline de guerre, en direction de son orphelinat. Il serait mentir de dire que Scylla le fait pour le plaisir, car sa première motivation, reste de rencontrer cette fameuse "Koko" dont Camille parlait avec tant de respect. Elle était en mission, et elle ne devait pas perdre trop de temps avec une enfant d'un pays qui sera submergé par la guerre de toute manière. Cela ne l'empêcha pas de discuter avec elle pour que la route soit moins longue, et du coup, la valkyrie sentait que la jeune adolescente appréciait de plus en plus sa compagne de voyage. Une dizaine de minutes suffirent néanmoins pour qu'elles arrivent à destination. L'orphelinat était suffisamment grand pour accueillir au moins cinq cents enfants à tout casser. Elle servait sans doute d'école également. La reine avait vu les choses en grand, car au pays du feu, un établissement de ce type ne dépasse pas une capacité d'une petite centaine de résidents. Bref, Scylla tourna la tête de gauche à droite avant de concentrer à nouveau son attention sur le bâtiment.

- Bon, je vais rester ici, et attendre la fin des cours pour approcher ta tutrice, d'accord ? J'espère qu'on va pas trop te sermonner dans tout ça.

- Hahaha, ne t'en fais pas, mademoiselle Koko me défend toujours au final. Bref, de mon côté, j'espère que tu vas pas chopper quelque chose à rester là, avec ce froid de canard. Pourquoi ne rentrerai-tu pas à l'intérieur avec moi ?

- Cela ira, je préfère rester ici. Allez, amuse toi bien...

- A plus tard, Scylla !

Ainsi, Scylla s'éloigna pour s'asseoir sur un vieux banc, près d'un chêne mort, et garda sa capuche. La jeune femme avait presque fusionné avec le noir intense de la nuit, tandis qu'il ne fallut qu'une courte demi-heure pour qu'une femme arrive à l'orphelinat à son tour, et cette femme était exactement la personne qu'avait deviné Scylla. Elle reconnut immédiatement la Kunoichi de glace qu'elle avait affrontée sur Manawa Kokuo, peu de temps avant son retour sur Legendia.

- Bingo, je savais que c'était toi, Ayako.

Une fois à l'intérieur, la jeune Ayako se dirigea vers le bureau de la directrice de l'établissement. Une dame d'un certain âge comme n'importe quel directrice de n'importe quel pensionnat, internat ou établissement scolaire. Elle écrivait sur un parchemin avec une vieille plume noire qu'elle faisait tremper dans un flacon d'encre, jusqu'au moment ou la lieutenante d'Azelia y pénétra sans même prendre la peine de toquer.

- Yo, madame Esbahn ! La forme ?

- Ah, vous voilà enfin, Ayako. C'est pas trop tôt ! Vous savez bien que les enfants sont intenables quand vous devez venir pour effectuer votre... entraînement particulier. Et j'espère que vous ne prendrez pas de pincettes avec Camille pour une fois. Elle a encore fuguée pour s'empiffrer ailleurs.

Ayako ne prit pas la chaise en face du bureau de la directrice pour s'asseoir, mais préféra plutôt se poser directement sur ce bureau en question, tout en fixant de haut la vieille dame, mais avec son sourire le plus agréable.

- Et bien et bien, qu'est ce que vous voulez que je lui dise ? Que c'est mal de s'enfuir comme ça de la maison ? Vous savez ce qui a provoqué mon arrivée ici, en haut de l'échelle du pays lunaire ? Et bien, c'est en fuguant justement. Ca vous en bouche un coin, n'est ce pas ? Ce ne sont pas les cours, ou les règles de discipline qui m'ont permis d'obtenir mon statut de lieutenante d'élite de notre reine, comprenez le bien ! Hihi !

- Enfin, Ayako. Tout les pensionnats ou orphelinats du pays ont des principes et des règles bien définies qui doivent être respectés à la lettre. Ce n'est pas parce que de rares exceptions surviennent, qu'ils doivent suivre l'exemple. Depuis que vous effectuez vos tâches intérimaires ici, Camille devient de plus en plus récalcitrante. J'ai toujours fait en sorte que le leitmotiv de notre établissement soit respecté à la lettre, alors je ne permettrai pas que vous venez tout...

- Ouais, ouais, je vous remercie pour votre gratitude, madame la doyenne, pour avoir redonné de la vie à votre établissement qui pue le balai dans le cul, et blablabla. Bon, ou sont les gosses ?

- Dans la cour, comme d'habitude. Pas besoin que vous venez pour qu'ils soient déjà prêt, au garde à vous.

En effet, à l'arrière du bâtiment se trouvait une longue cour qui faisait office de lieu de récréation, toujours enseveli par la neige. Une vingtaine d'enfants était placé en ligne, et saluèrent la Kunoichi avec joie lorsqu'elle débarqua depuis le préau d'en face.

- Hey, bonsoir les mioches ! J'espère que vous allez bien ! Bon, déjà, je vois que vous tenez tous en main une plume et de quoi noter. C'est parfait, parce que votre premier exercice consiste à ranger tout ces outils inutiles. Vos doigts ont du chopper des ampoules inutilement avec tout ce qu'on essaye de vous rentrer dans le crâne, j'imagine. Non, là, j'en ai assez du théorique, je préfère la pratique.

Ayako utilisa sa magie pour invoquer une pile de Shurikens de glace au sol.

- Servez vous, il y'en aura pour tout le monde. Essayez d'en prendre pas plus de dix chacun. Celui qui en abuse, je le distinguerai au plus vite de mon regard perçant.

- Des Shurikens ? Mais enfin, ils sont bien trop jeunes pour manipuler des armes aussi coupants.

- Ah, pour que ça coupe, ça, oui. Ca coule de source même. Mais voyez vous, madame Esbahn, je viens d'un clan ou ce genre de jouet, on doit le manier minimum à l'âge de six ans. Voilà la raison pourquoi j'occupe un poste tellement prestigieux que vous ne pouvez rien me dire. Et sachez que cela n'a même pas suffit pour que ma famille soit éradiquée. Et puis, questionnez la reine sur ses décisions si cela vous chante, mais un bon pourcentage de ses lieutenants d'élites ont également du suivre une école de combat très tôt. Bref, chacun son rôle, et le vôtre est derrière votre bureau. Merci.

Ayako, ainsi, profita qu'elle était enfin en paix pour invoquer plusieurs mannequins de glace, un par élève.

- L'exercice est simple, vous allez chacun et chacune vous positionner face à un mannequin de glace, sans dépasser la ligne que je vais tracer au sol. Vous lancerez tout vos shurikens en direction du mannequin. Je n'ai pas trop solidifié la glace qui recouvre ces mannequins, donc vous pourrez les percer aisément si vous visez juste. A chaque série de lancers, j'éliminerai ceux qui marquent le moins de points, car oui, selon l'endroit ou vous toucherez le mannequin, je comptabiliserai un certain nombre de points. Visez surtout au niveau de la tête et du coeur pour marquer un maximum de points. Il y'a un petit bonus si l'un d'entre vous touche l'entrejambe, je l'inviterai au restaurant, avec ou sans l'accord de la doyenne, ok ? Bref, à chaque fin de série, je précise également que j'augmenterai la distance vous séparant des mannequins. Prêt ? Allez y !

Et ainsi, l'entraînement dura une bonne heure, avant que l'heureuse gagnante fut la jeune Camille. Heureuse, la jeune enfant sautilla dans tous les sens pendant que sa tutrice applaudit joyeusement.

- Bravo, Camille, je n'en attendais pas moins de mon élève la plus dévouée !

- Vous avez vu ça ? Et vous me devez une sortie au restaurant, mademoiselle Koko !

- Tu seras très mignonne de m'appeler Ayako, par contre ! Bon, ce sera tout pour ce soir. Portez vous bien, les mioches ! A la semaine prochaine !

- Attendez, juste un instant ! La femme qui m'a ramené ici après ma fugue, elle souhaiterait vous parler. Elle m'a dit qu'elle serait intéressée de rejoindre vos troupes. Elle est juste devant l'orphelinat et vous attend.

- Quoi ? Mais c'est pas mon rôle de gérer la partie recrutement ! Roooh, c'pas possible ! Bon, amène moi à elle, mais je te promets que ça va pas durer plus de cinq minutes avec moi !

Ainsi, Ayako suivit sa jeune amie vers l'extérieur de l'internat, et cette dernière pointa du doigt une femme au manteau noir assis sur un banc.

- Je peux vous aider ?

- Je l'espère, oui, ma chère Ayako. Mais je n'en doute pas un seul instant, car pour une fois, je te vois d'humeur à aider ceux qui ont besoin de toi, comme cet enfant. C'est très... satisfaisant venant de ta part.

La jeune femme souleva sa capuche. Ayako reconnut tout de suite son interlocutrice par la voix. Et le reste suivit, notamment la chevelure rougeâtre et le regard perçant qui lui rappela instantanément sa toute dernière bataille.

- E-Erza ???

- Erza ? Vous la connaissez ?

- Camille, retourne à l'intérieur.

- Mais...

- Rentre, je te dis. C'est une histoire qui concerne les adultes !

Finalement, la jeune fille décida d'obéir. Un long silence s'ensuivit et un échange de regards interminable servait de lien entre les deux femmes, avant qu'Ayako se décide à briser ce silence glacial.

- Qu'est ce que tu fiches ici ?

- C'est un très joli établissement. Quand je pense qu'Azelia a, désormais, conquis plus de la moitié de la Yokume, et n'a eu aucun scrupule, en retour, pour exterminer femmes et enfants sur ces terres. Et pourtant, j'entends qu'ici, elle est une vraie mère poule envers son peuple. Finalement, sa majesté est peut-être une conquérante pure et simple comme on en croise partout, plutôt qu'une psychotique névrosée qui a un souci d'enfance. Quand à toi, tu dois bien aimer les enfants pour accepter une tâche pareille à une telle heure. Tu as remarqué le nombre de gamins ou même, de nouveaux nés qui ont servis d'expérience dans le laboratoire de Manawa Kokuo ? Je commence à être confuse sur la nature de cette guerre, et j'aurai aimé que cette confusion cesse, Ayako.

- Qu'est ce que tu crois ? Azelia ne fait pas dans les sentiments envers les ennemis, mais elle tient beaucoup au peuple qu'elle dirige, cela va de soi. Tu commences à enfin comprendre, quand je te dis que la reine m'a offert une véritable place, et que je ne suis nullement sa marionnette ? Quand à moi, je n'ai rien à avoir avec ces expériences, et je m'en tape. Bien qu'elle me voit telle une humaine, je reste une Kunoichi, et je le serai toujours. Ma mission passe au dessus du ressenti. Mais bon, sinon, le froid te rend sourde ? Je répète... Tu viens foutre quoi ici ? Me dis pas que t'es venue ici exprès pour moi pour que j'accepte enfin de rejoindre ta guilde de minable !

- Wyvern Tail n'est plus, je l'ai dissoute.

- Oh, y'a du progrès ! T'as enfin pigé qu'une être exceptionnelle comme toi n'a rien à faire avec des minables ?

- La n'est pas la question, Ayako. Il s'est déroulé certaines choses dernièrement que j'aimerai mettre au clair. Je doute que tu veuilles me combattre devant ce pensionnat, alors, si on discutait un peu ?

Scylla invoqua un objet qu'elle lança en direction d'Ayako. Une fois intercepté, la Kunoichi observa l'objet, puis ouvrit grand les yeux. C'était une banane, et cela évoqua certains souvenirs dans la mémoire de la Kunoichi. Elle comprit ou voulait en venir Scylla.

- A ce qu'il parait, tu sais comment te donner à coeur joie avec ce genre de fruit. C'est bien, Ayako. Surtout qu'une amie à toi m'a offert gentiment une banane du même type lorsqu'on a rapidement parlé de toi. Et si tu me parlais aussi d'elle ? Ce que tu sais d'elle, qui elle est, pourquoi elle se trouvait à tes côtés sur Manawa Kokuo.

A cet instant, Ayako jeta la banane au sol immédiatement, puis se dirigea vers Scylla, pour la tirer vers elle. Elle garda bien en main sa veste, tandis que les visages des deux femmes n'étaient séparées que de quelques centimètres. Sans relâcher Scylla qui était légèrement plus grande qu'elle, elle répondit, tout en stressant légèrement.

- Toi. Qu'est ce que tu veux de Kikyo ? Qui est elle pour toi ?

- Kikyo, hum ? C'est déjà un début, je t'en remercie. Ce nom va m'être très utile, ou plutôt, sera utile à mes dirigeants qui meurent d'envie d'en savoir plus sur elle. Et si tu me connais, désormais, tu peux te douter de qui je parle, pas vrai ? Je vais être très claire, Ayako. Il y'a sur la Yokume une personne recherchée par ma famille, car cette personne n'a rien à faire dans ton monde, c'est tout ce que tu as à savoir. Et tout porte à croire que c'est cette Kikyo qui te connait, qui est la cible de mes proches.  Idéalement, si quelque chose doit se passer entre mes dirigeants et cette Kikyo, tu ne seras pas intégrée à cette histoire, mais... on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve, pas vrai ? Tu es déjà au beau milieu d'un pétrin car tu sembles, vu ta réaction, attachée à elle, j'imagine. Je peux faire en sorte que tout aille pour le mieux pour toi. Il te suffit de t'écarter de cette femme, et de coopérer avec moi. Dis moi ce que tu sais d'elle, et j'assurerai ta protection.

Ayako fit tout de suite le lien entre ce que venait de dire Scylla, et ce que Kikyo lui a raconté dès qu'elle changea immédiatement de comportement, sur le bateau volant. Elle avait parlé de Legendia, lorsqu'elle lui offrit ces fraises explosives, et également, d'immortels. Donc elle en déduisit que Kikyo devait être la cible de Legendia. Et il était certain qu'elle ne pourrait pas la protéger éternellement de ce monde de divinités. Néanmoins, il était hors de question qu'Ayako vende son amie comme ça, surtout qu'elle lui avait, en retour, promis qu'elle ferait "partie" des gens qui vont survivre dans ce monde.

- Je n'ai rien à te dire au sujet de Kikyo, Erza. Maintenant, laisse la en paix.

- Bien, tu sembles sincère. Je note un certain mieux, Ayako. Mais c'est dommage que tu refuses de m'aider. A la limite, tu peux peut-être le faire pour un autre cas où j'aurai aimé quelques explications. Au sujet de Seto, cette fois. Tu sais qu'il est recherché par le peuple des elfes pour avoir tué l'ancienne reine, pas vrai ? Néanmoins, comparé à toi, il n'a pas éliminé n'importe quel personne dictée par une mission assez futile comme était la prise d'otage de la princesse Umi. Il a tué sa mère adoptive ! Une personne qui comptait pour lui, qui était dans son coeur ! Je me doute bien que vous, mortels, vous n'aurez jamais la famille dans votre esprit comme nous, valkyrie, nous considérons nos parents comme la chose la plus sacrée à nos yeux, mais de là à la tuer de sang froid, corrompu ou non, ce n'est pas aussi simple. Il y'a quelque chose qui cloche dans cette histoire. Qu'est devenu Seto ?

- Je ne te répondrai rien, pas la peine d'insister !

- Ayako ! Tu es toujours victime du même souci que la dernière fois. Tu suis aveuglement ceux qui te promettent monts et merveilles ! Que ce soit avec Kikyo, Azelia, ou Seto, tu suis les traces d'une situation qui te dépasse complètement, où tu n'es qu'une touffe d'herbe dans un large champ ! Réfléchis un instant ! Si Seto a vraiment tué sa mère adoptive, alors c'est qu'il est réellement devenu incontrôlable, et il s'en prendra à toi ! C'est ça ce que tu veux ? Si tu ne m'aides pas, tu vas aux devants de gros ennuis. Si je m'intéresse autant à toi, c'est parce que tu es mon équivalent de ce monde, et aussi parce que tu es nettement plus puissante que la plupart des mortels que j'ai connu. Tu les dépasses amplement. Je peux faire en sorte que tu ne sois pas engagée dans les mêmes tourments que moi, mais si tu acceptes de m'aider ! C'est mon dernier avertissement, dis moi ce que tu sais de ce qui s'est passé entre Seto et sa mère ce soir là !

- Bien, peut-être que c'est Seto qui a tué sa mère, peut-être pas. Va savoir !

Scylla passa la paume de sa main droite sur son front, et ferma les yeux. Elle était épuisée et constata qu'elle perdait son temps avec Ayako. Elle rouvrit les yeux, mais cette fois, semblait assez gavée.

- Tu sais quoi, Ayako ? Tu es désespérante...

- A la limite, si tu veux que je t'apprenne quelque chose, c'est que ce n'est pas Azelia qui a tué Miloune. Mais moi ! Ouais, c'est moi qui l'ait décapité ! De qui de nous deux est la plus désespérante ? Si tu m'avais achevé ce jour-là, cela ne serait pas arrivé. Et maintenant que tu sais que j'ai tué ton amie, tu as encore envie de me protéger ? Avoue que tu meurs d'envie de me buter, là, tout de suite, hum ? Avoue que tu regrettes amèrement d'avoir fait ce choix au sujet de ma survie !

- Cela ne change rien pour moi, car Miloune serait quand même morte, elle était destinée à mourir. Pas la peine de te sentir plus haut que ton cul, Ayako, car tu es très loin d'être une véritable menace pour moi, sache le ! Et puis, ce n'est pas en te tuant que j'arrangerai les maux de ce monde. Car, de toute manière...

Scylla recula légèrement, puis pointa du doigt le katana accroché à la ceinture de la Kunoichi.

- ... si tu dois mourir, c'est toi qui vas creuser ta propre tombe. Oui, tu seras celle qui va causer ta perte à petit feu, car tu hésites encore. Tu es encore et toujours coincée entre lumière et ténèbres, entre régénération et destruction. C'est cette stagnation continue, qui a fait que tes doigts ont chatouillés le fourreau de ta lame, car cela te démangeait, quand j'ai évoqué ton "amie". Mais dans un autre sens, tu n'as pas envie d'agir ainsi devant ces enfants qui nous observent par la fenêtre. La guerre va bientôt éclater. Des catastrophes vont s'enchaîner. Il faudrait mieux que tu choisisses ton camp une fois pour toute, si tu ne veux pas périr dès le début par ton attitude hésitante et perdue ! Moi, en tout cas, je laisse tomber. J'ai d'autres chats à fouetter, tu n'es plus mon souci désormais ! Cela est un au revoir, Ayako, car nous nous reverrons sur le champ de bataille. En alliées, ou ennemies, à toi de le décider !

Ainsi, Scylla se retourna et s'apprêta à partir. Ayako semblait outrée. Elle grinçait des dents et se retenait de sauter sur la valkyrie, mais finalement, son bras de mouva tout seul, et elle s'empara de son Jashinken en un éclair.

- Tu vas voir si j'hésite tant que ça... ERZA !

Elle se jeta sur son ennemie. La valkyrie attendit la dernière seconde pour se retourner, faire apparaître une épée, puis contrer le coup. Les deux lames s'entrechoquèrent, et les deux femmes se croisèrent du regard. Elle gardèrent leurs lames collées encore un instant, jusqu'à ce qu'une voix aiguë interrompit la mêlée.

- Arrêtez toutes les deux ! Arrêtez !

- Camile ! Je croyais t'avoir dit de rester à l'intérieur !

- Mais arrêtez ! Pourquoi vous vous battez ?

Les deux femmes se séparèrent grâce à l'intervention de Camille. Scylla plaça son regard sur la jeune adolescente, mais ce regard était tout l'opposée de ce qu'elle a aperçu dans l'auberge. Il était dur, très dur. Elle recula d'un pas et se faufila à moitié derrière Ayako.

- Tu as encore beaucoup à apprendre, Camille, avant de pouvoir réaliser ton rêve ! Je t'ai menti, jeune fille ! Je suis une ennemie de ce pays ! Donc, la prochaine fois que tu parleras avec une inconnue, ne laisse pas l'or et les beaux sourires t'acheter, si tu ne veux pas une lame bien enfoncée dans ta carotide ! C'est cette règle qui est d'or, tu me suis ? Bref, je te souhaite de réussir tes projets, même si... il y'a de fortes chances que je sois celle qui va briser tes rêves !

- Hein ?

Scylla se retourna, puis reprit sa marche pour s'éloigner de l'orphelinat.

- Je te conseillerai, Ayako, de ne pas sonner l'alerte. J'en ai fini avec ce pays, je m'en vais... Je sais qu'il est suicidaire de venir seule ici pour me battre, mais cela ne m'empêcherait pas de foutre un vacarme pas possible si on m'attaque. Une grande partie de cette cité sera à feu et à cendres si tu cherches à te mettre sur mon chemin. Alors il vaut mieux qu'on attende le grand final pour régler nos comptes, tu ne crois pas ? Bref, bonne soirée !

Ayako observa Scylla s'en aller, tout en la fixant avec un air anxieux. Camille semblait attristée par cette réalité. Alors Ayako, qui remarque cela, posa ses deux mains sur les deux épaules de l'adolescente, tout en restant bien derrière elle.

- Alors... C'était une ennemie ? Elle semblait si gentille pourtant...

- Si il y'a bien un cours que je te demanderai de noter dans un creux de ton esprit, c'est qu'en temps de guerre, il n'y a pas de place pour la sympathie. Cela veut dire que, si tu vois une personne être attachante envers toi, et même si ses paroles peuvent sembler aussi pures que les flocons de neige qui tombent, à l'instant, sur ton coeur, si elle une ennemie, tu dois la tuer, c'est tout. D'accord ? Allez, viens, on rentre...
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Un hiver bien agité
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